Saint Pierre Saint Paul de Liomer

HORNOY-LE-BOURG

Permanences à la maison paroissiale d’Hornoy-le-Bourg

2, rue Charles Dufour

jeudis et samedis de 9h30 à 11h30

  • Voeux autour de la Galette des Rois

    Venez partager les voeux de la Paroisse d’Hornoy-Beaucamps, autour de la Galette des Rois le Samedi 4 Janvier 2020 à Hornoy…

  • Paroisse recherche musiciens… 🙏🎻🎸🎹🎷🎺🥺🙏

    Nous sommes à la recherche de musiciens pour jouer aux messes de notre paroisse.
    Même pour quelques morceaux, votre aide nous est précieuse…

  • Coins Enfants dans nos églises !

    N’hésitez plus à venir à la messe avec vos enfants ou petits-enfants : un « coin enfants » avec table, chaises, jeux, livres et coloriages est aménagé dans les églises d’Hornoy et de Beaucamps-le-Vieux pour les enfants de moins de 7 ans…

  • Servants d’autel : inscriptions 2019-2020

    Devenir servant ou servante d’autel, c’est possible pour tous les enfants s’ils en ont vraiment envie ! Tous les renseignements ici… Et les photos du rassemblement du 30 Octobre à Albert…

  • Horaires des messes de la Toussaint 2019 à Pâques 2020

    Vous trouverez dans ce document les horaires des messes de la Toussaint 2019 à Pâques 2020, pour les paroisses d’Hornoy-Beaucamps et de Poix-de-Picardie…

  • Homélies du Père Daleb

    Retrouvez chaque semaine l’homélie du Père Daleb sur l’Evangile du dimanche

  • Rentrée KT : à vos marques… Début des séances le 30 septembre

    La rentrée du KT se prépare, les inscriptions sont ouvertes ! Les séances reprennent la semaine du 30 Septembre.
    En cliquant sur l’image, vous pourrez télécharger la fiche d’inscription, les horaires, le calendrier des messes des familles 👉
    Pour tout renseignement (horaires, questions diverses), n’hésitez pas à nous contacter…

  • Bienvenue Père Daleb !

    Retour sur les évènements de l’été dans notre paroisse et celle de Poix : que de beaux moments partagés avec le Père Samuel et le Père Daleb !
    Merci Seigneur…

  • Assomption de la Vierge Marie

    Pour fêter Marie ce 15 août 2019, la paroisse a profité de deux belles cérémonies, et remercie encore tous ceux qui les ont rendues possibles :
    – la messe de l’Assomption et la bénédiction du nouveau drapeau avec les Anciens Combattants à Beaucamps-le-Jeune
    – la procession à la Vierge Marie à Neuville-Coppegueule…

  • Neuvaine de prière à la Vierge Marie – 10 au 18 août

    Venez découvrir chaque soir à 20h30 l’histoire d’une apparition de la Vierge Marie quelque part en France : Notre-Dame de Brebières, de la Salette, de Monflières, de Lourdes… et un conte biblique…

  • Départ du Père Samuel – Accueil du Père Daleb

    Venez nombreux fêter le 1er septembre l’arrivée du Père Daleb M’Passy, qui nous vient du diocèse de Kinkala (République du Congo), et le Père Samuel Leyronnas, qui nous a tant donné, et qui poursuivra bientôt sa mission auprès des paroissiens d’Albert et des jeunes du diocèse…

  • Bénédiction de la Croix d’Arguël le 16 Juin 2019

    La nouvelle croix installée au sommet du Mont d’Arguël a été bénie par l’Abbé Samuel le Dimanche 16 Juin 2019, après une procession montée depuis l’église de Le Quesne jusqu’au pied de la grande Croix d’Arguël…

  • Neuvaine de Prière pour les Vocations

    Dans l’Église, toutes les vocations sont belles et en symphonie. Notre évêque Monseigneur L’éborgne nous invite à prier ardemment pour que de nouvelles personnes répondent à l’appel de Dieu : Prier et Marcher pour les Vocations…

  • Sortie de fin d’année Mercredi 3 Juillet 2019

    Une sortie de fin d’année est proposée à tous les enfants du caté, du foyer paroissial, de l’association familiale et à tous ceux qui sont intéressés : le Mercredi 3 Juillet 2019 de 9h à 18h, un car au départ d’Hornoy-le-Bourg emmènera le groupe à Amiens, pour visiter la Cathédrale et le Zoo…

  • Repas fraternel du Mercredi au Foyer Paroissial – Beaucamps-le-Vieux

    Le Mercredi 26 juin 2019 à midi, 20 convives ont partagé le 6ème repas fraternel de la paroisse et du Secours Catholique de Beaucamps-le-Vieux.
    Des repas pour se rencontrer, construire des projets individuels ou collectifs, faire connaissance ou se retrouver, et rompre la solitude…

  • Semaine Sainte missionnaire

    Durant la Semaine Sainte 2019, notre paroisse organisera des rencontres variées : temps de prière, ateliers, réflexion, chemins de croix… il y en aura pour tous !

  • Camps d’été Jeunesse Saint-Valery et Saint-Malo

    Durant l’été, le Père Samuel et son équipe d’animateurs organisent, comme chaque année, des camps à la mer pour permettre aux enfants et adolescents de notre secteur de partir en vacances, de partager de bons moments, et d’échanger ailleurs…

  • Chemin de Croix dans notre paroisse

    Pendant le Carême, des Chemins de Croix seront organisés chaque semaine dans une ou plusieurs des églises de notre paroisse. Vous trouverez ici les horaires et villages où vous pourrez venir partager la mémoire de la Passion de Jésus Christ

  • Entrez dans le Carême !

    Messe du Mercredi des Cendres le 6 Mars 2019 à 18 h à Liomer

  • Le Mont d’Arguël va bientôt retrouver sa croix

    Le 24 octobre 2017, la croix de ce point culminant de la Somme tombait au cours d’une tempête. Deux associations et la commune se relaient pour en installer une nouvelle en mai…

  • Tous nos vœux de paix et d’espérance !

    Merci aux choristes et musiciens des paroisses d’Hornoy-Beaucamps et de Poix-de-Picardie pour le beau concert du Nouvel An donné ce 13 janvier au profit de l’Association Catholique Familiale du Sud-Ouest Amiénois ! 🎼😲🎶🎻💝👌

  • Concert du Nouvel An des paroisses d’Hornoy-Beaucamps et de Poix le Dimanche 13 janvier 2019

    Les musiciens et choristes des paroisses d’Hornoy-Beaucamps et de Poix-de-Picardie, leur chef de chœur Marie-Christine Cozette et le Père Samuel vous invitent à fêter en musique la nouvelle année qui s’annonce : rejoignez-nous nombreux en l’église de Beaucamps-le-Vieux le Dimanche 13 janvier 2019 à 15h…

  • Temps de prière pour Noël

    Des temps de prière pour Noël sont organisés dans les églises de notre paroisse : voir les horaires dans cet article…

  • Horaires KT 2018-2019

    Horaires de KT 2018-2019 de la paroisse Hornoy-Beaucamps…

  • Annonces de la semaine

    Retrouvez les informations de la semaine dans la paroisse Saint-Pierre Saint-Paul de Liomer…

  • Les villages de la paroisse

    Arguël, Aumont, Beaucamps-le-Jeune, Beaucamps-le-Vieux, Belloy-Saint-Léonard, Bézencourt, Boisrault, Brocourt, Dromesnil, Etréjust, Gouy-l’Hôpital, Guibermesnil, Hallivillers, Hornoy-le-Bourg, Inval-Boiron, Laboissière-Saint-Martin, Lafresguimont-Saint-Martin (Lafresnoye), Le Mazis, Le Quesne, Lincheux, Liomer, Méricourt-en-Vimeu, Montmarquet, Neuville-Coppegueule, Offignies, Orival, Saint-Aubin-Rivière, Selincourt, Thieulloy-l’Abbaye, Tronchoy, Villers-Campsart, Vraignes-lès-Hornoy.

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ÉVANGILE du Dimanche 12 Janvier 2020

« Dès que Jésus fut baptisé, il vit l’Esprit de Dieu venir sur lui » (Mt 3, 13-17)

Alléluia. Alléluia.
Aujourd’hui, le ciel s’est ouvert,
l’Esprit descend sur Jésus,
et la voix du Père domine les eaux :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé ! »
Alléluia. (cf. Mt 3, 16-17, Ps 28, 3)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Alors paraît Jésus.
Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain
auprès de Jean,
pour être baptisé par lui.
Jean voulait l’en empêcher et disait :
« C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi,
et c’est toi qui viens à moi ! »
Mais Jésus lui répondit :
« Laisse faire pour le moment,
car il convient
que nous accomplissions ainsi toute justice. »
Alors Jean le laisse faire.

Dès que Jésus fut baptisé,
il remonta de l’eau,
et voici que les cieux s’ouvrirent :
il vit l’Esprit de Dieu
descendre comme une colombe et venir sur lui.
Et des cieux, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé
en qui je trouve ma joie. »

  – Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie Dimanche du Baptême de Jésus (12 Janv 2020)

-> Homélie Baptême du Sgr 12 janv 2020

 

Frères et Soeurs,

En célébrant le Baptême de Jésus, nous fêtons une fois de plus, une « Epiphanie » du Seigneur.  En ce sens que nous fêtons également la manifestation de Dieu au baptême de Jésus, donc sa « monstruation ». Car du grec, étymologiquement épiphanie (ἐπιφάνεια) se lit : epi-phaneia, c’est à dire Dieu lève le voile, mieux encore : Dieu se montre en levant le voile qui couvrait son visage. Oui, une épiphanie est une compréhension soudaine, une manifestation de ce qui était caché. Et si la visite des Mages a révélé la présence de Dieu en l’enfant couché dans la crèche, la voix qui retentit dans le ciel à son baptême vient renchérir cette révélation.

De fait, le passage d’Isaïe lu en 1ère lecture montre que Dieu s’exprimait déjà dans la douleur de l’exil en envoyant un serviteur qui apportera la justice, non seulement à Israël, mais à toutes les nations. Oui, le texte d’Isaïe dit : « Ainsi parle le Seigneur: Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui j’ai mis toute ma joie. J’ai fait reposer sur lui mon esprit… » Notons que la descente de l’Esprit de Dieu sur quelqu’un signifiait à l’époque que Dieu donnait à cette personne les moyens pour accomplir la mission qu’il lui confiait. Il s’agissait de la force même de Dieu donnée en premier lieu aux chefs, aux rois. Et comme par hasard, dans la seconde lecture, l’Esprit de Dieu vient aussi de s’adresser à Pierre. De même, à peine sorti de l’eau, Jésus voit également l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. C’est la même colombe, qui, à l’aube de la création, planait sur les eaux pour faire naître un monde. C’est aussi une colombe qui avait été lâchée de l’arche par Noé, et qui était revenue avec un brin d’olivier au bec, signe qu’elle avait trouvé un lieu où la vie avait pu reprendre. Cette colombe est le signe la présence de l’Esprit.

La mention de l’eau et de l’Esprit nous rappelle donc les premières lignes de la Genèse, quand l’esprit planait sur les eaux et que Dieu en fit surgir la terre. Dans notre récit également, Jésus émerge de l’eau comme le premier fruit de la nouvelle création et voit l’Esprit descendre sur lui. Oui, quelque chose de tout à fait nouveau commence avec le début du ministère de Jésus. Le Baptême de Jésus est en fait un point tournant de l’histoire de l’humanité. Car déjà, Dieu commence à faire du nouveau.

Ce baptême a lieu dans le Jourdain, image des eaux que le peuple d’Israël a traversé pour être libéré de l’esclavage. Comme pour dire que le baptême nous libère de l’esclavage du péché. Le récit du baptême de Jésus nous invite donc à faire le point sur nous-mêmes pour que nous découvrions notre vocation à nous mettre à l’œuvre dans ce monde, sous la conduite de Dieu, pour qu’il devienne conforme au projet que Dieu. Il subsiste en nous des zones de résistance qui nous poussent parfois à douter. Il y a des éléments qui font obstacle à l’instinct d’amour qui nous unis à Dieu. C’est pourquoi l’Esprit ne cesse de souffler sur nous. Il nous pousse à nous dépasser et à combattre contre ce qui nous retient.

Avec le baptême du Seigneur, nous sommes tous invités aujourd’hui à renouveler les promesses de notre propre baptême, à revivre ce point de départ, cette première rencontre avec Dieu, ce passage de la mort à la vie.

 


ÉVANGILE du Dimanche 5 Janvier 2020

Nous sommes venus d’Orient adorer le roi (Mt 2, 1-12)

Alléluia. Alléluia.
Nous avons vu son étoile à l’orient,
et nous sommes venus adorer le Seigneur.

Alléluia. (cf. Mt 2, 2)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jésus était né à Bethléem en Judée,
au temps du roi Hérode le Grand.
Or, voici que des mages venus d’Orient
arrivèrent à Jérusalem
et demandèrent :
« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?
Nous avons vu son étoile à l’orient
et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé,
et tout Jérusalem avec lui.
Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple,
pour leur demander où devait naître le Christ.
Ils lui répondirent :
« À Bethléem en Judée,
car voici ce qui est écrit par le prophète :
Et toi, Bethléem, terre de Juda,
tu n’es certes pas le dernier
parmi les chefs-lieux de Juda,
car de toi sortira un chef,
qui sera le berger de mon peuple Israël. »
Alors Hérode convoqua les mages en secret
pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;
puis il les envoya à Bethléem, en leur disant :
« Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant.
Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer
pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Après avoir entendu le roi, ils partirent.

Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient
les précédait,
jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit
où se trouvait l’enfant.
Quand ils virent l’étoile,
ils se réjouirent d’une très grande joie.
Ils entrèrent dans la maison,
ils virent l’enfant avec Marie sa mère ;
et, tombant à ses pieds,
ils se prosternèrent devant lui.
Ils ouvrirent leurs coffrets,
et lui offrirent leurs présents :
de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode,
ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le dimanche de l’Epiphanie – Année A (5 janvier 2020)

-> Homélie Epiphanie 5 janv 2020

 

Frères et Soeurs,

En célébrant l’Epiphanie, nous fêtons ce jour la manifestation de Dieu, sa « monstruation » car du grec, étymologiquement épiphanie (ἐπιφάνεια) se lit : epi-phaneia, c’est à dire Dieu lève le voile, mieux encore : Dieu se montre en levant le voile qui couvrait son visage. Oui, une épiphanie est une compréhension soudaine, une manifestation de ce qui était caché. Et un thème commun aux trois lectures d’aujourd’hui est la manifestation de Dieu auprès de personnes extérieures à la communauté. Dans la 1ère lecture, Isaïe dit à sa communauté qu’elle sera une lumière pour toutes les nations. Dans la seconde lecture, Paul suggère que le but ultime de Dieu est l’unification de l’humanité dans une communauté où toutes les distinctions entre les personnes ont disparu. Et l’Évangile de Matthieu nous signale que de telles distinctions ont commencé avec l’avènement de Jésus.

De fait, la lecture de l’Ancien Testament, à laquelle l’histoire des mages fait clairement allusion, commence par ces mots : «Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi.» Ainsi, la vision du salut selon Isaïe comprend donc un pèlerinage des nations, qui viendront à la lumière d’Israël, pour adorer le Dieu d’Israël. Les mages païens doivent être compris comme exécutant l’accomplissement de cette prophétie. Notons que ce texte a été écrit à l’époque du retour à Jérusalem des exilés de Babylone. Isaïe leur redonne espérance en annonçant la reconstruction du Temple et de leur ville. Dans ce contexte, le peuple de Dieu est appelé à accueillir la lumière de Dieu et à la laisser pénétrer le quotidien de leur vie. Alors, tous les peuples viendront de partout se rallier au peuple élu.

C’est dans cette optique que Paul parle de l’arrivée des païens dans l’héritage du salut. Ce qui est tellement mystérieux, c’est que Dieu a inscrit un tout nouveau groupe d’héritiers dans son testament. Cela ne néglige pas ceux qui étaient héritiers auparavant, car il a des richesses sans limites. Mais par le biais de Jésus, Dieu a également appelé les païens d’une nouvelle manière.

Enfin, l’histoire des mages préfigure que dès l’enfance Jésus inspire à la fois l’émerveillement et l’hostilité. Les mages ont fini par être identifiés comme des rois, et on leur a attribué des noms. Les noms traditionnels de Gaspard, Melchior et Balthazar apparaissent pour la première fois dans un manuscrit du 6e siècle, conservé à la Bibliothèque nationale de France à Paris (comme par hasard). Mais ce qui est important c’est que des gens venus d’ailleurs ont suivi une étoile pour venir reconnaitre la royauté et la divinité de l’enfant couché dans la crèche. Leurs cadeaux (L’Or, l’encens, la myrrhe) et l’adoration faite le prouve à suffisance. Mais n’oublions pas que l’étoile brille toujours pour ceux et celles qui la cherchent dans l’obscurité de leur nuit.

C’est donc une interpellation à être humbles, disponibles, et à savoir interpréter, comme les mages, les signes de Dieu. Oui, dans notre société actuelle de forte consommation, chacun peut rester chez lui avec ses doutes et ses certitudes. Mais aussi prendre la route et risquer la découverte en adhérant à une communauté. Sommes-nous à l’écoute comme les mages ? Sommes-nous à la recherche comme les mages ? Sommes-nous des porteurs de la Bonne Nouvelle?

 


ÉVANGILE du Dimanche 29 Décembre 2019

« Prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte » (Mt 2, 13-15.19-23)

Alléluia. Alléluia.
Que, dans vos cœurs, règne la paix du Christ ;
que la parole du Christ habite en vous
dans toute sa richesse !
Alléluia. (Col 3, 15a.16a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Après le départ des mages,
voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph
et lui dit :
« Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère,
et fuis en Égypte.
Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse,
car Hérode va rechercher l’enfant
pour le faire périr. »
Joseph se leva ;
dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère,
et se retira en Égypte,
où il resta jusqu’à la mort d’Hérode,
pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
D’Égypte, j’ai appelé mon fils.

Après la mort d’Hérode,
voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte
et lui dit :
« Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère,
et pars pour le pays d’Israël,
car ils sont morts,
ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. »
Joseph se leva,
prit l’enfant et sa mère,
et il entra dans le pays d’Israël.
Mais, apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée
à la place de son père Hérode,
il eut peur de s’y rendre.
Averti en songe,
il se retira dans la région de Galilée
et vint habiter dans une ville appelée Nazareth,
pour que soit accomplie la parole dite par les prophètes :
Il sera appelé Nazaréen.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le dimanche de la Sainte Famille – Année A (29 Décembre 2019)

-> Homélie pr la sainte Famille (29.12.2019)

 

Dans le prolongement de Noël, nous célébrons en ce dimanche, la sainte famille de Jésus, Marie et Joseph, dans tout ce qu’elle représente. S’il nous arrive d’idéaliser leur condition, détrompons-nous. Dès les premiers jours, la vie de Jésus a été menacée et ce fut la responsabilité de ses parents de la protéger. La famille est donc un lieu où chacun apprend à se construire et à devenir lui-même. C’est le premier lieu ou un enfant apprend à aimer. Oui, l’apprentissage à l’amour est le plus bel héritage que des parents peuvent léguer à leurs enfants. Et voilà que même Dieu a eu besoin d’une famille pour réaliser son plan.

Le récit de Matthieu est une sorte de méditation, sur le mystère de Jésus. La vie de la famille de Jésus est parfois semblable à celle de nos familles : elle a dû trouver des solutions au jour le jour face aux problèmes qui se présentaient. Tout d’abord, Matthieu raconte comment la famille de Jésus a été épargnée par la fureur d’Hérode. Sa duplicité et sa peur étaient évidentes au moment même où les mages sont arrivés dans son royaume. Les actions d’Hérode ne constituent donc pas l’accomplissement des désirs de Dieu ; ce sont plutôt des exemples de la peur humaine, de la recherche du pouvoir, de la colère et du mal. C’est dire que les humains sont responsables du mal qu’ils infligent les uns aux autres.

C’est dans ce contexte précis qu’un ange dit à Joseph de fuir son domicile et de partir en exil. Ce paragraphe peut nous faire penser aux moments où un avertissement aurait été très bénéfique dans notre vie. Parfois juste une petite idée de ce qui est sur le point de se passer pourrait nous amener à faire une pause et à tout réexaminer pour éviter des difficultés. Où une petite voix calme nous guidant clairement dans une direction plutôt que dans une autre. La Sainte Famille a reçu un message et a immédiatement tenu compte de l’avertissement. Plus loin dans le texte, nous lisons que Joseph dans un rêve entend des instructions lui disant de retourner en Israël, mais qu’il doit aller à Nazareth pour éviter le fils d’Hérode. Les menaces abondent toujours, mais Dieu orchestre soigneusement les premiers jours de Jésus, comme il continue à le faire pour chacun d’entre nous.

À quatre reprises dans ce récit, Joseph a reçu des instructions de Dieu par le biais de rêves.  Oui, Dieu utilise de nombreuses méthodes pour nous communiquer sa volonté. Comment est-ce que Dieu me parle aujourd’hui ? À chacun et chacune de nous Dieu dit sans cesse : lève-toi et va. À chacun et chacune de nous, il demande de se mettre en marche et d’être son témoin. Comment devrais-je répondre ? Ce dimanche nous révèle que l’homme a besoin d’une cellule familiale pour apprendre les actes fondamentaux de la vie : donner, recevoir, partager, pardonner, faire confiance, jouer, gagner, perdre, faire équipe, se dépasser, vivre l’intimité. On a besoin d’une famille pour découvrir qu’il y a plus grand que soi, les parents, Dieu. La   famille est très importante, même si elle n’est pas le tout de l’apprentissage de l’être humain. En ce dimanche, chaque famille est invitée à devenir une « Sainte Famille » dans laquelle chaque membre est perçu comme un don pour chacun.


 


ÉVANGILE du Mercredi 25 Décembre 2019

« Aujourd’hui vous est né un Sauveur » (Lc 2, 1-21)

Alléluia. Alléluia.
Je vous annonce une grande joie :
Aujourd’hui vous est né un Sauveur
qui est le Christ, le Seigneur !
Alléluia. (cf. Lc 2, 10-11)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ces jours-là,
parut un édit de l’empereur Auguste,
ordonnant de recenser toute la terre
– ce premier recensement eut lieu
lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie.
Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.
Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth,
vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem.
Il était en effet de la maison et de la lignée de David.
Il venait se faire recenser avec Marie,
qui lui avait été accordée en mariage
et qui était enceinte.

Or, pendant qu’ils étaient là,
le temps où elle devait enfanter fut accompli.
Et elle mit au monde son fils premier-né ;
elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire,
car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans la même région, il y avait des bergers
qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs
pour garder leurs troupeaux.
L’ange du Seigneur se présenta devant eux,
et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière.
Ils furent saisis d’une grande crainte.
Alors l’ange leur dit :
« Ne craignez pas,
car voici que je vous annonce une bonne nouvelle,
qui sera une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd’hui, dans la ville de David,
vous est né un Sauveur
qui est le Christ, le Seigneur.
Et voici le signe qui vous est donné :
vous trouverez un nouveau-né
emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable,
qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux,
et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel,
ceux-ci se disaient entre eux :
« Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé,
et que le Seigneur nous a fait connaître. »
Ils se hâtèrent d’y aller,
et ils découvrirent Marie et Joseph,
avec le nouveau-né couché dans la mangeoire.
Après l’avoir vu,
ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé
au sujet de cet enfant.
Et tout le monde s’étonnait de ce que racontaient les bergers.
Marie, cependant, retenait tous ces événements
et les méditait dans son cœur.

Les bergers repartirent ;
ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout
ce qu’ils avaient entendu et vu selon ce qui leur avait été annoncé.
Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision,
l’enfant reçut le nom de Jésus,
le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour la fête de Noël (24 Décembre 2019)

-> Homélie pour Noël 2019

Le récit de Luc sur la naissance de Jésus est magnifique dans sa simplicité. Mais malgré toute cette simplicité, il ne faut pas oublier la profondeur du mystère.  L’empereur Auguste a ordonné que tous les peuples de son empire soient recensés. Joseph et Marie doivent se rendre donc à Beth-léem. Jésus, comme David, va donc naître à Bethléem (La maison du pain), ce n’est pas un hasard. Oui, il n’est pas surprenant que Jésus soit né là, lui le pain de vie. Il fut posé dans une mangeoire. La mangeoire est un lieu où la nourriture est déposée pour les animaux. Et le pain est l’aliment de notre subsistance, ce qui est capable de nous garder en vie, si nous n’avons plus rien d’autre. C’est dire que ce jour de la naissance de Jésus, non seulement Dieu nous montre qu’il est parmi nous, mais également qu’il est notre subsistance, notre nourriture de tous les jours, celui qui nous maintiendrait en vie. Oui, Dieu est venu naître dans ce lieu pour que nous mangions de Lui sans cesse.

Ensuite, les premiers à entendre la bonne nouvelle de sa naissance sont de modestes bergers : comme pour montrer que Jésus est venu pour des gens aussi humbles que ceux-ci. Dieu ne s’est pas révélé à des gens importants ou religieux, mais à des gens simples, travailleurs, digne de confiance, courageux. Ces bergers étaient dans les champs la nuit, veillant sur leur troupeau car c’était la période ou les agneaux naissaient. Ils devaient accueillir les agneaux pour s’assurer qu’ils étaient en bonne santé et n’allaient pas se faire dévorer tout de suite par des loups. Qui donc pouvait  le mieux accueillir la venue au monde de Jésus « l’Agneau de Dieu », si ce n’est les bergers. Voilà comment il s’invite chez tous.

Aujourd’hui comme hier, Jésus s’invite à notre table dans l’Eucharistie. Il est présent dans ces millions d’êtres qui vivent sous la menace de guerres et de conflits. Il est présent dans ces pauvres qui voient le fossé se creuser entre eux et les riches. De nos jours comme jadis, il est présent dans ces personnes qui vivent, les injustices et les inégalités. Il est présent dans ces millions d’hommes, de femmes, et d’enfants qui souffrent de faim, de solitude, de maladies, de manque d’amour, et que sais-je encore, …

C’est Noël aujourd’hui certes, mais c’est Noël chaque jour quand nous osons croire au renouveau qu’apporte Jésus, quand nous osons la fraternité, le partage et la réconciliation. C’est Noël quand nous osons aimer et nous laisser aimer. Dieu se montre quand notre cœur s’ouvre à un autre, quand la rencontre devient possible. Noël, c’est la fête de la présence de Dieu parmi nous. Une présence qui ne s’impose jamais et ne contraint personne. C’est à nous qu’il revient de faire régner la paix sur terre. Et St François d’Assise disait à ce propos : «  qu’un seul rayon de soleil suffit à dissiper des millions d’ombres ». Soyons ce rayon de soleil.

 


ÉVANGILE du Dimanche 22 Décembre 2019

Jésus naîtra de Marie, accordée en mariage à Joseph, fils de David (Mt 1, 18-24)

Alléluia. Alléluia.
Voici que la Vierge concevra :
elle enfantera un fils,
on l’appellera Emmanuel, « Dieu-avec-nous ».
Alléluia. (Mt 1, 23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Voici comment fut engendré Jésus Christ :
Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ;
avant qu’ils aient habité ensemble,
elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.
Joseph, son époux,
qui était un homme juste,
et ne voulait pas la dénoncer publiquement,
décida de la renvoyer en secret.
Comme il avait formé ce projet,
voici que l’ange du Seigneur
lui apparut en songe et lui dit :
« Joseph, fils de David,
ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse,
puisque l’enfant qui est engendré en elle
vient de l’Esprit Saint ;
elle enfantera un fils,
et tu lui donneras le nom de Jésus
(c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve),
car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Tout cela est arrivé
pour que soit accomplie
la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
Voici que la Vierge concevra,
et elle enfantera un fils ;
on lui donnera le nom d’Emmanuel,

qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».

Quand Joseph se réveilla,
il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit :
il prit chez lui son épouse.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 4è dimanche de l’avent – Année A (22 Déc 2019)

-> Homélie pr le 4è Dim de l’Avent (22 Déc 2019)

 

Frères et soeurs,

Au début de son récit de naissance, Matthieu présente les origines ancestrales de Jésus. Il établit sa lignée royale en tant que descendant du roi David par l’intermédiaire de son père Joseph.  C’est un récit d’événements surprenants et inattendus qui suggère un Dieu d’actions inattendues. Que Jésus vienne au monde dans une famille paysanne plutôt que dans une famille royale, là n’est pas le plus important. L’essentiel c’est que Dieu vient parmi nous d’une tout autre manière que ne le voudraient ceux qui attendaient un maître absolu.

Oui, Dieu lance une nouvelle création avec Jésus. Bien sûr, la manière dont Dieu lance cette nouvelle création entraîne des complications pour les personnages impliqués.  Par exemple quand il découvre que Marie est enceinte, un dilemme se pose pour Joseph.  Selon la loi en vigueur, il avait non seulement un motif de renvoyer Marie, mais aussi de la faire lapider à mort. C’était cela la justice de l’époque en Israël. La justice consistait au respect de la loi pour les juifs, une sorte d’adhésion servile à la lettre de la loi. Et Joseph n’est pas prêt de suivre une telle justice. Cela devient clair lorsque Matthieu nous dit que Joseph ne voulait pas exposer Marie à la disgrâce publique et avait prévu de la renvoyer en secret. Et cela fait de lui un homme juste.

C’est dire que Joseph risque la honte et le scandale en prenant Marie comme épouse et en adoptant son fils. Mais rien ne l’arrête, il emprunte un chemin incertain qui remet en cause les notions conventionnelles de justice, comme le fera son fils adoptif, Jésus.  À plusieurs reprises, Jésus entrera en conflit avec les chefs religieux pour avoir enfreint leur interprétation de la loi. On lui reprochera de guérir le jour du sabbat, de ne pas jeûner suffisamment et d’avoir mangé avec des collecteurs d’impôts et des pécheurs. Jésus dira qu’une justice nouvelle est nécessaire dans le royaume des cieux. La justice qu’il enseignera va au-delà de ce que la lettre de la loi exige et parfois même la renverse. Au lieu de demander par exemple un œil pour un œil, ou une dent pour une dent, Jésus exhortera ses disciples à tendre l’autre joue et à aimer leurs ennemis. Non seulement Jésus enseignera ces paroles, mais il les vivra. Jésus incarnera la justice infinie de Dieu basée sur l’Amour.

L’ouverture de la lettre aux Romains contient, un résumé des thèmes qui seront abordés dans la suite. Elle décrit que Jésus a montré son amour pour nous par sa vie et sa mort. Comme l’écrit Paul, nous sommes appelés à appartenir à Jésus et à être sanctifiés par le même pouvoir qui l’a ressuscité d’entre les morts. Paul nous dit donc que Noël est indissociable de Pâques. Pendant l’avent, nous n’attendons plus un enfant, mais Jésus ressuscité. Si à Noël, nous célébrons la naissance de Jésus de Nazareth sans référence à sa transformation pascale, nous passons à côté du sens et de la portée de la fête. Le nom Emmanuel, «Dieu est avec nous», souligne que Dieu est à l’œuvre pour renouveler et restaurer des vies aujourd’hui, même de manière inattendue. Comme Joseph, nous pouvons être amenés à repenser les règles et les traditions de longue date qui entravent la miséricorde et ne servent plus les desseins de Dieu. Nous pouvons être appelés en dehors de nos zones de confort et conduits sur des chemins incertains pour le bien de la mission de Dieu.

Sommes-nous prêts à prendre des risques ? Emmanuel est Dieu avec nous : n’ayons pas peur

 


ÉVANGILE du Dimanche 15  Décembre 2019

« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » (Mt 11, 2-11)

Alléluia. Alléluia.
L’Esprit du Seigneur est sur moi :
il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.

Alléluia. (cf. Is 61, 1)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison,
des œuvres réalisées par le Christ.
Il lui envoya ses disciples et, par eux,  lui demanda :
« Es-tu celui qui doit venir,
ou devons-nous en attendre un autre ? »
Jésus leur répondit :
« Allez annoncer à Jean
ce que vous entendez et voyez :
    Les aveugles retrouvent la vue,
et les boiteux marchent,
les lépreux sont purifiés,
et les sourds entendent,
les morts ressuscitent,
et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle.
Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »

Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient,
Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean :
« Qu’êtes-vous allés regarder au désert ?
un roseau agité par le vent ?
Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ?
un homme habillé de façon raffinée ?
Mais ceux qui portent de tels vêtements
vivent dans les palais des rois.
Alors, qu’êtes-vous allés voir ?
un prophète ?
Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète.
C’est de lui qu’il est écrit :
Voici que j’envoie mon messager en avant de toi,
pour préparer le chemin devant toi.

Amen, je vous le dis :
Parmi ceux qui sont nés d’une femme,
personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ;
et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux
est plus grand que lui. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 3è dimanche de l’avent – Année A (15 Décembre 2019)

-> Homélie pr le 3è Dim de l’Avent (15 Déc 2019)

 

Frères et soeurs,

Le salut annoncé par Noël est proche, plus que quelques jours. Mais l’évangile nous montre pourtant un Jean-Baptiste dérouté de voir le Messie qu’il attendait être différent de celui qu’il s’était imaginé. Serait-ce ce que vit également notre société ?

En effet, la culture de notre temps a fait de Noël une fête familiale,  rien que cela. On se retrouve en famille, on s’échange de cadeaux, on fait la fête, et parfois même on n’oublie l’essentiel (aller à l’église, la naissance de l’enfant Dieu, et pire on devient contre la présence des crèches dans certaines villes), donc l’espérance de la venue du Messie devient absente de ce que nous célébrons. L’Église est-elle dépassée? Nous berce-t-elle d’illusions en nous donnant à entendre des prophéties de bonheur, et nous parlant de la joie de Noël quand meurent de froid des sans-logis, que des Haïtiens souffrent, que des Afghans et des Irakiens meurent dans des attentats, quand  des libertés sont bafouées. Comment ne pas douter quand Dieu se tait devant l’immense détresse des hommes ? Pourquoi prier quand le mal inexorable emporte la personne que vous chérissez ? Pourquoi encore aller à la messe du dimanche que des millions de baptisés ont abandonnée et qui n’a plus de sens peut-être ? Serait-ce simplement parce que nous ne savons plus ce qu’est la vraie joie?

En effet, les lectures d’aujourd’hui viennent pallier à ce manque et nous montrent ce qu’est la vraie joie de notre vie, celle qui est durable parce qu’elle ancrée sur du solide. Dans la première lecture, Dieu s’adresse à nous, comme il s’adressait aux Hébreux à l’époque de l’exil à Babylone. Ils ont été expulsés de leur pays et ils vivent comme des esclaves. Et Dieu s’adresse à eux tels qu’ils sont, dans leur souffrance et dans leur désarroi. Ils désirent sortir de cette situation d’esclaves et le prophète Isaïe leur dit qu’ils seront libérés par Dieu, et connaitront des jours heureux. Seulement, se pose un problème, personne ne connait le moment exact de cette action de Dieu. Si bien que dans la seconde lecture, Saint Jacques écrit que nous devons attendre Dieu sans se lasser, être patients, et le désirer toujours dans nos vies. Cette lettre  est écrite dans un contexte où le retard du retour de Jésus pose problème à la communauté chrétienne. Dans ce contexte, la patience et la persévérance sont les vertus à cultiver. Oui, les prophètes ont attendu avec patience la réalisation des promesses qu’ils adressaient au nom de Dieu.

La venue de Jésus donne l’assurance que Dieu tient ses promesses et nous devons nous préparer à ce que Dieu  nous sauve, qu’il nous pardonne. C’est cela le temps de   l’Avent : se préparer en reconnaissant notre condition, se préparer à être sauvé. Nous sommes déjà dans la joie à cause de cela et nous pouvons accueillir le  Royaume annoncé.

« Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » Par cette parole, Jean-Baptiste doute du Messie, alors que Jésus inaugure vraiment le Royaume de Dieu sur la terre, mais c’est d’une façon tout à fait inattendue : par la multiplication de petits signes de guérison et par l’annonce de la Bonne Nouvelle « Allez lui dire ce que vous voyez ». Jésus ne condamne pas. Il rend la joie, la vue, la dignité à tout homme qui le rencontre et qui croit en lui. La venue de Jésus est d’abord une Bonne Nouvelle qui plonge ceux qui l’accueillent dans une grande joie. Car Jésus révèle le vrai visage de Dieu.

Et à ce propos, l’abbé Pierre disait un jour : « Pour qu’il y ait de la joie autour de nous, pour que le monde soit meilleur, pour que tous et particulièrement les petits aient leur place, nous, chrétiens et chrétiennes, inspirés par l’exemple de Jésus, sommes appelés à le suivre sur ce chemin de l’engagement, du don de soi ». Oui, Dieu n’agit pas seul, il compte sur nous pour rendre témoignage et passer à l’action, pour ainsi préparer la venue de Dieu.

Être chrétien, c’est être responsable de son salut et du salut des autres.  Jésus est là au milieu de nous, à travers les autres, surtout les plus petits, les plus pauvres, les exclus, les blessés de la vie. Quelle sorte de messie attendons-nous?

 


ÉVANGILE du Dimanche 8 Décembre 2019

« Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche » (Mt 3, 1-12)

Alléluia. Alléluia.
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers :
tout être vivant verra le salut de Dieu.

Alléluia. (cf. Lc 3, 4.6)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ces jours-là,
paraît Jean le Baptiste,
qui proclame dans le désert de Judée :
« Convertissez-vous,
car le royaume des Cieux est tout proche. »
Jean est celui que désignait la parole
prononcée par le prophète Isaïe :
Voix de celui qui crie dans le désert :
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers.

Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau,
et une ceinture de cuir autour des reins ;
il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage.
Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain
se rendaient auprès de lui,
et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain
en reconnaissant leurs péchés.
Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens
se présenter à son baptême,
il leur dit :
« Engeance de vipères !
Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?
Produisez donc un fruit digne de la conversion.
N’allez pas dire en vous-mêmes :
‘Nous avons Abraham pour père’ ;
car, je vous le dis :
des pierres que voici,
Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham.
Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres :
tout arbre qui ne produit pas de bons fruits
va être coupé et jeté au feu.

Moi, je vous baptise dans l’eau,
en vue de la conversion.
Mais celui qui vient derrière moi
est plus fort que moi,
et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales.
Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
Il tient dans sa main la pelle à vanner,
il va nettoyer son aire à battre le blé,
et il amassera son grain dans le grenier ;
quant à la paille,
il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 2è dimanche de l’avent – Année A (8 Décembre 2019)

-> Homélie pr le 2è Dim de l’Avent (8 Déc 2019)

 

Frères et Soeurs,

Jean-Baptiste est cette figure prophétique qui introduit Jésus dans les quatre évangiles. Une différence principale entre Jean-Baptiste et Jésus concerne le moment choisi pour la venue du royaume. Jean-Baptiste voit le royaume dans un futur proche. Il est dans le désert de Judée, près du Jourdain et de la Mer Morte, appelant les Juifs à la repentance de peur que le jugement de Dieu ne tombe sur eux immédiatement. Tandis que Matthieu dépeint le royaume, dans la vision du Christ comme se manifestant déjà en la personne de Jésus. Ainsi, le temps de l’avent a pour but de nous préparer à revivre la naissance de Jésus à Noël et à préparer la seconde venue de Jésus, lorsque nous le verrons face à face. Ce sera alors la manifestation finale et complète du royaume de Dieu.

Or selon les écritures, le prophète Isaïe avait déjà annoncé la venue d’un nouveau roi sur qui reposeront les dons de l’Esprit de Dieu. Ce nouveau roi gouvernera comme Dieu lui-même, sans juger d’après les apparences trompeuses, et cela est bien décrit dans cette vision idyllique de paix qui clôt la première lecture.

C’est pourquoi d’ailleurs Jean-Baptiste, notre guide de l’avent, nous dit : «Convertissez-vous», oui le temps est venu de se repentir. La repentance comprend le fait de regretter ses péchés personnels, mais se repentir c’est aussi jeter un regard lucide sur les façons dont notre vie s’accorde avec les comportements matérialistes et égoïstes de notre société, c’est finalement se détourner de tout manque d’amour pour se tourner vers Dieu. Pour Jean-Baptiste, ce retournement de vie passe par le baptême. C’est ainsi qu’il devait préparer le peuple à recevoir le Fils de Dieu. Mais le baptême de repentance auquel Jean-Baptiste a appelé ses compatriotes ne doit pas être assimilé au baptême pratiqué ultérieurement par les chrétiens, qui lui nous fait devenir enfant de Dieu.

Se convertir, laisser ses vieilles habitudes, changer de chemin est chose difficile. Cela demande tant d’énergie, d’efforts, de persévérance au quotidien.  Cela n’est possible que si on aime vraiment. Et dans sa lettre aux Romains, Paul a développé sa théologie de la gratuité de l’amour dont les croyants sont l’objet de la part de Dieu. Beaucoup ne se soucient pas de ce genre de message de nos jours. La Parole de Dieu est dérangeante aujourd’hui comme elle l’était au temps de Paul, de Jean-Baptiste, d’Isaïe. Alors, comment préparer le chemin du Seigneur et redresser un chemin pour notre Dieu dans notre vie et dans celle des autres ?

 


ÉVANGILE Dimanche 1er Décembre 2019

« Veillez pour être prêts » (Mt 24, 37-44)

Alléluia. Alléluia.
Fais-nous voir, Seigneur, ton amour,
et donne-nous ton salut.

Alléluia. (Ps 84, 8)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Comme il en fut aux jours de Noé,
ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme.
En ces jours-là, avant le déluge,
on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari,
jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ;
les gens ne se sont doutés de rien,
jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis :
telle sera aussi la venue du Fils de l’homme.
Alors deux hommes seront aux champs :
l’un sera pris, l’autre laissé.
Deux femmes seront au moulin en train de moudre :
l’une sera prise, l’autre laissée.
Veillez donc,
car vous ne savez pas quel jour
votre Seigneur vient.
Comprenez-le bien :
si le maître de maison
avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait,
il aurait veillé
et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
Tenez-vous donc prêts, vous aussi :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas
que le Fils de l’homme viendra. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 1er dimanche de l’avent – Année A (1er Déc 2019)

-> Homélie 1er Décembre 2019

 

Frères et Soeurs,

Nous sommes bien loin des jours paisibles décrits dans le psaume ou encore dans la première lecture par le prophète Isaïe. En effet, Isaïe est dans un contexte de situation politique troublée, où la population est confrontée à des épreuves de toutes sortes. Et pourtant, lui garde vive l’espérance, car il sait que Dieu ne peut pas oublier et abandonner son peuple, avec qui il a fait alliance. On sait que les auteurs bibliques aiment les images ! En voici deux, superbes, dans cette prédication d’Isaïe :
D’abord celle d’une foule immense en marche ;
Ensuite celle de toutes les armées du monde qui décident de transformer tous leurs engins de mort en outils agricoles.

Je reprends ces deux images l’une après l’autre. La foule en marche qui gravit une montagne trouvera au bout du chemin, Jérusalem et le Temple. Et le prophète Isaïe est déjà dans Jérusalem d’où il voit cette véritable marée humaine arriver. Dans cette image, on a très nettement conscience de cette double dimension de l’Alliance entre Dieu et l’humanité : car, Dieu a choisi librement ce peuple précis pour faire Alliance avec lui et en même temps ce projet de Dieu concerne l’humanité tout entière, il est donc universel. La deuxième image découle de la première : si les nations toutes ensembles écoutent la parole de Dieu, c’est qu’elles décident d’y conformer leur vie, alors elles entreront dans le projet de Dieu qui est un projet de paix.

C’est dire qu’Isaïe nous projette dans l’avenir… en deux mots : « A-Venir ». Ainsi, pendant tout le temps de l’Avent, nous entendrons des lectures qui nous projettent dans cet avenir, puisque l’Avent tout entier est une mise en perspective de ce qui nous attend. La 1ere lecture d’ailleurs, commence par ces mots :« Il arrivera dans les derniers jours que … » : et cette phrase n’est pas une prédiction, mais plutôt une promesse de Dieu. Et pourtant, en face à la réalité, nous constatons que le souhait de paix et de bonheur adressé à Jérusalem est encore bien loin d’être réalisé ! L’a t’il jamais été ? Ou ne le sera peut-être jamais ? Car à entendre les mots de Jésus dans l’évangile, on est bien loin d’un monde de paix. Une chose est sûre, ce texte n’a pas été écrit pour nous faire peur, mais pour nous éclairer : on dit de ce genre d’écrits qu’ils sont «apocalyptiques» : ce qui veut dire littéralement qu’ils «lèvent un coin du voile», ils dévoilent la réalité. Et la réalité, la seule qui compte, c’est la venue du Christ. C’est dire que quand Jésus nous invite à veiller, nous pouvons l’entendre dans le sens de « veiller sur » ce grand projet de Dieu et donc de consacrer nos vies à le faire avancer.

Evidemment, cette prédiction fait sensation et les disciples en déduisent que la fin du monde est pour bientôt. Et ils sont à la fois curieux et inquiets de ce qui va se passer : « Dis-nous quand cela arrivera, dis-nous quel sera le signe de ta venue et de la fin du monde. » (Mt 24,3). Jésus ne répond pas précisément à ces questions, mais il nous invite seulement à la vigilance, à être prêts. Être prêt, c’est continuer à faire ce que Jésus a enseigné. Veiller, c’est justement ne pas baisser les bras. Même lorsque les événements nous dépassent, et que nous ne semblons plus être au contrôle de rien; Quand nous nous sentons impuissants et parfois sans espoir. C’est précisément là que le message de Jésus a tout son sens.

L’avent est donc un temps de préparation pour accueillir le Christ, pour nous préparer à l’inattendu, pour sortir de nos routines, de notre sommeil spirituel comme Paul le dit aux Romains.  Oui, devant des existences bien souvent trop programmées et ne laissant aucune place à l’imprévu, le temps de l’avent nous invite à une remise en question du rythme et du sens de nos vies. Saurons-nous saisir cette opportunité ?

         

 


ÉVANGILE Dimanche 24 Novembre 2019

« Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume » (Lc 23, 35-43)

Alléluia. Alléluia.
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.
Béni soit le Règne qui vient, celui de David notre père.

Alléluia. (cf. Mc 11, 9b.10a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
on venait de crucifier Jésus,
et le peuple restait là à observer.
Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient :
« Il en a sauvé d’autres :
qu’il se sauve lui-même,
s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »
Les soldats aussi se moquaient de lui ;
s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée,
en disant :
« Si tu es le roi des Juifs,
sauve-toi toi-même ! »

Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui :
« Celui-ci est le roi des Juifs. »
L’un des malfaiteurs suspendus en croix
l’injuriait :
« N’es-tu pas le Christ ?
Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »
Mais l’autre lui fit de vifs reproches :
« Tu ne crains donc pas Dieu !
Tu es pourtant un condamné, toi aussi !
Et puis, pour nous, c’est juste :
après ce que nous avons fait,
nous avons ce que nous méritons.
Mais lui, il n’a rien fait de mal. »
Et il disait :
« Jésus, souviens-toi de moi
quand tu viendras dans ton Royaume. »
Jésus lui déclara :
« Amen, je te le dis :
aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour la Fête du Christ Roi de l’univers – Année C (24 Nov 2019)

-> Homélie pr le 34e Dim T.O C (24 Nov 2019)

 

Frères et Soeurs,

Aujourd’hui, l’Église célèbre la fête du Christ Roi de l’Univers, solennité qui clôture l’année liturgique. Et les deux premières lectures portent sur les royaumes et le pouvoir, tandis que l’extrait d’évangile raconte la crucifixion de Jésus. Quel paradoxe, n’est-il pas étonnant que nous donnions à Jésus un titre qu’il a toujours refusé ? En effet, les titres bibliques de Jésus : « Fils de Dieu, Messie et Roi » ont perdu leur force d’évocation avec le temps. Pourquoi l’Église, pour nous parler de la toute-puissance de Dieu, de sa royauté dans la figure de Jésus, nous présente-t-elle un Dieu tout impuissant, défiguré, méprisé, cloué sur une croix ? Ce qui est un scandale pour les Juifs. Il fait un bien drôle de roi sur sa croix !  Bien sûr, mais sans la mort-résurrection, la fête d’aujourd’hui n’a aucun sens.

Dans le monde de la Bible, les tribus d’Israël ont voulu un roi, et elles l’ont eu, ce fut Saül. Le successeur de Saül sera David. Il y a bien eu des rois aussi valeureux qu’eux comme Salomon. Puisque ces deux rois que la tradition biblique a pourtant su embellir ont été, eux aussi, très humains avec leurs faiblesses, et parfois même avec trop de dominations. Or ce que Dieu désire, c’est un roi serviteur. Et ce roi, nous l’avons reconnu à travers Jésus ressuscité le matin de Pâques. Dans la 2e lecture, Paul fait allusion au même genre de roi.  Jésus n’est pas venu pour établir un royaume matériel puissant ; il est plutôt venu pour nous servir et nous sauver. Notons que le peuple a d’abord suivi Jésus, puis avait même voulu le faire roi, avant d’être manipulé par les docteurs de la loi et les chefs du peuple. Et tandis que les chefs ricanent, que les soldats se moquent, et qu’un des malfaiteurs crucifiés fait de même, un autre comprend Jésus selon son propre aveu : Que lui avait été «justement» condamné, mais pas Jésus. Loin des scènes d’humiliations et de la demande du ‘bon larron’ la foule qui suivait Jésus avant sa condamnation et qui écoutait avec plaisir ses prédications reste là et observe. Elle attend sans doute un signe pour se soulever et délivrer celui qui est ainsi désigné comme son roi mais rien ne vient. Jésus ignore les appels à se sauver lui-même, car c’est par la croix qu’il entre dans son royaume.

Quatre groupes d’hommes entourent Jésus en croix : une foule en attente d’un miracle, des chefs, puis des soldats qui n’ont pas compris la Parole et qui refusent de croire et enfin ces deux larrons crucifiés comme lui, avec une espérance totalement opposée, la foi ou le repli égoïste sur soi. Autour de nous ces groupes existent encore et nous-même alternons en passant parfois d’un groupe à un autre : attente d’un signe, refus de faire confiance à l’Esprit-Saint, une profession de foi simple mais sincère. Et donc la fin du cycle liturgique me propose un regard sur l’année passée, comment ai-je discerné les signes que le Seigneur m’a envoyés ?

 


ÉVANGILE Dimanche 17 novembre 2019

« C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie » (Lc 21, 5-19)

Alléluia. Alléluia.
Redressez-vous et relevez la tête,
car votre rédemption approche.

Alléluia. (Lc 21, 28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
comme certains disciples de Jésus parlaient du Temple,
des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient,
Jésus leur déclara :
« Ce que vous contemplez,
des jours viendront
où il n’en restera pas pierre sur pierre :
tout sera détruit. »
Ils lui demandèrent :
« Maître, quand cela arrivera-t-il ?
Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? »
Jésus répondit :
« Prenez garde de ne pas vous laisser égarer,
car beaucoup viendront sous mon nom,
et diront : ‘C’est moi’,
ou encore : ‘Le moment est tout proche.’
Ne marchez pas derrière eux !
Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres,
ne soyez pas terrifiés :
il faut que cela arrive d’abord,
mais ce ne sera pas aussitôt la fin. »
Alors Jésus ajouta :
« On se dressera nation contre nation,
royaume contre royaume.
Il y aura de grands tremblements de terre
et, en divers lieux, des famines et des épidémies ;
des phénomènes effrayants surviendront,
et de grands signes venus du ciel.

Mais avant tout cela,
on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ;
on vous livrera aux synagogues et aux prisons,
on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs,
à cause de mon nom.
Cela vous amènera à rendre témoignage.
Mettez-vous donc dans l’esprit
que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense.
C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse
à laquelle tous vos adversaires ne pourront
ni résister ni s’opposer.
Vous serez livrés même par vos parents,
vos frères, votre famille et vos amis,
et ils feront mettre à mort certains d’entre vous.
Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom.
Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 33e dimanche T.O Année C (17 Nov 2019)

-> Homélie pr le 33e Dim T.O C (17 Nov 2019)

 

Frères et Soeurs,

Le prophète Malachie, au 5e siècle avant Jésus-Christ, annonçait des jours meilleurs à une époque de grands bouleversements. Oui, sa communauté vivait le découragement à cette époque. Car depuis plus de cinquante ans, les Juifs étaient revenus d’exil. Le temple était rebâti, pourtant le moral était encore au plus bas. Ceci à cause des murs de la capitale qui n’avaient toujours pas pu être rebâtis et donc la sécurité des habitants n’était pas assurée. En plus, les rapatriés avaient été mal accueillis par leurs compatriotes restés sur place. Cet état de fait désastreux semblait opposer un démenti aux promesses prophétiques formulées pendant et après l’exil. Où était donc Dieu pendant ce temps ? Que faisait-il alors ? Voilà des questions qui étaient et qui restent actuelles lorsque les événements et les circonstances de la vie nous dépassent. Mais le prophète Malachie nous fait part de son optimisme. Selon lui : « Le jour du Seigneur mettra les cœurs à nu. Alors l’impiété brûlera comme de la paille, et pour l’homme de foi, le soleil de justice brillera de tout son éclat ». Oui, Malachie dévoile ainsi une autre vision de ce qui est en train d’advenir, invitant les croyants à se démarquer par rapport à leur façon de voir les événements.

C’est dire qu’en achevant son ministère public par un enseignement sur la fin du monde, Jésus nous dévoile aussi une autre vision de ce qui est en train d’advenir, nous invitant à nous démarquer de notre façon de voir les événements : « Ce que vous contemplez maintenant, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. ». Au temps où Luc écrit son évangile, l’Église naissante traverse des temps troubles. Et Luc demande de persévérer dans la Foi en reprenant le discours du Christ : « Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne soyez pas terrifiés : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin. » 

En effet, la fin du monde n’est pas pour maintenant. Le style apocalyptique emprunté par Luc nous rappelle simplement que nous sommes d’abord des êtres matériels, fragiles, limités, soumis aux lois naturelles et aux règles souvent cruelles de la nature humaine à l’image « de ces belles pierres et des ex-voto qui décoraient le temple de Jérusalem ». Mais nous sommes aussi des êtres spirituels et à ce titre, nous avons aujourd’hui un appel à la conversion personnelle. Luc nous invite à utiliser le temps qui nous est donné à témoigner de l’Évangile. Au lieu de nous lamenter des difficultés. Retroussons nos manches et témoignons de l’amour autour de nous. Nous aurons parfois envie de baisser les bras, surtout quand viendront les épreuves et que l’on nous persécutera, ou que nous serons détestés de tous. Mais tenons bon, car pour le croyant, même quand tout va mal, Jésus reste la bonne nouvelle.

 


Évangile Lundi 11 Novembre 2019

« Si sept fois par jour ton frère revient à toi en disant : “Je me repens”, tu lui pardonneras » (Lc 17, 1-6)

Alléluia. Alléluia.
Vous brillez comme des astres dans l’univers
en tenant ferme la parole de vie.

Alléluia. (Ph 2, 15d.16a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Il est inévitable que surviennent des scandales,
des occasions de chute ;
mais malheureux celui par qui cela arrive !
Il vaut mieux qu’on lui attache au cou une meule en pierre
et qu’on le précipite à la mer,
plutôt qu’il ne soit une occasion de chute
pour un seul des petits que voilà.

Prenez garde à vous-mêmes !
Si ton frère a commis un péché,
fais-lui de vifs reproches,
et, s’il se repent, pardonne-lui.
Même si sept fois par jour il commet un péché contre toi,
et que sept fois de suite il revienne à toi
en disant : “Je me repens”,
tu lui pardonneras. »

Les Apôtres dirent au Seigneur :
« Augmente en nous la foi ! »
Le Seigneur répondit :
« Si vous aviez de la foi,
gros comme une graine de moutarde,
vous auriez dit à l’arbre que voici :
“Déracine-toi et va te planter dans la mer”,
et il vous aurait obéi. »

Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 11 Novembre 2019 (Anniversaire de l’armistice de la Grande Guerre)

-> Homélie (11Nov 2019)

 

Frères et Soeurs,

L’un des plus illustres évêques français du 19ème siècle, le Cardinal Pie disait à ses compatriotes : «  Vous serez davantage de votre pays à mesure que vous serez plus chrétiens » et Saint Ambroise, Père de l’Eglise du 4ème siècle, affirmait déjà que : « Celui-là qui s’exile de sa patrie, se sépare du Christ ».

En effet, il est impossible de se dire pleinement chrétien si l’on refuse de rendre à la Patrie les devoirs qui lui sont dus ; mais également, tout service de la Patrie est menteur lorsqu’il s’éloigne ou se sépare foncièrement de Jésus-Christ car nous tombons alors dans un nationalisme excessif, voire même absolu devant lequel tout doit plier sans plus de respect pour les personnes.

C’est dire que cet amour de la Patrie est non seulement légitime mais doit être constitutif de nous-même, l’aurait-on oublié ? Ce n’est pas une option, non l’amour de la Patrie est essentiel. Sans lui, la vie en commun sur le même territoire devient impossible, l’égoïsme prend le dessus, le respect des personnes et de l’héritage commun disparaît, la mémoire s’évanouit avec toutes les leçons de sagesse qu’elle porte, c’est un peu comme un divorce à grande échelle.

Et le Saint Père Jean-Paul II, nous rappelait que «  le patriotisme se situe dans le cadre du 4ème commandement qui nous engage à honorer notre père et notre mère… La patrie est le bien commun de tous les citoyens et, comme tel, elle est aussi un grand devoir  ». De même le Catéchisme de l’Eglise Catholique affirme : « L’amour et le service de la Patrie relèvent du devoir de reconnaissance et de l’ordre de la charité ».

Notons que ce n’est pas parce qu’on aime son pays, qu’on le veut beau, prospère, estimé et respecté à l’étranger que l’on déteste les autres ! Bien au contraire, l’amour de notre pays nous fait respecter les autres et nous invite à voir ce qu’il y a de beau et d’estimable chez eux, à l’image d’un maître-artisan qui admire et respecte le chef d’œuvre de son collègue puisqu’il en connaît la valeur et sait ce qu’il en coûte de travail, de délicatesse et d’amour. Chaque commémoration du 11 Novembre, vient opportunément raviver en nous l’amour de la France. En effet, le courage, l’abnégation, l’amour du prochain, l’esprit de sacrifice, la prière commune pour la France de nos anciens sont pour nous un exemple et un encouragement.

Nous sommes rassemblés en cette église pour faire mémoire de ceux qui sont morts pour la France, ceux qui ont fait le sacrifice suprême de leur vie pour notre liberté. Nous devons aussi penser à tous ceux qui ont survécus à ces guerres et qui ont dû se reconstruire après toutes ces horreurs. Parmi vous plusieurs ont vécus la même chose en Afrique du Nord ou en Indochine. Notre pays doit être reconnaissant envers vous, tout comme il est reconnaissant envers ceux qui y sont restés.

Permettez-moi de vous citer deux témoignages qui révèlent cette noblesse d’âme qui a fait la France. Celui de Charles de Menditte, capitaine d’infanterie, engagé sur les terres de Belgique en août 1914, qui écrit : « J’avais rêvé le baptême de feu dans l’apothéose de la victoire, je n’eus pas cette joie mais j’ai eu du moins la consolation de voir l’Allemand reculer et de ramener ma compagnie en ordre. Nous n’avons pas été des guerriers heureux mais nous avons fait ce que nous avons pu… Mes hommes ne se sont pas doutés de l’ardente prière que je fis pour eux et au milieu d’eux. Plus que jamais j’ai remis mon sort entre les mains de Dieu, je me suis confessé avant-hier et je vais au combat plein de foi. C’est sans doute pour cela que j’ai pu faire mon devoir aussi simplement  ».

Et celui du Père aumônier (Abbé Chevalier), qui annonce à madame Pochet la mort de son mari, le caporal Robert Pochet, tombé au champ d’honneur le 13 avril 1916, près de Verdun : « Le médecin avait examiné son état et avait déclaré inutile de le torturer davantage puisque la mort était certaine… C’est sur ces entrefaites que j’arrivais. Ma présence fit rayonner de joie la pauvre victime qui me cria : “Ah ! Voilà le miracle de Sainte Thérèse, que suis heureux de vous voir. Allez-vous me donner le Bon Dieu ?” 

Je dois avouer que je m’explique difficilement le mutisme sur certaines figures de France qui de nos jours encore font que la France est la France, et qui faisait dire à Roosevelt (qui n’est certes pas un Père de l’Eglise) : « Tout homme a deux patries : la sienne et la France  ». Ce 11 novembre nous appelle donc à la gratitude, à la prière, spécialement pour ceux qui ont versé le prix du sang, à la prière pour la paix ; il nous appelle à retrouver nos racines, à cultiver ces vertus qui ont fait la grandeur et la beauté de notre pays.

A l’heure où notre monde connaît encore de terribles tensions, spécialement avec la menace du terrorisme, demandons au Seigneur, par l’intercession des Saints de notre Patrie, cette paix, la paix juste, la paix forte tellement nécessaire. Puissions-nous coopérer à la grâce de Dieu pour en être les artisans là où nous sommes. Amen.

      

 


Évangile Dimanche 10 Novembre 2019

« Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants » (Lc 20, 27-38)

Alléluia. Alléluia.
Jésus Christ, le premier-né d’entre les morts,
à lui, la gloire et la souveraineté
pour les siècles des siècles.

Alléluia. (Ap 1, 5a.6b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
quelques sadducéens
– ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection –
s’approchèrent de Jésus
et l’interrogèrent :
« Maître, Moïse nous a prescrit :
Si un homme a un frère qui meurt
en laissant une épouse mais pas d’enfant,
il doit épouser la veuve
pour susciter une descendance à son frère.
Or, il y avait sept frères :
le premier se maria et mourut sans enfant ;
de même le deuxième,
puis le troisième épousèrent la veuve,
et ainsi tous les sept :
ils moururent sans laisser d’enfants.
Finalement la femme mourut aussi.
Eh bien, à la résurrection,
cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse,
puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »

Jésus leur répondit :
« Les enfants de ce monde prennent femme et mari.
Mais ceux qui ont été jugés dignes
d’avoir part au monde à venir
et à la résurrection d’entre les morts
ne prennent ni femme ni mari,
car ils ne peuvent plus mourir :
ils sont semblables aux anges,
ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection.
Que les morts ressuscitent,
Moïse lui-même le fait comprendre
dans le récit du buisson ardent,
quand il appelle le Seigneur
le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.
Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants.
Tous, en effet, vivent pour lui. »

Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 32e dimanche T.O  Année C (10 Nov 2019)

-> Homélie pr le 32e Dim T.O C (10 Nov 2019)

 

Frères et Soeurs,

Le voyage de Jésus à Jérusalem est sur le point de se terminer.  Et voilà qu’une série d’événements montre l’intensification des tensions et d’oppositions entre Jésus et les autorités religieuses de l’époque. Au temps du Christ en effet, la foi en la Résurrection était toute neuve ; elle n’était pas encore partagée par tout le monde. Les Pharisiens y croyaient fermement ; pour eux c’était une évidence que le Dieu de la vie n’abandonnerait pas ses fidèles à la mort. Mais on pouvait très bien être un bon Juif sans croire à la résurrection de la chair. C’était le cas des Sadducéens. Pour justifier leur refus de la résurrection, ils cherchent donc à démontrer qu’une telle croyance conduit à des situations ridicules. Mais si les sadducéens ne croient pas en la résurrection, à quoi leur servait alors la foi ? Que leur apporte-t-elle puisque d’après eux tout s’arrête à la mort ? 

C’est dire que, pendant des siècles, le peuple hébreu a cru que sa foi en Dieu lui apporterait bénédictions et richesses sur cette terre, puisqu’il n’y aurait rien après. Il n’y avait rien à attendre dans l’au-delà, mais tout à gagner dès ici-bas : le salaire de la foi c’était la réussite, la prospérité, la santé, la richesse, une grande et puissante famille. Et aujourd’hui encore, beaucoup de contemporains pensent ainsi.

Et pourtant chaque peuple avait une conception différente de la vie et de l’au-delà. Dans les tombeaux des pharaons par exemple, les domestiques et les serviteurs des pharaons étaient enterrés avec lui, de sorte que lorsque la vie reprendrait de l’autre côté, tout le monde pourrait reprendre ses rôles respectifs. Ainsi si vous avez bien réussi dans cette vie, vous continuerez à bien réussir dans la prochaine. 

De fait, la foi en la résurrection était quand même plus vive chez plusieurs Juifs deux siècles avant Jésus. On le voit bien dans la première lecture, qui nous raconte la torture de sept frères, arrêtés avec leur mère, et que le roi voulut contraindre à manger de la viande interdite par la loi juive. Les paroles du troisième frère cachent cependant une ambiguïté que Jésus dissipera : la vie éternelle est différente de la vie ici-bas. En effet nous avons tendance à supposer que ce qui va arriver sera une sorte de continuation de ce qui est maintenant.  Et les pharisiens étaient persuadés que les morts sortiraient du tombeau en chair et en os : une sorte de réincarnation (Image très forte chez Ezekiel avec les ossements désechés). Tandis que les sadducéens eux croyaient que notre monde était le seul monde dans lequel Dieu agit. Et dans sa réponse aux sadducéens, Jésus démontre leur incapacité à comprendre la résurrection. La vie du ressuscité sera différente de la vie ici-bas. Il démontre leur incapacité à comprendre les Écritures en utilisant un autre passage du Pentateuque : le récit de la rencontre de Moïse avec Dieu dans le buisson ardent. Le passage déclare que Dieu est le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Par conséquent, Jésus conclut qu’Abraham, Isaac et Jacob doivent dans un certain sens être encore en vie ; d’où la nécessité de la résurrection. Ressusciter ce n’est pas se retrouver comme avant. Non, nous serons transformés comme Jésus l’a été le jour de Pâques. 

Les gens ont toujours eu du mal à croire en la résurrection des morts, pourtant affirmée dans notre Crédo, et pour les mêmes raisons que les sadducéens. À quoi ressemble la résurrection ? Quelles seront nos relations avec les autres ? 

Mais Jésus donne peu de réponses spécifiques à de telles questions. Cependant, au-delà de la mort, comme le dit Saint Jean « nous lui serons semblables » (1 Jn). Pour l’instant, « Ce que nous serons ne paraît pas encore clairement »… 

La réponse de Jésus montre bien au contraire qu’il y a une rupture complète entre notre vie actuelle et la vie des ressuscités : les enfants de ce monde se marient, c’est entendu ; mais les ressuscités ne se marient pas. Ils ne sont pas des anges mais ils sont « semblables aux anges », c’est-à-dire qu’ils ont un point commun avec les anges : ce point commun, justement, c’est qu’ils ne peuvent plus mourir ; la mort n’a plus sur eux aucun pouvoir ; désormais ils sont «enfants de Dieu », c’est-à-dire qu’ils sont vivants de la vie de Dieu. Demandons cette grâce !

       

 


Évangile Dimanche 3 Novembre 2019

« Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19, 1-10)

Alléluia. Alléluia.
Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle.
Alléluia. (Jn 3, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
entré dans la ville de Jéricho, Jésus la traversait.
Or, il y avait un homme du nom de Zachée ;
il était le chef des collecteurs d’impôts,
et c’était quelqu’un de riche.
Il cherchait à voir qui était Jésus,
mais il ne le pouvait pas à cause de la foule,
car il était de petite taille.
Il courut donc en avant
et grimpa sur un sycomore
pour voir Jésus qui allait passer par là.
Arrivé à cet endroit,
Jésus leva les yeux et lui dit :
« Zachée, descends vite :
aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »
Vite, il descendit
et reçut Jésus avec joie.
Voyant cela, tous récriminaient :
« Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. »
Zachée, debout, s’adressa au Seigneur :
« Voici, Seigneur :
je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens,
et si j’ai fait du tort à quelqu’un,
je vais lui rendre quatre fois plus. »
Alors Jésus dit à son sujet :
« Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison,
car lui aussi est un fils d’Abraham.
En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver
ce qui était perdu. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 31e dimanche T.O  Année C (03 Nov 2019)

-> Homélie pr le 31e Dim T.O C (03 Nov 2019)

 

Frères et Soeurs,

Jésus qui est en route vers Jérusalem traverse la ville frontalière de Jéricho. Dans cette ville, il y a un homme nommé Zachée qui n’est pas simplement un collecteur d’impôts, mais un collecteur d’impôts en chef, ce qui signifie, comme l’explique l’évangile de Luc, qu’il est très riche. Poussé par la curiosité, il veut voir Jésus, mais comme il est petit, il ne peut pas voir par-dessus la foule, alors il grimpe à un arbre. Curieusement, quand Jésus arrive à l’endroit où Zachée s’est perché, il l’appelle et s’invite chez lui, ce qui procure simultanément joie à Zachée et scandalise la foule, car elle a la certitude que, comme collecteur d’impôts, c’est un voleur, donc c’est un pécheur.

Un détail important est la clé de lecture de ce texte, c’est la richesse. Luc, plus que tout autre évangéliste, est toujours préoccupé par les questions de richesse et, par conséquent, de traitement des pauvres. Les riches sont considérés avec suspicion. Ainsi, l’histoire, même si elle nous est familière, commence en réalité par une note d’ambiguïté. La déclaration de Zachée sur ses transactions financières est-elle une promesse pour le futur, en réponse à la visite de Jésus ? où est-ce déjà une description de son comportement actuel ? 

Remarquons qu’il ne confesse pas son péché et ne se repent pas. Bien sûr, nous pouvons interpréter sa déclaration envers les pauvres et ceux qu’il a volés comme une repentance, mais Jésus ne fait pas l’éloge de son changement de cœur. Il prononce une bénédiction basée non pas sur ce que Zachée a fait, mais simplement parce qu’il est, comme ceux qui grognent autour de lui, un Israélite, un fils d’Abraham. En d’autres termes, les riches du monde ont beaucoup d’espoir dès qu’ils remarquent les pauvres à leur porte et qu’ils font quelque chose en réponse. C’est dire que même les plus marginalisés et les plus méprisés des riches, les collecteurs d’impôts, ont leur place dans le sein d’Abraham et de Dieu. Ils ont leur place dans la communauté des bienheureux lorsqu’ils cherchent le bon trésor.

Cette histoire est la promesse que quiconque veut voir Jésus, ne doit pas se bloquer au premier obstacle qui se présente. Plus que cela, cette personne sera vue à son tour par Jésus et ainsi sa joie sera grande. Aussi la 1ere lecture présente un Dieu amoureux de tous. Il a un regard plein de miséricorde qui ouvre le chemin de la conversion. Et dès le début de l’évangile de Luc et tout au long de son récit, Jésus se range aux côtés de ceux qui sont en marge, ceux qui sont méprisés, ceux qui ne comptent pas aux yeux du monde. Zachée est riche, certes mais il est néanmoins méprisé par ses voisins, et considéré comme moins que rien. Pourtant, Jésus le choisit.  Peut-être que Jésus est à nouveau à la recherche de ceux qui sont exclus afin de les sauver et de les restaurer dans leur dignité. 

Le regard que Jésus porte sur Zachée, il le porte aussi sur chacun de nous, à notre tour, portons-le aussi sur ceux qui nous entourent. Soyons dignes de l’appel que Dieu nous a adressé dans la deuxième lecture. Nous pourrions alors nous demander qui, tant dans notre communauté qu’à l’extérieur, sont ceux et celles qui ont été laissés en marge, qui ont été exclus, qui pourraient nous surprendre par leur générosité et leur foi. 

Quels sont ceux et celles qui veulent simplement voir Jésus, mais ont été tenus à distance. Si nous sommes disposés à poser de telles questions, et à oser y répondre, nous pourrions voir nos Zachée sous un jour totalement différent. Et peut-être que Zachée représente simplement la caractéristique principale de tous les disciples : un désir de voir Jésus et une joie en sa présence. 

 


Évangile  Vendredi 1er Novembre 2019

« Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! » (Mt 5, 1-12a)

Alléluia. Alléluia.
Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, dit le Seigneur,
et moi, je vous procurerai le repos.

Alléluia. (Mt 11, 28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
voyant les foules, Jésus gravit la montagne.
Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait.
Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent,
car ils seront consolés.
Heureux les doux,
car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice,
car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux,
car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs,
car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix,
car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte,
si l’on vous persécute
et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous,
à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour la Toussaint (1er Nov 2019)

-> Homélie 1er Nov (Toussaint)

 

Frères et Soeurs,

Personne ne maîtrise la vie et encore moins la possibilité d’une autre vie au-delà. Nous savons bien qu’un jour ou l’autre, nous aurons à affronter la mort, cette absence de vie. Et le chrétien, comme n’importe qui, souffre de voir l’autre mourir. Il pleure comme n’importe qui de voir que l’être aimé est en train de disparaître peu à peu. Mais le chrétien ose affronter la mort parce qu’il croit en un Dieu qui s’est fait homme, un homme qui a connu la mort. C’est pourquoi en cette fête de la Toussaint, l’Église nous fait entendre l’Évangile des Béatitudes. 

Dans les Béatitudes, il y a cet adjectif revenant en permanence : « Heureux, bienheureux ». Oui, tous, nous aspirons au bonheur, à être heureux. Les Béatitudes, c’est la charte de vie des combattants qui luttent et travaillent à faire advenir un monde de fraternité. Dans ce texte, il n’est aucunement question de supporter patiemment les misères de ce temps en prévision d’une vie future dans l’au-delà. Nous sommes juste appelés à être saints et saintes. 

La Toussaint, est donc une fête où la joie du ciel déborde sur la terre. Il ne s’agit pas de passer sous silence deuil, souffrance et maladie. Dans notre monde de médias et de publicité, on essaie de nous convaincre que le bonheur réside dans une voiture, le confort, le soin de son corps, bref dans l’avoir, et avoir toujours plus.  La véritable question est plutôt de quel bonheur parlons-nous ? Jésus sur la montagne ne parle pas d’un bonheur de surface, d’un bonheur à bon marché. Il décrit plutôt un chemin pour atteindre un bonheur caché dans nos profondeurs. Selon le Christ, le bonheur est dans le don de soi et dans la pauvreté. L’Église nous invite à demander ce bonheur lorsqu’immédiatement après la prière du Notre Père, le célébrant dit : « Seigneur, donne la paix à notre temps. Rassure-nous devant les épreuves en cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets ». 

Oui, dans la liturgie de ce jour, l’intervention finale de Dieu dans l’histoire du monde est présentée dans l’Apocalypse sous forme imagée. Saint Jean nous parle d’un ciel nouveau et d’une terre nouvelle. Il annonce la fin du temps des larmes, de la peur, des souffrances et de la mort. L’apocalypse c’est d’abord une bonne nouvelle, un message d’espérance qui nous rejoint tous. La Toussaint, c’est donc la fête de tous ces larrons qui se sont tournés vers Jésus en croix pour lui demander : Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne et ton Royaume. Et Jésus leur répond : aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis. Et les portes du Royaume se sont ouverts pour un brigand. Les saints dont nous faisons mémoire, ce sont ceux et celles qui se sont laissé travailler par l’une ou l’autre des béatitudes. Pour certains, cela a été la pauvreté du cœur, pour d’autres, la douceur, pour d’autres la miséricorde, pour d’autres encore, la paix. Regardons autour de nous, quelques un de nos proches pratiquent à fond telle ou telle autre béatitude. Ce qui nous rassure que la sainteté est un chemin pour tous. C’est dans ce sens que l’apocalypse parle d’une foule innombrable, de toutes les  nations, races, peuples et langues en marche vers la félicité céleste. C’est dire que le bonheur, comme la sainteté, n’est pas réservé à quelques personnes hors du commun, ou juste à des saints reconnus. C’est notre destinée à tous et toutes. 

Être saint, c’est mettre de l’amour dans toute notre vie, c’est se donner totalement pour le service des autres. C’est par le témoignage de notre foi, que nous pouvons devenir, à notre tour, des signes visibles de la présence de Jésus ressuscité. Il s’agit de croire jusqu’à en être heureux.

    


Évangile Dimanche 27 Octobre 2019

« Venez, les bénis de mon Père » (Mt 25, 31-46)

Alléluia. Alléluia. Moi, je suis la résurrection et la vie, dit le Seigneur.
Celui qui croit en moi ne mourra jamais. Alléluia. (Jn 11, 25a.26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire,
et tous les anges avec lui,
alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
il séparera les hommes les uns des autres,
comme le berger sépare les brebis des boucs :
il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
‘Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume
préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !’
Alors les justes lui répondront :
‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu…?
tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?
tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
tu étais malade ou en prison…
Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?’
Et le Roi leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l’avez fait
à l’un de ces plus petits de mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait.’

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
‘Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits,
dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.’
Alors ils répondront, eux aussi :
‘Seigneur, quand t’avons-nous vu
avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison,
sans nous mettre à ton service ?’
Il leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous ne l’avez pas fait
à l’un de ces plus petits,
c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.’

Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
et les justes, à la vie éternelle. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

Homélie pour le 30e dimanche T.O Année C (27 Oct 2019)

->Homélie du 27 oct 2019

 

Frères et Soeurs,

Dans la première lecture, Ben Sirac dit le sage, a opposé Dieu aux rois d’Israël, qui sont souvent de mauvais juges, ainsi qu’aux riches parvenus de son époque qui méprisaient les pauvres. Oui, Dieu ne fait pas de différence entre les personnes, comme eux le font. Ben Sirac écrit de garder confiance en Dieu, car lui seul sait qui est le véritable juste. Ce n’est pas celui qui se justifie lui-même, mais plutôt celui qui met sa confiance en Dieu, qui crie vers lui et l’appelle. D’ailleurs, le psaume nous le dit très bien : « un pauvre a crié, Dieu l’écoute et le sauve ».

Et le message de la seconde lettre à Timothée, rejoint cette logique : Dieu a élevé les humbles, et renvoyé les riches les mains vides. « Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé ». Il s’agit simplement de se reconnaître tels que nous sommes, sans vanter nos mérites. Mais, est-il possible qu’une personne profondément religieuse, parce qu’elle se vante, soit perdue et qu’un pécheur repentant, pour être resté humble, soit sauvé ?

En effet, se présentent à nous dans l’évangile d’aujourd’hui, deux personnes qui offrent à Dieu des prières très différentes mais qui révèlent le contenu de leur cœur. L’un d’eux a estimé qu’il avait assez de justice en lui-même pour être déclaré juste devant Dieu. L’autre a constaté son désespoir et s’en est remis à Dieu. Trop facilement, on peut dire que le pharisien de la parabole de Jésus est un hypocrite. Et pourtant, tout ce qu’il dit est vrai. Il s’est vraiment distingué des autres par sa fidèle adhésion à la loi. Alors avant de le juger trop rapidement, nous pourrions peut-être simplement reformuler légèrement sa prière et nous demander si nous ne l’avons pas prononcée nous-mêmes, un jour.

Ce n’est donc pas que le pharisien parle faussement, mais plutôt que le pharisien passe à côté de la vraie nature de la Prière. Il commet également l’erreur de se comparer aux autres et de les traiter avec mépris. L’autre homme par contre, mentionné par Jésus dans cette parabole, est un collecteur d’impôts. Les collecteurs d’impôts étaient célèbres pour leurs vols et le fait qu’ils avaient vendu leur patrie à Rome. Cependant, dans sa prière nous voyons un cœur humble et brisé. Il se tient loin, regarde par terre et se frappe la poitrine avec angoisse face à son péché. Sa posture est celle de quelqu’un qui a peur du jugement de Dieu. Il n’est pas fier et il y a de la sincérité dans ses propos.

Voici alors le contraste essentiel : L’un revendique la justice sur la base de ses propres réalisations, tandis que l’autre repose entièrement sur la bienveillance de Dieu. Et surprise pour eux car l’homme qui croyait sa dépravation totale était celui que Jésus a déclaré être juste devant Dieu.

En nous, il y a ces deux personnes, ces deux comportements. En nous, il y a une guerre permanente entre se tenir la tête haute et se tenir à distance. Il y a un combat entre être content de soi et être content de Dieu. Il y a un combat pour se sentir meilleur, pour se faire voir, la soif de la reconnaissance. Nous sommes invités ce jour à nous déposséder de nous-mêmes pour laisser la place à quelqu’un d’autre. Car notre ego est souvent trop encombrant qu’il ne laisse aucun espace à Dieu. Alors qu’il n’y a qu’une seule chose à faire : laisser tomber tout ce qui nous empêche de nous jeter dans les bras de Dieu. Cette parabole concerne Dieu. Lui seul peut juger le cœur humain. Ainsi, se pourrait-il que le pharisien et le collecteur d’impôts aient besoin l’un de l’autre ?

 

 


Évangile  Dimanche 20 Octobre 2019

« Dieu fera justice à ses élus qui crient vers lui » (Lc 18, 1-8)

Alléluia. Alléluia.
Elle est vivante, efficace, la parole de Dieu ;
elle juge des intentions et des pensées du cœur.

Alléluia. (cf. He 4, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples une parabole
sur la nécessité pour eux
de toujours prier sans se décourager :
« Il y avait dans une ville
un juge qui ne craignait pas Dieu
et ne respectait pas les hommes.
Dans cette même ville,
il y avait une veuve qui venait lui demander :
‘Rends-moi justice contre mon adversaire.’
Longtemps il refusa ;
puis il se dit :
‘Même si je ne crains pas Dieu
et ne respecte personne,
comme cette veuve commence à m’ennuyer,
je vais lui rendre justice
pour qu’elle ne vienne plus sans cesse Le Seigneur ajouta :
« Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus,
qui crient vers lui jour et nuit ?
Les fait-il attendre ?
Je vous le déclare :
bien vite, il leur fera justice.
Cependant, le Fils de l’homme,
quand il viendra,
trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 29e dimanche du T.O Année C (20 Oct 2019)

->Homélie du 20 oct 2019

 

Frères et Soeurs,

La parabole dans l’évangile d’aujourd’hui pourrait exprimer certains découragements des premiers croyants, causés certainement par le retard du retour de Jésus et/ou par les difficultés qu’ils enduraient. En effet, au moment où Luc écrit, beaucoup avaient bel et bien perdu tout espoir. Car ils avaient cru au départ que Jésus reviendrait très vite pour inaugurer le Royaume qu’il avait annoncé. Pourtant rien ne venait, ni Jésus, ni les temps nouveaux. Alors ils le suppliaient, mais toujours rien ! Pourquoi donc les faisait-il attendre ainsi ? Ils priaient, mais sans obtenir la réponse qu’ils désiraient. Devraient-ils se lasser et perdre tout espoir ? L’histoire de la veuve insistante rapportée par Luc est donc présentée comme une parabole sur la prière sans cesse. Cela commence par la présentation d’un juge qui ne craint pas Dieu et qui ne respecte pas les autres. C’est dire que toutes les personnes non considérées et non respectées de notre temps sont représentées ici par une veuve dont l’insistance est tellement gênante pour le juge qu’elle finit par obtenir la justice qu’elle réclame.

Oui, prier sans cesse, c’est prier à plusieurs reprises, encore et encore, avec insistance, un peu comme le fait cette veuve. Cette prière continue est un signe de foi persistante. Moïse dans la 1ere lecture donne également un exemple de prière constante et patiente. Quel est donc le contexte? Voilà que le peuple d’Israël se déplace dans le désert vers le Sinaï. La route est jonchée d’embûches et de difficultés: la faim, la soif, la chaleur, autant d’épreuves pour se décourager. Puis arrive l’assaut soudain des Amalécites, redoutables guerriers du désert. Que faire ? Pas d’autres solutions pour les Israëlites que d’invoquer Dieu. Et Moïse prie sur la montagne les mains élevées, alors que le peuple combat dans la plaine. La victoire dépendait-elle de sa persévérance dans la prière ? Le vrai combat était-il auprès des guerriers dans la plaine, ou sur la montagne, au sommet de cette colline où Moïse invoque Dieu ?

Moïse, Aaron et Hour sont au sommet de la colline, pendant que le peuple se bat sous la direction de Josué dans la plaine. Josué se bat de toute son âme, et Moïse prie aussi de toute son âme. Le combattant et le priant se complètent donc. Si Moïse abandonne son poste de prière, Josué perd ses moyens. On ne peut pas donc dire que c’est Dieu seul qui agit, car il exige notre participation. Les mains levées de Moïse sont le symbole de toute la prière humaine. Elles disent la confiance, et la certitude du croyant que son Dieu ne l’abandonne jamais. ces mains levées le disent bien puisqu’elles restent immobiles comme pour signifier que le croyant ne devrait pas baisser les bras. Les mains levées du priant sont notre petite participation à l’oeuvre de Dieu. Mais il arrive que le priant, exténué, physiquement ou moralement, n’ait plus la force de « lever les mains » vers le ciel : alors il est bon de trouver des frères pour soutenir nos mains défaillantes ; normalement, c’est le rôle de nos communautés chrétiennes, Voilà pourquoi, un chrétien qui s’isole, s’étiole.

La liturgie de ce jour nous invite donc à revisiter nos propres prières. Oui, quand nous prions, nous demandons peut-être des choses mais sans vraiment y croire et sans vraiment les désirer, poussés simplement par l’habitude. Notons que si un juge injuste et égoïste rend justice en réponse à des demandes persistantes, combien plus le Dieu, juste et bon, rendra-t-il justice à celui ou celle qui prie constamment pour obtenir du secours? Les Chrétiens, ceux du temps du Christ, comme ceux d’aujourd’hui, sont donc invités à « ne pas baisser les bras ». Croire, c’est refuser de baisser les bras.

Or il nous est souvent facile de nous décourager devant le silence de Dieu, sans prendre nous-mêmes des mesures d’activer ou de travailler à l’aide qui doit venir de lui. Comment prier pour la guérison d’un malade sans prendre le temps de l’appeler ou de le visiter. Notre présence auprès de ceux qui souffrent, n’est- elle pas déjà un soulagement, donc une réponse à notre prière. Nous ne pouvons pas prier pour notre propre salut sans prendre aussi les moyens concrets pour l’obtenir. Dieu agit souvent par nous. Il nous associe à son œuvre. Dieu nous supplie de faire quelque chose pour ceux qui souffrent. Nous sommes parfois là à attendre que Dieu intervienne avec une baguette magique dans certaines situations, alors que nous pouvons déjà agir.

Demandons la grâce de mettre nos membres au service de Dieu pour soulager la souffrance de nos frères et faire advenir son règne. Ainsi toutes nos prières seront exaucées.

 

 


Évangile  Dimanche 13 Octobre 2019

« Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! » (Lc 17, 11-19)

Alléluia. Alléluia.
Rendez grâce à Dieu en toute circonstance :
c’est la volonté de Dieu à votre égard
dans le Christ Jésus.
Alléluia. (1 T h 5, 18)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus, marchant vers Jérusalem,
traversait la région située entre la Samarie et la Galilée.
Comme il entrait dans un village,
dix lépreux vinrent à sa rencontre.
Ils s’arrêtèrent à distance
et lui crièrent :
« Jésus, maître,
prends pitié de nous. »
À cette vue, Jésus leur dit :
« Allez vous montrer aux prêtres. »
En cours de route, ils furent purifiés.

L’un d’eux, voyant qu’il était guéri,
revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix.
Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus
en lui rendant grâce.
Or, c’était un Samaritain.
Alors Jésus prit la parole en disant :
« Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ?
Les neuf autres, où sont-ils ?
Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger
pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! »
Jésus lui dit :
« Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 28e dimanche du T.O Année C (13 Oct 2019)

->Homélie du 13 Oct 2019

 

Frères et Soeurs,

La lèpre est l’une des premières images du péché dans les Écritures Saintes. D’où la demande des Lépreux : « Jésus, maître, prends pitié de nous. »  et non pas « Jésus, maître, guéris-nous. »  Peut-on guérir du péché ? Non, le péché n’étant pas une maladie, on est simplement pardonné. Et remarquons que Jésus ne dit pas, non plus, aux lépreux de l’Evangile : vous êtes guéri. Il ne dit pas non plus si vous vous montrez au prêtre, vous serez guéri. Il ne leur promet rien, il leur dit simplement d’aller se montrer aux prêtres. Oui, dans l’Ancien Testament, dans le livre de Lévitique, une personne guérie d’une maladie de la peau était tenue de se présenter au prêtre pour l’être déclarée comme telle. Or, pendant qu’ils cheminent, les lépreux de l’Evangile sont guéris. Pouvez-vous imaginer la joie que tous ont ressentie à ce moment ? Ceux qui étaient exclus de la société, mis en quarantaine, qui n’avaient aucun espoir, pourraient maintenant rentrer chez eux avec leurs amis et leur famille.  Ils allaient être réintégrés dans le monde. Tous les dix hommes sont guéris. Mais un des dix a quelque chose de plus. Il a vu Jésus, a reconnu sa bénédiction et s’en est réjoui.

C’est dire qu’il a réellement vu ce qui s’est passé entre lui et le Christ, au moment de cette miraculeuse guérison. De fait, cet homme n’est pas simplement guéri, il est restauré dans sa relation avec Dieu et avec l’humanité. Il a été sauvé. Et le texte dit qu’il était un Samaritain mais nous ne savons pas avec certitude la nationalité des neuf autres. Mais lui, avait été méprisé parce qu’il était Samaritain, cependant lui seul est revenu remercier Dieu. Pourquoi aucun des neuf autres hommes n’est-il revenu ? Jésus leur avait dit d’aller se montrer au prêtre, et c’est exactement ce qu’ils faisaient. En fait, nous pouvons imaginer la conversation entre eux : «Ce stupide Samaritain! Ne connaît-il pas la loi de Dieu ? Nous sommes censés nous montrer au prêtre pour être déclarés purs; nous remercierons Jésus plus tard.» Cet épisode, si nous avons bonne mémoire, évoque l’histoire de Naaman le Syrien.  Constatons que sa guérison ne vient pas de l’eau du Jourdain, mais de la parole du prophète Élisée et de la foi de Naaman qui est soutenue par celle de ses serviteurs.

« Augmente en nous la Foi » demandaient les disciples à Jésus, dimanche dernier. Dans les deux récits de ce jour, il s’agit d’exemple de cette foi, aussi minime qu’une graine de moutarde. La foi n’est donc pas l’obéissance aveugle à une loi et encore moins une affaire de mérites.  Il s’agit simplement d’une ouverture à l’amour en toute confiance.  Et le Samaritain a compris cela. Il a compris que cette vie nouvelle qui s’ouvre à lui, est un don de Dieu. Un don qui ne tient aucun compte des maladies, ou péchés précédents. Et dans la brève réponse de Jésus au lépreux guéri, on peut constater un renvoi : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé».

Frères et Sœurs,

Il y a quelque chose à comprendre ici au sujet des personnes qui vivent en marge de nos communautés. Jésus les remarque et les aime. Et il nous appelle à faire de même. Oui, cette histoire des dix lépreux invite les croyants à se poser quelques questions : Face aux besoins humains, voyons-nous une demande, une adversité ou un cadeau ? Voyons-nous un ennemi ou un ami potentiel dans l’étranger taxé de toute la misère du monde? Quand nous nous tournons vers Dieu, voyons-nous un juge sévère ou un père aimant ? Quand nous nous regardons nous-mêmes, voyons-nous un échec ou un enfant bien-aimé ? Quand nous nous tournons vers l’avenir, voyons-nous une incertitude inquiétante ou un horizon ouvert ?

Notons que Dieu veut faire de nous des gens qui manifestent une gratitude aux dons et aux bénédictions reçus. Le plus grand cadeau de Dieu que nous oublions souvent n’est autre que la vie. Oui la vie est belle et elle nous est donnée gratuitement. Soyons comme le dixième lépreux. Oublions notre liste de choses à avoir à tout prix, et disons simplement merci à Dieu pour le don de la Vie.

 

     


 

Évangile  Dimanche 6 Octobre 2019

« Si vous aviez de la foi ! » (Lc 17, 5-10)

Alléluia. Alléluia.
La parole du Seigneur demeure pour toujours ;
c’est la bonne nouvelle qui vous a été annoncée.
Alléluia. (cf. 1 P 1, 25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
les Apôtres dirent au Seigneur :
« Augmente en nous la foi ! »
Le Seigneur répondit :
« Si vous aviez de la foi,
gros comme une graine de moutarde,
vous auriez dit à l’arbre que voici :
‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’,
et il vous aurait obéi.

Lequel d’entre vous,
quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes,
lui dira à son retour des champs :
‘Viens vite prendre place à table’ ?
Ne lui dira-t-il pas plutôt :
‘Prépare-moi à dîner,
mets-toi en tenue pour me servir,
le temps que je mange et boive.
Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour’ ?
Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur
d’avoir exécuté ses ordres ?
De même vous aussi,
quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné,
dites :
‘Nous sommes de simples serviteurs :
nous n’avons fait que notre devoir’ »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 27e dimanche du T.O Année C (6 Oct 2019)

-> Homélie du 6 Oct 2019

 

Frères et Soeurs,

La liturgie d’aujourd’hui nous invite à nous poser une question essentielle: Pourquoi Dieu permet-il l’injustice, la violence et la guerre ? C’est la question douloureuse de millions d’hommes et de femmes à travers l’histoire. De nos jours, la misère humaine sous toutes ses formes est encore bien présente et Dieu semble souvent absent de nos vies et de nos réalités quotidiennes. Où est donc Dieu ? Que fait-il ? Parce que le prophète Habacuc, dans la 1ère lecture, garde quand même l’espérance, mais cela n’empêche pas les événements tragiques de se produire. Enfin, sa confiance en Dieu suffit-elle pour nous permettre de croire que l’injustice n’aura pas le dernier mot?

Heureusement pour nous que la 2nde lecture, la lettre à Timothée, nous rappelle que Dieu nous a donné force, amour et raison.  Et qu’il n’est pas question d’attendre tout de Dieu vers qui nous crions notre détresse. Oui, Dieu n’interviendra pas de manière « abrakadabra » ou tonitruant  pour bouleverser le désordre de l’humanité. Nous avons en nous toutes les possibilités pour humaniser le monde, et éradiquer tout ce qui menace de nous entraîner vers la destruction. C’est pourquoi, il faut avoir un peu de foi en nous pour demeurer fidèles même quand tout ne va pas bon train, et que Dieu semble absent de nos vies.

Dans cette optique, il n’est pas étonnant que les apôtres souhaitent une plus grande foi. Quand les disciples de Jésus ou nous-mêmes demandons la foi, que voulons-nous réellement? Certains pourraient souhaiter que la foi apporte un certain type de certitude, ou de supériorité. Certains encore cherchent une expérience mystique, une foi qui fonctionne comme une drogue et qui nous aide à surmonter les défis ordinaires de la vie. D’autres aspirent à la foi comme antidote à la lutte.  Si j’avais juste plus de foi, je n’aurais pas autant de questions ou de doutes. Si j’avais juste plus de foi, Dieu répondrait à mes prières. Si j’avais juste plus de foi, il ne serait pas mort ; elle aurait récupéré. Si j’avais juste plus de foi, je serais plus impliqué dans ma communauté. Si j’avais juste plus de foi, je serais une meilleure personne, un meilleur parent, un meilleur conjoint. Si j’avais simplement plus de foi, je saurais quoi faire, je gérerais mieux les choses. Si j’avais juste plus de foi, la vie serait différente, ….

Mais ce que nous oublions, c’est que la foi ne nous est pas donnée dans un paquet à dépenser dans nos relations avec Dieu. La foi n’est pas mesurée en fonction de la difficulté de la tâche ou du travail devant nous. Avoir la foi signifie que toute notre façon de percevoir et de réagir à la vie est transformée par la fécondité de la justice de Dieu. Car ce qui semble impossible pour nous est possible pour Dieu. La foi est une relation de confiance et d’amour. Cela signifie s’ouvrir pour recevoir la vie d’un autre et donner sa vie à un autre. Cet autre est Jésus. D’ailleurs Jésus répond à ses apôtres que souvent, être disciple équivaut à de simples expressions de fidélité. Sa déclaration «ta foi t’a sauvé» à ceux qu’il aide implique que quelque chose d’autre se passe avec la foi.

Cette relation de foi est déterminante pour qui nous sommes et comment nous vivons. Vivre dans la foi ne nous protège pas de la douleur et des difficultés de la vie, il ne défait pas le passé et ne garantit pas un avenir particulier. La foi est plutôt le moyen par lequel nous affrontons et gérons les circonstances de la vie – les difficultés et les pertes, les joies et les succès, les opportunités et les possibilités.

La question n’est donc pas de savoir combien de foi nous avons, mais plutôt comment nous vivons la foi que nous avons. Comment notre foi, notre relation avec Jésus, change-t-elle nos vies, nos relations, la vie des autres ?  Oui, la graine de moutarde de la foi est déjà plantée en nous, va t’elle germer ? à nous de l’arroser.

 

      


 

ÉVANGILE     Dimanche 29 Septembre 2019

« Tu as reçu le bonheur, et Lazare, le malheur. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance » (Lc 16, 19-31)

Alléluia. Alléluia.
Jésus Christ s’est fait pauvre, lui qui était riche,
pour que vous deveniez riches par sa pauvreté.

Alléluia. (cf. 2 Co 8, 9)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait aux pharisiens :
« Il y avait un homme riche,
vêtu de pourpre et de lin fin,
qui faisait chaque jour des festins somptueux.
Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare,
qui était couvert d’ulcères.
Il aurait bien voulu se rassasier
de ce qui tombait de la table du riche ;
mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères.
Or le pauvre mourut,
et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham.
Le riche mourut aussi,
et on l’enterra.
Au séjour des morts, il était en proie à la torture ;
levant les yeux, il vit Abraham de loin
et Lazare tout près de lui.
Alors il cria :
‘Père Abraham, prends pitié de moi
et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau
pour me rafraîchir la langue,
car je souffre terriblement dans cette fournaise.
– Mon enfant, répondit Abraham,
rappelle-toi :
tu as reçu le bonheur pendant ta vie,
et Lazare, le malheur pendant la sienne.
Maintenant, lui, il trouve ici la consolation,
et toi, la souffrance.
Et en plus de tout cela, un grand abîme
a été établi entre vous et nous,
pour que ceux qui voudraient passer vers vous
ne le puissent pas,
et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.’
Le riche répliqua :
‘Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare
dans la maison de mon père.
En effet, j’ai cinq frères :
qu’il leur porte son témoignage,
de peur qu’eux aussi ne viennent
dans ce lieu de torture !’
Abraham lui dit :
‘Ils ont Moïse et les Prophètes :
qu’ils les écoutent !
– Non, père Abraham, dit-il,
mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver,
ils se convertiront.’
Abraham répondit :
‘S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes,
quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts :
ils ne seront pas convaincus.’ »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 26e dimanche du T.O Année C (29 Sept 2019)

-> Homélie du 29 Sept 2019

 

Frères et Soeurs,

Lors des dimanches précédents, les paraboles de Jésus décrivaient le monde qu’il voulait : un monde qui se montre accueillant aux pécheurs et qui sait investir au service des valeurs durables. Dans cette lancée, Jésus raconte aujourd’hui la parabole du riche dont il n’est pas dit qu’il était mauvais, mais seulement qu’il n’avait pas d’yeux pour le pauvre Lazare qui se tenait à sa porte. La parabole est donc construite sur le thème du renversement de situation entre le ciel et la terre. La scène terrestre met en présence deux personnages. Le premier est d’une très grande richesse. Le second est le pauvre appelé Lazare dont la misère est soulignée par sa maladie et son indigence. Entre les deux hommes, aucune communication, aucune relation : seul un chien manifeste quelque compassion envers Lazare. La parabole ne précise pas non plus que Lazare soit un pauvre particulièrement méritant. 

Le problème du riche dans cette parabole c’est qu’il n’a jamais regardé Lazare comme un homme, il le considérait encore moins qu’un chien. Du coup, c’est le riche qui a cessé d’être un homme.  Après la mort des deux personnages, la présence de Lazare auprès d’Abraham décrit une relation de proximité et d’amour. D’autre part, Abraham ne peut rien faire pour le riche, même s’il le reconnaît affectueusement comme son enfant. Il renvoie le riche aux cris des prophètes qui n’ont jamais cessé de réclamer que soit rendu aux pauvres le droit d’être des hommes.

Combien d’artistes n’ont-ils pas été inspirés par cette page de l’évangile de Luc ? À toutes les époques, en effet, il y a des représentations de l’enfer comme une fournaise avec ses flammes éternelles. Ces représentations évoquent surtout la douleur physique de corps torturés. La véritable souffrance est peut-être d’un autre ordre.  Elle est l’absence de sens, l’absence de Dieu. C’est là le véritable enfer pour les désespérés de la vie, pour tous ceux qui, à un moment ou l’autre de leur vie ont connu l’épreuve de se sentir impuissants. De sentir l’épreuve du découragement prolongé, de la déprime au quotidien, d’un grand vide en eux, de la dépression, voire du surmenage, ou même de la tentation du suicide. Et nous nous sentons démunis, désemparés devant leur mal. Nous ne pouvons pas vraiment mettre des mots dessus. Et eux non plus. Cela creuse encore plus cet abîme entre elles et nous. Parfois nous prions Dieu pour qu’il fasse un miracle pour ces personnes qu’il fasse quelque chose d’extraordinaire. Mais nous oublions de nous poser la vraie question: Et si nous étions, nous-mêmes, ce miracle ? 

Qu’y a-t-il à entendre dans ce qui se dit dans les Écritures d’aujourd’hui ? À quoi servent donc les Écritures si elles ne nous réveillent pas comme le fait Amos le prophète ? À quoi servent les paraboles si elles ne parlent pas pour ceux qui n’ont pas de voix, si elles ne nous font pas entendre que nos choix nous engagent, et que refuser d’être attentifs au démuni à sa porte, c’est contribuer à creuser le grand abîme infranchissable qu’évoque Abraham. À quoi servent les enseignements de Paul sur la justesse de notre conduite si la richesse ferme notre cœur à l’autre au point de ne plus voir Lazare et Dieu à travers lui ?

C’est donc maintenant qu’il faut changer de vie. C’est maintenant qu’il faut s’ouvrir aux plus petits. C’est maintenant qu’il nous faut croire que nous sommes tous en route vers le Royaume de Dieu en aimant nos frères et nos sœurs. Les cinq frères de l’homme riche, c’est chacun et nous tous.  Sommes-nous inconscients, comme le riche de l’Évangile d’aujourd’hui, ou bien sommes-nous conscients de toutes les inégalités au sein desquelles nous vivons et dont, sans doute, nous profitons ? Faisons-nous quelque chose pour y remédier ? Si nous refusons d’aimer aujourd’hui, comment pourrons-nous aimer demain ? Demandons-nous ce que nous pouvons faire et ce que nous faisons pour traduire ce message de l’Évangile dans notre vie de tous les jours.

 

 

 


 

ÉVANGILE     Dimanche 22 Septembre 2019

« Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent » (Lc 16, 1-13)

Alléluia. Alléluia.
Jésus Christ s’est fait pauvre, lui qui était riche,
pour que vous deveniez riches par sa pauvreté.

Alléluia.
(cf. 2 Co 8, 9)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Un homme riche avait un gérant
qui lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens.
Il le convoqua et lui dit :
‘Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ?
Rends-moi les comptes de ta gestion,
car tu ne peux plus être mon gérant.’
Le gérant se dit en lui-même :
‘Que vais-je faire,
puisque mon maître me retire la gestion ?
Travailler la terre ? Je n’en ai pas la force.
Mendier ? J’aurais honte.
Je sais ce que je vais faire,
pour qu’une fois renvoyé de ma gérance,
des gens m’accueillent chez eux.’
Il fit alors venir, un par un,
ceux qui avaient des dettes envers son maître.
Il demanda au premier :
‘Combien dois-tu à mon maître ?’
Il répondit :
‘Cent barils d’huile.’
Le gérant lui dit :
‘Voici ton reçu ;
vite, assieds-toi et écris cinquante.’
Puis il demanda à un autre :
‘Et toi, combien dois-tu ?’
Il répondit :
‘Cent sacs de blé.’
Le gérant lui dit :
‘Voici ton reçu, écris 80’.
Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête
car il avait agi avec habileté ;
en effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux
que les fils de la lumière.
Eh bien moi, je vous le dis :
Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête,
afin que, le jour où il ne sera plus là,
ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.
Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose
est digne de confiance aussi dans une grande.
Celui qui est malhonnête dans la moindre chose
est malhonnête aussi dans une grande.
Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête,
qui vous confiera le bien véritable ?
Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance,
ce qui vous revient, qui vous le donnera ?
Aucun domestique ne peut servir deux maîtres :
ou bien il haïra l’un et aimera l’autre,
ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre.
Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 25e dimanche du T.O. Année C (22 Sept 2019)

-> Homélie pr le 25e Dim T.O C (22 Sept 2019)

 

Frères et Soeurs,

L’extrait d’évangile que nous venons d’entendre relate une histoire assez contemporaine. Un gestionnaire malhonnête est sur le point de perdre son emploi, car il a mal utilisé les avoirs de son employeur. Et parce qu’il ne veut pas faire de travail manuel ni recevoir de charité, il s’adresse à toutes les personnes qui doivent de l’argent à son employeur et réduit leurs dettes.  À notre grande surprise, l’employeur félicite le gestionnaire malhonnête pour sa perspicacité. Que devons-nous faire d’une parabole qui vante les mérites d’un malhonnête ?  En fait, Luc inclut cette histoire dans son évangile, car les renversements de statut sont et ont toujours été au cœur de la société.

La parabole du gérant-escroc suit la série de paraboles consacrées à la proximité de Jésus avec les pécheurs et inaugure une série de passages concernant la richesse.  La parabole suggère un monde dans lequel le statut de vie est éphémère, voire même dangereux. Malheur donc à ceux qui de par leur rang social, méprisent les autres. Voilà que le gérant qui contrôlait les comptes des débiteurs de son maître ne peut maintenant espérer que leur hospitalité. Sa sagacité réside dans sa capacité à discerner sa propre situation. Il a peut-être honte de mendier, mais il est suffisamment prudent pour reconnaître que son statut s’est évaporé. Il doit descendre dans l’échelle sociale pour obtenir de l’aide. Au lieu d’être simplement victime de circonstances, il transforme une mauvaise situation en une situation qui profite à lui et aux autres. En effet, en réduisant les dettes des autres, il crée un nouvel ensemble de relations basées non pas sur la relation verticale entre prêteurs et débiteurs, mais sur quelque chose qui ressemble davantage aux relations réciproques et égalitaires d’amis.

L’intendant a sacrifié ce qu’il aurait pu prendre maintenant et l’a donné à d’autres personnes pour qu’il puisse obtenir un gain plus tard. Ce que ce gestionnaire malhonnête met en jeu a des similitudes avec ce qui se passe lorsque le royaume de Dieu émerge parmi nous. Les anciennes hiérarchies sont renversées et de nouvelles amitiés sont établies.

Est-ce à dire que les disciples de Jésus doivent donc utiliser leur richesse pour «se faire des amis»? Si les amitiés sont fondées sur des relations réciproques et égalitaires, le fait de libérer les dettes des autres ne les enrichit pas seulement, mais établit également un nouveau type de réciprocité avec eux.  Oui, Jésus encourage ses disciples à être généreux avec leur richesse dans cette vie pour que, dans la vie à venir, leurs nouveaux amis les reçoivent dans des demeures éternelles. La façon dont on traite la «richesse malhonnête» et ce qui appartient à l’autre en dit long sur la façon dont on va gérer la vraie richesse. Notons cependant que, en parlant de richesse, il ne s’agit pas seulement d’argent, mais de tout ce qui prends une place importante dans notre coeur. Aucun domestique ne peut servir deux maîtres… nous ne pouvons pas servir Dieu et la richesse.  La richesse n’est pas fondamentalement perverse, mais l’amour excessif peut mener à toutes sortes de péchés. Si nous comprenons le principe selon lequel tout ce que nous possédons est un don de Dieu, nous nous rendons compte que Dieu est le propriétaire de tout et que nous sommes ses intendants.

Ainsi, la question que Jésus soulève concerne plusieurs valeurs. Nous devons être généreux avec notre richesse et l’utiliser au profit des autres. Comme le montre Jésus, la richesse n’est pas toujours ce qu’elle est censée être. Jeff Bezos , Bill Gates, Warren Buffett, Bernard Arnault et Donald Trump  font partie des personnages extrêmement riches et puissants de l’histoire, ceux qui vivent en haut de la pyramide. Et la culture occidentale appelle cela la bonne vie, le succès, atteindre le sommet, avoir réussi.  Pour beaucoup, cela signifie autosuffisance, indépendance et de nombreuses occasions de profiter des plaisirs matériels. Mais est-ce vraiment être heureux que d’être riche d’argent. Je suis surpris de voir autant de tristesse, autant de dépressifs,et de solitude dans une société développée. Je viens d’un pays pauvre mais où les gens sont heureux, et j’arrive dans un pays riche mais en manque de joie.

Car bien qu’il y ait peu de personnes qui atteignent une telle richesse, beaucoup cependant s’y efforcent. Et ne pouvant pas l’obtenir, les appels à la cupidité et au désir de complaisance abondent. C’est fou ce que la soif de l’argent peut pousser à faire.  Elle peut aller jusqu’à faire perdre toute référence morale.  Oui, l’argent est trompeur quand nous en faisons un maître et non plus un moyen pour échanger, pour entrer en relation, pour vivre avec autrui.  Et Jésus veut que ses disciples voient le grand danger spirituel sur ce chemin.

Frères et Soeurs, cette parabole ne concerne pas que l’argent. Mais il s’agit de racines de notre cœur.  Qu’est-ce qui les nourrit ? Nos racines sont-elles liées au trésor terrestre? Cherchons-nous à aligner les objectifs de notre vie avec des choses et des loisirs ? Sommes-nous trop occupés par ce que nous aimons pour ne pas remarquer les cris du désespoir humain ? Les racines de notre vie puisent-elles dans le puits spirituel de la sollicitude et de la compassion de Dieu? Je suis toujours choqué lorsque des parents sont obligés de partager les dimanches de leurs enfants entre église, sport et musique. Là où est ton coeur, là se trouve ton trésor.

 

 

 


 

ÉVANGILE     Dimanche 15 Septembre 2019

« Il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit » (Lc 15, 1-32)

Alléluia. Alléluia.
Dans le Christ, Dieu réconciliait le monde avec lui :
il a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation.

Alléluia. (cf. 2 Co 5, 19)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
les publicains et les pécheurs
venaient tous à Jésus pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui :
« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs,
et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une,
n’abandonne-t-il pas les 99 autres dans le désert
pour aller chercher celle qui est perdue,
jusqu’à ce qu’il la retrouve ?
Quand il l’a retrouvée,
il la prend sur ses épaules, tout joyeux,
et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins
pour leur dire :
‘Réjouissez-vous avec moi,
car j’ai retrouvé ma brebis,
celle qui était perdue !’
Je vous le dis :
C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel
pour un seul pécheur qui se convertit,
plus que pour 99 justes
qui n’ont pas besoin de conversion.
Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une,
ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison,
et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ?
Quand elle l’a retrouvée,
elle rassemble ses amies et ses voisines
pour leur dire :
‘Réjouissez-vous avec moi,
car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !’
Ainsi je vous le dis :
Il y a de la joie devant les anges de Dieu
pour un seul pécheur qui se convertit. »
Jésus dit encore :
« Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père :
‘Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.’
Et le père leur partagea ses biens.
Peu de jours après,
le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait,
et partit pour un pays lointain
où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.
Il avait tout dépensé,
quand une grande famine survint dans ce pays,
et il commença à se trouver dans le besoin.
Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays,
qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre
avec les gousses que mangeaient les porcs,
mais personne ne lui donnait rien.
Alors il rentra en lui-même et se dit :
‘Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance,
et moi, ici, je meurs de faim !
Je me lèverai, j’irai vers mon père,
et je lui dirai :
Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.
Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.’
Il se leva et s’en alla vers son père.
Comme il était encore loin,
son père l’aperçut et fut saisi de compassion ;
il courut se jeter à son cou
et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit :
‘Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.’
Mais le père dit à ses serviteurs :
‘Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller,
mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
allez chercher le veau gras, tuez-le,
mangeons et festoyons,
car mon fils que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé.’
Et ils commencèrent à festoyer.
Or le fils aîné était aux champs.
Quand il revint et fut près de la maison,
il entendit la musique et les danses.
Appelant un des serviteurs,
il s’informa de ce qui se passait.
Celui-ci répondit :
‘Ton frère est arrivé,
et ton père a tué le veau gras,
parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.’
Alors le fils aîné se mit en colère,
et il refusait d’entrer.
Son père sortit le supplier.
Mais il répliqua à son père :
‘Il y a tant d’années que je suis à ton service
sans avoir jamais transgressé tes ordres,
et jamais tu ne m’as donné un chevreau
pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est revenu
après avoir dévoré ton bien avec des prostituées,
tu as fait tuer pour lui le veau gras !’
Le père répondit :
‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi,
et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait festoyer et se réjouir ;
car ton frère que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 24e dimanche du T.O. Année C (15 Sept 2019)

-> Homélie pr le 24e Dim T.O C (15 Sept 2019)

 

Frères et Soeurs,

La parabole du Fils prodigue n’est pas simplement une bonne leçon sur la dynamique familiale. C’est aussi et avant tout une illustration de l’amour de Dieu. Les trois paraboles qui nous sont proposées sont la réponse de Jésus aux pharisiens et aux scribes, qui se lamentaient entre eux, car lui mangeait avec des pécheurs. En effet, les pharisiens se sont constitués en élite, en s’appuyant (dans une certaine mesure) sur leur expertise en matière de règles. Mais voilà que Jésus vient condamner cela. Notons que les pharisiens considéraient le péché comme une chose extérieure plutôt que comme une affaire de cœur.  Par conséquent, ils ne pouvaient pas accepter la vision de Jésus, qui permettait d’entrer en contact avec les pécheurs sans pour autant être souillé. Ceci d’autant plus que chez les Juifs, partager un repas était un signe d’inclusion et d’hospitalité et cela crée un lien entre ceux qui mangent ensemble. C’est le reproche qui est fait à Jésus. Et pourtant, même si Jésus a certes reçu des pécheurs et mangé avec eux, mais il n’a jamais minimisé le péché. Son approche envers les pécheurs est une offre de la miséricorde. Ceci étant, les paraboles sur le repentir sont conçues pour évoquer une nouvelle façon de comprendre la miséricorde de Dieu.

La parabole de la brebis égarée soulève des questions importantes. Serait-il sage, voire rentable, pour un berger de mettre 99 brebis en danger, en les laissant sans protection dans un champ, pour aller rechercher une brebis égarée ? Cette brebis pourrait bien avoir été tuée ou elle pourrait ne jamais être retrouvée. Et trouver cette seule brebis serait une telle occasion de joie qu’on voudrait célébrer par un festin avec tous ses amis ! Arrêtons-nous et réfléchissons aux dépenses liées à l’organisation d’un banquet. Le vrai sens n’est donc pas là. C’est une histoire qui veut nous dire autre chose. Les chefs religieux doivent comprendre que Dieu se réjouit lorsqu’un pécheur est accueilli dans la communauté. Les pharisiens et les scribes dans cet épisode sont un peu comme les 99 justes de la parabole de la brebis perdue qui n’ont pas besoin de repentance. Cependant, leur plainte selon laquelle les tricheurs et les escrocs sont les bienvenus à la table de Jésus ressemble beaucoup à celle du fils aîné à propos de la célébration des retrouvailles du fils prodigue.

Nous constatons que le cœur du père n’a jamais oublié le fils égaré. Ce n’est pas un hasard si le père a vu le fils venir de très loin. C’est qu’il l’attendait chaque jour. Le père a couru pour rencontrer le fils. Il n’a même pas permis au fils de terminer ses aveux.  C’est vraiment génial l’amour de ce père. Mais le frère aîné n’a pas compris qu’il était pécheur lui aussi et il n’a pas non plus compris que Dieu avait procuré le salut à tous les pécheurs qui se repentent vraiment. Ce texte nous oblige à nous demander si, en tant que communauté, nous accueillons les exclus de la société ou si nous leur envoyons, à l’instar des pharisiens, un message clair indiquant qu’ils ne sont pas les bienvenus. Si nous comprenons la justice de Dieu, nous accueillerons tout le monde comme ceux qui, comme nous, ne sont pas dignes de la faveur de Dieu et qui se réjouissent, comme nous, lorsqu’ils font l’expérience de sa bonté.

C’est dire que les trois paraboles de Jésus veulent simplement montrer la gratuité du pardon, la tendresse de Dieu, son amour inconditionnel et la joie lorsque l’espérance est comblée.

 

 

 


 

ÉVANGILE     Dimanche 1er Septembre 2019

« Quiconque s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé » (Lc 14, 1.7-14)

Alléluia. Alléluia.
Prenez sur vous mon joug, dit le Seigneur ;
devenez mes disciples,
car je suis doux et humble de cœur.
Alléluia. (cf. Mt 11, 29ab)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un jour de sabbat,
Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens
pour y prendre son repas,
et ces derniers l’observaient.
Jésus dit une parabole aux invités
lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places,
et il leur dit :
« Quand quelqu’un t’invite à des noces,
ne va pas t’installer à la première place,
de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi.
Alors, celui qui vous a invités, toi et lui,
viendra te dire : ‘Cède-lui ta place’ ;
et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place.
Au contraire, quand tu es invité,
va te mettre à la dernière place.
Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira :
‘Mon ami, avance plus haut’,
et ce sera pour toi un honneur
aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi.
En effet, quiconque s’élève sera abaissé ;
qui s’abaisse sera élevé. »

Jésus disait aussi à celui qui l’avait invité :
« Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner,
n’invite pas tes amis, ni tes frères,
ni tes parents, ni de riches voisins ;
sinon, eux aussi te rendraient l’invitation
et ce serait pour toi un don en retour.
Au contraire, quand tu donnes une réception,
invite des pauvres, des estropiés,
des boiteux, des aveugles ;
heureux seras-tu,
parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour :
cela te sera rendu à la résurrection des justes. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 22e dimanche du T.O. Année C (1er Sept 2019)

-> Homélie pr le 22e dimanche du T.O C (1er Sept 2019)

 

Frères et Soeurs,

On peut penser que les problèmes sociaux évoqués dans l’extrait d’évangile sont des descriptions du premier siècle, et non des problèmes de nos églises d’aujourd’hui enracinées dans une société démocratique occidentale. Pourtant, les distinctions sociales sont beaucoup trop souvent présentes dans nos communautés chrétiennes, comme l’attestent facilement ceux qui ont moins de privilèges.

Oui, Jésus aimait les rassemblements autour des repas ; du moins, c’est ce que nous sommes amenés à supposer en lisant l’évangile de Luc.  Ce n’est pas surprenant que Jésus partage un repas avec certains des pharisiens. Quelques versets plus tôt, des pharisiens ont effectivement aidé Jésus en l’informant des plans d’Hérode pour le localiser (voir Lc 13:31). Cela suggère une relation plus neutre entre les pharisiens et Jésus dans l’évangile de Luc. Dans notre récit, Jésus participe à un banquet et raconte deux histoires. Elles mettent l’accent sur le choix des sièges et la liste des invités.

Notons que le classement social était monnaie courante dans la société gréco-romaine. En fait, les repas étaient des situations qui mettaient particulièrement en évidence les disparités entre individus.  Plus tu es grand, plus il faut t’abaisser, a écrit Ben Sirac le Sage. Ben Sirac, qui tenait une école philosophique à Jérusalem, au 2e siècle avant notre ère, s’adresse à des jeunes issus de la nouvelle bourgeoisie. Ben Sirac, tout en tenant compte des avantages de la culture grecque, rappelle les atouts de la tradition religieuse d’Israël. Par des maximes de sagesse, il invite les jeunes à ne pas faire preuve d’orgueil qui ouvre la porte à toutes les injustices : le mépris du faible, l’exploitation du pauvre, l’exclusion du marginalisé et du blessé de la vie. Alors que ce conseil correspond au ton des remarques de Jésus dans Luc, Jésus va plus loin en mettant en garde contre la recherche des sièges les plus honorables.  L’humilité était très rarement considérée comme une vertu dans le discours moral gréco-romain. Pourtant, l’humilité doit marquer les disciples de Jésus.

Dans une culture de l’honneur et de la honte, éviter la honte est de la plus haute importance. La honte publique peut avoir des conséquences concrètes. Les pratiques de troc ou les propositions de mariage d’une famille peuvent être négativement affectées par une honte publique. C’est dire que les paroles de Jésus sont un défi au système d’honneur intégré à la culture de sa société. Car pour assurer sa place dans ce système, il convenait d’inviter des amis, la famille et les voisins riches. Des demandes réciproques s’ensuivraient, dans la mesure où la reconnaissance publique d’une personne honorable pourrait apporter ses propres récompenses. Mais Jésus remet en question ce type de système en imaginant à la place des hôtes qui choisissent de s’associer à des personnes pauvres, estropiées, boiteuses et aveugles. Le problème pour les hôtes, cependant, comme Jésus l’a explicitement reconnu, est qu’aucun honneur ne sera rendu en retour. C’est plutôt un investissement dans l’avenir. L’enseignement porte sur la manière dont nous traitons les autres, en particulier ceux et celles qui sont incapables de nous rendre la pareille. Ce genre de renversement des attentes et du statut est thématique chez Luc.

Frères et Soeurs, Jésus ne nous donne pas une leçon de morale, ni une leçon de bonne conduite et encore moins une leçon de saines relations humaines, non. L’évangile n’est pas d’abord un livre de sagesse et de bien-vivre. Mais l’évangile est plutôt une Bonne Nouvelle.  L’enjeu, ce n’est pas une place à la table, mais bien notre existence humaine tout entière, c’est à dire la place que prennent Dieu, nos sœurs, et nos frères dans notre vie.

Nous sommes-nous déjà posés la question de savoir ce que serait notre société, notre monde, si nous invitions les marginalisés, les pauvres, les immigrés de toutes nations à prendre leur place dans nos communautés ?

 

Vous trouverez dans ce document les horaires des messes de Pâques à la Toussaint 2019, pour les paroisses d’Hornoy-Beaucamps et de Poix-de-Picardie.

Cliquez sur le lien :

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Retrouvez les informations de la semaine dans la paroisse Saint-Pierre Saint-Paul de Liomer :

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Annonces du 1er au 15 septembre 2019 : Annonces1au15sept2019_FlyerDepartAccueil

Annonces du 24 août au 1er septembre 2019 : Annonces24aoutAu1sept2019_FlyerDepartAccueil

Pour le repas partagé du 25 août, les paroissiens apporteront une viande, un plat, une salade ou un dessert de leur choix  🍗 🥗 🥮 🍕🍡

Pour le repas partagé du 1er septembre, la paroisse se chargera de la viande et du barbecue, les paroissiens apporteront des salades et desserts 😉 🥙 🥗 🍭🍕 🥮 🍰 🍡

Annonces du 17 au 25 août 2019 :  Annonces17au25aout2019_FlyerDepartAccueilNeuvaine

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Annonces du 24 décembre 2018 au 6 janvier 2019 : Annonces24decAu6janv2019

Annonces du 15 au 27 décembre 2018 : Annonces15au27dec2018

HORAIRES du KT pour 2019-2020 :

    Horaires KT 2019-2020 à télécharger

    Calendrier Messes des Familles 2019-2020

Les différents niveaux de KT ont été rebaptisés pour permettre l’acquisition des apprentissages de base à tous les nouveaux élèves, et des passerelles sont possibles entre chaque niveau en fonction de la progression individuelle de chacun :
– le CE2 devient « Découverte » : tous les nouveaux élèves suivront ce niveau de KT, quelle que soit la classe dans laquelle ils sont scolarisés.
– le CM1 devient « Eucharistie » : c’est l’année de préparation à la 1ère Communion.
– le CM2 devient « Parole »cette année est consacrée à l’étude de la Parole de Dieu, l’Evangile, et à sa mise en pratique au quotidien.
– la 6ème devient « Partage » : les enfants se préparent progressivement, sur 2 ans, à la Profession de Foi ; ils apprennent à échanger au sujet de leur Foi et à la partager.
– la 5ème devient « Credo » : c’est la deuxième et dernière année de préparation à la Profession de Foi, couronnement de leur parcours de jeune croyant et début de la nouvelle étape vers la Confirmation (3 ans plus tard, vers 16 ans, pour les enfants au cursus « classique »).
Les référentes du KT sont désormais :
 Geneviève Daire (coordinatrice générale et KT ados) – Tél : 06 25 39 48 82
  Cécile Ribeaucourt (KT primaires) – Tél : 06 82 48 48 47
Pour ceux qui souhaitent se préparer aux sacrements (Baptême, 1ère Communion, Confirmation), une formation « Catéchuménat » est accessible à tout âge. Contact : Françoise Devienne – Tél : 03 22 90 74 05
Et pour la préparation à la Confirmation des ados et le KT adultes, un groupe est en création. Contact : Marie-Christine Cozette – Tél : 03 22 90 65 48
Enfin, pour les plus jeunes, de 3 à 7 ans, l’Eveil à la Foi fera bientôt son retour, avec des jeux, des histoires et des chansons autour de la Bible : un vrai bonheur pour les petits ! Et c’est gratuit. – Contact : Sarah Prévot – Tél : 06 10 08 73 13.
N’hésitez pas à nous écrire ou nous appeler pour toute information :

kt.hornoybeaucamps@gmail.com

 

Nous vous souhaitons à tous une bonne rentrée et une belle année pastorale, joyeuse et épanouissante !
                                       L’équipe des catéchistes

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KT 2019-2020 : les inscriptions sont ouvertes ! Réunion d’information Lundi 23 septembre à 20h30 au Foyer de Beaucamps

Inscriptions au catéchisme CE2
et réinscriptions
Paroisse Hornoy-Beaucamps

Enfants du CE2 à la 5ème

Vendredi 20 septembre de 19h00 à 20h30
Au foyer d’Hornoy le Bourg

4 rue de l’Église – 80640 HORNOY-LE-BOURG

Ou Lundi 23 septembre de 19h00 à 20h30
Au foyer de Beaucamps le Vieux

rue Jean Gilles – 80430 BEAUCAMPS-LE-VIEUX

Pour tout renseignement, contacter :

kt.hornoybeaucamps@gmail.com

Eveil à la Foi (de 3 à 7 ans) : Sarah PREVOT 06 10 08 73 13
KT primaires (de 8 à 11 ans) : Cécile RIBEAUCOURT 06 82 48 48 47 – cecile.ribeaucourt@gmail.com
KT ados : Geneviève DAIRE 06 25 39 48 82
Catéchuménat (adultes en demande de sacrements) : Françoise DEVIENNE 03 22 90 74 05
KT entre adultes : Marie-Christine COZETTE 03 22 90 65 48

Vous pouvez télécharger et imprimer la fiche d’inscription ici :

👉 FicheInscription2019

La réunion d’information est fixée le Lundi 23 Septembre à 20h30 au Foyer paroissial de Beaucamps-le-Vieux, rue Jean Gilles (derrière l’église).

                                            💒

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Horaires de KT 2018-2019 de la paroisse Hornoy-Beaucamps :

• Eveil à la foi pour les enfants de 3 à 7 ans Beaucamps-le-Vieux un mercredi par mois de 14h30 à 16h – Contact : Sarah au 06.10.08.73.13

Eveil à la foi pour les enfants de 3 à 7 ans Hornoy-le-Bourg un mercredi par mois de 16h30 à 18h – Contact : Aude au 06.99.40.28.12

• CE2 Beaucamps-le-Vieux : chaque mardi de 17h30 à 18h30 en période scolaire – Contact : Hélène au 06.31.83.75.59

• CE2 Hornoy-le-Bourg : chaque vendredi de 16h à 17h en période scolaire – Contact : Hélène au 06.31.83.75.59

• CM1 Beaucamps-le-Vieux : chaque mardi de 17h30 à 18h30 en période scolaire – Contact : Hélène au 06.31.83.75.59

CM1 Hornoy-le-Bourg : chaque mardi de 16h à 17h en période scolaire – Contact : Hélène au 06.31.83.75.59

• CM2 Beaucamps-le-Vieux : chaque jeudi de 17h30 à 18h30 en période scolaire – Contact : Hélène au 06.31.83.75.59

CM2 Hornoy-le-Bourg : chaque mardi de 16h à 17h en période scolaire – Contact : Hélène au 06.31.83.75.59

6ème (à Beaucamps-le-Vieux) : un mardi par mois de 17h30 à 18h45 aux dates suivantes : 18 septembre, 9 octobre, 7 novembre, 4 décembre 2018, 8 janvier, 5 février, 5 mars, 2 avril, 7 mai, 11 juin, 2 juillet 2019 – Contact : Hélène au 06.31.83.75.59

• 5ème (à Beaucamps-le-Vieux)un mardi par mois de 17h30 à 18h45 – Contact : Père Samuel au 06.21.82.99.01

Arguël, Aumont, Beaucamps-le-Jeune, Beaucamps-le-Vieux, Belloy-Saint-Léonard, Bézencourt, Boisrault, Brocourt, Dromesnil, Etréjust, Gouy-l’Hôpital, Guibermesnil, Hallivillers, Hornoy-le-Bourg, Inval-Boiron, Laboissière-Saint-Martin, Lafresguimont-Saint-Martin, Le Mazis, Le Quesne, Lincheux, Liomer, Méricourt-en-Vimeu, Montmarquet, Neuville-Coppegueule, Offignies, Orival, Saint-Aubin-Rivière, Selincourt, Thieulloy-l’Abbaye, Tronchoy, Villers-Campsart, Vraignes-lès-Hornoy.

Retrouvez tous les horaires des célébrations sur www.messes.info

Retrouvez tous les horaires des célébrations sur www.messes.info

ADRESSE

A noter : l’église d’Hornoy-le-Bourg rénovée a rouvert ses portes le 25 Mai 2019 ! L’inauguration des travaux a été célébrée le 15 Juin, et fêtée autour d’un barbecue sous la Halle ⛪️ 💒

Curé :

P. Daleb M’PASSY

8, rue James Vacandard
80430 Beaucamps-le-Vieux

Tél : 03.22.41.67.86
daleb_mpassi2@yahoo.fr

Équipe de Conduite Pastorale :

M. Bruno DANZEL d’AUMONT
pour la charge de coordinateur

Mme Bernadette BOULONGNE
pour la charge de la vie matérielle et économique

Mme Marie-Christine COZETTE
pour la charge de l’annonce de la Bonne Nouvelle

Mme Aline MULOT 
pour la charge de célébrer le Christ mort et ressuscité

Mme Hélène MICHEL
pour la charge de servir à la manière du Christ, dans la charité

CONTACTS

2, rue Charles Dufour
80640 Hornoy-le-Bourg
03.22.90.60.09
E-mail : maisonparoissiale.hornoy@orange.fr