Saint Pierre Saint Paul de Liomer

HORNOY-LE-BOURG

Permanences à la Maison Paroissiale

2 rue Charles Dufour

les Jeudis et Samedis de 9h30 à 11h30

  • Temps de Prières pour les Malades

    Nous vous proposons, en attendant que nous puissions à nouveau nous retrouver bientôt dans les églises, un temps de prière « à distance » pour les malades…

  • Consultation pour la nouvelle ECP

    Nous sommes heureux de solliciter votre avis pour aider notre prêtre à choisir la nouvelle Equipe de Conduite Pastorale (ECP) qui servira à ses côtés pendant les trois prochaines années…

  • Rentrée KT 2020 : Réunion et Calendrier Messes des Familles

    C’est la rentrée du KT !
    Réunion d’information Jeudi 17 Septembre à 20h30 à l’église de Liomer… Retrouvez ici le Calendrier des Messes des Familles, la Fiche d’Inscription 2020-2021 et les Horaires du KT ->

  • Assomption et Neuvaine à la Vierge Marie

    Pour fêter Marie après le confinement, lui confier nos familles, ainsi que tous ceux qui sont éprouvés et souvent isolés en cette période étrange de pandémie, nous avons pu nous retrouver dans différents lieux saints de notre belle campagne : quel précieux ressourcement avant la rentrée !

  • Horaires des messes de Juillet à Septembre 2020

    Vous trouverez dans ce document les horaires des messes de Juillet à Septembre 2020, pour les paroisses d’Hornoy-Beaucamps et de Poix-de-Picardie…

  • Samedi 4 juillet : 10 ans de sacerdoce du Père Daleb !

    Le 4 juillet 2020 à 11h à l’église de Beaucamps-le-Vieux, le Père Daleb a célébré ses 10 ans de sacerdoce avec tous les paroissiens du secteur et d’ailleurs ! -> voir l’invitation et les photos de cette magnifique journée …

  • Camps Jeunesse Été 2020 : les inscriptions sont ouvertes !

    Pour les jeunes à partir de 8 ans, des camps sont organisés pendant les vacances de Février, de Pâques et durant la période estivale : retrouvez ici toutes les informations…

  • Ouverture des églises – Reprise des messes

    Nous pouvons enfin nous retrouver pour les différentes célébrations dans nos églises ! A condition bien sûr de respecter scrupuleusement les gestes barrières pour nous protéger. Certaines églises restent également ouvertes afin que celles et ceux qui le souhaitent puissent aller prier, se recueillir, allumer un cierge, visiter, …

  • Union de Prière pendant le confinement

    Vous trouverez dans cet article les propositions de prière du Père Daleb et de la paroisse jour après jour, et un lien vers la page diocésaine avec les communiqués et invitations de Monseigneur Leborgne, mis à jour quotidiennement… ->

    Bon courage à tous, prenez soin de vous et des autres

  • Homélies du Père Daleb

    Retrouvez chaque semaine l’homélie du Père Daleb sur l’Evangile du dimanche

  • Annonces de la semaine

    Retrouvez les informations de la semaine dans la paroisse Saint-Pierre Saint-Paul de Liomer…

  • Décès de l’Abbé Paul ROBIT

    L’Abbé Paul ROBIT nous a quittés dimanche 19 avril en fin de journée. Ses obsèques auront lieu jeudi à 14h30. (Vous trouverez ci-après le déroulement de la messe) Prions pour lui, sa famille et pour tous nos prêtres en retraite mais également pour ceux en activité. N’hésitez pas à diffuser ce message à vos contacts […]

  • REPORT des 1ères Communions et Professions de Foi

    Au vu de la situation actuelle, le Père Daleb et son équipe ont choisi de reporter les 1ères Communions et les Professions de Foi au mois d’Octobre 2020… ->

  • Des Rameaux jusqu’à Pâques

    Et si on célébrait Pâques malgré le confinement ?
    Fleurissons et décorons nos calvaires !
    Ouverture sans messe des églises pour prier aux Rameaux et à Pâques… ->

  • Prévention COVID 19

    Afin de limiter les risques de transmission du Coronavirus, les messes et les séances de KT sont annulées dans notre paroisse, probablement jusqu’à la réouverture des écoles…

  • C’est parti pour 40 jours de Carême !

    Joie et partage seront au rendez-vous pendant toute la période du Carême, pour ensoleiller notre fin d’hiver ! ??????
    Le programme, c’est par ici… ->

  • Voeux autour de la Galette des Rois

    Venez partager les voeux de la Paroisse d’Hornoy-Beaucamps, autour de la Galette des Rois le Samedi 4 Janvier 2020 à Hornoy…

  • Paroisse recherche musiciens…

    Nous sommes à la recherche de musiciens pour jouer aux messes de notre paroisse.
    Même pour quelques morceaux, votre aide nous est précieuse…

  • Coins Enfants dans nos églises !

    N’hésitez plus à venir à la messe avec vos enfants ou petits-enfants : un « coin enfants » avec table, chaises, jeux, livres et coloriages est aménagé dans les églises d’Hornoy et de Beaucamps-le-Vieux pour les enfants de moins de 7 ans…

  • Servants d’autel : inscriptions 2019-2020

    Devenir servant ou servante d’autel, c’est possible pour tous les enfants s’ils en ont vraiment envie ! Tous les renseignements ici… Et les photos du rassemblement du 30 Octobre à Albert…

  • Rentrée KT : à vos marques… Début des séances le 30 septembre

    La rentrée du KT se prépare, les inscriptions sont ouvertes ! Les séances reprennent la semaine du 30 Septembre.
    En cliquant sur l’image, vous pourrez télécharger la fiche d’inscription, les horaires, le calendrier des messes des familles ?
    Pour tout renseignement (horaires, questions diverses), n’hésitez pas à nous contacter…

  • Bienvenue Père Daleb !

    Retour sur les évènements de l’été dans notre paroisse et celle de Poix : que de beaux moments partagés avec le Père Samuel et le Père Daleb !
    Merci Seigneur…

  • Assomption de la Vierge Marie

    Pour fêter Marie ce 15 août 2019, la paroisse a profité de deux belles cérémonies, et remercie encore tous ceux qui les ont rendues possibles :
    – la messe de l’Assomption et la bénédiction du nouveau drapeau avec les Anciens Combattants à Beaucamps-le-Jeune
    – la procession à la Vierge Marie à Neuville-Coppegueule…

  • Neuvaine de prière à la Vierge Marie – 10 au 18 août

    Venez découvrir chaque soir à 20h30 l’histoire d’une apparition de la Vierge Marie quelque part en France : Notre-Dame de Brebières, de la Salette, de Monflières, de Lourdes… et un conte biblique…

  • Départ du Père Samuel – Accueil du Père Daleb

    Venez nombreux fêter le 1er septembre l’arrivée du Père Daleb M’Passy, qui nous vient du diocèse de Kinkala (République du Congo), et le Père Samuel Leyronnas, qui nous a tant donné, et qui poursuivra bientôt sa mission auprès des paroissiens d’Albert et des jeunes du diocèse…

  • Bénédiction de la Croix d’Arguël le 16 Juin 2019

    La nouvelle croix installée au sommet du Mont d’Arguël a été bénie par l’Abbé Samuel le Dimanche 16 Juin 2019, après une procession montée depuis l’église de Le Quesne jusqu’au pied de la grande Croix d’Arguël…

  • Neuvaine de Prière pour les Vocations

    Dans l’Église, toutes les vocations sont belles et en symphonie. Notre évêque Monseigneur L’éborgne nous invite à prier ardemment pour que de nouvelles personnes répondent à l’appel de Dieu : Prier et Marcher pour les Vocations…

  • Sortie de fin d’année Mercredi 3 Juillet 2019

    Une sortie de fin d’année est proposée à tous les enfants du caté, du foyer paroissial, de l’association familiale et à tous ceux qui sont intéressés : le Mercredi 3 Juillet 2019 de 9h à 18h, un car au départ d’Hornoy-le-Bourg emmènera le groupe à Amiens, pour visiter la Cathédrale et le Zoo…

  • Repas fraternel du Mercredi au Foyer Paroissial – Beaucamps-le-Vieux

    Le Mercredi 26 juin 2019 à midi, 20 convives ont partagé le 6ème repas fraternel de la paroisse et du Secours Catholique de Beaucamps-le-Vieux.
    Des repas pour se rencontrer, construire des projets individuels ou collectifs, faire connaissance ou se retrouver, et rompre la solitude…

  • Semaine Sainte missionnaire

    Durant la Semaine Sainte 2019, notre paroisse organisera des rencontres variées : temps de prière, ateliers, réflexion, chemins de croix… il y en aura pour tous !

  • Camps d’été Jeunesse Saint-Valery et Saint-Malo

    Durant l’été, le Père Samuel et son équipe d’animateurs organisent, comme chaque année, des camps à la mer pour permettre aux enfants et adolescents de notre secteur de partir en vacances, de partager de bons moments, et d’échanger ailleurs…

  • Chemin de Croix dans notre paroisse

    Pendant le Carême, des Chemins de Croix seront organisés chaque semaine dans une ou plusieurs des églises de notre paroisse. Vous trouverez ici les horaires et villages où vous pourrez venir partager la mémoire de la Passion de Jésus Christ

  • Entrez dans le Carême !

    Messe du Mercredi des Cendres le 6 Mars 2019 à 18 h à Liomer

  • Le Mont d’Arguël va bientôt retrouver sa croix

    Le 24 octobre 2017, la croix de ce point culminant de la Somme tombait au cours d’une tempête. Deux associations et la commune se relaient pour en installer une nouvelle en mai…

  • Tous nos vœux de paix et d’espérance !

    Merci aux choristes et musiciens des paroisses d’Hornoy-Beaucamps et de Poix-de-Picardie pour le beau concert du Nouvel An donné ce 13 janvier au profit de l’Association Catholique Familiale du Sud-Ouest Amiénois ! ????????

Homélies du Père Daleb


ÉVANGILE du Dimanche 7 Juin 2020

« Dieu a envoyé son Fils, pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jn 3, 16-18)

Alléluia. Alléluia.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit :
au Dieu qui est, qui était et qui vient !
Alléluia.(cf. Ap 1, 8)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Dieu a tellement aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique,
afin que quiconque croit en lui ne se perde pas,
mais obtienne la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde,
non pas pour juger le monde,
mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Celui qui croit en lui échappe au Jugement ;
celui qui ne croit pas est déjà jugé,
du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

 

Homélie pour le Dimanche de la Sainte Trinité – Année A (7 Juin 2020)

-> Homélie Dimanche Ste Trinité (7 juin)

 

Frères et Soeurs,

Je me souviens d’une histoire qui m’a été racontée il y a bien longtemps, car j’étais encore au collège. Un saint homme (St Augustin), un jour se promenait seul sur les bords de la mer ; là, livré à ses graves pensées, tantôt il regardait le ciel, tantôt il portait ses yeux sur l’immensité des flots.

Ce qui préoccupait le saint dans sa promenade solitaire, c’était le mystère de la Trinité. Il crut que le savoir humain pourrait comprendre le Dieu en trois personnes et expliquer la Trinité… Pensée d’orgueil ! Il s’était dit : mon génie va me révéler ce qui n’a pas été appris aux autres hommes ; moi, créature, je vais mesurer le Créateur…

Mais tout à coup comme des vertiges lui vinrent, et, à quelques pas de lui, il aperçut un jeune homme assis sur le rivage. Cet enfant avait creusé près de lui un trou dans le sable, et chaque fois que la vague arrivait à ses pieds, avec une coquille, il prenait de l’eau de la mer et la versait dans le creux qu’il avait fait avec ses petites mains. Le sable buvait cette eau. Mais à la prochaine vague, il en prenait d’autre, et toujours ainsi.

Le saint homme, après l’avoir examiné longtemps, lui dit : « Mon enfant, que faites-vous là ? Je vous vois tout en sueur ; quel est ce jeu ? A la constance que vous y mettez, on dirait un travail que vous vous êtes imposé.
— Oui, c’est un travail, répliqua l’enfant.
— Et quel est ce travail ?
— Je veux vider la mer.
— Vider la mer ! où mettrez-vous ses eaux ?
— Dans ce creux que j’ai fait là.
— Mon enfant, reposez-vous, votre travail est folie.
— Folie ! repartit l’enfant, moins folie que le travail que vous faisiez tout à l’heure dans votre pensée…
— Comment ?
— Oui, tout à l’heure vous cherchiez à comprendre le mystère de la Trinité, et, en vérité, j’aurai plus tôt vidé la mer et mis toutes ses eaux dans le creux que j’ai fait là, que vous n’aurez conçu le mystère que, dans votre orgueil, vous prétendiez expliquer ».

Après ces mots, le jeune enfant déploya deux petites ailes qui jusqu’alors étaient restées invisibles, et, s’élevant du rivage, remonta au ciel. Et notre Saint homme compris que c’était un ange.

Oui, Frères et Soeurs,

Nous nous sommes certainement tous déjà posé la question de savoir : Qui est Dieu ? Et à travers des images et tableaux faits par quelques artistes, nous pouvons imaginer Dieu comme un maître sévère et un juge implacable, ou comme un père aimant et tendre. Mais, il faut le dire, Dieu est tout autre que tout ce que nous pouvons en penser ou en dire. Dans la 1ere lecture, en réponse à la prière de Moïse, on découvre un Dieu indéfinissable. Moïse cependant sait que Dieu, l’unique Dieu, le Dieu de tous les humains et de toute la création, est aussi tendresse et miséricorde. Avec Jésus, le Dieu de Moïse se révèle et il vient parmi nous, il enlève le voile qui le dissimule. De l’enseignement de Jésus et de ses actions, il ressort que le Père, le Fils et l’Esprit sont trois personnes distinctes de Dieu. Jésus témoigne donc que Dieu est son Père et qu’il est exprimé dans cette relation de Fils à Père. Jésus et son Père sont un, et ils sont unis par l’Esprit d’amour. Voilà ce qu’est le mystère de la Trinité que nous célébrons ce jour.

C’est ce mystère que nous professons chaque fois qu’un chrétien trace sur lui le signe de la croix. Puisqu’il s’adresse au Dieu Trinité. Un seul Dieu en trois personnes, cela caractérise notre foi chrétienne. Ce mot personne n’a pas le sens de trois individus distincts. Notons donc que nos mots, nos images et nos concepts ne sont que des aides pour orienter notre compréhension du mystère de la Trinité. La réalité est que le Père a envoyé son Fils réaliser un plan d’amour que l’Esprit de Jésus nous communique aujourd’hui dans l’Église. Ainsi, lorsque le Père respire, de son souffle naît le Fils. Et lorsque le Père et le Fils respirent ensemble, de leur souffle naît l’Esprit-Saint.

Notons que la fête de ce jour nous place au cœur de notre foi. Une foi, pour survivre à elle-même, doit grandir. Grandir dans la foi jusqu’à faire comme Jésus, le Dieu d’amour qui n’est pas venu pour juger le monde, mais pour le sauver dans toute sa fragilité.

Dieu ne change pas, mais les situations nouvelles que nous traversons invitent à une relecture continuelle de sa Parole et à une nouvelle compréhension de sa personne. Qui est donc Dieu pour nous? La question traverse les siècles et les réponses évoluent quand nous nous mettons en marche.

 


ÉVANGILE du Dimanche 31 Mai 2020

« De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie : recevez l’Esprit Saint » (Jn 20, 19-23)

Alléluia. Alléluia.
Viens, Esprit Saint !
Emplis le cœur de tes fidèles !
Allume en eux le feu de ton amour !
Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

C’était après la mort de Jésus ;
le soir venu, en ce premier jour de la semaine,
alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples
étaient verrouillées par crainte des Juifs,
Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.
Il leur dit :
« La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté.
Les disciples furent remplis de joie
en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau :
« La paix soit avec vous !
De même que le Père m’a envoyé,
moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux
et il leur dit :
« Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ;
à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

 

Homélie pour le Dimanche de Pentecôte – Année A (31 Mai 2020)

-> Homélie Dimanche Pentecôte (31 mai)

 

Frères et Soeurs,

La Pentecôte était pour les Juifs l’une des plus grandes fêtes de l’année. À cette occasion beaucoup de Juifs venaient en pèlerinage à Jérusalem. On avait pris l’habitude d’y célébrer le don de la Torah (la Loi) sur le mont Sinaï. Et à la première Pentecôte chrétienne racontée en 1ere lecture, les disciples, qui vivaient jusque-là repliés sur leurs souvenirs, et dans la peur de représailles, prennent courage au contact de l’Esprit. Ainsi la maison des apôtres devient trop petite et ne peut rester fermée sur elle-même, ou sur le peuple d’Israël. Elle doit maintenant s’ouvrir aux dimensions du monde.

En effet, aujourd’hui, la Parole de Dieu a traversé le temps et nous a rejoints parce qu’un matin de Pentecôte un petit groupe de personnes, enfermées dans leur maison, en ont franchi le seuil pour annoncer l’Évangile à tous sans exception. Parler la langue des autres c’est donc être solidaire de leurs souffrances et partager leur lutte pour plus de justice. Parler la langue des autres, c’est partager la vie de ceux qui nous entourent pour y retrouver la présence de ce souffle spirituel qui vient de Dieu.

Précédemment Jésus avait promis à ses disciples qu’il ne les laisserait pas seuls et qu’il reviendrait. Que l’Esprit-Saint les aiderait à comprendre tout ce qu’il leur avait dit. Et pendant qu’ils sont enfermés dans leur maison, le soir, tiraillés par la peur. Soudain, Jésus leur annonce la paix et il leur montre ses plaies comme signe de sa réelle présence. Il leur communique l’Esprit, puis soudain la crainte, l’obscurité, et le repli sur soi se transforment en paix, en joie et en envoi missionnaire. Les disciples deviennent des personnes nouvelles par le don de l’Esprit-Saint. Ce récit est vraiment celui d’une nouvelle création et les disciples dont il y est question c’est nous tous qui avons mis notre foi en Jésus.

Notons que le sens biblique du mot paix n’est pas seulement l’absence de guerre ou de conflits ; mais plutôt une espérance de résurrection pour tous. Malgré cette espérance, il reste beaucoup à faire dans le monde. La région où Jésus et ses disciples ont vécu par exemple, reste déchirée depuis très longtemps par la guerre. La violence, les guerres, le terrorisme, l’injustice, et la corruption dans la société nous remplissent de crainte et nous poussent parfois à nous replier sur nous-mêmes. Nous fermons les portes de notre cœur et nous oublions le grand projet de Jésus sur nous et sur l’humanité. Mais, Dieu ne nous a pas abandonnés. Il nous envoie sans cesse l’Esprit de la Pentecôte, qui est une force intérieure qui nous donne de mener une vie nouvelle. Le message d’amour et de bonté de Jésus doit rejoindre chaque personne. Une fête comme celle de la Pentecôte devrait nous changer de l’intérieur, surtout en ce moment de déconfinement. À quoi servirait un respect des règles pour nous chrétiens, si elles ne nous transforment pas de l’intérieur ?

Aujourd’hui encore, plusieurs chrétiens pensent que le don de l’Esprit est réservé à une élite. Ils ne reconnaissaient sa présence que chez ceux qui sont éloquents dans l’animation des assemblées, ou qui sont chrétiens dès le bas-âge. Certains chrétiens se croient donc supérieurs et d’autres écrasés par ceux-ci. C’est dans ce sens que St Paul s’adresse à ceux qui se prévalent de charismes particuliers et se croient détenteurs privilégiés de l’Esprit. Il parle de l’unité dans la diversité, par une image, connue de son temps, le corps et ses membres.

Ce qui divise c’est la prétention à monopoliser les dons de Dieu. L’Esprit pousse tous les croyants à agir en vue du bien de tous. La diversité de dons ne peut que collaborer à l’unité. Tâchons d’ouvrir les yeux et nous verrons le Souffle de l’Esprit-Saint qui anime le monde.

 


ÉVANGILE du Dimanche 24 Mai 2020

« Père, glorifie ton Fils » (Jn 17, 1b-11a)

Alléluia. Alléluia.
Je ne vous laisserai pas orphelins, dit le Seigneur ;
je reviens vers vous, et votre cœur se réjouira.
Alléluia. (cf. Jn 14, 18 ; 16, 22)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus leva les yeux au ciel et dit :
« Père, l’heure est venue.
Glorifie ton Fils
afin que le Fils te glorifie.
Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair,
il donnera la vie éternelle
à tous ceux que tu lui as donnés.
Or, la vie éternelle,
c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu,
et celui que tu as envoyé,
Jésus Christ.
Moi, je t’ai glorifié sur la terre
en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire.
Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père,
de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe.
J’ai manifesté ton nom
aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner.
Ils étaient à toi, tu me les as donnés,
et ils ont gardé ta parole.
Maintenant, ils ont reconnu
que tout ce que tu m’as donné vient de toi,
car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données :
ils les ont reçues,
ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi,
et ils ont cru que tu m’as envoyé.

Moi, je prie pour eux ;
ce n’est pas pour le monde que je prie,
mais pour ceux que tu m’as donnés,
car ils sont à toi.
Tout ce qui est à moi est à toi,
et ce qui est à toi est à moi ;
et je suis glorifié en eux.
Désormais, je ne suis plus dans le monde ;
eux, ils sont dans le monde,
et moi, je viens vers toi. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

 

Homélie pour le 7è Dimanche de Pâques – Année A (24 Mai 2020)

-> Homélie 7e Dimanche Pâques (24 mai)

 

Frères et Soeurs,

Dans notre monde, la gloire est souvent liée aux tapis rouges, à ceux qui font la Une des médias, aux foules qui se bousculent derrière des barrières pour voir passer leur idole. En contrepartie, la gloire que Jésus nous propose ne se trouve pas dans le regard des autres. Jésus n’a pas cherché à plaire, ni recherché l’approbation des chefs religieux. Il n’a pas cherché les honneurs de la foule. Pour lui, la gloire est liée à sa Passion-Mort-Résurrection. La gloire de Dieu se manifeste lorsque l’humain se préoccupe, avec un amour désintéressé et constant, de son frère ou de sa sœur. C’est le chemin montré par la croix. La gloire de Dieu c’est l’Homme debout, c’est le matin de Pâques avec son tombeau ouvert et vide.

C’est tout le sens de cette prière de Jésus concernant sa glorification. Le lectionnaire la place au 7e dimanche de Pâques, mais dans l’évangile de Jean, cette prière a lieu à la fin de son dernier repas avec ses disciples, de sorte qu’elle mène à la passion-mort-résurrection. Oui, Jésus est sorti de l’espace retreint du Temple pour aller rencontrer les gens. Il est allé les libérer de leurs mutismes, de leurs aveuglements, de leurs surdités, de leurs paralysies et de leurs lèpres. C’est dire que Jésus est venu combattre toutes nos croyances limitantes et nos préjugés qui nous aveuglent. Jésus est venu combattre nos peurs et nos angoisses qui nous paralysent et qui nous renferment sur nous-mêmes. Il est venu nous guérir en nous aimant. Il n’est pas nécessaire d’être parfaits pour suivre Jésus et accepter la mission qu’il nous a confiée. Il suffit juste d’agir avec l’amour que Jésus a eu toute sa vie, et cela devrait être ce qui nous met en marche.

Cette gloire dont parle Jésus n’est pas à attendre dans l’au-delà. C’est aujourd’hui que nous pouvons nous aussi entrer dans le chemin de la gloire de Dieu. Jésus a dit : que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Ce projet de vivre entre nous de la même harmonie qu’entre Jésus et son Père, les actes des apôtres le présentent comme le style de vie de la première communauté chrétienne. Le court passage du livre des Actes nous donne l’essentiel de ce qui fait une communauté chrétienne. La tâche de l’Église c’est être témoin et annoncer l’Évangile au monde entier. Cette prière de Jésus est notre force, notre soutien, notre espérance. Elle est comme une puissance d’amour en nous, un amour qui a donné sa vie pour nous qui essayons d’être ses amis. C’est une mission au quotidien.

Jésus nous demande de vivre entre nous au milieu des agitations de notre société de la même harmonie que Jésus a vécue alors qu’il était en opposition permanente avec les chefs religieux de son temps. Il nous demande d’être des experts en accueil de l’autre, d’avoir un regard de miséricorde même sur ceux qui nous opposent une fin de non-recevoir. Jésus ne veut pas des chrétiens experts en jugement, experts en contrôle de l’autre, mais bien experts en accueil. Il nous veut experts en ouverture aux autres, quelle que soit leur attitude à notre endroit. C’est sur la croix que Jésus a montré quelle était sa force, sa capacité d’aimer.

Jésus propose un véritable renversement au sujet de la gloire. Car en nous, il y a une recherche de deux gloires : celle du monde et celle de Dieu. Il ne s’agit pas de rejeter ce monde créé par Dieu, mais seulement de ne pas le prioriser en refusant de donner de l’espace à Dieu. Il nous faut aimer le monde, le construire, lutter contre tout ce qui, en lui, est destructeur. Je ne l’aurais pas assez dit : « La gloire de Dieu, c’est l’Homme debout ».

 


ÉVANGILE du Jeudi 21 Mai 2020

« L’Esprit de vérité vous conduira dans la vérité tout entière » (Jn 16, 12-15)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je prierai le Père,
et il vous donnera un autre Défenseur
qui sera pour toujours avec vous.
Alléluia. (Jn 14, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« J’ai encore beaucoup de choses à vous dire,
mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité,
il vous conduira dans la vérité tout entière.
En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même :
mais ce qu’il aura entendu, il le dira ;
et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Lui me glorifiera,
car il recevra ce qui vient de moi
pour vous le faire connaître.
Tout ce que possède le Père est à moi ;
voilà pourquoi je vous ai dit :
L’Esprit reçoit ce qui vient de moi
pour vous le faire connaître. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

 

Homélie pour le Jeudi de l’Ascension – Année A (21 Mai 2020)

-> Homélie Ascension (21 mai)

 

Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde.

 

Frères et Soeurs,

L’Évangile de Matthieu se termine avec ces paroles. Aucune mention du mot « Ascension ». Ce qui l’intéresse, c’est de savoir que la mission de Jésus est continuée. Ce qui lui importe, c’est de dire que le Christ, absent de corps, demeure présent dans son Église car il a donné l’assurance qu’il est avec nous, tous les jours, jusqu’à la fin du monde.

Permettez-moi de situer ce récit. Au matin de Pâques Jésus était apparu à Marie de Magdala et à l’autre Marie qui s’étaient rendues au tombeau et l’avaient trouvé vide. Jésus leur avait demandé d’aller dire aux apôtres de se rendre en Galilée. Et voilà qu’aujourd’hui, 40 jours après, les onze disciples sont donc rassemblés en Galilée. Et le texte nous dit qu’ils sont « sur la montagne ». Ce n’est qu’un détail, mais ce n’est pas anodin. La montagne, c’est le lieu de la tentation, du sermon des béatitudes, là où Jésus se retirait pour prier seul, le lieu de la Transfiguration. La montagne, c’est la montagne symbolique de la nouvelle Alliance, le nouveau Sinaï, là même où avait commencé le ministère de Jésus, là aussi commence celui de l’Eglise.

En cette fête de l’Ascension, les disciples doivent premièrement réaliser que Jésus ne sera plus physiquement présent avec eux mais qu’il sera avec nous jusqu’à la fin des temps. Ce que Jésus a commencé, c’est à ses disciples de le continuer. Avec l’Ascension, une étape vient de se terminer, et celle de l’Église commence, mais c’est la même mission qui continue. Jésus donne aujourd’hui ses dernières instructions sur la mission, et sur : comment faire grandir son Église. Les trois étapes de l’action pastorale selon Jésus sont les suivantes :

  • « De toutes les nations, faites des disciples »: c’est-à-dire annoncer, convertir, faire rencontrer le Christ;
  • « Baptisez-les »: ce n’est suffisant de se tourner vers Dieu, il faut naître de Dieu, être vivifié par Lui, sanctifié par Lui; c’est la vie sacramentelle.
  • « Apprenez-leur à observer les commandements ». Devenir chrétien c’est facile, mais demeurer bon chrétien, c’est tout autre chose.

Nous sommes donc tous invités, comme les apôtres, à ne pas rester de simples spectateurs du ciel, mais à devenir des acteurs de la mission. Le départ de Jésus nous appelle à partir nous aussi, à sortir, à bouger, à être en route sur le chemin de Vérité. Il nous faut témoigner de ce que nous avons reçu et aujourd’hui plus que jamais. L’Ascension, c’est la naissance de l’Église. Jésus remet la responsabilité de la construction du monde entre nos mains. En d’autres termes, il fait l’Eglise et nous la confie. Notons que Jésus ne s’est pas enfermé dans le Temple et il ne veut pas que nous l’enfermions dans nos églises. Pour le Christ, la vie n’est que dans la marche, être en pèlerinage. Ainsi, pas d’Église véritable sans que ses membres ne soient en marche ou à l’écoute des cris du monde. Cela peut être une réponse à notre désir ardent de retourner dans nos églises après 2 mois de confinement. Oserons-nous inventer d’autres moyens de rendre présent l’Eglise dans la société ?

Le missionnaire, c’est celui qui remplit une mission. Et pour nous chrétiens, cette mission est évangélisatrice. Or si l’évangile est gratuit, l’évangélisation par contre demande des moyens, et souvent coûte chère. C’est dire qu’il y a plusieurs manières de participer à la mission de l’Eglise, reçue en cette fête de l’Ascension. C’est dans ce sens que sainte Thérèse est devenue « patronne des missions » en 1927 sans jamais sortir de son couvent de Lisieux. Tout simplement parce qu’elle s’est vue confier par ses prieures, de porter dans ses intercessions deux prêtres : l’abbé Maurice Bellière, missionnaire en Afrique puis l’abbé Adolphe Roulland, envoyé en Chine. L’apôtre dans le monde et l’apôtre dans la prière ne font qu’un dans la Communion des saints, dira-t-elle dans l’une de ses lettres. Prier pour les missions, et/ou soutenir financièrement la mission c’est aussi « Aller de toutes les nations et faire des disciples… »

 


ÉVANGILE du Dimanche 17 Mai 2020

« Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur » (Jn 14, 15-21)

Alléluia. Alléluia.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ;
mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui.
Alléluia (Jn 14, 23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Si vous m’aimez,
vous garderez mes commandements.
Moi, je prierai le Père,
et il vous donnera un autre Défenseur
qui sera pour toujours avec vous :
l’Esprit de vérité,
lui que le monde ne peut recevoir,
car il ne le voit pas et ne le connaît pas ;
vous, vous le connaissez,
car il demeure auprès de vous,
et il sera en vous.
Je ne vous laisserai pas orphelins,
je reviens vers vous.
D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus,
mais vous, vous me verrez vivant,
et vous vivrez aussi.
En ce jour-là, vous reconnaîtrez
que je suis en mon Père,
que vous êtes en moi,
et moi en vous.
Celui qui reçoit mes commandements et les garde,
c’est celui-là qui m’aime ;
et celui qui m’aime
sera aimé de mon Père ;
moi aussi, je l’aimerai,
et je me manifesterai à lui. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

 

Homélie pour le 6è Dimanche de Pâques – Année A (17 Mai 2020)

-> Homélie 6è Dimanche de Pâques (17 mai)

 

Frères et Soeurs,

Avec le déconfinement, il peut maintenant être difficile de maintenir l’enthousiasme et les perspectives positives qui, il y a seulement quelques semaines, nous habitaient. Nous avons commencé à nous réinstaller dans nos tâches quotidiennes et les soucis qui caractérisent la vie dans le monde réel, pandémie du COVID ou non. Et toutes les bonnes résolutions prises durant cette période de crise sanitaire peuvent se voir émietter.

C’est peut-être pourquoi, dans l’extrait de l’évangile de Jean, Jésus réitère son thème préféré : l’amour. Oui, Jésus déclare que si ses disciples l’aiment, ils garderont ses commandements. Nous pouvons nous demander de quels commandements s’agit-il: «Je vous donne un nouveau commandement, que vous vous aimez. Tout comme je vous ai aimés, vous devez aussi vous aimer les uns les autres. Chacun saura que vous êtes mes disciples, si vous vous aimez les uns les autres. » .

Ainsi, de quelle manière avons-nous aimé depuis le début de l’année ? Ou depuis le début de la Pandémie du covid. Notons qu’après la mort de Jésus, les disciples ont ressenti l’absence de celui qu’ils ont aimé et suivi. C’est peu à peu seulement qu’ils ont pris conscience de la présence de Jésus ressuscité, agissant à travers eux, par l’action de l’Esprit Saint. Alors comment Jésus qui est mort et qu’on dit ressuscité, peut-il être présent et agissant dans le monde ? Nous nous posons encore cette question aujourd’hui.

Oui, dans le monde, des milliers de personnes partagent la foi en un Dieu unique : les Juifs, les Musulmans, les Chrétiens… Nous avons reçu le cadeau d’une révélation : non seulement nous croyons que Dieu nous aime, mais même qu’il est Amour. Et nous chrétiens croyons en plus en la Trinité de personnes. Nous croyons que l’une d’entre elles s’est incarnée, devenant homme parmi nous. Et qu’il a même accepté de donner sa vie pour nous, en mourant sur la croix. Puis il est ressuscité à Pâques et Dieu le Père l’a reconnu à nos yeux comme son Fils.

Il appartient donc aux chrétiens de tout temps d’agir comme Jésus et d’accomplir les mêmes œuvres que lui. Les œuvres de l’Esprit qui témoignent de Jésus ressuscité ne sont pas terminées. Il reste à annoncer la Bonne Nouvelle pour permettre à l’Esprit de se déployer jusqu’aux extrémités de la terre. L’urgence est de se mettre à vivre en témoin. Le seul témoignage que Jésus a demandé est d’aimer son prochain comme soi-même : «Si vous m’aimez, vous resterez fidèles à mes commandements ». Il dit bien mes commandements. Il ne parle pas simplement du commandement suprême de l’amour. Il parle de tous les commandements qui expriment et qui concrétisent ce commandement de l’amour. L’obéissance aux commandements est donc une expression d’amour et n’est pas une contrainte qui brime notre liberté. L’obéissance aux commandements est une communion des cœurs. Elle exige créativité et renouveau dans notre société où nous sommes confrontés à des hommes et des femmes en manque d’amour.

Ainsi, au milieu de nos préoccupations quotidiennes, Jésus nous invite à le sentir toujours présent, à savoir découvrir qu’il est vivant à travers ses commandements, ses paroles et l’Esprit Saint. Et même si l’Église traverse aujourd’hui des temps incertains et difficiles, l’évangile nous rappelle que nous ne sommes pas seuls. Le témoignage que nous devons donner au monde, c’est celui d’un amour sans limites. Aimer, comme Dieu aime, c’est la seule preuve de l’existence de Dieu. Cela doit se traduire dans des actes, dans des choix de vie, dans des renoncements et dans un combat à mener en soi-même et dans la société.

 


ÉVANGILE du Dimanche 10 Mai 2020

« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14, 1-12)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, dit le Seigneur.

Personne ne va vers le Père sans passer par moi.
Alléluia. (Jn 14, 6)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Que votre cœur ne soit pas bouleversé :
vous croyez en Dieu,
croyez aussi en moi.
Dans la maison de mon Père,
il y a de nombreuses demeures ;
sinon, vous aurais-je dit :
‘Je pars vous préparer une place’ ?
Quand je serai parti vous préparer une place,
je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi,
afin que là où je suis,
vous soyez, vous aussi.
Pour aller où je vais,
vous savez le chemin. »
Thomas lui dit :
« Seigneur, nous ne savons pas où tu vas.
Comment pourrions-nous savoir le chemin ? »
Jésus lui répond :
« Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ;
personne ne va vers le Père sans passer par moi.
Puisque vous me connaissez,
vous connaîtrez aussi mon Père.
Dès maintenant vous le connaissez,
et vous l’avez vu. »
Philippe lui dit :
« Seigneur, montre-nous le Père ;
cela nous suffit. »
Jésus lui répond :
« Il y a si longtemps que je suis avec vous,
et tu ne me connais pas, Philippe !
Celui qui m’a vu
a vu le Père.
Comment peux-tu dire : ‘Montre-nous le Père’ ?
Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père
et que le Père est en moi !
Les paroles que je vous dis,
je ne les dis pas de moi-même ;
le Père qui demeure en moi
fait ses propres œuvres.
Croyez-moi :
je suis dans le Père,
et le Père est en moi ;
si vous ne me croyez pas,
croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes.
Amen, amen, je vous le dis :
celui qui croit en moi
fera les œuvres que je fais.
Il en fera même de plus grandes,
parce que je pars vers le Père »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

 

Homélie pour le 5è Dimanche de Pâques – Année A (10 Mai 2020)

-> Homélie 5è Dimanche de Pâques (10 mai)

 

Frères et Soeurs,

L’extrait de l’évangile d’aujourd’hui fait partie du discours de Jésus lors de son dernier repas avec ses disciples. Les questions posées par Thomas et Philippe dans l’évangile de ce jour, sont des questions que se posaient les premiers chrétiens qui éprouvaient des difficultés à croire en la résurrection de Jésus et à comprendre les implications de cette résurrection dans leur vie de tous les jours. Mais ces questions sont aussi les nôtres. Car croire en Dieu n’a rien d’évident, combien plus croire en Jésus ressuscité, nommé Fils de Dieu, uni à son Père et son Esprit. Pour preuve, beaucoup n’y croient toujours pas jusqu’à nos jours. Le Philosophe Nietzsche après avoir proclamé la mort de Dieu, argumentait même en disant : « qu’il pourrait advenir qu’il croit en Dieu, mais quand à monsieur son fils et madame sa mère, c’est une autre histoire ». Et même nos frères dans la foi en Dieu, avec qui nous avons Abraham pour patriarche, n’en diraient pas mieux.

Notons quand même que Dieu personne ne l’avait jamais vu, si bien qu’il n’y avait aucune image de Dieu dans les temples juifs selon les lois de la Bible. Aussi, on ne prononçait pas le nom de Yahvé, celui qui est. On comprend alors qu’à la demande de Philippe «Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit», la réponse de Jésus «Celui qui m’a vu a vu le Père», était quelque chose de nouveau et d’étonnant, et ce l’est encore pour beaucoup aujourd’hui.

Oui, pour de nombreuses personnes qui croient en un Dieu unique, l’image de Dieu n’est pas celle d’un homme, mais celle d’un être qui est créateur de tout ce qui existe. C’est un être tout puissant qui peut tout, qui sait tout, qui voit tout. Jésus vient donc comme détruire cette image de Dieu en affirmant que Dieu se donne à voir sur un visage d’homme, dans l’existence fragile d’un homme qui aime sans condition, jusqu’à mourir sur une croix. C’est pourquoi d’ailleurs, beaucoup lui assigne simplement le rang de prophète.

Mais nous chrétiens, nous affirmons que Dieu se donne à voir sur le visage de cet homme, Jésus. Sa parole, ses actions et sa vie tout entière sont révélation de Dieu. Il n’y a pas d’autre lieu où rencontrer Dieu. Cela avait été blasphématoire pour les juifs et avait mené Jésus à mort. En le ressuscitant au petit matin de Pâques, Dieu assume comme siennes les actions de Jésus. Au point que nous pouvons dire avec Jean : qui regarde et voit Jésus, regarde et voit le visage de Dieu agissant parmi nous. Ce passage de l’évangile est une nouvelle sensationnelle, mais c’est là le visage d’un Dieu très déconcertant. Un Dieu qui aime et pardonne.

Cet amour inconditionnel est-il présent dans notre monde aujourd’hui. Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour faire de notre monde un monde de bonheur pour tous. Notre société est trop souvent guidée par ses objectifs de dominance, de croissance du chiffre d’affaires et de performance. Trop souvent il semble que le chemin qui est pris pour y arriver importe peu, même lorsqu’il doit nous emmener un virus aussi mortel.

Tous les humains cherchent le bonheur, et quelques-uns cherchent Dieu, mais peu le trouvent. Seigneur, montre-nous le Père ; et cela nous suffit. Philippe a compris l’essentiel, c’est-à-dire que nous ne pouvons trouver le bonheur qu’en atteignant celui qui nous a créés.

 


ÉVANGILE du Dimanche 3 Mai 2020

« Je suis la porte des brebis » (Jn 10, 1-10)

Alléluia. Alléluia.
Je suis le bon Pasteur, dit le Seigneur ;
je connais mes brebis
et mes brebis me connaissent.
Alléluia. (Jn 10, 14)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là, Jésus déclara :
« Amen, amen, je vous le dis :
celui qui entre dans l’enclos des brebis
sans passer par la porte,
mais qui escalade par un autre endroit,
celui-là est un voleur et un bandit.
Celui qui entre par la porte,
c’est le pasteur, le berger des brebis.
Le portier lui ouvre,
et les brebis écoutent sa voix.
Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom,
et il les fait sortir.
Quand il a poussé dehors toutes les siennes,
il marche à leur tête,
et les brebis le suivent,
car elles connaissent sa voix.
Jamais elles ne suivront un étranger,
mais elles s’enfuiront loin de lui,
car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »

Jésus employa cette image pour s’adresser aux pharisiens,
mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait.
C’est pourquoi Jésus reprit la parole :
« Amen, amen, je vous le dis :
Moi, je suis la porte des brebis.
Tous ceux qui sont venus avant moi
sont des voleurs et des bandits ;
mais les brebis ne les ont pas écoutés.
Moi, je suis la porte.
Si quelqu’un entre en passant par moi,
il sera sauvé ;
il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage.
Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr.
Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie,
la vie en abondance. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

 

Homélie pour le 4è Dimanche de Pâques – Année A (3 Mai 2020)

-> Homélie 4è Dimanche de Pâques (3 mai)

 

Frères et Soeurs,

Dans les mots de Jean, Jésus se présente comme la porte de la bergerie. C’est une porte grande ouverte qui débouche sur le chemin du Royaume de Dieu. De plus, il faut être attentif à la relation du berger avec les brebis. C’est une relation d’intimité, de confiance réciproque, d’amour et de liberté. Le bon berger, c’est évidemment Jésus ressuscité, mais qui se rends présent à travers ses disciples que nous sommes.

Ce reproche doit donc nous interpeller. Nous devons nous rappeler qu’être berger demande tout, sauf de la paresse de cœur et d’esprit. Être berger, c’est avoir l’autorité d’un amour qui dépasse les codes préétablis. C’est oser poser des questions qui dérangent l’ordre préétabli quand il le faut. Dans l’histoire de l’humanité, il y a plein de personnes qui ont osé aimer et pardonner comme Jésus, sans juger. Doit-on citer ces nombreux saints à l’exemple de Mère Teresa et Jean-Paul II, ou plutôt simplement ces humanistes comme Gandhi, Mandela, Dom Helder Camara, Abbé Pierre, …

Oui, Jésus se présente comme la porte, parce qu’il a introduit des ouvertures dans le mur de la misère humaine. Il est le passage obligé pour aller dans le Royaume de Dieu. Ceux qui veulent éviter cette porte sont des imposteurs. Si nos paroles condamnent plus qu’elles n’encouragent, nous dispersons plus que nous ne rassemblons. Les brebis ne peuvent nous considérer comme des bergers. Si nous étouffons les gens, si nous refusons de les accueillir sans les juger, si nous les condamnons, nous ne pouvons prétendre vouloir donner la vie en abondance à celles et ceux qui nous sont confiés. Nous sommes appelés à suivre Jésus sur les chemins du monde. Il ne suffit pas seulement de s’appeler chrétien. Il faut l’être réellement. Et il ne suffit pas de se satisfaire de l’être. Il faut s’appliquer à le devenir davantage. Il ne suffit pas de croire que l’Évangile est l’avenir du monde. Il faut le montrer. Il ne suffit pas d’espérer. Il faut risquer l’espérance en devenant Évangile.

C’est vrai, nous vivons actuellement un passage difficile. Mais le peuple de Dieu a connu bien d’autres passages difficiles à vivre. L’exil de Babylone qui fit pleurer Isaïe, pour ne citer que cela. Si ce que nous vivons actuellement, était un nouveau passage que nous sommes appelés à vivre ! Dieu est toujours surprenant, il ne suit pas toujours les méthodes habituelles. Et si c’était Dieu qui nous disait que ce n’est pas l’Église, ni la catéchèse, ni la pratique religieuse qu’il faut d’abord sauver, mais l’homme et la femme d’aujourd’hui menacés à force de techniques, de robots et du profit. Ce qui ne veut pas dire que les pratiques religieuses ne sont pas importantes, loin de là. Mais à force de courir derrière le progrès, si nous ne faisons pas attention, il n’y aura plus bientôt que des dominés et des dominants, quoi, une sorte d’apartheid universel.

Or les brebis ont du prix aux yeux du berger ; et il est prêt à tout pour les défendre. De même, nous avons tous du prix aux yeux de Dieu. Nous avons tous la responsabilité de donner la vie en abondance. C’est là notre vocation, ne plus avoir peur d’aimer et transmettre cet amour. Plus qu’un programme à suivre, des lois à appliquer, la vie chrétienne est un cheminement permanent en compagnie de Jésus ressuscité.

 


ÉVANGILE du Vendredi 1er Mai 2020 – Fête St-Joseph travailleur

« Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson » (Jn 6, 52-59)

Alléluia. Alléluia.
Qui mange ma chair et boit mon sang
demeure en moi, et moi en lui, dit le Seigneur.
Alléluia. (Jn 6, 56)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
les Juifs se querellaient entre eux :
« Comment celui-là
peut-il nous donner sa chair à manger ? »
Jésus leur dit alors :
« Amen, amen, je vous le dis :
si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme,
et si vous ne buvez pas son sang,
vous n’avez pas la vie en vous.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang
a la vie éternelle ;
et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
En effet, ma chair est la vraie nourriture,
et mon sang est la vraie boisson.
Celui qui mange ma chair et boit mon sang
demeure en moi,
et moi, je demeure en lui.
De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé,
et que moi je vis par le Père,
de même celui qui me mange,
lui aussi vivra par moi.
Tel est le pain qui est descendu du ciel :
il n’est pas comme celui que les pères ont mangé.
Eux, ils sont morts ;
celui qui mange ce pain
vivra éternellement. »

Voilà ce que Jésus a dit
alors qu’il enseignait à la synagogue de Capharnaüm.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

 

Homélie pour le Vendredi 1er Mai – Année A (1er Mai 2020)

-> Homélie Vendredi 1er Mai – St Joseph travailleur (1er mai)

 

Frères et Soeurs,

En ce 1er mai, la fête de saint Joseph est comme un avant-goût des beaux jours qui arrivent. Nous ne cesserons jamais en effet de parler de saint Joseph, cet homme ordinaire, comme d’un rayon de lumière dans l’ordinaire de nos vies. Il y a quelques années, le Pape François a demandé que l’on réintègre dans la prière eucharistique la mention « saint Joseph son époux ». Nous ne pouvons que nous réjouir de cette heureuse initiative. Pour deux raisons :

– D’une part, avec la Vierge Marie, saint Joseph est un personnage attachant de l’entourage de Jésus. Il est souvent représenté par les artistes empreint de douceur paternelle.

– D’autre part, l’Église lui consacre deux fêtes : le 19 mars, elle l’honore comme époux de la Vierge Marie et protecteur de la Sainte Famille et le 1er mai comme patron des travailleurs.

Il n’est pas inutile de rappeler aussi que le nom de Joseph signifie « rejeton vigoureux » ou « rameau chargé de fruits ». Deux expressions qui disent la fécondité de sa vie spirituelle. Notons cependant que dans l’histoire de l’Église, saint Joseph fut longtemps ignoré. Il donne l’impression lorsqu’on lit les évangiles qu’il s’est fait discret. La dévotion à saint Joseph ne s’est vraiment développée que bien des siècles après. Il faut quasiment attendre Ste Thérèse d’Avila, au 16e siècle, pour que l’on parle de ses mérites. La sainte contribua à répandre la dévotion à saint Joseph.

Dans les vitraux de nos églises, saint Joseph est souvent représenté avec la scie et le rabot du charpentier, en homme travailleur. Mais en même temps comme éducateur de Jésus, lui apprenant le métier manuel. Cela a pour objectif de nous faire entrer dans la plénitude du mystère de l’Incarnation. Et aujourd’hui, comme patron des travailleurs, Saint Joseph nous invite en quelque sorte dans son atelier. Nos activités multiples sont-elles vraiment « ordonnées au service et à la louange de Dieu », comme le dit si bien saint Ignace de Loyola.

Dans l’Evangile de ce jour, le Christ déclare: « Le pain que je donnerai, c’est ma chair donnée pour que le monde ait la vie ». Par ces quelques mots, Notre-Seigneur franchit une étape décisive dans la révélation de son identité. Il n’est pas simplement le Fils de Joseph le charpentier, comme le pensaient certains. Aussi, ce n’est plus seulement par sa Parole qu’il nourrit ceux vers qui le Père l’envoie, mais par sa chair, c’est-à-dire: par sa personne concrète. Par l’intercession de St Joseph, demandons la grâce de toujours comprendre ce mystère du pain de vie.

 


ÉVANGILE du Dimanche 26 Avril 2020


« Il se fit reconnaître par eux à la fraction du pain » (Lc 24, 13-35)

Alléluia. Alléluia.
Seigneur Jésus, ouvre-nous les Écritures !
Que notre cœur devienne brûlant
tandis que tu nous parles.

Alléluia. (cf. Lc 24, 32)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine),
deux disciples faisaient route
vers un village appelé Emmaüs,
à deux heures de marche de Jérusalem,
et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.

Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient,
Jésus lui-même s’approcha,
et il marchait avec eux.
Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
Jésus leur dit :
« De quoi discutez-vous en marchant ? »
Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.
L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit :
« Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem
qui ignore les événements de ces jours-ci. »
Il leur dit :
« Quels événements ? »
Ils lui répondirent :
« Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth,
cet homme qui était un prophète
puissant par ses actes et ses paroles
devant Dieu et devant tout le peuple :
comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré,
ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.
Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël.
Mais avec tout cela,
voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.
À vrai dire, des femmes de notre groupe
nous ont remplis de stupeur.
Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,
elles n’ont pas trouvé son corps ;
elles sont venues nous dire
qu’elles avaient même eu une vision :
des anges, qui disaient qu’il est vivant.
Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau,
et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ;
mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
Il leur dit alors :
« Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire
tout ce que les prophètes ont dit !
Ne fallait-il pas que le Christ
souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »
Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes,
il leur interpréta, dans toute l’Écriture,
ce qui le concernait.

Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient,
Jésus fit semblant d’aller plus loin.
Mais ils s’efforcèrent de le retenir :
« Reste avec nous,
car le soir approche et déjà le jour baisse. »
Il entra donc pour rester avec eux.

Quand il fut à table avec eux,
ayant pris le pain,
il prononça la bénédiction
et, l’ayant rompu,
il le leur donna.
Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent,
mais il disparut à leurs regards.
Ils se dirent l’un à l’autre :
« Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous,
tandis qu’il nous parlait sur la route
et nous ouvrait les Écritures ? »
À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem.
Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons,
qui leur dirent :
« Le Seigneur est réellement ressuscité :
il est apparu à Simon-Pierre. »
À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route,
et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux
à la fraction du pain.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

 

Homélie pour le 3è Dimanche de Pâques – Année A (26 Avril 2020)

-> Homélie 3è Dimanche de Pâques (26 Avril)

 

Frères et Soeurs,

Nous ne pouvons pas séparer la crucifixion, la résurrection et la glorification de Jésus. Chacun de ces événements donne un sens aux autres, et chacun est un élément crucial de la façon dont Dieu agit pour nous prouver son amour.

Oui, ceux qui croient en Jésus et qui placent leur confiance et leur espérance en Dieu sont devenus membres de la famille de Dieu. Nous sommes alors appelés à vivre un nouveau commandement d’amour les uns envers les autres, un amour fondé sur le sang d’un agneau sans tache. Dans le contexte de l’exode d’Égypte, l’agneau sans tache n’était pas considéré comme un sacrifice, mais comme une invitation divine à un repas.

Ainsi, le baptême dans le sang de Jésus marque le début d’une vie nouvelle. L’espoir ultime ne réside pas dans le sang, mais dans la résurrection. Vivre dans la crainte de Dieu comme dit Pierre, ce n’est pas vivre dans la peur. Il s’agit simplement du souci de ne pas déplaire à Dieu. Dieu nous traite en fils et filles responsables qui agissent par amour et non par contrainte. La crainte de Dieu dans laquelle Pierre nous invite à vivre est donc bien autre chose que de la terreur, c’est une relation d’amour. Regardons donc les autres comme Dieu les regarde. Ne laissons surgir dans nos cœurs aucune trace d’aigreur envers quiconque. Jetons-nous avec enthousiasme et persévérance dans le dur travail de l’amour actif pour les autres.

Notre lecture d’évangile se situe justement dans cette logique. L’histoire commence brusquement par ces deux disciples qui sont sur le chemin d’Emmaüs. Mais qui sont ces personnes ? Elles ne font pas partie des apôtres. Pourtant, elles font partie d’un groupe de disciples auquel appartiennent également les femmes qui étaient allées au tombeau. Ces gens craignent-ils pour leur vie maintenant que Jésus a été exécuté ? Nous ne savons pas vraiment. Tout ce que Luc nous dit, c’est qu’ils sont attristés par leur récente expérience. Ils se parlent, espérant donner un sens au non-sens, lorsque Jésus lui-même les rejoint dans leur voyage. Ces deux hommes n’ont aucune idée de celui qui s’est approché d’eux. Et Luc écrit à ce propos : « leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître ». Étaient-ils si affligés par leur expérience et si sûrs que Jésus était parti qu’ils ne s’attendaient tout simplement pas à lui ? Pourquoi ne le reconnaissent-ils pas ? Nous ne savons pas. Malgré toutes les histoires qu’ils pouvaient répéter, malgré le témoignage des autres, ils n’avaient tout simplement pas fait attention à l’étranger qui les avait rejoints pour voir en lui, le Christ. Pour eux, le Vendredi saint n’avait été qu’un grand malheur.

C’est peu après seulement que l’identité et la signification de cet étranger deviennent connues de nos voyageurs sur la route. Ils sont rassemblés à la table et a pris du pain, l’a béni, l’a rompu, et le leur a donné. Les mots sont presque identiques à ceux de la dernière Cène, donc de l’Eucharistie. L’histoire se termine lorsque les deux hommes se sont rendus à Jérusalem pour rapporter ce qui s’était passé. Mais avant de pouvoir le faire, ils entendent le témoignage des onze apôtres qui disent que Jésus avait été ressuscité et était également apparu à Simon-Pierre.

Notons en ce jour que, Cléophas et son compagnon sont nous. Ils en savent beaucoup sur les événements vécus. Ils se soucient beaucoup de la vie et l’avenir. Ils ne pensent qu’aux difficultés et sont attristés par la diminution de leurs espoirs. Mais ne se rendent pas compte que Jésus marche avec eux, et que c’est lui la réponse à leur souci. Les symboles de la croix et du tombeau vide devraient être les lentilles à travers lesquelles nous voyons tout ce que Dieu accomplit dans et à travers nos vies.

 


ÉVANGILE du Dimanche 19 Avril 2020

« Huit jours plus tard, Jésus vient » (Jn 20, 19-31)

Alléluia. Alléluia.
Thomas, parce que tu m’as vu, tu crois,
dit le Seigneur.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu !

Alléluia. (Jn 20, 29)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

C’était après la mort de Jésus.
Le soir venu, en ce premier jour de la semaine,
alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples
étaient verrouillées par crainte des Juifs,
Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.
Il leur dit :
« La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté.
Les disciples furent remplis de joie
en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau :
« La paix soit avec vous !
De même que le Père m’a envoyé,
moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux
et il leur dit :
« Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés,
ils seront remis ;
à qui vous maintiendrez ses péchés,
ils seront maintenus. »

Or, l’un des Douze, Thomas,
appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient :
« Nous avons vu le Seigneur ! »
Mais il leur déclara :
« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous,
si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous,
si je ne mets pas la main dans son côté,
non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard,
les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison,
et Thomas était avec eux.
Jésus vient,
alors que les portes étaient verrouillées,
et il était là au milieu d’eux.
Il dit :
« La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas :
« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ;
avance ta main, et mets-la dans mon côté :
cesse d’être incrédule,
sois croyant. »
Alors Thomas lui dit :
« Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit :
« Parce que tu m’as vu, tu crois.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Il y a encore beaucoup d’autres signes
que Jésus a faits en présence des disciples
et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-là ont été écrits
pour que vous croyiez
que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu,
et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

 

Homélie pour le 2è Dimanche de Pâques – Année A (19 Avril 2020)

-> Homélie 2è Dimanche de Pâques (19 Avril)

 

Frères et Soeurs,

L’idée de communauté attire et effraie à la fois la plupart d’entre nous. Nous aspirons aux avantages de la communauté, mais nous résistons à ses demandes. En effet, le récit de Luc dépeint une communauté des personnes simples mais joyeuses, une Église qui prie, loue, rompt le pain. C’est dire que la justice et l’entraide ne sont pas des réalisations de gens extraordinaires. Ce sont plutôt des signes de l’Esprit au sein d’une communauté de gens unis dans leur but et leur identité.

L’écriture nous dévoile que les membres de cette première communauté ont vendu leurs biens, tout mis en commun et distribué à d’autres en cas de besoin. La plupart d’entre nous n’ont aucune envie de vivre cette vie. On veut toujours tout avoir pour soi, et rien pour l’autre. L’autre n’a qu’à se débrouiller. Ainsi, tous les chrétiens doivent-ils suivre l’exemple de la première communauté ? Ce passage dresse un portrait idéaliste de ce que doit être une communauté qui se reconnait être Eglise. La communauté de foi devrait exister comme une extension de l’engagement de Jésus venu apporter le salut au monde. Ce mode de vie suggère que là où Dieu est à l’œuvre et où la présence de Dieu est expérimentée, un tel don et partage est la réponse chrétienne naturelle qui engage la foi.

Bien que Thomas soit souvent identifié comme manquant de foi, son histoire a beaucoup de points communs avec la réponse de tous les disciples dans leur ensemble. Thomas est absent lorsque les autres disciples rencontrent Jésus. Il entend d’eux la même proclamation qu’ils ont entendue de Marie-Madeleine : «Nous avons vu le Seigneur !». Mais il n’est pas convaincu, et voudrait faire sa propre expérience.

Notons que comme Thomas, les disciples n’ont pas été immédiatement transformés par l’annonce de Marie-Madeleine. Puisqu’ils restent derrière des portes verrouillées où ils sont rassemblés par peur. Ils ont probablement peur pour leur propre vie, peur de leur avenir incertain. Mais voilà que Jésus n’est pas arrêté par des portes verrouillées. Celui qui est lui-même la porte des brebis passe directement par ces portes verrouillées et apparaît au milieu de ses brebis effrayées. Nous avons aussi tendance à oublier que comme nous, pour les premiers disciples également, il y avait de la peur, du doute, et de la confusion avant qu’il y ait eu compréhension et joie à ce qui s’était passé ce jour-là.

Sommes-nous si différents aujourd’hui, même après avoir entendu à Pâques que Jésus est ressuscité de sa tombe ? Comment l’angoisse et la peur dans nos vies trahissent-elles notre propre incrédulité ? La déclaration de Thomas, «Mon Seigneur et mon Dieu ! » ne marque pas l’achèvement de sa foi. Sa déclaration est une confession importante, mais ce n’est pas la fin de l’histoire.

Pâques n’est pas seulement une question de vie éternelle après notre mort. Il s’agit de la nouvelle vie que Dieu nous donne dans le présent, dans ce monde, ici et maintenant. Que doit faire un disciple à la suite de la résurrection de Jésus ? Jésus ne réclame pas de ses futurs disciples une foi aveugle. La foi est toujours un mélange de doute et de confiance, d’incroyance et de risque consenti. La foi se vit dans l’écoute de l’autre et dans l’humilité. La foi comme évidence absolue peut conduire à l’intolérance.

Jésus ne peut pas être arrêté par notre confinement. Il vient à nous comme il est venu vers les premiers disciples, au milieu de notre peur, de notre douleur, de notre doute et de notre confusion.

 


ÉVANGILE du Jour de Pâques – Dimanche 12 Avril 2020

« Il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts » (Jn 20, 1-9)

Alléluia. Alléluia.
Notre Pâque immolée, c’est le Christ !
Célébrons la Fête dans le Seigneur ! (cf. 1 Co 5, 7b-8a)
Alléluia.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Le premier jour de la semaine,
Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ;
c’était encore les ténèbres.
Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.
Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple,
celui que Jésus aimait,
et elle leur dit :
« On a enlevé le Seigneur de son tombeau,
et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple
pour se rendre au tombeau.
Ils couraient tous les deux ensemble,
mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre
et arriva le premier au tombeau.
En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ;
cependant il n’entre pas.
Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour.
Il entre dans le tombeau ;
il aperçoit les linges, posés à plat,
ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus,
non pas posé avec les linges,
mais roulé à part à sa place.
C’est alors qu’entra l’autre disciple,
lui qui était arrivé le premier au tombeau.
Il vit, et il crut.
Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris
que, selon l’Écriture,
il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

 

Homélie pour le Dimanche de Pâques – Année A (12 Avril 2020)

-> Homélie Dimanche de Pâques (12 Avril)

 

Frères et Soeurs,

Nous sommes le premier jour de la semaine. Et Marie Madeleine va poser les gestes du respect religieux envers celui qu’elle aimait. Pendant qu’elle se pose des questions en route, afin de savoir qui lui roulera la pierre à l’entrée du tombeau, elle perçoit cependant de loin l’anormal de la réalité. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle part donc informer Pierre et Jean pour qu’ils constatent avec elle la situation.

En effet, Marie Madeleine est là avec cette surprise qui la rejoint dans son cœur de femme. La Résurrection n’est pas seulement celle de Jésus, c’est déjà la nôtre. Croire au Christ ressuscité, c’est aussi croire que je ressuscite avec Lui. Ainsi, ce grand matin est le germe d’une immense espérance qui prend corps dans l’humanité. L’Evangile de ce jour, nous enseigne à regarder le tombeau comme une présence et une plénitude en ce jour de Résurrection, c’est le passage permanent de la mort à la vie, de la tristesse à la joie, du vide à l’espérance et de la solitude à la présence paisible de Dieu.

Constatons que dans la course au tombeau, « Simon-Pierre » va selon son rythme, il se fait ainsi distancer par Jean. Arrivé au tombeau, il entre cependant d’autorité dans le tombeau ouvert et vide. Mais il ne voit pas plus que ce spectacle affligeant, il ne comprend pas. Jean par contre, a encore dans les yeux les scènes tragiques du vendredi, ces images de souffrance et de mort se mêlent aux souvenirs des trois années vécues avec le Maître, partageant ses repas, ses fatigues, sa mission. Chaque événement s’est gravé dans ses yeux et dans son cœur. C’est dire, à travers Jean, que la joie de Pâques nous attend, là où nous sommes, dans la pesanteur de nos existences, avec les mensonges de notre cœur, avec nos lassitudes et avec la petite flamme de notre espérance. A la suite de ces deux disciples, un jour ou l’autre, nous aurons à faire ce saut dans la nouveauté qui nous attend.

Notons tous que Pâques, c’est la fête de la foi ! Jean le premier accepte de recevoir cette nouveauté inouïe. C’est lui « L’autre disciple » qui a attendu au seuil du tombeau, il voit les linges, roulés d’une certaine manière, et il croit. Il relie ce qui est arrivé à ce qui était annoncé. Ceci étant, son exemple est précieux pour guider notre propre chemin pour découvrir et suivre Jésus qui est la Vie. Jésus n’a jamais été aussi présent pour Jean dont la foi jaillit comme un cri de triomphe au plus profond de son cœur : « Le Seigneur est ressuscité ! » La joie qui l’envahit agrandit son cœur. Il découvre sa mission, au cœur de la communauté, il sera le témoin de sa présence.

Oui, la joie du Ressuscité nous est promise, mais c’est lui, le Christ, qui la donne. C’est Jésus qui nous l’offre et c’est pourquoi elle peut tout envahir. C’est pourquoi Pierre et l’autre disciple viennent d’accomplir un geste qu’une parole va bientôt accompagner : l’annonce du Christ mort et ressuscité. Oui c’est par la foi que nous allons annoncer le passage de la mort à la vie. En ce jour de Pâques, demandons cette grâce.

 


ÉVANGILE du Vendredi 10 Avril 2020

Passion de notre Seigneur Jésus Christ (Jn 18, 1 – 19, 42)

Le Christ s’est anéanti,
prenant la condition de serviteur.
Pour nous, le Christ est devenu obéissant,
jusqu’à la mort, et la mort de la croix.
C’est pourquoi Dieu l’a exalté :
il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom.

Le Christ s’est anéanti,
prenant la condition de serviteur.
(cf. Ph 2, 8-9)

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Jean

Indications pour la lecture dialoguée : les sigles désignant les divers interlocuteurs sont les suivants :
X = Jésus ; L = Lecteur ; D = Disciples et amis ; F = Foule ; A = Autres personnages.

 

  1. En ce temps-là,
    après le repas,
    Jésus sortit avec ses disciples
    et traversa le torrent du Cédron ;
    il y avait là un jardin,
    dans lequel il entra avec ses disciples.
    Judas, qui le livrait, connaissait l’endroit, lui aussi,
    car Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis.
    Judas, avec un détachement de soldats
    ainsi que des gardes envoyés par les grands prêtres et les pharisiens,
    arrive à cet endroit.
    Ils avaient des lanternes, des torches et des armes.
    Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver,
    s’avança et leur dit :
    X « Qui cherchez-vous? »
    L. Ils lui répondirent :
    F. « Jésus le Nazaréen. »
    L. Il leur dit :
    X « C’est moi, je le suis. »
    L. Judas, qui le livrait, se tenait avec eux.
    Quand Jésus leur répondit : « C’est moi, je le suis »,
    ils reculèrent, et ils tombèrent à terre.
    Il leur demanda de nouveau :
    X « Qui cherchez-vous? »
    L. Ils dirent :
    F. « Jésus le Nazaréen. »
    L. Jésus répondit :
    X « Je vous l’ai dit : c’est moi, je le suis.
    Si c’est bien moi que vous cherchez,
    ceux-là, laissez-les partir. »

    L. Ainsi s’accomplissait la parole qu’il avait dite :
    « Je n’ai perdu aucun
    de ceux que tu m’as donnés. »
    Or Simon-Pierre
    avait une épée ; il la tira,
    frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l’oreille droite.
    Le nom de ce serviteur était Malcus.
    Jésus dit à Pierre :
    X « Remets ton épée au fourreau.
    La coupe que m’a donnée le Père,
    vais-je refuser de la boire ? »

    L. Alors la troupe, le commandant et les gardes juifs
    se saisirent de Jésus et le ligotèrent.
    Ils l’emmenèrent d’abord chez Hanne, beau-père
    de Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là.
    Caïphe était celui qui avait donné aux Juifs ce conseil :
    « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple. »

Or Simon-Pierre, ainsi qu’un autre disciple, suivait Jésus.
Comme ce disciple était connu du grand prêtre,
il entra avec Jésus dans le palais du grand prêtre.
Pierre se tenait près de la porte, dehors.
Alors l’autre disciple – celui qui était connu du grand prêtre –
sortit, dit un mot à la servante qui gardait la porte,
et fit entrer Pierre.
Cette jeune servante dit alors à Pierre :
A. « N’es-tu pas, toi aussi, l’un des disciples de cet homme ? »
L. Il répondit :
D. « Non, je ne le suis pas ! »
L. Les serviteurs et les gardes se tenaient là ;
comme il faisait froid,
ils avaient fait un feu de braise pour se réchauffer.
Pierre était avec eux, en train de se chauffer.
Le grand prêtre interrogea Jésus
sur ses disciples et sur son enseignement.
Jésus lui répondit :
X « Moi, j’ai parlé au monde ouvertement.
J’ai toujours enseigné à la synagogue et dans le Temple,
là où tous les Juifs se réunissent,
et je n’ai jamais parlé en cachette.
Pourquoi m’interroges-tu ?
Ce que je leur ai dit, demande-le
à ceux qui m’ont entendu.
Eux savent ce que j’ai dit. »

L. À ces mots, un des gardes, qui était à côté de Jésus,
lui donna une gifle en disant :
A. « C’est ainsi que tu réponds au grand prêtre ! »
L. Jésus lui répliqua :
X « Si j’ai mal parlé,
montre ce que j’ai dit de mal.
Mais si j’ai bien parlé,
pourquoi me frappes-tu ? »

L. Hanne l’envoya, toujours ligoté, au grand prêtre Caïphe.

Simon-Pierre était donc en train de se chauffer.
On lui dit :
A. « N’es-tu pas, toi aussi, l’un de ses disciples ? »
L. Pierre le nia et dit :
D. « Non, je ne le suis pas ! »
L. Un des serviteurs du grand prêtre,
parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille,
insista :
A. « Est-ce
que moi, je ne t’ai pas vu
dans le jardin avec lui ? »
L. Encore une fois, Pierre le nia.
Et aussitôt un coq chanta.

Alors on emmène Jésus de chez Caïphe au Prétoire.
C’était le matin.
Ceux qui l’avaient amené n’entrèrent pas dans le Prétoire,
pour éviter une souillure
et pouvoir manger l’agneau pascal.
Pilate sortit donc à leur rencontre et demanda :
A. « Quelle accusation portez-vous
contre cet homme ? »
L. Ils lui répondirent :
F. « S’il n’était pas un malfaiteur,
nous ne t’aurions pas livré cet homme. »
L. Pilate leur dit :
A. « Prenez-le vous-mêmes et jugez-le
suivant votre loi. »
L. Les Juifs lui dirent :
F. « Nous n’avons pas le droit
de mettre quelqu’un à mort. »
L. Ainsi s’accomplissait la parole que Jésus avait dite
pour signifier de quel genre de mort il allait mourir.
Alors Pilate rentra dans le Prétoire ;
il appela Jésus et lui dit :
A. « Es-tu le roi des Juifs ? »
L. Jésus lui demanda :
X « Dis-tu cela de toi-même,
Ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »

L. Pilate répondit :
A. « Est-ce que je suis juif, moi ?
Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi :
qu’as-tu donc fait ? »
L. Jésus déclara :
X « Ma royauté n’est pas de ce monde ;
si ma royauté était de ce monde,
j’aurais des gardes qui se seraient battus
pour que je ne sois pas livré aux Juifs.
En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »

L. Pilate lui dit :
A. « Alors, tu es roi ? »
L. Jésus répondit :
X « C’est toi-même
qui dis que je suis roi.
Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci :
rendre témoignage à la vérité.
Quiconque appartient à la vérité
écoute ma voix. »

L. Pilate lui dit :
A. « Qu’est-ce que la vérité ? »
L. Ayant dit cela, il sortit de nouveau à la rencontre des Juifs,
et il leur déclara :
A. « Moi, je ne trouve en lui
aucun motif de condamnation.
Mais, chez vous, c’est la coutume
que je vous relâche quelqu’un pour la Pâque :
voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs ? »
L. Alors ils répliquèrent en criant :
F. « Pas lui !
Mais Barabbas ! »
L. Or ce Barabbas était un bandit.

Alors Pilate fit saisir Jésus pour qu’il soit flagellé.
Les soldats tressèrent avec des épines une couronne
qu’ils lui posèrent sur la tête ;
puis ils le revêtirent d’un manteau pourpre.
Ils s’avançaient vers lui
et ils disaient :
F. « Salut à toi, roi des Juifs ! »
L. Et ils le giflaient.

Pilate, de nouveau, sortit dehors et leur dit :
A. « Voyez, je vous l’amène dehors
pour que vous sachiez
que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »
L. Jésus donc sortit dehors,
portant la couronne d’épines et le manteau pourpre.
Et Pilate leur déclara :
A. « Voici l’homme. »
L. Quand ils le virent,
les grands prêtres et les gardes se mirent à crier :
F. « Crucifie-le! Crucifie-le! »
L. Pilate leur dit :
A. « Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le ;
moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »
L. Ils lui répondirent :
F. « Nous avons une Loi,
et suivant la Loi il doit mourir,
parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. »
L. Quand Pilate entendit ces paroles, il redoubla de crainte.
Il rentra dans le Prétoire, et dit à Jésus :
A. « D’où es-tu? »
L. Jésus ne lui fit aucune réponse.
Pilate lui dit alors :
A. « Tu refuses de me parler, à moi ?
Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher,
et pouvoir de te crucifier ? »
L. Jésus répondit :
X « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi
si tu ne l’avais reçu d’en haut ;
c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi
porte un péché plus grand. »

L. Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher ;
mais des Juifs se mirent à crier :
F. « Si tu le relâches,
tu n’es pas un ami de l’empereur.
Quiconque se fait roi
s’oppose à l’empereur. »
L. En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus au-dehors;
il le fit asseoir sur une estrade
au lieu dit le Dallage
– en hébreu : Gabbatha.
C’était le jour de la Préparation de la Pâque,
vers la sixième heure, environ midi.
Pilate dit aux Juifs :
A. « Voici votre roi. »
L. Alors ils crièrent :
F. « À mort ! À mort !
Crucifie-le ! »
L. Pilate leur dit :
A. « Vais-je crucifier votre roi ? »
L. Les grands prêtres répondirent :
F. « Nous n’avons pas d’autre roi que l’empereur. »
L. Alors, il leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié.

Ils se saisirent de Jésus.
Et lui-même, portant sa croix,
sortit en direction du lieu dit Le Crâne (ou Calvaire),
qui se dit en hébreu Golgotha.
C’est là qu’ils le crucifièrent, et deux autres avec lui,
un de chaque côté, et Jésus au milieu.
Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix ;
il était écrit :
« Jésus le Nazaréen, roi des Juifs. »
Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau,
parce que l’endroit où l’on avait crucifié Jésus était proche de la ville,
et que c’était écrit en hébreu, en latin et en grec.
Alors les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate :
F. « N’écris pas : “Roi des Juifs” ; mais :
“Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs.” »
L. Pilate répondit :
A. « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. »

  1. Quand les soldats eurent crucifié Jésus,
    ils prirent ses habits ;
    ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat.
    Ils prirent aussi la tunique ;
    c’était une tunique sans couture,
    tissée tout d’une pièce de haut en bas.
    Alors ils se dirent entre eux :
    A. « Ne la déchirons pas,
    désignons par le sort celui qui l’aura. »
    L. Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture :
    Ils se sont partagé mes habits ;
    ils ont tiré au sort mon vêtement.

    C’est bien ce que firent les soldats.

Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère
et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas,
et Marie Madeleine.
Jésus, voyant sa mère,
et près d’elle le disciple qu’il aimait,
dit à sa mère :
X « Femme, voici ton fils. »
L. Puis il dit au disciple :
X « Voici ta mère. »
L. Et à partir de cette heure-là,
le disciple la prit chez lui.
Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé
pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout,
Jésus dit :
X « J’ai soif. »
L. Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée.
On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre
à une branche d’hysope,
et on l’approcha de sa bouche.
Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit :
X « Tout est accompli. »
L. Puis, inclinant la tête,
il remit l’esprit.

(Ici on fléchit le genou, et on s’arrête un instant.)

Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi),
il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat,
d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque.
Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps
après leur avoir brisé les jambes.
Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier,
puis de l’autre homme crucifié avec Jésus.
Quand ils arrivèrent à Jésus,
voyant qu’il était déjà mort,
ils ne lui brisèrent pas les jambes,
mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ;
et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.
Celui qui a vu rend témoignage,
et son témoignage est véridique ;
et celui-là sait qu’il dit vrai
afin que vous aussi, vous croyiez.
Cela, en effet, arriva
pour que s’accomplisse l’Écriture :
Aucun de ses os ne sera brisé.
Un autre passage de l’Écriture dit encore :
Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.

Après cela, Joseph d’Arimathie,
qui était disciple de Jésus,
mais en secret par crainte des Juifs,
demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus.
Et Pilate le permit.
Joseph vint donc enlever le corps de Jésus.
Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant
la nuit – vint lui aussi ;
il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès
pesant environ cent livres.
Ils prirent donc le corps de Jésus,
qu’ils lièrent de linges,
en employant les aromates
selon la coutume juive d’ensevelir les morts.
À l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin
et, dans ce jardin, un tombeau neuf
dans lequel on n’avait encore déposé personne.
À cause de la Préparation de la Pâque juive,
et comme ce tombeau était proche,
c’est là qu’ils déposèrent Jésus.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

 

Homélie pour Vendredi-Saint – Année A (10 Avril 2020)

-> Homélie Vendredi-Saint (10 Avril)

 

Frères et Soeurs,

Comment peut-on aimer jusqu’à en arriver là ? Comment peut-on aimer jusqu’à en mourir ? à donner sa vie ? Jean Ferrat, le poète, le disait à sa façon. Les quelques mots de sa chanson peuvent aussi être l’écho, pour nous, ce soir, de la Passion de Jésus :

« Aimer à perdre la raison, Aimer à n’en savoir que dire, A n’avoir que toi d’horizon, Et ne connaître de saisons. Que par la douleur du partir, Aimer à perdre la raison.

Ah c’est toujours toi que l’on blesse, C’est toujours ton miroir brisé, Mon pauvre bonheur, ma faiblesse, Toi qu’on insulte et qu’on délaisse, Dans toute chair martyrisée ».

En effet, cette Passion peut être entendue cette année en pensant davantage à tous ceux qui sont ces jours-ci sur un lit d’hôpital, ou isolé dans un EPAD, en pensant aussi à tous les soignants qui sont à leurs côtés, jours et nuits… tous ceux qui font tourner une société, une paroisse et/ou un pays malade, souvent dans l’ombre, et en prenant des risques parfois, tous ceux qui continuent à s’occuper des enterrements et de pleins d’autres choses, même par télétravail.

Ce vendredi saint est davantage encore le jour des « pourquoi ? », des questions… surtout à propos de cette pandémie. Pourquoi en sommes-nous arrivés là ?

Mais, ce jour n’est pas vraiment le jour des réponses ! Il viendra bien le jour des réponses, des nouveautés… Ce soir du vendredi saint est plutôt celui du silence : Oui Jésus se tait, Dieu se tait… La vie s’écoule… et Dieu devient victime ! et Dieu se fond alors dans toutes les victimes humaines qui subissent un sort comparable à celui de Jésus.

Depuis ce vendredi, Dieu ne peut plus être du côté des tortionnaires, il ne peut être que du côté de la victime. Depuis ce vendredi, Dieu ne peut plus être perçu comme un Dieu terrible ; il est celui qui porte la violence et l’injustice, comme Jésus lui-même porte sa croix. Il la porte comme une victime… victime de trop aimer, victime de trop d’amour donné.

 


ÉVANGILE du Jeudi 9 Avril 2020 – Jeudi Saint

« Il les aima jusqu’au bout » (Jn 13, 1-15)

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus !
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres
comme je vous ai aimés. »
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ! (cf. Jn 13, 34)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Avant la fête de la Pâque,
sachant que l’heure était venue pour lui
de passer de ce monde à son Père,
Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde,
les aima jusqu’au bout.

Au cours du repas,
alors que le diable
a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote,
l’intention de le livrer,
Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains,
qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu,
se lève de table, dépose son vêtement,
et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ;
puis il verse de l’eau dans un bassin.
Alors il se mit à laver les pieds des disciples
et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.
Il arrive donc à Simon-Pierre,
qui lui dit :
« C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? »
Jésus lui répondit :
« Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ;
plus tard tu comprendras. »
Pierre lui dit :
« Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! »
Jésus lui répondit :
« Si je ne te lave pas,
tu n’auras pas de part avec moi. »
Simon-Pierre
lui dit :
« Alors, Seigneur, pas seulement les pieds,
mais aussi les mains et la tête ! »
Jésus lui dit :
« Quand on vient de prendre un bain,
on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds :
on est pur tout entier.
Vous-mêmes,
vous êtes purs,
mais non pas tous. »
Il savait bien qui allait le livrer ;
et c’est pourquoi il disait :
« Vous n’êtes pas tous purs. »

Quand il leur eut lavé les pieds,
il reprit son vêtement, se remit à table
et leur dit :
« Comprenez-vous
ce que je viens de faire pour vous ?
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”,
et vous avez raison, car vraiment je le suis.
Si donc moi, le Seigneur et le Maître,
je vous ai lavé les pieds,
vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
C’est un exemple que je vous ai donné
afin que vous fassiez, vous aussi,
comme j’ai fait pour vous. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

 

Homélie pour Jeudi-Saint – Année A (9 Avril 2020)

-> Homélie Jeudi-Saint (9 Avril)

 

Frères et Soeurs,

Nous sommes le premier jour du Tridium pascal. Et les quatre évangélistes ont raconté cette dernière soirée. Mais ils l’ont fait d’après des traditions différentes. Selon l’une de ces traditions, dont Jean est le grand témoin, le dernier repas fut un repas d’adieu, au cours duquel le Maître, dans un discours empreint de gravité et d’affection, fit aux disciples ses ultimes recommandations, leur donnant rendez-vous dans la maison du Père, et leur livrant son testament spirituel, en un geste symbolique mais très significatif : – le lavement des pieds (La Diaconie).

L’autre tradition, dont les évangiles synoptiques se font l’écho, place l’essentiel de cette soirée et du dernier repas dans un rite, une action cultuelle : – l’institution eucharistique (Le Sacerdoce).

Mais en fait de compte, les deux traditions se réfèrent au même événement, à savoir le don que Jésus a fait aux siens de sa propre vie. La première tradition parle de la réalité du don, de l’amour qui va jusqu’au sacrifice de la vie; la seconde rapporte le rite chargé de signifier cette réalité. La première entraîne les disciples, à travers l’exigence du service et du sacrifice. La deuxième, au contraire, fait mémoire du rite institué par Jésus avant de mourir, rite qui montre le Seigneur déjà présent dans la communauté actuelle. En effet, en disant ces paroles : « Faites cela en mémoire de moi », Jésus ne demande pas seulement de reproduire un rite; il invite les siens à entrer dans son sillage, à communier vraiment à son don, en se faisant eux-mêmes, serviteurs les uns des autres et en donnant leur vie pour leurs frères.

Une discussion, en effet, s’était élevée au cours du repas, entre les disciples. Il s’agissait de savoir lequel d’entre eux pouvait être tenu pour le plus grand. Jésus qui les écoutait, leur dit enfin : « Les rois des nations leur commandent en maîtres, et ceux qui dominent sur elles se font appeler bienfaiteurs. Entre vous, rien de tel. Mais que le plus grand parmi vous prenne la place du plus jeune, et celui qui commande la place de celui qui sert ».

Ces paroles que Luc fait dire au Maître, en cette dernière soirée, mettent en lumière l’aspect existentiel de la Pâque de Jésus – le signe de la venue du Royaume et de la nouvelle proximité de Dieu, ce n’est pas seulement un rite, ce sont de nouvelles relations entre les hommes : « Lequel, en effet, est le plus grand, celui qui est à table ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Or moi, je suis au milieu de vous à la place de celui qui sert » (Lc 22, 24-27).

Il s’agit des relations, non plus de domination mais de service mutuel, où se révèle la tendresse du Père. Oui, en Jésus, Dieu s’est approché des hommes, non en seigneur et en dominateur, mais en serviteur et en frère.

 


ÉVANGILE du Dimanche 5 Avril 2020

Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 26, 14 – 27, 66)

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus.

Pour nous, le Christ est devenu obéissant,
jusqu’à la mort, et la mort de la croix.
C’est pourquoi Dieu l’a exalté :
il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom. (cf. Ph 2, 8-9)

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus.

La Passion de notre Seigneur Jésus Christ selon saint Matthieu

Les sigles désignant les divers interlocuteurs sont les suivants :
X = Jésus ; L = Lecteur ; D = Disciples et amis ; F = Foule ; A = Autres personnages.

  1. En ce temps-là,
    l’un des Douze, nommé Judas Iscariote,
    se rendit chez les grands prêtres
    et leur dit :
    D. « Que voulez-vous me donner,
    si je vous le livre ? »
  2. Ils lui remirent trente pièces d’argent.
    Et depuis, Judas cherchait une occasion favorable
    pour le livrer.
    Le premier jour de la fête des pains sans levain,
    les disciples s’approchèrent et dirent à Jésus :
    D. « Où veux-tu que nous te fassions les préparatifs
    pour manger la Pâque ? »
    L. Il leur dit :
    X. « Allez à la ville, chez un tel,
    et dites-lui :
    ‘Le Maître te fait dire :
    Mon temps est proche ;
    c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque
    avec mes disciples.’ »
    L. Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit
    et ils préparèrent la Pâque.

Le soir venu,
Jésus se trouvait à table avec les Douze.
Pendant le repas, il déclara :
X. « Amen, je vous le dis :
l’un de vous va me livrer. »
L. Profondément attristés,
ils se mirent à lui demander, chacun son tour :
D. « Serait-ce moi, Seigneur ? »
L. Prenant la parole, il dit :
X. « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi,
celui-là va me livrer.
Le Fils de l’homme s’en va,
comme il est écrit à son sujet ;
mais malheureux celui par qui le Fils de l’homme est livré !
Il vaudrait mieux pour lui qu’il ne soit pas né, cet homme-là ! »
L. Judas, celui qui le livrait,
prit la parole :
D. « Rabbi, serait-ce moi ? »
L. Jésus lui répond :
X. « C’est toi-même qui l’as dit ! »

  1. Pendant le repas,
    Jésus, ayant pris du pain
    et prononcé la bénédiction,
    le rompit et, le donnant aux disciples, il dit :
    X. « Prenez, mangez :
    ceci est mon corps. »
    L. Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce,
    il la leur donna, en disant :
    X. « Buvez-en tous,
    car ceci est mon sang,
    le sang de l’Alliance,
    versé pour la multitude
    en rémission des péchés.
    Je vous le dis :
    désormais je ne boirai plus de ce fruit de la vigne,
    jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, avec vous
    dans le royaume de mon Père. »
  2. Après avoir chanté les psaumes,
    ils partirent pour le mont des Oliviers.
    Alors Jésus leur dit :
    X. « Cette nuit,
    je serai pour vous tous une occasion de chute ;
    car il est écrit :
    Je frapperai le berger,
    et les brebis du troupeau seront dispersées.

    Mais, une fois ressuscité,
    je vous précéderai en Galilée. »
    L. Prenant la parole, Pierre lui dit :
    D. « Si tous viennent à tomber à cause de toi,
    moi, je ne tomberai jamais. »
    L. Jésus lui répondit :
    X. « Amen, je te le dis :
    cette nuit même, avant que le coq chante,
    tu m’auras renié trois fois. »
    L. Pierre lui dit :
    D. « Même si je dois mourir avec toi,
    je ne te renierai pas. »
    L. Et tous les disciples dirent de même.

Alors Jésus parvient avec eux
à un domaine appelé Gethsémani
et leur dit :
X. « Asseyez-vous ici,
pendant que je vais là-bas pour prier. »
L. Il emmena Pierre,
ainsi que Jacques et Jean, les deux fils de Zébédée,
et il commença à ressentir tristesse et angoisse.
Il leur dit alors :
X. « Mon âme est triste à en mourir.
Restez ici et veillez avec moi. »
L. Allant un peu plus loin,
il tomba face contre terre en priant,
et il disait :
X. « Mon Père,
s’il est possible,
que cette coupe passe loin de moi !
Cependant, non pas comme moi, je veux,
mais comme toi, tu veux. »
L. Puis il revient vers ses disciples
et les trouve endormis ;
il dit à Pierre :
X. « Ainsi, vous n’avez pas eu la force
de veiller seulement une heure avec moi ?
Veillez et priez,
pour ne pas entrer en tentation ;
l’esprit est ardent,
mais la chair est faible. »
L. De nouveau, il s’éloigna et pria, pour la deuxième fois ; il disait :
X. « Mon Père,
si cette coupe ne peut passer
sans que je la boive,
que ta volonté soit faite ! »
L. Revenu près des disciples,
de nouveau il les trouva endormis,
car leurs yeux étaient lourds de sommeil.
Les laissant, de nouveau il s’éloigna
et pria pour la troisième fois,
en répétant les mêmes paroles.
Alors il revient vers les disciples et leur dit :
X. « Désormais, vous pouvez dormir et vous reposer.
Voici qu’elle est proche, l’heure
où le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs.
Levez-vous ! Allons !
Voici qu’il est proche, celui qui me livre. »

  1. Jésus parlait encore,
    lorsque Judas, l’un des Douze, arriva,
    et avec lui une grande foule
    armée d’épées et de bâtons,
    envoyée par les grands prêtres et les anciens du peuple.
    Celui qui le livrait leur avait donné un signe :
    D. « Celui que j’embrasserai, c’est lui :
    arrêtez-le. »
    L. Aussitôt, s’approchant de Jésus, il lui dit :
    D. « Salut, Rabbi ! »
    L. Et il l’embrassa.
    Jésus lui dit :
    X. « Mon ami, ce que tu es venu faire, fais-le ! »
    L. Alors ils s’approchèrent,
    mirent la main sur Jésus et l’arrêtèrent.
    L’un de ceux qui étaient avec Jésus,
    portant la main à son épée,
    la tira, frappa le serviteur du grand prêtre,
    et lui trancha l’oreille.
    Alors Jésus lui dit :
    X. « Rentre ton épée,
    car tous ceux qui prennent l’épée
    périront par l’épée.
    Crois-tu que je ne puisse pas faire appel à mon Père ?
    Il mettrait aussitôt à ma disposition
    plus de douze légions d’anges.
    Mais alors, comment s’accompliraient les Écritures
    selon lesquelles il faut qu’il en soit ainsi ? »
    L. À ce moment-là, Jésus dit aux foules :
    X. « Suis-je donc un bandit,
    pour que vous soyez venus vous saisir de moi,
    avec des épées et des bâtons ?
    Chaque jour, dans le Temple, j’étais assis
    en train d’enseigner,
    et vous ne m’avez pas arrêté. »
    L. Mais tout cela est arrivé
    pour que s’accomplissent les écrits des prophètes.
    Alors tous les disciples l’abandonnèrent
    et s’enfuirent.

Ceux qui avaient arrêté Jésus
l’amenèrent devant Caïphe, le grand prêtre,
chez qui s’étaient réunis les scribes et les anciens.
Quant à Pierre, il le suivait à distance,
jusqu’au palais du grand prêtre ;
il entra dans la cour et s’assit avec les serviteurs
pour voir comment cela finirait.
Les grands prêtres et tout le Conseil suprême
cherchaient un faux témoignage contre Jésus
pour le faire mettre à mort.
Ils n’en trouvèrent pas ;
pourtant beaucoup de faux témoins s’étaient présentés.
Finalement il s’en présenta deux,
qui déclarèrent :
A. « Celui-là a dit :
‘Je peux détruire le Sanctuaire de Dieu
et, en trois jours, le rebâtir.’ »
L. Alors le grand prêtre se leva et lui dit :
A. « Tu ne réponds rien ?
Que dis-tu des témoignages qu’ils portent contre toi ? »
L. Mais Jésus gardait le silence.
Le grand prêtre lui dit :
A. « Je t’adjure, par le Dieu vivant,
de nous dire si c’est toi qui es le Christ,
le Fils de Dieu. »
L. Jésus lui répond :
X. « C’est toi-même qui l’as dit !
En tout cas, je vous le déclare :
désormais vous verrez le Fils de l’homme
siéger à la droite du Tout-Puissant
et venir sur les nuées du ciel. »
L. Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant :
A. « Il a blasphémé !
Pourquoi nous faut-il encore des témoins ?
Vous venez d’entendre le blasphème !
Quel est votre avis ? »
L. Ils répondirent :
F. « Il mérite la mort. »
L. Alors ils lui crachèrent au visage
et le giflèrent ;
d’autres le rouèrent de coups
en disant :
F. « Fais-nous le prophète, ô Christ !
Qui t’a frappé ? »

  1. Cependant Pierre était assis
    dehors dans la cour.
    Une jeune servante s’approcha de lui et lui dit :
    A. « Toi aussi, tu étais avec Jésus, le Galiléen ! »
    L. Mais il le nia devant tout le monde et dit :
    D. « Je ne sais pas de quoi tu parles. »
    L. Une autre servante le vit sortir en direction du portail
    et elle dit à ceux qui étaient là :
    A. « Celui-ci était avec Jésus, le Nazaréen. »
    L. De nouveau, Pierre le nia en faisant ce serment :
    D. « Je ne connais pas cet homme. »
    L. Peu après, ceux qui se tenaient là
    s’approchèrent et dirent à Pierre :
    A. « Sûrement, toi aussi, tu es l’un d’entre eux !
    D’ailleurs, ta façon de parler te trahit. »
    L. Alors, il se mit à protester violemment et à jurer :
    D. « Je ne connais pas cet homme. »
    L. Et aussitôt un coq chanta.
    Alors Pierre se souvint de la parole que Jésus lui avait dite :
    « Avant que le coq chante,
    tu m’auras renié trois fois. »
    Il sortit et, dehors, pleura amèrement.

Le matin venu,
tous les grands prêtres et les anciens du peuple
tinrent conseil contre Jésus
pour le faire mettre à mort.
Après l’avoir ligoté,
ils l’emmenèrent et le livrèrent à Pilate, le gouverneur.

Alors, en voyant que Jésus était condamné,
Judas, qui l’avait livré, fut pris de remords ;
il rendit les trente pièces d’argent
aux grands prêtres et aux anciens.
Il leur dit :
D. « J’ai péché en livrant à la mort un innocent. »
L. Ils répliquèrent :
A. « Que nous importe ?
Cela te regarde ! »
L. Jetant alors les pièces d’argent dans le Temple,
il se retira et alla se pendre.
Les grands prêtres ramassèrent l’argent et dirent :
A. « Il n’est pas permis de le verser dans le trésor,
puisque c’est le prix du sang. »
Après avoir tenu conseil,
ils achetèrent avec cette somme le champ du potier
pour y enterrer les étrangers.
Voilà pourquoi ce champ est appelé jusqu’à ce jour
le Champ-du-Sang.
Alors fut accomplie la parole prononcée par le prophète Jérémie :
Ils ramassèrent les trente pièces d’argent,
le prix de celui qui fut mis à prix,
le prix fixé par les fils d’Israël,
et ils les donnèrent pour le champ du potier,
comme le Seigneur me l’avait ordonné.

  1. On fit comparaître Jésus devant Pilate, le gouverneur,
    qui l’interrogea :
    A. « Es-tu le roi des Juifs ? »
    L. Jésus déclara :
    X. « C’est toi-même qui le dis. »
    L. Mais, tandis que les grands prêtres et les anciens l’accusaient,
    il ne répondit rien.
    Alors Pilate lui dit :
    A. « Tu n’entends pas tous les témoignages portés contre toi ? »
    L. Mais Jésus ne lui répondit plus un mot,
    si bien que le gouverneur fut très étonné.
    Or, à chaque fête, celui-ci avait coutume de relâcher un prisonnier,
    celui que la foule demandait.
    Il y avait alors un prisonnier bien connu, nommé Barabbas.
    Les foules s’étant donc rassemblées,
    Pilate leur dit :
    A. « Qui voulez-vous que je vous relâche :
    Barabbas ? ou Jésus, appelé le Christ ? »
    L. Il savait en effet que c’était par jalousie qu’on avait livré Jésus.
    Tandis qu’il siégeait au tribunal,
    sa femme lui fit dire :
    A. « Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste,
    car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. »
    L. Les grands prêtres et les anciens poussèrent les foules
    à réclamer Barabbas
    et à faire périr Jésus.
    Le gouverneur reprit :
    A. « Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? »
    L. Ils répondirent :
    F. « Barabbas ! »
    L. Pilate leur dit :
    A. « Que ferai-je donc de Jésus
    appelé le Christ ? »
    L. Ils répondirent tous :
    F. « Qu’il soit crucifié ! »
    L. Pilate demanda :
    A. « Quel mal a-t-il donc fait ? »
    L. Ils criaient encore plus fort :
    F. « Qu’il soit crucifié ! »
    L. Pilate, voyant que ses efforts ne servaient à rien,
    sinon à augmenter le tumulte,
    prit de l’eau et se lava les mains devant la foule,
    en disant :
    A. « Je suis innocent du sang de cet homme :
    cela vous regarde ! »
    L. Tout le peuple répondit :
    F. « Son sang, qu’il soit sur nous et sur nos enfants ! »
    L. Alors, il leur relâcha Barabbas ;
    quant à Jésus, il le fit flageller,
    et il le livra pour qu’il soit crucifié.
    Alors les soldats du gouverneur emmenèrent Jésus dans la salle du Prétoire
    et rassemblèrent autour de lui toute la garde.
    Ils lui enlevèrent ses vêtements
    et le couvrirent d’un manteau rouge.
    Puis, avec des épines, ils tressèrent une couronne,
    et la posèrent sur sa tête ;
    ils lui mirent un roseau dans la main droite
    et, pour se moquer de lui, ils s’agenouillaient devant lui en disant :
    F. « Salut, roi des Juifs ! »
    L. Et, après avoir craché sur lui, ils prirent le roseau,
    et ils le frappaient à la tête.
    Quand ils se furent bien moqués de lui,
    ils lui enlevèrent le manteau,
    lui remirent ses vêtements,
    et l’emmenèrent pour le crucifier.

En sortant, ils trouvèrent un nommé Simon, originaire de Cyrène,
et ils le réquisitionnèrent pour porter la croix de Jésus.
Arrivés en un lieu dit Golgotha,
c’est-à-dire : Lieu-du-Crâne (ou Calvaire),
ils donnèrent à boire à Jésus du vin mêlé de fiel ;
il en goûta, mais ne voulut pas boire.
Après l’avoir crucifié,
ils se partagèrent ses vêtements en tirant au sort ;
et ils restaient là, assis, à le garder.
Au-dessus de sa tête
ils placèrent une inscription indiquant le motif de sa condamnation :
« Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. »
Alors on crucifia avec lui deux bandits,
l’un à droite et l’autre à gauche.

Les passants l’injuriaient en hochant la tête ;
ils disaient :
F. « Toi qui détruis le Sanctuaire et le rebâtis en trois jours,
sauve-toi toi-même, si tu es Fils de Dieu,
et descends de la croix ! »
L. De même, les grands prêtres se moquaient de lui
avec les scribes et les anciens, en disant :
A. « Il en a sauvé d’autres,
et il ne peut pas se sauver lui-même !
Il est roi d’Israël :
qu’il descende maintenant de la croix,
et nous croirons en lui !
Il a mis sa confiance en Dieu.
Que Dieu le délivre maintenant,
s’il l’aime !
Car il a dit :
‘Je suis Fils de Dieu.’ »
L. Les bandits crucifiés avec lui l’insultaient de la même manière.

À partir de la sixième heure (c’est-à-dire : midi),
l’obscurité se fit sur toute la terre
jusqu’à la neuvième heure.
Vers la neuvième heure,
Jésus cria d’une voix forte :
X. « Éli, Éli, lema sabactani ? »,
L. ce qui veut dire :
X. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
L. L’ayant entendu,
quelques-uns de ceux qui étaient là disaient :
F. « Le voilà qui appelle le prophète Élie ! »
L. Aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge
qu’il trempa dans une boisson vinaigrée ;
il la mit au bout d’un roseau,
et il lui donnait à boire.
Les autres disaient :
F. « Attends !
Nous verrons bien si Élie vient le sauver. »
L. Mais Jésus, poussant de nouveau un grand cri,
rendit l’esprit

(Ici on fléchit le genou et on s’arrête un instant)

Et voici que le rideau du Sanctuaire se déchira en deux,
depuis le haut jusqu’en bas ;
la terre trembla et les rochers se fendirent.
Les tombeaux s’ouvrirent ;
les corps de nombreux saints qui étaient morts ressuscitèrent,
et, sortant des tombeaux après la résurrection de Jésus,
ils entrèrent dans la Ville sainte,
et se montrèrent à un grand nombre de gens.
À la vue du tremblement de terre et de ces événements,
le centurion et ceux qui, avec lui, gardaient Jésus,
furent saisis d’une grande crainte et dirent :
A. « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ! »

  1. Il y avait là de nombreuses femmes qui observaient de loin.
    Elles avaient suivi Jésus depuis la Galilée pour le servir.
    Parmi elles se trouvaient Marie Madeleine,
    Marie, mère de Jacques et de Joseph,
    et la mère des fils de Zébédée.

Comme il se faisait tard, arriva un homme riche, originaire d’Arimathie,
qui s’appelait Joseph,
et qui était devenu, lui aussi, disciple de Jésus.
Il alla trouver Pilate pour demander le corps de Jésus.
Alors Pilate ordonna qu’on le lui remette.
Prenant le corps,
Joseph l’enveloppa dans un linceul immaculé,
et le déposa dans le tombeau neuf
qu’il s’était fait creuser dans le roc.
Puis il roula une grande pierre à l’entrée du tombeau
et s’en alla.
Or Marie Madeleine et l’autre Marie étaient là,
assises en face du sépulcre.

Le lendemain, après le jour de la Préparation,
les grands prêtres et les pharisiens
s’assemblèrent chez Pilate,
en disant :
A. « Seigneur, nous nous sommes rappelé
que cet imposteur a dit, de son vivant :
‘Trois jours après, je ressusciterai.’
Alors, donne l’ordre que le sépulcre soit surveillé
jusqu’au troisième jour,
de peur que ses disciples ne viennent voler le corps
et ne disent au peuple :
‘Il est ressuscité d’entre les morts.’
Cette dernière imposture serait pire que la première. »
L. Pilate leur déclara :
A. « Vous avez une garde.
Allez, organisez la surveillance comme vous l’entendez ! »

  1. Ils partirent donc
    et assurèrent la surveillance du sépulcre
    en mettant les scellés sur la pierre et en y plaçant la garde.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

 

Homélie pour le 5e Dimanche des Rameaux – Année A (5 Avril 2020)

-> Homélie Dim Rameaux (5 Avril)

 

Frères et sœurs,

Alors que nous commençons la dernière semaine de la vie de Jésus en ce dimanche des Rameaux, notre attention se tourne vers cette figure du chef serviteur qui est toujours au service des collaborateurs qu’il dirige, ce qui implique qu’ils sont eux-mêmes une fin, plutôt qu’un moyen. Oui, Jésus est le modèle du leader serviteur. Il existe de nombreux exemples de ce leadership de Jésus dans les évangiles qui méritent d’être examinés et imités. Par exemple, au cours de la semaine qui vient Jésus accomplira l’acte d’un serviteur en lavant les pieds de ses disciples.

Mais tournons-nous d’abord vers un autre serviteur dans le livre d’Isaïe. Dans ce passage d’Isaïe, nous lisons les réflexions d’un prophète qui cherche à comprendre les réalités douloureuses de l’exil et se pose constamment cette question : Quelle est la signification de la souffrance ? C’est l’une des questions auxquelles est confrontée la condition humaine. En guise d’introduction à la Semaine sainte, ce texte fournit une aide pour comprendre le cheminement de Jésus vers la résurrection à travers la croix. Ce serviteur souffrant, selon le passage d’Isaïe, offre son dos à ceux qui le frappent. Il proclame qu’il n’a aucune raison d’être humilié, malgré les abus, parce que Dieu vient à son secours.

Jésus aussi s’est volontairement vidé de lui-même, prenant la forme d’un esclave, né à la ressemblance humaine. De fait, il est assimilé à ce serviteur souffrant dont parle le passage d’Isaïe. Il s’est humilié et est devenu obéissant jusqu’à la mort sur une croix. Jésus n’est pas une victime passive, car il entre pleinement et volontairement dans sa mission. Celui que nous appelons Dieu et Seigneur est pleinement révélé dans le crucifié. Celui qui s’est humilié et a pris la forme d’un esclave nous montre qui est Dieu et comment Dieu agit. Le caractère essentiel de Dieu est celui de l’amour qui se vide de soi plutôt que de rechercher le pouvoir et la gloire.

Que dire donc de l’histoire de la passion que nous connaissons déjà par cœur ? Comment proclamer la Bonne Nouvelle alors que pour beaucoup, elle est peut-être devenue simplement la nouvelle d’hier ?

Notons que devant la croix il n’y a qu’une mince ligne entre fidélité et trahison. Judas et Pierre regrettent profondément leurs trahisons de Jésus et pourtant leur vie prend des directions complètement différentes. L’exécution de Jésus est un complot de lâcheté. Caïphe et ses conspirateurs ont prédéterminé l’issue du procès. Ils organisent de faux témoignages, mais ne trouvent toujours pas de moyen de condamner Jésus. En fin de compte, il faut l’implication directe de Caïphe pour porter des accusations de blasphème, mais le grand prêtre ne peut pas mettre quelqu’un à mort. Pour arriver à ses fins, Caïphe se tourne vers Pilate dont le travail principal était de maintenir la paix. Il tente de désamorcer une foule de plus en plus enragée, mais il finit par céder à ses passions plutôt qu’à la justice.

Voici quelques constatations à faire ensemble :

  • La conspiration autour de la mort de Jésus est un rappel des implications radicales de suivre Jésus jusque sur la croix. Ni Barabbas ni Simon de Cyrène n’auraient pu prévoir le rôle qu’ils joueraient dans cette histoire. Nous savons encore moins comment leur implication dans la passion a affecté leur vie.
  • Que ce soit en tant que spectateur innocent ou criminel emprisonné, le chemin du Fils de Dieu peut croiser le nôtre aux moments les plus inattendus.
  • Voyant que le corps de Jésus meurt, le centurion reconnaît en Jésus le Fils de Dieu. Le centurion n’a pas été témoin des miracles de Jésus, ni de son sermon passionné au sommet de la montagne, ni de la transfiguration éblouissante. Pourtant il a reconnu le Fils de Dieu en Jésus.

Tout au long de cette semaine, méditons le prix payé par Jésus pour sauver notre humanité. Et posons-nous des questions du genre : L’humilité et le service sont-ils évidents parmi nous?

Bonne semaine sainte.

 


ÉVANGILE du Dimanche 29 Mars 2020

 « Je suis la résurrection et la vie » (Jn 11, 1-45)

Gloire à toi, Seigneur,
gloire à toi.

Moi, je suis la résurrection et la vie, dit le Seigneur.
Celui qui croit en moi ne mourra jamais.

Gloire à toi, Seigneur,
gloire à toi.
(cf. Jn 11, 25a.26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
il y avait quelqu’un de malade,
Lazare, de Béthanie,
le village de Marie et de Marthe, sa sœur.
Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur
et lui essuya les pieds avec ses cheveux.
C’était son frère Lazare qui était malade.
Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus :
« Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
En apprenant cela, Jésus dit :
« Cette maladie ne conduit pas à la mort,
elle est pour la gloire de Dieu,
afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »
Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare.
Quand il apprit que celui-ci était malade,
il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait.
Puis, après cela, il dit aux disciples :
« Revenons en Judée. »
Les disciples lui dirent :
« Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider,
et tu y retournes ? »
Jésus répondit :
« N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ?
Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas,
parce qu’il voit la lumière de ce monde ;
mais celui qui marche pendant la nuit trébuche,
parce que la lumière n’est pas en lui. »
Après ces paroles, il ajouta :
« Lazare, notre ami, s’est endormi ;
mais je vais aller le tirer de ce sommeil. »
Les disciples lui dirent alors :
« Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. »
Jésus avait parlé de la mort ;
eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil.
Alors il leur dit ouvertement :
« Lazare est mort,
et je me réjouis de n’avoir pas été là,
à cause de vous, pour que vous croyiez.
Mais allons auprès de lui ! »
Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
dit aux autres disciples :
« Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »

À son arrivée,
Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.
Comme Béthanie était tout près de Jérusalem
– à une distance de quinze stades
(c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –,
beaucoup de Juifs étaient venus
réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère.
Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus,
elle partit à sa rencontre,
tandis que Marie restait assise à la maison.
Marthe dit à Jésus :
« Seigneur, si tu avais été ici,
mon frère ne serait pas mort.
Mais maintenant encore, je le sais,
tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »
Jésus lui dit :
« Ton frère ressuscitera. »
Marthe reprit :
« Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection,
au dernier jour. »
Jésus lui dit :
« Moi, je suis la résurrection et la vie.
Celui qui croit en moi,
même s’il meurt, vivra ;
quiconque vit et croit en moi
ne mourra jamais.
Crois-tu cela ? »
Elle répondit :
« Oui, Seigneur, je le crois :
tu es le Christ, le Fils de Dieu,
tu es celui qui vient dans le monde. »

Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie,
et lui dit tout bas :
« Le Maître est là, il t’appelle. »
Marie, dès qu’elle l’entendit,
se leva rapidement et alla rejoindre Jésus.
Il n’était pas encore entré dans le village,
mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré.
Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie
et la réconfortaient,
la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ;
ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer.
Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus.
Dès qu’elle le vit,
elle se jeta à ses pieds et lui dit :
« Seigneur, si tu avais été ici,
mon frère ne serait pas mort. »
Quand il vit qu’elle pleurait,
et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi,
Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé,
et il demanda :
« Où l’avez-vous déposé ? »
Ils lui répondirent :
« Seigneur, viens, et vois. »
Alors Jésus se mit à pleurer.
Les Juifs disaient :
« Voyez comme il l’aimait ! »
Mais certains d’entre eux dirent :
« Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle,
ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »

Jésus, repris par l’émotion,
arriva au tombeau.
C’était une grotte fermée par une pierre.
Jésus dit :
« Enlevez la pierre. »
Marthe, la sœur du défunt, lui dit :
« Seigneur, il sent déjà ;
c’est le quatrième jour qu’il est là. »
Alors Jésus dit à Marthe :
« Ne te l’ai-je pas dit ?
Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
On enleva donc la pierre.
Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit :
« Père, je te rends grâce
parce que tu m’as exaucé.
Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ;
mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure,
afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. »
Après cela, il cria d’une voix forte :
« Lazare, viens dehors ! »
Et le mort sortit,
les pieds et les mains liés par des bandelettes,
le visage enveloppé d’un suaire.
Jésus leur dit :
« Déliez-le, et laissez-le aller. »
Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie
et avaient donc vu ce que Jésus avait fait,
crurent en lui.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

 

Homélie pour le 5e dimanche du Carême – Année A (29 Mars 2020)

-> Homélie 5ème Dim carême (29 Mars)

 

Frères et Soeurs,

Voici que celui qu’il aime est malade, mais, au lieu de se précipiter là-bas, Jésus prend son temps. Il veut nous conduire plus loin que l’événement. Pour les amis et la famille de Lazare, Jésus arrive trop tard. Il aurait pu le guérir, s’il avait été présent. Que peut-il faire maintenant qu’il est mort ?

Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. N’est-ce pas également ce que nous souhaitons ? Au cœur du récit de Jean, ce n’est pas le miracle qui importe, mais le dialogue ente Marthe et Jésus qui lui dit : Je suis la Résurrection et la Vie. La réponse de Marthe est un modèle pour les croyants : Oui Seigneur, je croix que tu es le Christ, le Fils du Dieu qui doit venir dans le monde ! Croyons-nous vraiment cela ?

La question que Jésus pose à Marthe, il la pose aussi à chacun d’entre nous. Jésus peut faire revivre les blessés de la vie. Il ne s’agit pas ici de la mort biologique, mais de la mort spirituelle. Le corps est mortel, mais il y a aussi en nous l’Esprit de Dieu qui donne Vie. Ézéchiel l’avait déjà dit dans la 1ere lecture. À son peuple découragé en exil à Babylone, Dieu voulait susciter une espérance. Cette espérance n’a pas été déçue, car Dieu n’est pas du côté de la mort, mais de la vie.

Nous faisons l’expérience de la mort de plusieurs façons au cours de notre existence. Nous sommes parfois comme un peuple en exil ou comme Lazare : morts.  Jésus s’adresse à nous dans notre quotidien. C’est maintenant que Dieu veut nous remettre debout et nous laisser aller libres. Si nous croyons en lui, même si nous sommes morts de quelque façon, nous pouvons vivre. Nous pouvons sortir de nos tombeaux que sont nos peurs et nos enfermements. Nous devons être comme Lazare, mais aussi comme Marthe qui proclame sa foi. ‘est un appel à la solidarité et à l’action. Lazare ne peut sortir seul du tombeau : il faut l’aide des autres. Nous devons enlever la pierre qui enferme Lazare et délier les liens qui l’empêchent d’aller. Et Lazare s’appelle aujourd’hui de notre nom et du nom de tous ceux qui nous entourent. Avec l’aide de Jésus, nous pouvons enlever la pierre qui bloque le chemin et les liens qui nous retiennent. Il se peut que la pierre soit très lourde.  Il se peut que nous nous demandions s’il est utile de faire ce travail, la décomposition de la vie étant si avancée. Il se peut aussi que nos paroles et nos gestes soient perçus par Lazare comme une invitation à faire un premier pas. Personne ne le fera à sa place, mais il a besoin de nous. Le premier pas ayant été fait, nous devons achever le travail : enlever les bandelettes qui paralysent et laisser aller Lazare libéré.

Sortons du sentiment d’impuissance. Rien n’est facile, rien n’est magique. Il faut la participation mutuelle et c’est un effort quotidien. N’attendons pas. La résurrection n’est pas une affaire d’avenir. Pour le croyant habité par l’Esprit elle est déjà en train d’être vécue, elle est en cours de réalisation. Déliez les Lazare de notre monde et laissez-les aller.

 


ÉVANGILE du Dimanche 22 Mars 2020

« Il s’en alla et se lava ; quand il revint, il voyait » (Jn 9, 1-41)

Gloire et louange à toi
Seigneur Jésus. !

Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
Celui qui me suit aura la lumière de la vie.

Gloire et louange à toi
Seigneur Jésus !
(Jn 8, 12)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
en sortant du Temple,
Jésus vit sur son passage
un homme aveugle de naissance.
Ses disciples l’interrogèrent :
« Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents,
pour qu’il soit né aveugle ? »
Jésus répondit :
« Ni lui, ni ses parents n’ont péché.
Mais c’était pour que les œuvres de Dieu
se manifestent en lui.
Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé,
tant qu’il fait jour ;
la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler.
Aussi longtemps que je suis dans le monde,
je suis la lumière du monde. »
Cela dit, il cracha à terre
et, avec la salive, il fit de la boue ;
puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle,
et lui dit :
« Va te laver à la piscine de Siloé »
– ce nom se traduit : Envoyé.
L’aveugle y alla donc, et il se lava ;
quand il revint, il voyait.

Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant
– car il était mendiant –
dirent alors :
« N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? »
Les uns disaient :
« C’est lui. »
Les autres disaient :
« Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. »
Mais lui disait :
« C’est bien moi. »
Et on lui demandait :
« Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? »
Il répondit :
« L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue,
il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit :
‘Va à Siloé et lave-toi.’
J’y suis donc allé et je me suis lavé ;
alors, j’ai vu. »
Ils lui dirent :
« Et lui, où est-il ? »
Il répondit :
« Je ne sais pas. »

On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle.
Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue
et lui avait ouvert les yeux.
À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir.
Il leur répondit :
« Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé,
et je vois. »
Parmi les pharisiens, certains disaient :
« Cet homme-là n’est pas de Dieu,
puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. »
D’autres disaient :
« Comment un homme pécheur
peut-il accomplir des signes pareils ? »
Ainsi donc ils étaient divisés.
Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle :
« Et toi, que dis-tu de lui,
puisqu’il t’a ouvert les yeux ? »
Il dit :
« C’est un prophète. »
Or, les Juifs ne voulaient pas croire
que cet homme avait été aveugle
et que maintenant il pouvait voir.
C’est pourquoi ils convoquèrent ses parents
et leur demandèrent :
« Cet homme est bien votre fils,
et vous dites qu’il est né aveugle ?
Comment se fait-il qu’à présent il voie ? »
Les parents répondirent :
« Nous savons bien que c’est notre fils,
et qu’il est né aveugle.
Mais comment peut-il voir maintenant,
nous ne le savons pas ;
et qui lui a ouvert les yeux,
nous ne le savons pas non plus.
Interrogez-le,
il est assez grand pour s’expliquer. »
Ses parents parlaient ainsi
parce qu’ils avaient peur des Juifs.
En effet, ceux-ci s’étaient déjà mis d’accord
pour exclure de leurs assemblées
tous ceux qui déclareraient publiquement que Jésus est le Christ.
Voilà pourquoi les parents avaient dit :
« Il est assez grand, interrogez-le ! »

Pour la seconde fois,
les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle,
et ils lui dirent :
« Rends gloire à Dieu !
Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. »
Il répondit :
« Est-ce un pécheur ?
Je n’en sais rien.
Mais il y a une chose que je sais :
j’étais aveugle, et à présent je vois. »
Ils lui dirent alors :
« Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? »
Il leur répondit :
« Je vous l’ai déjà dit,
et vous n’avez pas écouté.
Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ?
Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? »
Ils se mirent à l’injurier :
« C’est toi qui es son disciple ;
nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples.
Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ;
mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est. »
L’homme leur répondit :
« Voilà bien ce qui est étonnant !
Vous ne savez pas d’où il est,
et pourtant il m’a ouvert les yeux.
Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs,
mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce.
Jamais encore on n’avait entendu dire
que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance.
Si lui n’était pas de Dieu,
il ne pourrait rien faire. »
Ils répliquèrent :
« Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance,
et tu nous fais la leçon ? »
Et ils le jetèrent dehors.

Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors.
Il le retrouva et lui dit :
« Crois-tu au Fils de l’homme ? »
Il répondit :
« Et qui est-il, Seigneur,
pour que je croie en lui ? »
Jésus lui dit :
« Tu le vois,
et c’est lui qui te parle. »
Il dit :
« Je crois, Seigneur ! »
Et il se prosterna devant lui.

Jésus dit alors :
« Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement :
que ceux qui ne voient pas
puissent voir,
et que ceux qui voient
deviennent aveugles. »
Parmi les pharisiens, ceux qui étaient avec lui
entendirent ces paroles et lui dirent :
« Serions-nous aveugles, nous aussi ? »
Jésus leur répondit :
« Si vous étiez aveugles,
vous n’auriez pas de péché ;
mais du moment que vous dites : ‘Nous voyons !’,
votre péché demeure. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

 

 

Homélie pour le 4e dimanche du Carême – Année A (22 Mars 2020)

->Homélie 4ème Dim carême (22 Mars)

 

Frères et Soeurs,

Les premiers évangiles racontent que Jésus a accompli des guérisons et notamment rendu la vue à certains aveugles. Que ce bienfait soit limité à quelques-uns, cela montre à suffisance que si l’intégrité physique est importante, elle ne constitue pas tout le salut de l’homme. Oui, en plus Jésus ne discute jamais sur « le problème du mal » et ne cherche à culpabiliser. Quand il voit des malades et handicapés, il ne disserte pas sur le « pourquoi ? » mais il est interpelé lui-même et voit comment apporter soulagement et réconfort.

Au temps de Jésus en effet, chaque malheur était, selon les Juifs, le résultat d’un péché, les disciples interrogent donc Jésus à ce sujet. Pour les disciples et pour les pharisiens, le pécheur, c’est l’aveugle, cet homme qui ne peut être un Juif véritable puisque son handicap lui interdit la participation entière au culte du temple : il n’est en effet admis qu’à se tenir à la porte. Si ce n’est lui-même, c’est alors ses parents. Et pour les pharisiens, le pécheur, c’est également Jésus puisqu’il n’observe pas les règles religieuses du sabbat, il ne pratique pas bien les rites de sa religion.

Cependant, à la question: Est-ce l’aveugle de naissance qui a péché, ou bien ses parents? Jésus, d’un revers de main, rejette cette façon de voir les choses. Dans la 1ere lecture, c’était clair déjà. Dieu ne regarde pas comme nous qui jugeons selon les apparences. Dieu regarde le cœur. Finalement, les vrais aveugles sont ceux qui voient, mais qui ne discernent pas et qui ne croient pas.

C’est pourquoi Jésus prend l’initiative de la rencontre. En appliquant de la boue sur les yeux de l’aveugle, il voudrait symboliser la création. Jésus recrée l’aveugle qui voit la lumière. Jésus lui a donné la lumière extérieure pour le conduire progressivement vers la lumière de la foi. Il éclaire la nuit qui aveugle. Jésus nous sort de nos ténèbres pour nous illuminer de sa lumière de Pâques. Ainsi, l’acte thérapeutique prend tout son sens. L’homme qui fait confiance à Jésus, qui admet les ténèbres dans lesquelles il est plongé de naissance, qui se laisse travailler par lui et va se plonger dans la piscine du baptême, devient un homme éclairé, illuminé, nouveau. Il va commencer à comprendre que Jésus est plus qu’un médecin, il est « la Lumière du monde ».

Paul en 2e lecture explique ce qui doit être le fondement de la vie chrétienne. Nous comprenons mieux cette lecture quand nous notons que le baptême était appelé jadis une illumination. Les chrétiens sont appelés à éclairer le monde par leurs actes de lumière : Courage, bonté, justice, vérité, espérance, et cela même dans les épreuves. Ce qui va bien avec ce temps de confinement que nous vivons tous. Oui, le nouveau voyant a traversé les épreuves des incompréhensions, des critiques, de l’abandon familial, de la condamnation des autorités. Ce feu a purifié et approfondi sa foi.

C’est en Jésus que nous pouvons trouver la lumière qui éclairera nos existences souvent plongées dans la nuit. Ainsi, la véritable cécité consiste à refuser de voir, à être aveugle à la lumière de Dieu. N’avons-nous pas besoin que Jésus nous rende la vue intérieure ?

Suivre Jésus, c’est être obligé de tenir compte des plus faibles de la société, de voir ceux et celles qui tombent, ou encore ceux et celles qui sont marginalisés par les nouvelles valeurs à la mode.

 


ÉVANGILE du Dimanche 15 Mars 2020

« Une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle » (Jn 4, 5-42)

Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.

Tu es vraiment le Sauveur du monde, Seigneur !
Donne-moi de l’eau vive :
que je n’aie plus soif.

Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.
(cf. Jn 4, 42.15)

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus arriva à une ville de Samarie, appelée Sykar,
près du terrain que Jacob avait donné à son fils Joseph.
Là se trouvait le puits de Jacob.
Jésus, fatigué par la route, s’était donc assis près de la source.
C’était la sixième heure, environ midi.
Arrive une femme de Samarie, qui venait puiser de l’eau.
Jésus lui dit :
« Donne-moi à boire. »
– En effet, ses disciples étaient partis à la ville
pour acheter des provisions.
La Samaritaine lui dit :
« Comment ! Toi, un Juif, tu me demandes à boire,
à moi, une Samaritaine ? »
– En effet, les Juifs ne fréquentent pas les Samaritains.
Jésus lui répondit :
« Si tu savais le don de Dieu
et qui est celui qui te dit : ‘Donne-moi à boire’,
c’est toi qui lui aurais demandé,
et il t’aurait donné de l’eau vive. »
Elle lui dit :
« Seigneur, tu n’as rien pour puiser,
et le puits est profond.
D’où as-tu donc cette eau vive ?
Serais-tu plus grand que notre père Jacob
qui nous a donné ce puits,
et qui en a bu lui-même, avec ses fils et ses bêtes ? »
Jésus lui répondit :
« Quiconque boit de cette eau
aura de nouveau soif ;
mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai
n’aura plus jamais soif ;
et l’eau que je lui donnerai
deviendra en lui une source d’eau
jaillissant pour la vie éternelle. »
La femme lui dit :
« Seigneur, donne-moi de cette eau,
que je n’aie plus soif,
et que je n’aie plus à venir ici pour puiser. »
Jésus lui dit :
« Va, appelle ton mari, et reviens. »
La femme répliqua :
« Je n’ai pas de mari. »
Jésus reprit :
« Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari :
des maris, tu en a eu cinq,
et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ;
là, tu dis vrai. »
La femme lui dit :
« Seigneur, je vois que tu es un prophète !…
Eh bien ! Nos pères ont adoré sur la montagne qui est là,
et vous, les Juifs, vous dites
que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. »
Jésus lui dit :
« Femme, crois-moi :
l’heure vient
où vous n’irez plus ni sur cette montagne ni à Jérusalem
pour adorer le Père.
Vous, vous adorez ce que vous ne connaissez pas ;
nous, nous adorons ce que nous connaissons,
car le salut vient des Juifs.
Mais l’heure vient – et c’est maintenant –
où les vrais adorateurs
adoreront le Père en esprit et vérité :
tels sont les adorateurs que recherche le Père.
Dieu est esprit,
et ceux qui l’adorent,
c’est en esprit et vérité qu’ils doivent l’adorer. »
La femme lui dit :
« Je sais qu’il vient, le Messie,
celui qu’on appelle Christ.
Quand il viendra,
c’est lui qui nous fera connaître toutes choses. »
Jésus lui dit :
« Je le suis,
moi qui te parle. »
À ce moment-là, ses disciples arrivèrent ;
ils étaient surpris de le voir parler avec une femme.
Pourtant, aucun ne lui dit : « Que cherches-tu ? »
ou bien : « Pourquoi parles-tu avec elle ? »

La femme, laissant là sa cruche,
revint à la ville et dit aux gens :
« Venez voir un homme
qui m’a dit tout ce que j’ai fait.
Ne serait-il pas le Christ ? »
Ils sortirent de la ville,
et ils se dirigeaient vers lui.

Entre-temps, les disciples l’appelaient :
« Rabbi, viens manger. »
Mais il répondit :
« Pour moi, j’ai de quoi manger :
c’est une nourriture que vous ne connaissez pas. »
Les disciples se disaient entre eux :
« Quelqu’un lui aurait-il apporté à manger ? »
Jésus leur dit :
« Ma nourriture,
c’est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé
et d’accomplir son œuvre.
Ne dites-vous pas :
‘Encore quatre mois et ce sera la moisson’ ?
Et moi, je vous dis :
Levez les yeux
et regardez les champs déjà dorés pour la moisson.
Dès maintenant, le moissonneur reçoit son salaire :
il récolte du fruit pour la vie éternelle,
si bien que le semeur se réjouit en même temps que le moissonneur.
Il est bien vrai, le dicton :
‘L’un sème, l’autre moissonne.’
Je vous ai envoyés moissonner
ce qui ne vous a coûté aucun effort ;
d’autres ont fait l’effort,
et vous en avez bénéficié. »

Beaucoup de Samaritains de cette ville crurent en Jésus,
à cause de la parole de la femme
qui rendait ce témoignage :
« Il m’a dit tout ce que j’ai fait. »
Lorsqu’ils arrivèrent auprès de lui,
ils l’invitèrent à demeurer chez eux.
Il y demeura deux jours.
Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire
à cause de sa parole à lui,
et ils disaient à la femme :
« Ce n’est plus à cause de ce que tu nous as dit
que nous croyons :
nous-mêmes, nous l’avons entendu,
et nous savons que c’est vraiment lui
le Sauveur du monde. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

 

Homélie pour le 3e dimanche du Carême – Année A (15 Mars 2020)

->Homélie 3ème Dim carême (15 Mars)

 

Frères et sœurs,

Dans l’Ancien Testament, la longue traversée du désert a été pour le peuple d’Israël un temps de tentations et de murmures. Elle a été une épreuve pour sa foi en Dieu. Cette épreuve dont parle le livre de l’Exode : l’épreuve de la soif et du doute. Dans ce livre, à chaque nouvelle difficulté, le peuple s’assemble autour de Moïse pour rouspéter contre Dieu. En dépit de la manne fournie comme signe de l’amour de Dieu, le peuple regrette le passé. Moïse et Aaron se tournent alors vers Dieu et s’en remettent totalement à lui. Ainsi, dans l’eau qui coulera du rocher au désert, la tradition juive y verra la source de vie.

Ce qui fait, que les premiers chrétiens attachaient vraiment de l’importance à cette rencontre en territoire samaritain, parce qu’elle évoquait l’épisode de l’eau vive. En effet, pour la petite histoire, la plupart des Juifs de Judée et de Galilée refusaient de se mêler aux Samaritains parce qu’ils les considéraient comme hérétiques et impurs. Cette répugnance avait dégénéré en antipathie. Et voilà que Jésus agit autrement, puisqu’il aborde une femme considérée comme hérétique. Mais Jésus ne l’abordera pas en détenteur de vérité, ni en homme de pouvoir, comme l’aurait fait les autres. Mais plutôt par une demande mettant à nu sa vulnérabilité, puisqu’il a soif.

Même si la soif à laquelle pense la Samaritaine n’est pas la soif dont parle Jésus, c’est-à-dire celle qui donne un sens à notre vie, celle qui procure le bonheur. Cependant, Jésus va la conduire plus loin jusqu’à ce qu’elle laisse sa cruche et tout ce qu’elle symbolise, pour se laisser transformer par cette « Parole » qui est vérité et qui lui révèle tout sur elle. Elle peut maintenant partager sa découverte avec les gens de sa ville. À leur tour également, ils y croient, comme pour dire que la foi guérit toutes les blessures et redonne la dignité humaine.

Oui, la rencontre avec Dieu n’est pas réservée à une élite ou à des gens vertueux. Cette rencontre n’est possible que pour ceux et celles qui ont soif : soif de justice, soif de dignité, soif de pardon, soif de paix, soif d’amour, soif de Dieu. C’est ceux-là qui sont souvent blessés par la vie ; les autres n’ont souvent soif de rien. Ils croient s’abreuver à leur propre source, et pourtant, ils sont sur le point de mourir de soif. Pour la Samaritaine, la rencontre avec Jésus est bouleversante.

Au-delà de notre soif humaine, ce texte pose aussi la question de la vraie religion ? Est-ce celle des Juifs ou celle des Samaritains ? Celle Chrétienne ou musulmane ? Et dans sa réponse, Jésus exprime que les religions n’expriment pas la foi. Prier, venir à la messe, lire la bible, avoir des images pieuses au mur, jeûner pendant le carême, faire le ramadan, tout cela n’est rien si nous ne sommes pas ouverts et accueillants à l’essentiel. Or l’essentiel c’est l’autre qui nous dit : donne-moi à boire. Et l’eau vive que Jésus ressuscité nous donne continuellement à boire, c’est avant tout sa parole qui fait de nous des êtres vivants de Dieu.

Pendant ce temps de carême, découvrons que même dans le désert de notre vie, l’eau vive peut jaillir, car Dieu est toujours là, présent.

 


ÉVANGILE du Dimanche 8 Mars 2020

« Son visage devint brillant comme le soleil » (Mt 17, 1-9)

Gloire au Christ,
Parole éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.

De la nuée lumineuse,
la voix du Père a retenti :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ! »
(cf. Mt 17, 5)

Gloire au Christ,
Parole éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère,
et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne.
Il fut transfiguré devant eux ;
son visage devint brillant comme le soleil,
et ses vêtements, blancs comme la lumière.
Voici que leur apparurent Moïse et Élie,
qui s’entretenaient avec lui.
Pierre alors prit la parole et dit à Jésus :
« Seigneur, il est bon que nous soyons ici !
Si tu le veux,
je vais dresser ici trois tentes,
une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie. »
Il parlait encore,
lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre,
et voici que, de la nuée, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le ! »
Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre
et furent saisis d’une grande crainte.
Jésus s’approcha, les toucha et leur dit :
« Relevez-vous et soyez sans crainte ! »
Levant les yeux,
ils ne virent plus personne,
sinon lui, Jésus, seul.

En descendant de la montagne,
Jésus leur donna cet ordre :
« Ne parlez de cette vision à personne,
avant que le Fils de l’homme
soit ressuscité d’entre les morts. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 2ème dimanche du Carême – Année A (08 Mars 2020)

->Homélie 2ème Dim carême (08 Mars)

 

Frères et Soeurs,

La première lecture biblique de ce dimanche nous présente, en quelques lignes, Abraham et son exceptionnel destin. Le patriarche était né à Ur en Chaldée, au sud de l’Irak actuel. Or voilà que cet homme de la ville, ce sédentaire, est appelé par Dieu à un bouleversement radical : de sédentaire, il devient nomade ; homme de la ville, il devient éleveur de troupeaux ; et enfin, ce polythéiste obéit à Yahvé, la divinité jusque là inconnue de lui qui lui promet de devenir « une bénédiction ». Vous connaissez sans doute la suite de la longue marche de celui qui est reconnu, aujourd’hui encore, comme « le père de tous les croyants », juifs, musulmans et chrétiens.

Et c’est environ deux mille ans plus tard que Jésus entreprend une longue marche similaire. Lui qui était, nous dit saint Paul, « de condition divine, il n’a pas estimé qu’il devait chercher à se faire l’égal de Dieu ; au contraire, il a lui-même renoncé à tout ce qu’il avait et il a pris la condition de serviteur. Devenu semblable aux hommes, il a paru dans une situation d’homme ; il a accepté de vivre dans l’humilité et s’est montré obéissant jusqu’à la mort, et la mort sur la croix. » (Philippiens 2 6-8).

C’est dans ce contexte qu’il nous faut comprendre le récit de la transfiguration sur la montagne dont Pierre, Jacques et Jean furent les témoins. A ce moment-là, celui que ses disciples avaient toujours regardé comme un homme extraordinaire, certes, mais enfin un homme, est apparu pour celui qu’il est réellement : divin. En temps ordinaire, sa condition divine était cachée par son aspect humain ; mais voilà que, pour quelques instants, pour redonner courage et confiance aux trois amis intimes, il apparaît tel qu’il est, dans sa réalité divine. Cette fois, ce ne sont plus les disciples qui ont à répondre à l’interrogation de Jésus – « Pour vous, qui suis-je ? – c’est la voix du Père qui répond : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui je mets toute ma joie. Écoutez-le. »

Les trois amis seront encore près de Jésus, à Gethsémani, alors qu’ils le verront défiguré dans son agonie ; mais ce n’est que bien plus tard, après la Pentecôte, qu’ils pourront enfin témoigner d’une foi pleine d’assurance pour proclamer au monde qu’ils ont suivi Jésus, Dieu fait homme, pleinement homme et pleinement Dieu. Et c’est quelques décennies plus tard que Pierre, dans sa deuxième lettre, écrira : « Nous ne nous sommes pas appuyés sur des légendes habilement imaginées pour vous faire connaître la venue puissante de notre Seigneur Jésus-Christ ; nous avons vu sa grandeur de nos propres yeux. Nous étions présents au moment où il a reçu honneur et gloire de Dieu le Père ; dans sa gloire suprême Dieu lui fit alors entendre sa voix qui disait : « Celui-ci est mon fils bien-aimé en qui je mets toute ma joie. » Nous avons entendu nous-mêmes cette voix qui venait du ciel, lorsque nous étions avec lui sur la montagne sainte. » (2e lettre de Pierre 1, 16-18)

Il y a donc, d’abord, pour nous aujourd’hui comme pour Pierre, Jacques et Jean, une révélation sur la personne de Jésus. Il est, bien plus qu’un homme, le « Fils bien-aimé. » et cette révélation transfigure sa personne. Mais il y a également dans cet épisode une révélation sur la nature de notre vie de croyants. Trop souvent, nous avons tendance à réduire notre foi à une histoire de comportements d’ordre moral. Or le message de l’évangile ne se réduit pas à une règle de vie. A chacun de nous, comme à Jésus, le Père a déclaré, au jour de notre propre baptême : « Tu es mon enfant bien-aimé. » Saurons-nous refléter sur nos visages et par tout notre être cette conviction, cette prodigieuse dignité ? Le Carême est le temps où cela nous est rappelé fortement.

 


ÉVANGILE du Dimanche 1er Mars 2020

Jésus jeûne quarante jours, puis est tenté (Mt 4, 1-11)

Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.

L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
(Mt 4, 4b)

Ta Parole, Seigneur, est vérité,
et ta loi, délivrance.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus fut conduit au désert par l’Esprit
pour être tenté par le diable.
Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits,
il eut faim.
Le tentateur s’approcha et lui dit :
« Si tu es Fils de Dieu,
ordonne que ces pierres deviennent des pains. »
Mais Jésus répondit :
« Il est écrit :
L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu
. »

Alors le diable l’emmène à la Ville sainte,
le place au sommet du Temple
et lui dit :
« Si tu es Fils de Dieu,
jette-toi en bas ;
car il est écrit :
Il donnera pour toi des ordres à ses anges,
et : Ils te porteront sur leurs mains,
de peur que ton pied ne heurte une pierre.
»
Jésus lui déclara :
« Il est encore écrit :
Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne
et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire.
Il lui dit :
« Tout cela, je te le donnerai,
si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. »
Alors, Jésus lui dit :
« Arrière, Satan !
car il est écrit :
C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras,
à lui seul tu rendras un culte.
»

Alors le diable le quitte.
Et voici que des anges s’approchèrent,
et ils le servaient.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 1er dimanche du Carême – Année A (1er Mars 2020)

->Homélie 1er Dim carême (1er Mars)

 

Frères et Soeurs,

Ce premier dimanche du carême nous révèle que Jésus, après son baptême, resta quarante jours au désert. Durant ces quarante jours, il livra un grand combat spirituel contre les forces du mal. Même si cela ne s’est peut-être pas passé à la lettre comme le décrit Matthieu, mais l’important est de se demander : Qu’est-ce que Dieu veut nous dire par ce récit ?

Oui, nous sommes invités à fixer notre regard et notre cœur sur Jésus au désert. Il a dû faire des choix importants et décisifs en confrontation à ces deux voix intérieures qui nous parlent. Chacun d’entre nous sait sans doute ce que veut dire être tenté. Puisque nous sommes sans cesse tiraillés entre des tendances diverses et même opposées. Une des tentations à laquelle nous succombons souvent est celle de l’utilisation de Dieu à notre profit. C’est la tentation du marchandage, celle qui consiste se servir de Dieu comme un gage, à condition qu’il nous délivre de la maladie, qu’il fasse cesser le mal dans le monde, qu’il arrête les guerres, qu’il nous fasse sortir de la drogue, de l’alcoolisme, de l’angoisse, etc.

Prenons donc conscience de nos combats intérieurs d’homme et de femme, puisque le désert de nos tentations, nous le connaissons bien. C’est cette tendance à nous investir totalement dans la consommation des biens matériels. C’est chercher à posséder toujours plus, à n’importe quel prix. Au bout du compte, notre cœur devient aussi dur que pierre, puisqu’il devient incapable de s’ouvrir à la Parole de Dieu et de partager avec celui qui a faim. C’est dire qu’en nous fermant à Dieu, nous devenons imperméables à son amour ; nous renions notre identité de fils et de filles de Dieu. Notre tentation à ce niveau, c’est de rompre notre relation à Dieu, d’aller chercher ailleurs nos satisfactions, de nous tourner vers de faux dieux séducteurs tels l’argent, la puissance, le plaisir, etc. Vivre le carême comme un temps de conversion, c’est faire ou refaire une place dans nos vies à la confiance en Dieu.

L’Évangile est donc un appel et un engagement au service des autres et principalement des plus démunis, des plus souffrants. Durant ce carême, nous sommes invités à nous laisser conduire par l’Esprit, comme Jésus au désert. Comme lui, nous serons confrontés à des épreuves et à la tentation dans notre vie. Mais la Parole de Dieu sera notre force. Les 3 lectures d’aujourd’hui ont en commun la liberté donnée à l’être humain et sa capacité de choisir. Donc de dire oui au bien, et non au mal.
Nous devons profiter de ce Carême pour nous poser des questions de fond. Quelle sorte de chrétienne ou de chrétien suis-je devenu ou suis-je en train de devenir? Est-ce que je me laisse vraiment guider par l’Évangile ? Dans la 2e lecture, saint Paul nous rappelle que le premier Adam par qui est entré le mal, l’injustice et la mort dans le monde est maintenant remplacé par le second Adam, Jésus ressuscité qui rétablit la justice et qui donne la vie. Croyons-nous cela? Que faisons-nous pour en témoigner? Voici le moment favorable pour remettre les pendules à l’heure. Passons la porte de la miséricorde pour découvrir le visage plein d’amour de Dieu.

 


ÉVANGILE du Dimanche 23 Février 2020

« Aimez vos ennemis » (Mt 5, 38-48)

Alléluia. Alléluia.
En celui qui garde la parole du Christ
l’amour de Dieu atteint vraiment sa perfection.

Alléluia. (1 Jn 2, 5)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Vous avez appris qu’il a été dit :
Œil pour œil, et dent pour dent.
Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ;
mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite,
tends-lui encore l’autre.
Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice
et prendre ta tunique,
laisse-lui encore ton manteau.
Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas,
fais-en deux mille avec lui.
À qui te demande, donne ;
à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos !

Vous avez appris qu’il a été dit :
Tu aimeras ton prochain
et tu haïras ton ennemi.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Aimez vos ennemis,
et priez pour ceux qui vous persécutent,
afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ;
car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons,
il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.
En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment,
quelle récompense méritez-vous ?
Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Et si vous ne saluez que vos frères,
que faites-vous d’extraordinaire ?
Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?
Vous donc, vous serez parfaits
comme votre Père céleste est parfait. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 7ème dimanche du Temps Ordinaire – Année A (23 Fév 2020)

-> Homélie 7èm Dim A T.O (23 Fév)

Frères et Soeurs,

Le livre des Lévites était adressé d’abord aux prêtres du temple qui étaient de la tribu de Lévi. Il contient un code législatif et il fait un lien entre la sainteté de Dieu et la sainteté du peuple de Dieu. La sainteté humaine découle donc de la sainteté de Dieu : «Soyez saints, car moi, votre Dieu, je suis saint». La sainteté n’est donc pas un attribut humain à obtenir par notre propre justice ; c’est plutôt un don de Dieu, un don par lequel nous participons à la sainteté de Dieu.

Ce livre des Lévites nous rappelle que c’est le Seigneur lui-même qui parla à Moïse pour lui dicter la Loi. Mais au vu du comportement de la société, Moïse est arrivé à autoriser la Loi du Talion : « Œil pour œil, dent pour dent ». Cette vieille loi du talion avait fait ses preuves, elle apparaissait comme une mesure destinée à faire réfléchir les criminels avant de passer à l’acte. Elle protégeait aussi les délinquants contre des vengeances aveugles et exagérées.

Et voici que pour Jésus, tout cela est radicalement dépassé par la loi nouvelle de non-violence : « Aimez vos ennemis ». Pour un bon juif pratiquant, l’ennemi, c’était l’étranger, le païen, l’autre qui était différent. Le prochain c’était celui qui partageait la même foi et la même culture. Jésus vient donc bouleverser les relations humaines. Si nous regardons ce qui se passe dans notre cœur, nous découvrons combien l’agressivité nous habite et nous travaille. Nous en voulons parfois à beaucoup de gens, lointains ou proches. Nous leur en voulons de ne pas nous reconnaître tels que nous nous voyons, de ne pas deviner ce que nous désirons, de ne pas nous accepter tels que nous sommes. Nous leur en voulons d’être eux-mêmes et de le rester. Nous aimons ceux qui nous aiment, nous nous attachons à ceux qui nous valorisent, nous ne saluons parfois que ceux qui les premiers ont fait le geste de nous saluer. Notre moi reste au centre de tout.

C’est pourquoi le message du Christ nous concerne tous. Aimer ceux qui nous aiment, tout le monde fait ça. Comme chrétiens, il faut faire plus, autrement, qu’est-ce qui nous distingue ? Qu’est-ce qu’il y a de si extraordinaire depuis que nous sommes devenus chrétiens ? Ce que Jésus nous propose, c’est un amour dans toute sa gratuité, sans discrimination, sans domination, un amour qui nous fait ressembler à Dieu.

Jésus nous demande d’être parfaits dans nos relations d’amour avec les autres. Comment est-ce que nous aimons ? Est-ce que nous sommes de ceux qui disent œil pour œil et dent pour dent ? Tendre l’autre joue, c’est donner un peu de soi-même et ne pas en vouloir à celui qui vous a fait mal. Faire deux mille pas, c’est donner un peu de son temps et accompagner avec bienveillance celui qui vous a déjà fait perdre votre temps. Laisser son manteau, c’est donner un peu de son bien à celui qui en est complétement dépourvu et qui réclame une meilleure répartition des biens de ce monde. Ne pas riposter au méchant, c’est agir dans la ‘non-violence’ avec un peu et même beaucoup de patience.

Être parfait ne veut pas dire être ‘impeccable’ et sans défauts mais reconnaître que nous sommes indéfiniment perfectibles, appelés à une plus grande sainteté.

 


ÉVANGILE du Dimanche 16 Février 2020

« Il a été dit aux Anciens. Eh bien ! moi, je vous dis » (Mt 5, 17-37)

Alléluia. Alléluia.
Tu es béni, Père,
Seigneur du ciel et de la terre,
tu as révélé aux tout-petits
les mystères du Royaume !

Alléluia. (cf. Mt 11, 25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes :
je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
Amen, je vous le dis :
Avant que le ciel et la terre disparaissent,
pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi
jusqu’à ce que tout se réalise.
Donc, celui qui rejettera
un seul de ces plus petits commandements,
et qui enseignera aux hommes à faire ainsi,
sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux.
Mais celui qui les observera et les enseignera,
celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux.
Je vous le dis en effet :
Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens,
vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.

Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens :
Tu ne commettras pas de meurtre,
et si quelqu’un commet un meurtre,
il devra passer en jugement.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui se met en colère contre son frère
devra passer en jugement.
Si quelqu’un insulte son frère,
il devra passer devant le tribunal.
Si quelqu’un le traite de fou,
il sera passible de la géhenne de feu.
Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel,
si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,
laisse ton offrande, là, devant l’autel,
va d’abord te réconcilier avec ton frère,
et ensuite viens présenter ton offrande.
Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire
pendant que tu es en chemin avec lui,
pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge,
le juge au garde,
et qu’on ne te jette en prison.
Amen, je te le dis :
tu n’en sortiras pas
avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou.

Vous avez appris qu’il a été dit :
Tu ne commettras pas d’adultère.
Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui regarde une femme avec convoitise
a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur.
Si ton œil droit entraîne ta chute,
arrache-le
et jette-le loin de toi,
car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres
que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne.
Et si ta main droite entraîne ta chute,
coupe-la
et jette-la loin de toi,
car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres
que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne.
Il a été dit également :
Si quelqu’un renvoie sa femme,
qu’il lui donne un acte de répudiation.

Eh bien ! moi, je vous dis :
Tout homme qui renvoie sa femme,
sauf en cas d’union illégitime,
la pousse à l’adultère ;
et si quelqu’un épouse une femme renvoyée,
il est adultère.

Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens :
Tu ne manqueras pas à tes serments,
mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur.

Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout,
ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu,
ni par la terre, car elle est son marchepied,
ni par Jérusalem, car elle est la Ville du grand Roi.
Et ne jure pas non plus sur ta tête,
parce que tu ne peux pas
rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir.
Que votre parole soit ‘oui’, si c’est ‘oui’,
‘non’, si c’est ‘non’.
Ce qui est en plus
vient du Mauvais. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 6e dimanche du T.O. – Année A (16 Fév 2020)

-> Homélie 6èm Dim A T.O (16 Fév)

 

Frères et Soeurs,

Au temps de Jésus, la religion juive comptait plus de 600 lois qui réglaient la vie quotidienne. Si bien qu’il difficile de les retenir par coeur, et même quasi-impossible de les pratiquer convenablement. Et dans les premières communautés chrétiennes, des conservateurs voulaient garder intactes ces traditions juives, mais heureusement que des gens comme Saint-Paul soutenaient qu’on ne devait pas les imposer à des chrétiens d’origine non juive.

Et à ce sujet, les propos de Jésus semblent contradictoires. D’abord Jésus dit que rien ne disparaîtra de la loi, puis il ajoute qu’il est venu parfaire la loi. Mais dans le vécu, Jésus lui-même a pris ses distances par rapport à plusieurs lois juives, par exemple celle relative au sabbat ; il reproche même à ses compatriotes de se servir de cette loi pour ne pas aider leur prochain. La question qui se pose aux Juifs, aux premiers chrétiens, et à nous-mêmes aujourd’hui, c’est de savoir comment interpréter la loi. Comment vivre la loi dans son esprit, sans en rester à une interprétation réductrice ou légaliste ? Notons que chaque société est régie par des Lois et que nul n’est censé ignoré la Loi. Aujourd’hui, nous distinguons dans l’Eglise Catholique  10 commandements de Dieu, et 5 commandements de l’Eglise. Le savons-nous ? Avons-nous conscience de cela ? Et comment les vivons-nous ? Heureusement pour nous que tous ces commandements se résument en un seul : le commandement de l’Amour « Aimez-vous les uns les autres »

Oui, Jésus est venu proposer une manière de vivre que toutes les lois de Moïse ont exprimée maladroitement mais qui étaient pourtant libération pour l’humanité.

  • La loi sur le meurtre vise à maintenir des relations fraternelles avec les autres au point que la qualité de ces relations a préséance sur toutes les exigences religieuses et liturgiques. Jésus demande de remplacer la colère par le pardon et la réconciliation avec le prochain.
  • La loi sur l’adultère vise à maintenir un amour de son conjoint qui soit vrai et sincère, un amour de tout son cœur et de tout son corps. Il vise  à maintenir un amour éternel où deux êtres ne deviennent qu’une seule chair.
  • La loi sur les serments vise à maintenir la valeur d’une parole qui est toujours vraie.

Pour Jésus, ce ne sont pas seulement les actes qui comptent, mais aussi les mots et les intentions. Tuer quelqu’un, cela ne nous arrive pas, sinon dans des cauchemars. Mais, il y a bien des manières d’empêcher l’autre de vivre, de se mettre en travers de son bonheur ou de sa liberté, bien des manières de l’ignorer ou de le rayer des vivants qui nous concernent. Notre désir de nous approcher de Dieu implique la volonté de nous rendre proches des autres. Il ne suffit plus seulement de connaître la loi, il faut la mettre en pratique. Dieu ne veut pas nous enfermer dans un carcan ; il veut par sa loi nous conduire à la vraie liberté : celle des enfants de Dieu. La loi de Dieu voudrait faire tourner notre regard vers ce qui construit la relation avec l’autre. Et à ce propos, L’Évangile nous rapporte deux paroles extrêmement vigoureuses sur les occasions de chute.

  • « Si c’est ton œil qui te fait tomber, arrache-le, et jette-le loin de toi ».
  • « Si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi! »

Ce que Jésus affirme là, c’est que, par fidélité à son message, il faut renoncer à une part de nos désirs, et parfois renoncer à certains de nos désirs et activités qui sont porteurs de morts spirituelles pour nous-mêmes et pour les autres.

 


ÉVANGILE du Dimanche 9 Février 2020

« Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5, 13-16)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis la lumière du monde, dit le Seigneur.
Celui qui me suit aura la lumière de la vie.

Alléluia. (cf. Jn 8, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Vous êtes le sel de la terre.
Mais si le sel devient fade,
comment lui rendre de la saveur ?
Il ne vaut plus rien :
on le jette dehors et il est piétiné par les gens.

Vous êtes la lumière du monde.
Une ville située sur une montagne
ne peut être cachée.
Et l’on n’allume pas une lampe
pour la mettre sous le boisseau ;
on la met sur le lampadaire,
et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.
De même, que votre lumière brille devant les hommes :
alors, voyant ce que vous faites de bien,
ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 5e dimanche du T.O. – Année A (9 Fév 2020)

-> Homélie 5èm Dim A T.O (09 Fév)

 

Frères et Soeurs,

Dans l’évangile que venons d’entendre, Jésus dit à ses disciples que vous êtes le sel et la lumière du monde. Ces disciples, c’est nous les chrétiens d’aujourd’hui. Nous sommes donc sel et lumière pour le monde entier. C’est dire que sans chacun de nous, le monde serait dans le noir, la vie humaine n’aurait pas de goût.

Notons que le sel et la lumière sont des symboles très forts. Et voici quelques exemples pour nous en convaincre :

  • Depuis quelques années plus de 170 pays participent à l’événement Une heure pour la terre, visant à sensibiliser la population aux changements climatiques. Pendant une heure les gens peuvent éteindre les lumières pour se plonger dans le noir et réfléchir à des solutions permettant de sauver la planète des changements climatiques.
  • Les peintres sont en quelque sorte des artistes de la lumière. En effet, seule la lumière peut révéler les formes. D’ailleurs, cette lumière des peintres possède également une dimension spirituelle. (Je ne sais pas s’il y a ici des amoureux de la peinture) Par exemple, la lumière qui surplombe le Guernica de Picasso a pour fonction symbolique de révéler l’horreur du massacre.
  • Le voyageur égaré en pleine nature, dans la nuit, comprend ce que peut représenter la lumière des lampes allumées dans une ville qu’il aperçoit.
  • Et le sel fut longtemps le seul moyen de conserver les aliments et était donc un élément stratégique. Sans sel, les aliments se décomposent rapidement. Sans sel, les aliments sont fades.

Être sel de la terre et lumière du monde, c’est recevoir de Jésus une mission qui apporte un surcroît de sens au monde. La mission qui nous est confiée est exigeante. Comment, dans nos relations quotidiennes, pourrions-nous être sel de la terre ? Comment oser croire que nous pourrions être lumière du monde ? Notre foi donne-t-elle de la saveur à la vie de ceux qui nous entourent ?

Pour illuminer le monde, il sied de lui annoncer la Bonne Nouvelle en la mettant simplement en pratique. Car la lumière de Dieu jaillit non seulement des paroles, mais aussi des actes. C’est ce à quoi le prophète Isaïe exhortait son peuple, 8 siècles avant Jésus (Cf. 1ère lecture). Nous sommes donc appelés à être le sel de la terre et la lumière du monde en traduisant dans notre vie de tous les jours avec les personnes qui nous entourent le message d’amour de Jésus. Or, tous nous avons cette faiblesse de placer nos espérances en nous-mêmes ou dans les seules possibilités humaines et nous oublions souvent Dieu. Demandons la grâce de découvrir que notre mission est d’empêcher le monde de se banaliser. Nous devons lui donner le vrai goût de vivre, en lui donnant le goût de Dieu.

 


ÉVANGILE du Dimanche 2 Février 2020

« Mes yeux ont vu ton salut » (Lc 2, 22-40)

Alléluia. Alléluia.
Lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël.
Alléluia. (Lc 2, 32)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse
pour la purification,
les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem
pour le présenter au Seigneur,
selon ce qui est écrit dans la Loi :
Tout premier-né de sexe masculin
sera consacré au Seigneur.

Ils venaient aussi offrir
le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur :
un couple de tourterelles
ou deux petites colombes.

Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon.
C’était un homme juste et religieux,
qui attendait la Consolation d’Israël,
et l’Esprit Saint était sur lui.
Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce
qu’il ne verrait pas la mort
avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.
Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple.
Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus
pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,
Syméon reçut l’enfant dans ses bras,
et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël. »

Le père et la mère de l’enfant
s’étonnaient de ce qui était dit de lui.
Syméon les bénit,
puis il dit à Marie sa mère :
« Voici que cet enfant
provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël.
Il sera un signe de contradiction
– et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – :
ainsi seront dévoilées
les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

Il y avait aussi une femme prophète,
Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser.
Elle était très avancée en âge ;
après sept ans de mariage,
demeurée veuve,
elle était arrivée à l’âge de 84 ans.
Elle ne s’éloignait pas du Temple,
servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.
Survenant à cette heure même,
elle proclamait les louanges de Dieu
et parlait de l’enfant
à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

Lorsqu’ils eurent achevé
tout ce que prescrivait la loi du Seigneur,
ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.

L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait,
rempli de sagesse,
et la grâce de Dieu était sur lui.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le Dimanche de la Présentation au Temple – Année A (02 Fév 2020)

 

-> Homélie présentation au Temple A (02 Fév)

 

Frères et Soeurs,

Le prophète Malachie soulève une question inquiétante pour tous ceux et celles qui attendent l’arrivée de Dieu avec espérance joyeuse. Dans la tradition prophétique, ce jour signifie une période de jugement. Par conséquent, les prophètes le décrivent avec un langage dramatique. Selon le contexte, c’est une promesse de délivrance ou une menace de jugement qui est évoquée, ou les deux éléments à la fois. Dans ce contexte, le but du jugement divin n’est pas de punir, mais c’est apporter restauration et vie renouvelée.

Cependant, il est extrêmement difficile d’imaginer que le Dieu prêché par Jésus est le même Dieu que Malachie décrit comme juge. Nous nous sommes tellement habitués à l’idée de l’amour de Dieu et de sa venue, que nous ne sentons plus le frisson de la peur que cette venue invoque chez Malachie. La 1ere lecture peut donc donner un ton discordant à nos attentes. Si Dieu est bonté et lumière, le jugement et les drames semblent contraires au Dieu que Jésus a proclamé.

Quel intérêt trouver alors, aujourd’hui, à ce récit de la présentation de Jésus au temple ? L’expérience de Marie et de Joseph a sans doute été unique. Comme nous, ils ne comprenaient pas tout. L’Évangile le répète à plusieurs reprises. Ils ont traversé des événements imprévisibles comme la naissance de leur enfant dans la pauvreté, la fuite en Égypte, le séjour en exil. Marie et Joseph nous ressemblent, car la vie ne nous ménage pas toujours.

Nous n’avons pas tous à fuir en Égypte, mais le manque de santé, d’appui, de force, de moyens nous fait souvent traverser des moments difficiles. Notre cœur est parfois transpercé lorsque par exemple, un enfant prend des chemins que nous n’imaginions pas ou que nous redoutions. Lorsqu’il fréquente des copains et des lieux qui sont à craindre. Chacun d’entre nous pourrait évoquer de multiples difficultés familiales : les histoires d’héritage, les brouilles entre les frères et les sœurs, les problèmes d’alcool, les maladies, la mort d’un enfant à sa naissance, l’accident qui blesse ou porte la mort, les difficultés pour joindre les deux bouts et les fins de mois difficiles. Tout ce qui ne tourne pas rond comme nous avions rêvé.

Oui, nous sommes parfois secoués par les événements. Et souvent s’effondrent plusieurs de nos plus beaux projets, comme pour Marie et Joseph. Leur seule force était la confiance en la bonté et en la fidélité de Dieu. En effet, les difficultés de la vie ne vont pas disparaître sous prétexte que nous sommes chrétiens ou que nous prions pour que tout s’arrange. Rien n’est changé par la foi. Et pourtant tout est changé, lorsqu’on est chrétien car notre vie a du sens, même au cœur de son apparente stérilité, même au moment où, comme pour Marie, une épée nous transperce le cœur.

La tradition orientale appelle la fête d’aujourd’hui la « fête de la rencontre », car, dans le temple de Jérusalem, a lieu la rencontre entre la bienveillance de Dieu et l’attente du peuple élu. Syméon et Anne apparaissent comme des Juifs pieux qui attendent l’accomplissement des promesses de Dieu pour Israël. Syméon entrevoit le salut qu’un jour le monde entier verra le pardon des péchés et la délivrance de la mort éternelle. Il attendait depuis longtemps l’accomplissement de la prophétie de Malachie. Demandons cette grâce.

 

 


ÉVANGILE du Dimanche 26 Janvier 2020

Il vint habiter à Capharnaüm pour que soit accomplie la parole d’Isaïe (Mt 4, 12-23)

Alléluia. Alléluia.
Jésus proclamait l’Évangile du Royaume,
et guérissait toute maladie dans le peuple.
Alléluia. (cf. Mt 4, 23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste,
il se retira en Galilée.
Il quitta Nazareth
et vint habiter à Capharnaüm,
ville située au bord de la mer de Galilée,
dans les territoires de Zabulon et de Nephtali.
C’était pour que soit accomplie
la parole prononcée par le prophète Isaïe :
Pays de Zabulon et pays de Nephtali,
route de la mer et pays au-delà du Jourdain,
Galilée des nations !
Le peuple qui habitait dans les ténèbres
a vu une grande lumière.
Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort,
une lumière s’est levée.

À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer :
« Convertissez-vous,
car le royaume des Cieux est tout proche. »

Comme il marchait le long de la mer de Galilée,
il vit deux frères,
Simon, appelé Pierre,
et son frère André,
qui jetaient leurs filets dans la mer ;
car c’étaient des pêcheurs.
Jésus leur dit :
« Venez à ma suite,
et je vous ferai pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.

De là, il avança et il vit deux autres frères,
Jacques, fils de Zébédée,
et son frère Jean,
qui étaient dans la barque avec leur père,
en train de réparer leurs filets.
Il les appela.
Aussitôt, laissant la barque et leur père,
ils le suivirent.

Jésus parcourait toute la Galilée ;
il enseignait dans leurs synagogues,
proclamait l’Évangile du Royaume,
guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 3ème Dimanche du T.O – Année A (26 Janv 2020)

-> Homélie 3e dim du T.O A (26 janv 20)

 

Frères et Soeurs,

Au temps d’Isaïe, à un peuple démuni, le prophète annonce un âge prochain où la nuit se transformera en jour. Pour lui, Israël ne doit pas désespérer parce que les mêmes personnes qui ont marché dans les ténèbres, connaîtront bientôt une grande lumière. En effet, la lumière renversera la faim, le dépeuplement et la défaite militaire, subis dans l’obscurité. Mais le seul problème, c’est qu’il faut être patient, car le temps de Dieu n’est pas le temps de l’Homme.

Dans cette attente, des problèmes continuent à se poser et les difficultés foisonnent. La communauté de Corinthe va d’ailleurs en payer les frais. Cependant, jusqu’aujourd’hui nous constatons que nos Églises modernes ressemblent à cette ancienne Église de Corinthe, confrontée à de nombreux défis. C’est pourquoi, dans la seconde lecture, Paul plonge au cœur des problèmes pratiques qui affectaient cette Église. Ces problèmes s’articulent autour des divisions, et de la relation avec Jésus ressuscité. Et St Paul rappelle qu’il n’y a pas d’autre nom assez grand, assez glorieux que celui de Jésus pour rassembler tout le monde malgré la diversité de points de vue et les différences de contexte ou de statut de vie.

  • Il y avait, tout d’abord, les loyalistes qui disaient : «Nous sommes de Paul. Car c’est lui qui a commencé cette église. Nous sommes venus à la vie en Dieu par Paul, et Paul est celui que nous allons écouter par-dessus tous les autres.»
  • Ensuite, il y avait ceux qui étaient attirés par la prédication d’Apollos. Celui-ci était un orateur exceptionnel selon le livre des Actes des Apôtres.
  • Puis il y avait les traditionalistes (il y en a toujours, même de nos jours), ceux qui disaient : «Je ne sais pas pour Paul ou Apollos. Revenons aux débuts. Revenons à Jérusalem. Nous sommes de Pierre. Quand Pierre est venu, nous avons vraiment senti que nous étions sur une base solide. Après tout, il a été l’un des premiers apôtres que Jésus lui-même a appelés.»
  • Enfin, il y avait un quatrième groupe. Ils disaient : «Vous pouvez être de Paul ou de Pierre ou d’Apollos, mais nous, nous sommes du Christ ! Nous retournons au Seigneur seul. Ce qu’il dit, nous l’écouterons, même par Paul ou Pierre ou n’importe qui d’autre – cela ne fait aucune différence pour nous. »

Notons que c’est une menace sérieuse pour la vie d’une Église de trouver des gens qui choisissent des prédicateurs préférés au point de ne vouloir écouter personne d’autre.

Dans le contexte narratif de l’Évangile, quand la nouvelle de l’arrestation de Jean-Baptiste vient à Jésus, il fait le choix de se retirer en Galilée, où il appelle ses premiers disciples, où il prêche le sermon sur la Montagne, où il commence son ministère de guérison et enseigne ce que signifie être un Messie, c’est-à-dire Dieu avec nous. Le Jésus de Matthieu agit comme un prédicateur itinérant sans repos. Oui, Jésus n’opte pas pour le confort du familier, au contraire il embrasse l’appel de Dieu pour trouver ceux et celles qui ont besoin d’une parole de Dieu.

La puissance de l’appel de Jésus peut nous surprendre et nous faire prendre conscience qu’il est la lumière du monde. Jésus n’a pas à persuader ceux qu’il appelle. Chacun des appelés semble avoir un emploi stable et, plus important encore, des liens familiaux. Et pourtant, ils vont se laisser séduire par le Christ. Ils acceptent de porter cette lumière au monde. De fait, le royaume de Dieu a commencé non seulement parce que Jésus l’a annoncé, mais aussi parce que des témoins comme vous et moi ont accepté de porter cette lumière. Dieu n’aime pas agir en solo, il veut faire participer l’humanité à sa mission.

 


ÉVANGILE du Dimanche 19 Janvier 2020

« Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29-34)

Alléluia. Alléluia.
« Le Verbe s’est fait chair,
il a établi parmi nous sa demeure.
À tous ceux qui l’ont reçu,
il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. »
Alléluia. (cf. Jn 1, 14a.12a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
voyant Jésus venir vers lui,
Jean le Baptiste déclara :
« Voici l’Agneau de Dieu,
qui enlève le péché du monde ;
c’est de lui que j’ai dit :
L’homme qui vient derrière moi
est passé devant moi,
car avant moi il était.
Et moi, je ne le connaissais pas ;
mais, si je suis venu baptiser dans l’eau,
c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. »
Alors Jean rendit ce témoignage :
« J’ai vu l’Esprit
descendre du ciel comme une colombe
et il demeura sur lui.
Et moi, je ne le connaissais pas,
mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit :
‘Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer,
celui-là baptise dans l’Esprit Saint.’
Moi, j’ai vu, et je rends témoignage :
c’est lui le Fils de Dieu. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 2ème Dimanche du T.O – Année A (19 Janv 2020)

-> Homélie 2e dim du T.O A (19 janv 20)

 

Frères et Soeurs,

Permettez-moi de raconter le contexte historique d’Isaïe afin de saisir la portée de son message. Le peuple de Dieu a été vaincu, son temple détruit. Il est emmené en chaîne à Babylone, aliéné de sa terre et de son Dieu. Cet exil devient une crise d’identité et de foi. Est-il toujours le peuple de Dieu ? Comment peut-il adorer Dieu dans ce pays étranger ? Dans cette crise, Isaïe prononce un mot d’espoir : Dieu enverra un serviteur qui rendra justice. Nous pouvons imaginer cette proclamation arrivant aux oreilles d’Israël avec un soupir de soulagement. Si ce passage ne visait qu’à restaurer Israël, ce serait assez impressionnant. Mais, il y a plus. Il passe de la délivrance d’Israël à une mission encore plus vaste : le salut du monde. Oui, le peuple de Dieu n’existe pas pour lui seul, et sa restauration n’est pas une fin en soi. Dieu charge Israël d’être une lumière pour toutes les nations.

L’histoire de Dieu est toujours plus grande que la nôtre, toujours plus grande que nos faiblesses. Dieu n’est pas un Dieu distant, mais il est l’Esprit qui souffle là où nous ne l’attendons plus. Alors, changeons notre regard et ouvrons nos yeux sur les réalités de notre monde pour que nous puissions les voir, et les accueillir comme un rendez-vous de Dieu. Ce que fait d’ailleurs St Paul dans sa Lettre aux corinthiens. Imaginons-le avoir passé un an et demi à installer et à implanter une communauté à Corinthe. Et en partant vers d’autres missions, cette communauté grandissait, et des dirigeants y émergeaient. Puis, lui arrive une lettre pleine de questions et de problèmes non résolus. La lettre contient des nouvelles pénibles. La communauté se déchire. Les factions sont visibles. Certains remettent même en question la résurrection, le cœur même de l’Évangile. Que faire ? Il ne peut retourner la visiter maintenant. Comment résoudre tous ces problèmes en une seule lettre ?

Dans cette lettre, Paul ne se contente pas de prendre parti sur les questions litigieuses. Mais il commence par leur rappeler ce qu’ils semblent avoir oublié : « Tout ce qu’ils ont et sont, vient de Dieu. Et quels que soient les problèmes auxquels ils sont confrontés, Dieu est assez puissant non seulement pour les aider à trouver une voie à suivre, mais aussi pour les fortifier en attendant la révélation de Jésus ». À bien des égards, notre Église aujourd’hui est semblable à la première Église de Corinthe. Nous sommes déchirés par de nombreux problèmes. Mais, Dieu est à l’œuvre, même au milieu du chaos de nos églises qui se vident, de nombreux scandales de nos prêtres, de la perte de valeur du sacré, et de la famille, etc. Et c’est bien pour tout cela que Jésus est venu pour être l’agneau de Dieu. Mais, que dire aujourd’hui sur l’identité de Jésus dans notre monde moderne ?

L’image de l’agneau qui est utilisée rappelle l’Agneau de l’Ancien Testament, cet agneau qui était et qui continue à être utilisé, à la célébration de la Pâque juive, l’agneau immolé venu effacer les fautes. Jésus est donc reconnu comme la victime innocente dont la mort scandaleuse révèle et dénonce la violence qui anime notre société. Toute sa vie, toutes ses paroles, toutes ses actions ont été porteuses de paix et de fraternité. Il a été celui qui n’a pas ménagé sa peine pour libérer toute personne de ses servitudes, pour remettre debout et en marche ceux et celles qui n’en pouvaient plus. Il est celui qui brise les barrières érigées par les puissants pour maintenir leurs avantages et leurs privilèges au mépris du peuple.

 


ÉVANGILE du Dimanche 12 Janvier 2020

« Dès que Jésus fut baptisé, il vit l’Esprit de Dieu venir sur lui » (Mt 3, 13-17)

Alléluia. Alléluia.
Aujourd’hui, le ciel s’est ouvert,
l’Esprit descend sur Jésus,
et la voix du Père domine les eaux :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé ! »
Alléluia. (cf. Mt 3, 16-17, Ps 28, 3)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Alors paraît Jésus.
Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain
auprès de Jean,
pour être baptisé par lui.
Jean voulait l’en empêcher et disait :
« C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi,
et c’est toi qui viens à moi ! »
Mais Jésus lui répondit :
« Laisse faire pour le moment,
car il convient
que nous accomplissions ainsi toute justice. »
Alors Jean le laisse faire.

Dès que Jésus fut baptisé,
il remonta de l’eau,
et voici que les cieux s’ouvrirent :
il vit l’Esprit de Dieu
descendre comme une colombe et venir sur lui.
Et des cieux, une voix disait :
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé
en qui je trouve ma joie. »

  – Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie Dimanche du Baptême de Jésus (12 Janv 2020)

-> Homélie Baptême du Sgr 12 janv 2020

 

Frères et Soeurs,

En célébrant le Baptême de Jésus, nous fêtons une fois de plus, une « Epiphanie » du Seigneur.  En ce sens que nous fêtons également la manifestation de Dieu au baptême de Jésus, donc sa « monstruation ». Car du grec, étymologiquement épiphanie (ἐπιφάνεια) se lit : epi-phaneia, c’est à dire Dieu lève le voile, mieux encore : Dieu se montre en levant le voile qui couvrait son visage. Oui, une épiphanie est une compréhension soudaine, une manifestation de ce qui était caché. Et si la visite des Mages a révélé la présence de Dieu en l’enfant couché dans la crèche, la voix qui retentit dans le ciel à son baptême vient renchérir cette révélation.

De fait, le passage d’Isaïe lu en 1ère lecture montre que Dieu s’exprimait déjà dans la douleur de l’exil en envoyant un serviteur qui apportera la justice, non seulement à Israël, mais à toutes les nations. Oui, le texte d’Isaïe dit : « Ainsi parle le Seigneur: Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui j’ai mis toute ma joie. J’ai fait reposer sur lui mon esprit… » Notons que la descente de l’Esprit de Dieu sur quelqu’un signifiait à l’époque que Dieu donnait à cette personne les moyens pour accomplir la mission qu’il lui confiait. Il s’agissait de la force même de Dieu donnée en premier lieu aux chefs, aux rois. Et comme par hasard, dans la seconde lecture, l’Esprit de Dieu vient aussi de s’adresser à Pierre. De même, à peine sorti de l’eau, Jésus voit également l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. C’est la même colombe, qui, à l’aube de la création, planait sur les eaux pour faire naître un monde. C’est aussi une colombe qui avait été lâchée de l’arche par Noé, et qui était revenue avec un brin d’olivier au bec, signe qu’elle avait trouvé un lieu où la vie avait pu reprendre. Cette colombe est le signe la présence de l’Esprit.

La mention de l’eau et de l’Esprit nous rappelle donc les premières lignes de la Genèse, quand l’esprit planait sur les eaux et que Dieu en fit surgir la terre. Dans notre récit également, Jésus émerge de l’eau comme le premier fruit de la nouvelle création et voit l’Esprit descendre sur lui. Oui, quelque chose de tout à fait nouveau commence avec le début du ministère de Jésus. Le Baptême de Jésus est en fait un point tournant de l’histoire de l’humanité. Car déjà, Dieu commence à faire du nouveau.

Ce baptême a lieu dans le Jourdain, image des eaux que le peuple d’Israël a traversé pour être libéré de l’esclavage. Comme pour dire que le baptême nous libère de l’esclavage du péché. Le récit du baptême de Jésus nous invite donc à faire le point sur nous-mêmes pour que nous découvrions notre vocation à nous mettre à l’œuvre dans ce monde, sous la conduite de Dieu, pour qu’il devienne conforme au projet que Dieu. Il subsiste en nous des zones de résistance qui nous poussent parfois à douter. Il y a des éléments qui font obstacle à l’instinct d’amour qui nous unis à Dieu. C’est pourquoi l’Esprit ne cesse de souffler sur nous. Il nous pousse à nous dépasser et à combattre contre ce qui nous retient.

Avec le baptême du Seigneur, nous sommes tous invités aujourd’hui à renouveler les promesses de notre propre baptême, à revivre ce point de départ, cette première rencontre avec Dieu, ce passage de la mort à la vie.

 


ÉVANGILE du Dimanche 5 Janvier 2020

Nous sommes venus d’Orient adorer le roi (Mt 2, 1-12)

Alléluia. Alléluia.
Nous avons vu son étoile à l’orient,
et nous sommes venus adorer le Seigneur.

Alléluia. (cf. Mt 2, 2)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Jésus était né à Bethléem en Judée,
au temps du roi Hérode le Grand.
Or, voici que des mages venus d’Orient
arrivèrent à Jérusalem
et demandèrent :
« Où est le roi des Juifs qui vient de naître ?
Nous avons vu son étoile à l’orient
et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
En apprenant cela, le roi Hérode fut bouleversé,
et tout Jérusalem avec lui.
Il réunit tous les grands prêtres et les scribes du peuple,
pour leur demander où devait naître le Christ.
Ils lui répondirent :
« À Bethléem en Judée,
car voici ce qui est écrit par le prophète :
Et toi, Bethléem, terre de Juda,
tu n’es certes pas le dernier
parmi les chefs-lieux de Juda,
car de toi sortira un chef,
qui sera le berger de mon peuple Israël. »
Alors Hérode convoqua les mages en secret
pour leur faire préciser à quelle date l’étoile était apparue ;
puis il les envoya à Bethléem, en leur disant :
« Allez vous renseigner avec précision sur l’enfant.
Et quand vous l’aurez trouvé, venez me l’annoncer
pour que j’aille, moi aussi, me prosterner devant lui. »
Après avoir entendu le roi, ils partirent.

Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient
les précédait,
jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit
où se trouvait l’enfant.
Quand ils virent l’étoile,
ils se réjouirent d’une très grande joie.
Ils entrèrent dans la maison,
ils virent l’enfant avec Marie sa mère ;
et, tombant à ses pieds,
ils se prosternèrent devant lui.
Ils ouvrirent leurs coffrets,
et lui offrirent leurs présents :
de l’or, de l’encens et de la myrrhe.

Mais, avertis en songe de ne pas retourner chez Hérode,
ils regagnèrent leur pays par un autre chemin.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le dimanche de l’Epiphanie – Année A (5 janvier 2020)

-> Homélie Epiphanie 5 janv 2020

 

Frères et Soeurs,

En célébrant l’Epiphanie, nous fêtons ce jour la manifestation de Dieu, sa « monstruation » car du grec, étymologiquement épiphanie (ἐπιφάνεια) se lit : epi-phaneia, c’est à dire Dieu lève le voile, mieux encore : Dieu se montre en levant le voile qui couvrait son visage. Oui, une épiphanie est une compréhension soudaine, une manifestation de ce qui était caché. Et un thème commun aux trois lectures d’aujourd’hui est la manifestation de Dieu auprès de personnes extérieures à la communauté. Dans la 1ère lecture, Isaïe dit à sa communauté qu’elle sera une lumière pour toutes les nations. Dans la seconde lecture, Paul suggère que le but ultime de Dieu est l’unification de l’humanité dans une communauté où toutes les distinctions entre les personnes ont disparu. Et l’Évangile de Matthieu nous signale que de telles distinctions ont commencé avec l’avènement de Jésus.

De fait, la lecture de l’Ancien Testament, à laquelle l’histoire des mages fait clairement allusion, commence par ces mots : «Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi.» Ainsi, la vision du salut selon Isaïe comprend donc un pèlerinage des nations, qui viendront à la lumière d’Israël, pour adorer le Dieu d’Israël. Les mages païens doivent être compris comme exécutant l’accomplissement de cette prophétie. Notons que ce texte a été écrit à l’époque du retour à Jérusalem des exilés de Babylone. Isaïe leur redonne espérance en annonçant la reconstruction du Temple et de leur ville. Dans ce contexte, le peuple de Dieu est appelé à accueillir la lumière de Dieu et à la laisser pénétrer le quotidien de leur vie. Alors, tous les peuples viendront de partout se rallier au peuple élu.

C’est dans cette optique que Paul parle de l’arrivée des païens dans l’héritage du salut. Ce qui est tellement mystérieux, c’est que Dieu a inscrit un tout nouveau groupe d’héritiers dans son testament. Cela ne néglige pas ceux qui étaient héritiers auparavant, car il a des richesses sans limites. Mais par le biais de Jésus, Dieu a également appelé les païens d’une nouvelle manière.

Enfin, l’histoire des mages préfigure que dès l’enfance Jésus inspire à la fois l’émerveillement et l’hostilité. Les mages ont fini par être identifiés comme des rois, et on leur a attribué des noms. Les noms traditionnels de Gaspard, Melchior et Balthazar apparaissent pour la première fois dans un manuscrit du 6e siècle, conservé à la Bibliothèque nationale de France à Paris (comme par hasard). Mais ce qui est important c’est que des gens venus d’ailleurs ont suivi une étoile pour venir reconnaitre la royauté et la divinité de l’enfant couché dans la crèche. Leurs cadeaux (L’Or, l’encens, la myrrhe) et l’adoration faite le prouve à suffisance. Mais n’oublions pas que l’étoile brille toujours pour ceux et celles qui la cherchent dans l’obscurité de leur nuit.

C’est donc une interpellation à être humbles, disponibles, et à savoir interpréter, comme les mages, les signes de Dieu. Oui, dans notre société actuelle de forte consommation, chacun peut rester chez lui avec ses doutes et ses certitudes. Mais aussi prendre la route et risquer la découverte en adhérant à une communauté. Sommes-nous à l’écoute comme les mages ? Sommes-nous à la recherche comme les mages ? Sommes-nous des porteurs de la Bonne Nouvelle?

 


ÉVANGILE du Dimanche 29 Décembre 2019

« Prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte » (Mt 2, 13-15.19-23)

Alléluia. Alléluia.
Que, dans vos cœurs, règne la paix du Christ ;
que la parole du Christ habite en vous
dans toute sa richesse !
Alléluia. (Col 3, 15a.16a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Après le départ des mages,
voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph
et lui dit :
« Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère,
et fuis en Égypte.
Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse,
car Hérode va rechercher l’enfant
pour le faire périr. »
Joseph se leva ;
dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère,
et se retira en Égypte,
où il resta jusqu’à la mort d’Hérode,
pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
D’Égypte, j’ai appelé mon fils.

Après la mort d’Hérode,
voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte
et lui dit :
« Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère,
et pars pour le pays d’Israël,
car ils sont morts,
ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. »
Joseph se leva,
prit l’enfant et sa mère,
et il entra dans le pays d’Israël.
Mais, apprenant qu’Arkélaüs régnait sur la Judée
à la place de son père Hérode,
il eut peur de s’y rendre.
Averti en songe,
il se retira dans la région de Galilée
et vint habiter dans une ville appelée Nazareth,
pour que soit accomplie la parole dite par les prophètes :
Il sera appelé Nazaréen.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le dimanche de la Sainte Famille – Année A (29 Décembre 2019)

-> Homélie pr la sainte Famille (29.12.2019)

 

Dans le prolongement de Noël, nous célébrons en ce dimanche, la sainte famille de Jésus, Marie et Joseph, dans tout ce qu’elle représente. S’il nous arrive d’idéaliser leur condition, détrompons-nous. Dès les premiers jours, la vie de Jésus a été menacée et ce fut la responsabilité de ses parents de la protéger. La famille est donc un lieu où chacun apprend à se construire et à devenir lui-même. C’est le premier lieu ou un enfant apprend à aimer. Oui, l’apprentissage à l’amour est le plus bel héritage que des parents peuvent léguer à leurs enfants. Et voilà que même Dieu a eu besoin d’une famille pour réaliser son plan.

Le récit de Matthieu est une sorte de méditation, sur le mystère de Jésus. La vie de la famille de Jésus est parfois semblable à celle de nos familles : elle a dû trouver des solutions au jour le jour face aux problèmes qui se présentaient. Tout d’abord, Matthieu raconte comment la famille de Jésus a été épargnée par la fureur d’Hérode. Sa duplicité et sa peur étaient évidentes au moment même où les mages sont arrivés dans son royaume. Les actions d’Hérode ne constituent donc pas l’accomplissement des désirs de Dieu ; ce sont plutôt des exemples de la peur humaine, de la recherche du pouvoir, de la colère et du mal. C’est dire que les humains sont responsables du mal qu’ils infligent les uns aux autres.

C’est dans ce contexte précis qu’un ange dit à Joseph de fuir son domicile et de partir en exil. Ce paragraphe peut nous faire penser aux moments où un avertissement aurait été très bénéfique dans notre vie. Parfois juste une petite idée de ce qui est sur le point de se passer pourrait nous amener à faire une pause et à tout réexaminer pour éviter des difficultés. Où une petite voix calme nous guidant clairement dans une direction plutôt que dans une autre. La Sainte Famille a reçu un message et a immédiatement tenu compte de l’avertissement. Plus loin dans le texte, nous lisons que Joseph dans un rêve entend des instructions lui disant de retourner en Israël, mais qu’il doit aller à Nazareth pour éviter le fils d’Hérode. Les menaces abondent toujours, mais Dieu orchestre soigneusement les premiers jours de Jésus, comme il continue à le faire pour chacun d’entre nous.

À quatre reprises dans ce récit, Joseph a reçu des instructions de Dieu par le biais de rêves.  Oui, Dieu utilise de nombreuses méthodes pour nous communiquer sa volonté. Comment est-ce que Dieu me parle aujourd’hui ? À chacun et chacune de nous Dieu dit sans cesse : lève-toi et va. À chacun et chacune de nous, il demande de se mettre en marche et d’être son témoin. Comment devrais-je répondre ? Ce dimanche nous révèle que l’homme a besoin d’une cellule familiale pour apprendre les actes fondamentaux de la vie : donner, recevoir, partager, pardonner, faire confiance, jouer, gagner, perdre, faire équipe, se dépasser, vivre l’intimité. On a besoin d’une famille pour découvrir qu’il y a plus grand que soi, les parents, Dieu. La   famille est très importante, même si elle n’est pas le tout de l’apprentissage de l’être humain. En ce dimanche, chaque famille est invitée à devenir une « Sainte Famille » dans laquelle chaque membre est perçu comme un don pour chacun.


 


ÉVANGILE du Mercredi 25 Décembre 2019

« Aujourd’hui vous est né un Sauveur » (Lc 2, 1-21)

Alléluia. Alléluia.
Je vous annonce une grande joie :
Aujourd’hui vous est né un Sauveur
qui est le Christ, le Seigneur !
Alléluia. (cf. Lc 2, 10-11)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ces jours-là,
parut un édit de l’empereur Auguste,
ordonnant de recenser toute la terre
– ce premier recensement eut lieu
lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie.
Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.
Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth,
vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem.
Il était en effet de la maison et de la lignée de David.
Il venait se faire recenser avec Marie,
qui lui avait été accordée en mariage
et qui était enceinte.

Or, pendant qu’ils étaient là,
le temps où elle devait enfanter fut accompli.
Et elle mit au monde son fils premier-né ;
elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire,
car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans la même région, il y avait des bergers
qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs
pour garder leurs troupeaux.
L’ange du Seigneur se présenta devant eux,
et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière.
Ils furent saisis d’une grande crainte.
Alors l’ange leur dit :
« Ne craignez pas,
car voici que je vous annonce une bonne nouvelle,
qui sera une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd’hui, dans la ville de David,
vous est né un Sauveur
qui est le Christ, le Seigneur.
Et voici le signe qui vous est donné :
vous trouverez un nouveau-né
emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable,
qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux,
et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel,
ceux-ci se disaient entre eux :
« Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé,
et que le Seigneur nous a fait connaître. »
Ils se hâtèrent d’y aller,
et ils découvrirent Marie et Joseph,
avec le nouveau-né couché dans la mangeoire.
Après l’avoir vu,
ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé
au sujet de cet enfant.
Et tout le monde s’étonnait de ce que racontaient les bergers.
Marie, cependant, retenait tous ces événements
et les méditait dans son cœur.

Les bergers repartirent ;
ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout
ce qu’ils avaient entendu et vu selon ce qui leur avait été annoncé.
Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision,
l’enfant reçut le nom de Jésus,
le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour la fête de Noël (24 Décembre 2019)

-> Homélie pour Noël 2019

Le récit de Luc sur la naissance de Jésus est magnifique dans sa simplicité. Mais malgré toute cette simplicité, il ne faut pas oublier la profondeur du mystère.  L’empereur Auguste a ordonné que tous les peuples de son empire soient recensés. Joseph et Marie doivent se rendre donc à Beth-léem. Jésus, comme David, va donc naître à Bethléem (La maison du pain), ce n’est pas un hasard. Oui, il n’est pas surprenant que Jésus soit né là, lui le pain de vie. Il fut posé dans une mangeoire. La mangeoire est un lieu où la nourriture est déposée pour les animaux. Et le pain est l’aliment de notre subsistance, ce qui est capable de nous garder en vie, si nous n’avons plus rien d’autre. C’est dire que ce jour de la naissance de Jésus, non seulement Dieu nous montre qu’il est parmi nous, mais également qu’il est notre subsistance, notre nourriture de tous les jours, celui qui nous maintiendrait en vie. Oui, Dieu est venu naître dans ce lieu pour que nous mangions de Lui sans cesse.

Ensuite, les premiers à entendre la bonne nouvelle de sa naissance sont de modestes bergers : comme pour montrer que Jésus est venu pour des gens aussi humbles que ceux-ci. Dieu ne s’est pas révélé à des gens importants ou religieux, mais à des gens simples, travailleurs, digne de confiance, courageux. Ces bergers étaient dans les champs la nuit, veillant sur leur troupeau car c’était la période ou les agneaux naissaient. Ils devaient accueillir les agneaux pour s’assurer qu’ils étaient en bonne santé et n’allaient pas se faire dévorer tout de suite par des loups. Qui donc pouvait  le mieux accueillir la venue au monde de Jésus « l’Agneau de Dieu », si ce n’est les bergers. Voilà comment il s’invite chez tous.

Aujourd’hui comme hier, Jésus s’invite à notre table dans l’Eucharistie. Il est présent dans ces millions d’êtres qui vivent sous la menace de guerres et de conflits. Il est présent dans ces pauvres qui voient le fossé se creuser entre eux et les riches. De nos jours comme jadis, il est présent dans ces personnes qui vivent, les injustices et les inégalités. Il est présent dans ces millions d’hommes, de femmes, et d’enfants qui souffrent de faim, de solitude, de maladies, de manque d’amour, et que sais-je encore, …

C’est Noël aujourd’hui certes, mais c’est Noël chaque jour quand nous osons croire au renouveau qu’apporte Jésus, quand nous osons la fraternité, le partage et la réconciliation. C’est Noël quand nous osons aimer et nous laisser aimer. Dieu se montre quand notre cœur s’ouvre à un autre, quand la rencontre devient possible. Noël, c’est la fête de la présence de Dieu parmi nous. Une présence qui ne s’impose jamais et ne contraint personne. C’est à nous qu’il revient de faire régner la paix sur terre. Et St François d’Assise disait à ce propos : «  qu’un seul rayon de soleil suffit à dissiper des millions d’ombres ». Soyons ce rayon de soleil.

 


ÉVANGILE du Dimanche 22 Décembre 2019

Jésus naîtra de Marie, accordée en mariage à Joseph, fils de David (Mt 1, 18-24)

Alléluia. Alléluia.
Voici que la Vierge concevra :
elle enfantera un fils,
on l’appellera Emmanuel, « Dieu-avec-nous ».
Alléluia. (Mt 1, 23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

Voici comment fut engendré Jésus Christ :
Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ;
avant qu’ils aient habité ensemble,
elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.
Joseph, son époux,
qui était un homme juste,
et ne voulait pas la dénoncer publiquement,
décida de la renvoyer en secret.
Comme il avait formé ce projet,
voici que l’ange du Seigneur
lui apparut en songe et lui dit :
« Joseph, fils de David,
ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse,
puisque l’enfant qui est engendré en elle
vient de l’Esprit Saint ;
elle enfantera un fils,
et tu lui donneras le nom de Jésus
(c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve),
car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Tout cela est arrivé
pour que soit accomplie
la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
Voici que la Vierge concevra,
et elle enfantera un fils ;
on lui donnera le nom d’Emmanuel,

qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».

Quand Joseph se réveilla,
il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit :
il prit chez lui son épouse.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 4è dimanche de l’avent – Année A (22 Déc 2019)

-> Homélie pr le 4è Dim de l’Avent (22 Déc 2019)

 

Frères et soeurs,

Au début de son récit de naissance, Matthieu présente les origines ancestrales de Jésus. Il établit sa lignée royale en tant que descendant du roi David par l’intermédiaire de son père Joseph.  C’est un récit d’événements surprenants et inattendus qui suggère un Dieu d’actions inattendues. Que Jésus vienne au monde dans une famille paysanne plutôt que dans une famille royale, là n’est pas le plus important. L’essentiel c’est que Dieu vient parmi nous d’une tout autre manière que ne le voudraient ceux qui attendaient un maître absolu.

Oui, Dieu lance une nouvelle création avec Jésus. Bien sûr, la manière dont Dieu lance cette nouvelle création entraîne des complications pour les personnages impliqués.  Par exemple quand il découvre que Marie est enceinte, un dilemme se pose pour Joseph.  Selon la loi en vigueur, il avait non seulement un motif de renvoyer Marie, mais aussi de la faire lapider à mort. C’était cela la justice de l’époque en Israël. La justice consistait au respect de la loi pour les juifs, une sorte d’adhésion servile à la lettre de la loi. Et Joseph n’est pas prêt de suivre une telle justice. Cela devient clair lorsque Matthieu nous dit que Joseph ne voulait pas exposer Marie à la disgrâce publique et avait prévu de la renvoyer en secret. Et cela fait de lui un homme juste.

C’est dire que Joseph risque la honte et le scandale en prenant Marie comme épouse et en adoptant son fils. Mais rien ne l’arrête, il emprunte un chemin incertain qui remet en cause les notions conventionnelles de justice, comme le fera son fils adoptif, Jésus.  À plusieurs reprises, Jésus entrera en conflit avec les chefs religieux pour avoir enfreint leur interprétation de la loi. On lui reprochera de guérir le jour du sabbat, de ne pas jeûner suffisamment et d’avoir mangé avec des collecteurs d’impôts et des pécheurs. Jésus dira qu’une justice nouvelle est nécessaire dans le royaume des cieux. La justice qu’il enseignera va au-delà de ce que la lettre de la loi exige et parfois même la renverse. Au lieu de demander par exemple un œil pour un œil, ou une dent pour une dent, Jésus exhortera ses disciples à tendre l’autre joue et à aimer leurs ennemis. Non seulement Jésus enseignera ces paroles, mais il les vivra. Jésus incarnera la justice infinie de Dieu basée sur l’Amour.

L’ouverture de la lettre aux Romains contient, un résumé des thèmes qui seront abordés dans la suite. Elle décrit que Jésus a montré son amour pour nous par sa vie et sa mort. Comme l’écrit Paul, nous sommes appelés à appartenir à Jésus et à être sanctifiés par le même pouvoir qui l’a ressuscité d’entre les morts. Paul nous dit donc que Noël est indissociable de Pâques. Pendant l’avent, nous n’attendons plus un enfant, mais Jésus ressuscité. Si à Noël, nous célébrons la naissance de Jésus de Nazareth sans référence à sa transformation pascale, nous passons à côté du sens et de la portée de la fête. Le nom Emmanuel, «Dieu est avec nous», souligne que Dieu est à l’œuvre pour renouveler et restaurer des vies aujourd’hui, même de manière inattendue. Comme Joseph, nous pouvons être amenés à repenser les règles et les traditions de longue date qui entravent la miséricorde et ne servent plus les desseins de Dieu. Nous pouvons être appelés en dehors de nos zones de confort et conduits sur des chemins incertains pour le bien de la mission de Dieu.

Sommes-nous prêts à prendre des risques ? Emmanuel est Dieu avec nous : n’ayons pas peur

 


ÉVANGILE du Dimanche 15  Décembre 2019

« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? » (Mt 11, 2-11)

Alléluia. Alléluia.
L’Esprit du Seigneur est sur moi :
il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.

Alléluia. (cf. Is 61, 1)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison,
des œuvres réalisées par le Christ.
Il lui envoya ses disciples et, par eux,  lui demanda :
« Es-tu celui qui doit venir,
ou devons-nous en attendre un autre ? »
Jésus leur répondit :
« Allez annoncer à Jean
ce que vous entendez et voyez :
    Les aveugles retrouvent la vue,
et les boiteux marchent,
les lépreux sont purifiés,
et les sourds entendent,
les morts ressuscitent,
et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle.
Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »

Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient,
Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean :
« Qu’êtes-vous allés regarder au désert ?
un roseau agité par le vent ?
Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ?
un homme habillé de façon raffinée ?
Mais ceux qui portent de tels vêtements
vivent dans les palais des rois.
Alors, qu’êtes-vous allés voir ?
un prophète ?
Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète.
C’est de lui qu’il est écrit :
Voici que j’envoie mon messager en avant de toi,
pour préparer le chemin devant toi.

Amen, je vous le dis :
Parmi ceux qui sont nés d’une femme,
personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ;
et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux
est plus grand que lui. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 3è dimanche de l’avent – Année A (15 Décembre 2019)

-> Homélie pr le 3è Dim de l’Avent (15 Déc 2019)

 

Frères et soeurs,

Le salut annoncé par Noël est proche, plus que quelques jours. Mais l’évangile nous montre pourtant un Jean-Baptiste dérouté de voir le Messie qu’il attendait être différent de celui qu’il s’était imaginé. Serait-ce ce que vit également notre société ?

En effet, la culture de notre temps a fait de Noël une fête familiale,  rien que cela. On se retrouve en famille, on s’échange de cadeaux, on fait la fête, et parfois même on n’oublie l’essentiel (aller à l’église, la naissance de l’enfant Dieu, et pire on devient contre la présence des crèches dans certaines villes), donc l’espérance de la venue du Messie devient absente de ce que nous célébrons. L’Église est-elle dépassée? Nous berce-t-elle d’illusions en nous donnant à entendre des prophéties de bonheur, et nous parlant de la joie de Noël quand meurent de froid des sans-logis, que des Haïtiens souffrent, que des Afghans et des Irakiens meurent dans des attentats, quand  des libertés sont bafouées. Comment ne pas douter quand Dieu se tait devant l’immense détresse des hommes ? Pourquoi prier quand le mal inexorable emporte la personne que vous chérissez ? Pourquoi encore aller à la messe du dimanche que des millions de baptisés ont abandonnée et qui n’a plus de sens peut-être ? Serait-ce simplement parce que nous ne savons plus ce qu’est la vraie joie?

En effet, les lectures d’aujourd’hui viennent pallier à ce manque et nous montrent ce qu’est la vraie joie de notre vie, celle qui est durable parce qu’elle ancrée sur du solide. Dans la première lecture, Dieu s’adresse à nous, comme il s’adressait aux Hébreux à l’époque de l’exil à Babylone. Ils ont été expulsés de leur pays et ils vivent comme des esclaves. Et Dieu s’adresse à eux tels qu’ils sont, dans leur souffrance et dans leur désarroi. Ils désirent sortir de cette situation d’esclaves et le prophète Isaïe leur dit qu’ils seront libérés par Dieu, et connaitront des jours heureux. Seulement, se pose un problème, personne ne connait le moment exact de cette action de Dieu. Si bien que dans la seconde lecture, Saint Jacques écrit que nous devons attendre Dieu sans se lasser, être patients, et le désirer toujours dans nos vies. Cette lettre  est écrite dans un contexte où le retard du retour de Jésus pose problème à la communauté chrétienne. Dans ce contexte, la patience et la persévérance sont les vertus à cultiver. Oui, les prophètes ont attendu avec patience la réalisation des promesses qu’ils adressaient au nom de Dieu.

La venue de Jésus donne l’assurance que Dieu tient ses promesses et nous devons nous préparer à ce que Dieu  nous sauve, qu’il nous pardonne. C’est cela le temps de   l’Avent : se préparer en reconnaissant notre condition, se préparer à être sauvé. Nous sommes déjà dans la joie à cause de cela et nous pouvons accueillir le  Royaume annoncé.

« Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » Par cette parole, Jean-Baptiste doute du Messie, alors que Jésus inaugure vraiment le Royaume de Dieu sur la terre, mais c’est d’une façon tout à fait inattendue : par la multiplication de petits signes de guérison et par l’annonce de la Bonne Nouvelle « Allez lui dire ce que vous voyez ». Jésus ne condamne pas. Il rend la joie, la vue, la dignité à tout homme qui le rencontre et qui croit en lui. La venue de Jésus est d’abord une Bonne Nouvelle qui plonge ceux qui l’accueillent dans une grande joie. Car Jésus révèle le vrai visage de Dieu.

Et à ce propos, l’abbé Pierre disait un jour : « Pour qu’il y ait de la joie autour de nous, pour que le monde soit meilleur, pour que tous et particulièrement les petits aient leur place, nous, chrétiens et chrétiennes, inspirés par l’exemple de Jésus, sommes appelés à le suivre sur ce chemin de l’engagement, du don de soi ». Oui, Dieu n’agit pas seul, il compte sur nous pour rendre témoignage et passer à l’action, pour ainsi préparer la venue de Dieu.

Être chrétien, c’est être responsable de son salut et du salut des autres.  Jésus est là au milieu de nous, à travers les autres, surtout les plus petits, les plus pauvres, les exclus, les blessés de la vie. Quelle sorte de messie attendons-nous?

 


ÉVANGILE du Dimanche 8 Décembre 2019

« Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche » (Mt 3, 1-12)

Alléluia. Alléluia.
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers :
tout être vivant verra le salut de Dieu.

Alléluia. (cf. Lc 3, 4.6)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ces jours-là,
paraît Jean le Baptiste,
qui proclame dans le désert de Judée :
« Convertissez-vous,
car le royaume des Cieux est tout proche. »
Jean est celui que désignait la parole
prononcée par le prophète Isaïe :
Voix de celui qui crie dans le désert :
Préparez le chemin du Seigneur,
rendez droits ses sentiers.

Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau,
et une ceinture de cuir autour des reins ;
il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage.
Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain
se rendaient auprès de lui,
et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain
en reconnaissant leurs péchés.
Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens
se présenter à son baptême,
il leur dit :
« Engeance de vipères !
Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?
Produisez donc un fruit digne de la conversion.
N’allez pas dire en vous-mêmes :
‘Nous avons Abraham pour père’ ;
car, je vous le dis :
des pierres que voici,
Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham.
Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres :
tout arbre qui ne produit pas de bons fruits
va être coupé et jeté au feu.

Moi, je vous baptise dans l’eau,
en vue de la conversion.
Mais celui qui vient derrière moi
est plus fort que moi,
et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales.
Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
Il tient dans sa main la pelle à vanner,
il va nettoyer son aire à battre le blé,
et il amassera son grain dans le grenier ;
quant à la paille,
il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 2è dimanche de l’avent – Année A (8 Décembre 2019)

-> Homélie pr le 2è Dim de l’Avent (8 Déc 2019)

 

Frères et Soeurs,

Jean-Baptiste est cette figure prophétique qui introduit Jésus dans les quatre évangiles. Une différence principale entre Jean-Baptiste et Jésus concerne le moment choisi pour la venue du royaume. Jean-Baptiste voit le royaume dans un futur proche. Il est dans le désert de Judée, près du Jourdain et de la Mer Morte, appelant les Juifs à la repentance de peur que le jugement de Dieu ne tombe sur eux immédiatement. Tandis que Matthieu dépeint le royaume, dans la vision du Christ comme se manifestant déjà en la personne de Jésus. Ainsi, le temps de l’avent a pour but de nous préparer à revivre la naissance de Jésus à Noël et à préparer la seconde venue de Jésus, lorsque nous le verrons face à face. Ce sera alors la manifestation finale et complète du royaume de Dieu.

Or selon les écritures, le prophète Isaïe avait déjà annoncé la venue d’un nouveau roi sur qui reposeront les dons de l’Esprit de Dieu. Ce nouveau roi gouvernera comme Dieu lui-même, sans juger d’après les apparences trompeuses, et cela est bien décrit dans cette vision idyllique de paix qui clôt la première lecture.

C’est pourquoi d’ailleurs Jean-Baptiste, notre guide de l’avent, nous dit : «Convertissez-vous», oui le temps est venu de se repentir. La repentance comprend le fait de regretter ses péchés personnels, mais se repentir c’est aussi jeter un regard lucide sur les façons dont notre vie s’accorde avec les comportements matérialistes et égoïstes de notre société, c’est finalement se détourner de tout manque d’amour pour se tourner vers Dieu. Pour Jean-Baptiste, ce retournement de vie passe par le baptême. C’est ainsi qu’il devait préparer le peuple à recevoir le Fils de Dieu. Mais le baptême de repentance auquel Jean-Baptiste a appelé ses compatriotes ne doit pas être assimilé au baptême pratiqué ultérieurement par les chrétiens, qui lui nous fait devenir enfant de Dieu.

Se convertir, laisser ses vieilles habitudes, changer de chemin est chose difficile. Cela demande tant d’énergie, d’efforts, de persévérance au quotidien.  Cela n’est possible que si on aime vraiment. Et dans sa lettre aux Romains, Paul a développé sa théologie de la gratuité de l’amour dont les croyants sont l’objet de la part de Dieu. Beaucoup ne se soucient pas de ce genre de message de nos jours. La Parole de Dieu est dérangeante aujourd’hui comme elle l’était au temps de Paul, de Jean-Baptiste, d’Isaïe. Alors, comment préparer le chemin du Seigneur et redresser un chemin pour notre Dieu dans notre vie et dans celle des autres ?

 


ÉVANGILE Dimanche 1er Décembre 2019

« Veillez pour être prêts » (Mt 24, 37-44)

Alléluia. Alléluia.
Fais-nous voir, Seigneur, ton amour,
et donne-nous ton salut.

Alléluia. (Ps 84, 8)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Comme il en fut aux jours de Noé,
ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme.
En ces jours-là, avant le déluge,
on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari,
jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ;
les gens ne se sont doutés de rien,
jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis :
telle sera aussi la venue du Fils de l’homme.
Alors deux hommes seront aux champs :
l’un sera pris, l’autre laissé.
Deux femmes seront au moulin en train de moudre :
l’une sera prise, l’autre laissée.
Veillez donc,
car vous ne savez pas quel jour
votre Seigneur vient.
Comprenez-le bien :
si le maître de maison
avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait,
il aurait veillé
et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
Tenez-vous donc prêts, vous aussi :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas
que le Fils de l’homme viendra. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 1er dimanche de l’avent – Année A (1er Déc 2019)

-> Homélie 1er Décembre 2019

 

Frères et Soeurs,

Nous sommes bien loin des jours paisibles décrits dans le psaume ou encore dans la première lecture par le prophète Isaïe. En effet, Isaïe est dans un contexte de situation politique troublée, où la population est confrontée à des épreuves de toutes sortes. Et pourtant, lui garde vive l’espérance, car il sait que Dieu ne peut pas oublier et abandonner son peuple, avec qui il a fait alliance. On sait que les auteurs bibliques aiment les images ! En voici deux, superbes, dans cette prédication d’Isaïe :
D’abord celle d’une foule immense en marche ;
Ensuite celle de toutes les armées du monde qui décident de transformer tous leurs engins de mort en outils agricoles.

Je reprends ces deux images l’une après l’autre. La foule en marche qui gravit une montagne trouvera au bout du chemin, Jérusalem et le Temple. Et le prophète Isaïe est déjà dans Jérusalem d’où il voit cette véritable marée humaine arriver. Dans cette image, on a très nettement conscience de cette double dimension de l’Alliance entre Dieu et l’humanité : car, Dieu a choisi librement ce peuple précis pour faire Alliance avec lui et en même temps ce projet de Dieu concerne l’humanité tout entière, il est donc universel. La deuxième image découle de la première : si les nations toutes ensembles écoutent la parole de Dieu, c’est qu’elles décident d’y conformer leur vie, alors elles entreront dans le projet de Dieu qui est un projet de paix.

C’est dire qu’Isaïe nous projette dans l’avenir… en deux mots : « A-Venir ». Ainsi, pendant tout le temps de l’Avent, nous entendrons des lectures qui nous projettent dans cet avenir, puisque l’Avent tout entier est une mise en perspective de ce qui nous attend. La 1ere lecture d’ailleurs, commence par ces mots :« Il arrivera dans les derniers jours que … » : et cette phrase n’est pas une prédiction, mais plutôt une promesse de Dieu. Et pourtant, en face à la réalité, nous constatons que le souhait de paix et de bonheur adressé à Jérusalem est encore bien loin d’être réalisé ! L’a t’il jamais été ? Ou ne le sera peut-être jamais ? Car à entendre les mots de Jésus dans l’évangile, on est bien loin d’un monde de paix. Une chose est sûre, ce texte n’a pas été écrit pour nous faire peur, mais pour nous éclairer : on dit de ce genre d’écrits qu’ils sont «apocalyptiques» : ce qui veut dire littéralement qu’ils «lèvent un coin du voile», ils dévoilent la réalité. Et la réalité, la seule qui compte, c’est la venue du Christ. C’est dire que quand Jésus nous invite à veiller, nous pouvons l’entendre dans le sens de « veiller sur » ce grand projet de Dieu et donc de consacrer nos vies à le faire avancer.

Evidemment, cette prédiction fait sensation et les disciples en déduisent que la fin du monde est pour bientôt. Et ils sont à la fois curieux et inquiets de ce qui va se passer : « Dis-nous quand cela arrivera, dis-nous quel sera le signe de ta venue et de la fin du monde. » (Mt 24,3). Jésus ne répond pas précisément à ces questions, mais il nous invite seulement à la vigilance, à être prêts. Être prêt, c’est continuer à faire ce que Jésus a enseigné. Veiller, c’est justement ne pas baisser les bras. Même lorsque les événements nous dépassent, et que nous ne semblons plus être au contrôle de rien; Quand nous nous sentons impuissants et parfois sans espoir. C’est précisément là que le message de Jésus a tout son sens.

L’avent est donc un temps de préparation pour accueillir le Christ, pour nous préparer à l’inattendu, pour sortir de nos routines, de notre sommeil spirituel comme Paul le dit aux Romains.  Oui, devant des existences bien souvent trop programmées et ne laissant aucune place à l’imprévu, le temps de l’avent nous invite à une remise en question du rythme et du sens de nos vies. Saurons-nous saisir cette opportunité ?

         

 


ÉVANGILE Dimanche 24 Novembre 2019

« Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume » (Lc 23, 35-43)

Alléluia. Alléluia.
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.
Béni soit le Règne qui vient, celui de David notre père.

Alléluia. (cf. Mc 11, 9b.10a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
on venait de crucifier Jésus,
et le peuple restait là à observer.
Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient :
« Il en a sauvé d’autres :
qu’il se sauve lui-même,
s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »
Les soldats aussi se moquaient de lui ;
s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée,
en disant :
« Si tu es le roi des Juifs,
sauve-toi toi-même ! »

Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui :
« Celui-ci est le roi des Juifs. »
L’un des malfaiteurs suspendus en croix
l’injuriait :
« N’es-tu pas le Christ ?
Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »
Mais l’autre lui fit de vifs reproches :
« Tu ne crains donc pas Dieu !
Tu es pourtant un condamné, toi aussi !
Et puis, pour nous, c’est juste :
après ce que nous avons fait,
nous avons ce que nous méritons.
Mais lui, il n’a rien fait de mal. »
Et il disait :
« Jésus, souviens-toi de moi
quand tu viendras dans ton Royaume. »
Jésus lui déclara :
« Amen, je te le dis :
aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour la Fête du Christ Roi de l’univers – Année C (24 Nov 2019)

-> Homélie pr le 34e Dim T.O C (24 Nov 2019)

 

Frères et Soeurs,

Aujourd’hui, l’Église célèbre la fête du Christ Roi de l’Univers, solennité qui clôture l’année liturgique. Et les deux premières lectures portent sur les royaumes et le pouvoir, tandis que l’extrait d’évangile raconte la crucifixion de Jésus. Quel paradoxe, n’est-il pas étonnant que nous donnions à Jésus un titre qu’il a toujours refusé ? En effet, les titres bibliques de Jésus : « Fils de Dieu, Messie et Roi » ont perdu leur force d’évocation avec le temps. Pourquoi l’Église, pour nous parler de la toute-puissance de Dieu, de sa royauté dans la figure de Jésus, nous présente-t-elle un Dieu tout impuissant, défiguré, méprisé, cloué sur une croix ? Ce qui est un scandale pour les Juifs. Il fait un bien drôle de roi sur sa croix !  Bien sûr, mais sans la mort-résurrection, la fête d’aujourd’hui n’a aucun sens.

Dans le monde de la Bible, les tribus d’Israël ont voulu un roi, et elles l’ont eu, ce fut Saül. Le successeur de Saül sera David. Il y a bien eu des rois aussi valeureux qu’eux comme Salomon. Puisque ces deux rois que la tradition biblique a pourtant su embellir ont été, eux aussi, très humains avec leurs faiblesses, et parfois même avec trop de dominations. Or ce que Dieu désire, c’est un roi serviteur. Et ce roi, nous l’avons reconnu à travers Jésus ressuscité le matin de Pâques. Dans la 2e lecture, Paul fait allusion au même genre de roi.  Jésus n’est pas venu pour établir un royaume matériel puissant ; il est plutôt venu pour nous servir et nous sauver. Notons que le peuple a d’abord suivi Jésus, puis avait même voulu le faire roi, avant d’être manipulé par les docteurs de la loi et les chefs du peuple. Et tandis que les chefs ricanent, que les soldats se moquent, et qu’un des malfaiteurs crucifiés fait de même, un autre comprend Jésus selon son propre aveu : Que lui avait été «justement» condamné, mais pas Jésus. Loin des scènes d’humiliations et de la demande du ‘bon larron’ la foule qui suivait Jésus avant sa condamnation et qui écoutait avec plaisir ses prédications reste là et observe. Elle attend sans doute un signe pour se soulever et délivrer celui qui est ainsi désigné comme son roi mais rien ne vient. Jésus ignore les appels à se sauver lui-même, car c’est par la croix qu’il entre dans son royaume.

Quatre groupes d’hommes entourent Jésus en croix : une foule en attente d’un miracle, des chefs, puis des soldats qui n’ont pas compris la Parole et qui refusent de croire et enfin ces deux larrons crucifiés comme lui, avec une espérance totalement opposée, la foi ou le repli égoïste sur soi. Autour de nous ces groupes existent encore et nous-même alternons en passant parfois d’un groupe à un autre : attente d’un signe, refus de faire confiance à l’Esprit-Saint, une profession de foi simple mais sincère. Et donc la fin du cycle liturgique me propose un regard sur l’année passée, comment ai-je discerné les signes que le Seigneur m’a envoyés ?

 


ÉVANGILE Dimanche 17 novembre 2019

« C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie » (Lc 21, 5-19)

Alléluia. Alléluia.
Redressez-vous et relevez la tête,
car votre rédemption approche.

Alléluia. (Lc 21, 28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
comme certains disciples de Jésus parlaient du Temple,
des belles pierres et des ex-voto qui le décoraient,
Jésus leur déclara :
« Ce que vous contemplez,
des jours viendront
où il n’en restera pas pierre sur pierre :
tout sera détruit. »
Ils lui demandèrent :
« Maître, quand cela arrivera-t-il ?
Et quel sera le signe que cela est sur le point d’arriver ? »
Jésus répondit :
« Prenez garde de ne pas vous laisser égarer,
car beaucoup viendront sous mon nom,
et diront : ‘C’est moi’,
ou encore : ‘Le moment est tout proche.’
Ne marchez pas derrière eux !
Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres,
ne soyez pas terrifiés :
il faut que cela arrive d’abord,
mais ce ne sera pas aussitôt la fin. »
Alors Jésus ajouta :
« On se dressera nation contre nation,
royaume contre royaume.
Il y aura de grands tremblements de terre
et, en divers lieux, des famines et des épidémies ;
des phénomènes effrayants surviendront,
et de grands signes venus du ciel.

Mais avant tout cela,
on portera la main sur vous et l’on vous persécutera ;
on vous livrera aux synagogues et aux prisons,
on vous fera comparaître devant des rois et des gouverneurs,
à cause de mon nom.
Cela vous amènera à rendre témoignage.
Mettez-vous donc dans l’esprit
que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense.
C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse
à laquelle tous vos adversaires ne pourront
ni résister ni s’opposer.
Vous serez livrés même par vos parents,
vos frères, votre famille et vos amis,
et ils feront mettre à mort certains d’entre vous.
Vous serez détestés de tous, à cause de mon nom.
Mais pas un cheveu de votre tête ne sera perdu.
C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 33e dimanche T.O Année C (17 Nov 2019)

-> Homélie pr le 33e Dim T.O C (17 Nov 2019)

 

Frères et Soeurs,

Le prophète Malachie, au 5e siècle avant Jésus-Christ, annonçait des jours meilleurs à une époque de grands bouleversements. Oui, sa communauté vivait le découragement à cette époque. Car depuis plus de cinquante ans, les Juifs étaient revenus d’exil. Le temple était rebâti, pourtant le moral était encore au plus bas. Ceci à cause des murs de la capitale qui n’avaient toujours pas pu être rebâtis et donc la sécurité des habitants n’était pas assurée. En plus, les rapatriés avaient été mal accueillis par leurs compatriotes restés sur place. Cet état de fait désastreux semblait opposer un démenti aux promesses prophétiques formulées pendant et après l’exil. Où était donc Dieu pendant ce temps ? Que faisait-il alors ? Voilà des questions qui étaient et qui restent actuelles lorsque les événements et les circonstances de la vie nous dépassent. Mais le prophète Malachie nous fait part de son optimisme. Selon lui : « Le jour du Seigneur mettra les cœurs à nu. Alors l’impiété brûlera comme de la paille, et pour l’homme de foi, le soleil de justice brillera de tout son éclat ». Oui, Malachie dévoile ainsi une autre vision de ce qui est en train d’advenir, invitant les croyants à se démarquer par rapport à leur façon de voir les événements.

C’est dire qu’en achevant son ministère public par un enseignement sur la fin du monde, Jésus nous dévoile aussi une autre vision de ce qui est en train d’advenir, nous invitant à nous démarquer de notre façon de voir les événements : « Ce que vous contemplez maintenant, des jours viendront où il n’en restera pas pierre sur pierre : tout sera détruit. ». Au temps où Luc écrit son évangile, l’Église naissante traverse des temps troubles. Et Luc demande de persévérer dans la Foi en reprenant le discours du Christ : « Quand vous entendrez parler de guerres et de désordres, ne soyez pas terrifiés : il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas aussitôt la fin. »

En effet, la fin du monde n’est pas pour maintenant. Le style apocalyptique emprunté par Luc nous rappelle simplement que nous sommes d’abord des êtres matériels, fragiles, limités, soumis aux lois naturelles et aux règles souvent cruelles de la nature humaine à l’image « de ces belles pierres et des ex-voto qui décoraient le temple de Jérusalem ». Mais nous sommes aussi des êtres spirituels et à ce titre, nous avons aujourd’hui un appel à la conversion personnelle. Luc nous invite à utiliser le temps qui nous est donné à témoigner de l’Évangile. Au lieu de nous lamenter des difficultés. Retroussons nos manches et témoignons de l’amour autour de nous. Nous aurons parfois envie de baisser les bras, surtout quand viendront les épreuves et que l’on nous persécutera, ou que nous serons détestés de tous. Mais tenons bon, car pour le croyant, même quand tout va mal, Jésus reste la bonne nouvelle.

 


Évangile Lundi 11 Novembre 2019

« Si sept fois par jour ton frère revient à toi en disant : “Je me repens”, tu lui pardonneras » (Lc 17, 1-6)

Alléluia. Alléluia.
Vous brillez comme des astres dans l’univers
en tenant ferme la parole de vie.

Alléluia. (Ph 2, 15d.16a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Il est inévitable que surviennent des scandales,
des occasions de chute ;
mais malheureux celui par qui cela arrive !
Il vaut mieux qu’on lui attache au cou une meule en pierre
et qu’on le précipite à la mer,
plutôt qu’il ne soit une occasion de chute
pour un seul des petits que voilà.

Prenez garde à vous-mêmes !
Si ton frère a commis un péché,
fais-lui de vifs reproches,
et, s’il se repent, pardonne-lui.
Même si sept fois par jour il commet un péché contre toi,
et que sept fois de suite il revienne à toi
en disant : “Je me repens”,
tu lui pardonneras. »

Les Apôtres dirent au Seigneur :
« Augmente en nous la foi ! »
Le Seigneur répondit :
« Si vous aviez de la foi,
gros comme une graine de moutarde,
vous auriez dit à l’arbre que voici :
“Déracine-toi et va te planter dans la mer”,
et il vous aurait obéi. »

Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 11 Novembre 2019 (Anniversaire de l’armistice de la Grande Guerre)

-> Homélie (11Nov 2019)

 

Frères et Soeurs,

L’un des plus illustres évêques français du 19ème siècle, le Cardinal Pie disait à ses compatriotes : «  Vous serez davantage de votre pays à mesure que vous serez plus chrétiens » et Saint Ambroise, Père de l’Eglise du 4ème siècle, affirmait déjà que : « Celui-là qui s’exile de sa patrie, se sépare du Christ ».

En effet, il est impossible de se dire pleinement chrétien si l’on refuse de rendre à la Patrie les devoirs qui lui sont dus ; mais également, tout service de la Patrie est menteur lorsqu’il s’éloigne ou se sépare foncièrement de Jésus-Christ car nous tombons alors dans un nationalisme excessif, voire même absolu devant lequel tout doit plier sans plus de respect pour les personnes.

C’est dire que cet amour de la Patrie est non seulement légitime mais doit être constitutif de nous-même, l’aurait-on oublié ? Ce n’est pas une option, non l’amour de la Patrie est essentiel. Sans lui, la vie en commun sur le même territoire devient impossible, l’égoïsme prend le dessus, le respect des personnes et de l’héritage commun disparaît, la mémoire s’évanouit avec toutes les leçons de sagesse qu’elle porte, c’est un peu comme un divorce à grande échelle.

Et le Saint Père Jean-Paul II, nous rappelait que «  le patriotisme se situe dans le cadre du 4ème commandement qui nous engage à honorer notre père et notre mère… La patrie est le bien commun de tous les citoyens et, comme tel, elle est aussi un grand devoir  ». De même le Catéchisme de l’Eglise Catholique affirme : « L’amour et le service de la Patrie relèvent du devoir de reconnaissance et de l’ordre de la charité ».

Notons que ce n’est pas parce qu’on aime son pays, qu’on le veut beau, prospère, estimé et respecté à l’étranger que l’on déteste les autres ! Bien au contraire, l’amour de notre pays nous fait respecter les autres et nous invite à voir ce qu’il y a de beau et d’estimable chez eux, à l’image d’un maître-artisan qui admire et respecte le chef d’œuvre de son collègue puisqu’il en connaît la valeur et sait ce qu’il en coûte de travail, de délicatesse et d’amour. Chaque commémoration du 11 Novembre, vient opportunément raviver en nous l’amour de la France. En effet, le courage, l’abnégation, l’amour du prochain, l’esprit de sacrifice, la prière commune pour la France de nos anciens sont pour nous un exemple et un encouragement.

Nous sommes rassemblés en cette église pour faire mémoire de ceux qui sont morts pour la France, ceux qui ont fait le sacrifice suprême de leur vie pour notre liberté. Nous devons aussi penser à tous ceux qui ont survécus à ces guerres et qui ont dû se reconstruire après toutes ces horreurs. Parmi vous plusieurs ont vécus la même chose en Afrique du Nord ou en Indochine. Notre pays doit être reconnaissant envers vous, tout comme il est reconnaissant envers ceux qui y sont restés.

Permettez-moi de vous citer deux témoignages qui révèlent cette noblesse d’âme qui a fait la France. Celui de Charles de Menditte, capitaine d’infanterie, engagé sur les terres de Belgique en août 1914, qui écrit : « J’avais rêvé le baptême de feu dans l’apothéose de la victoire, je n’eus pas cette joie mais j’ai eu du moins la consolation de voir l’Allemand reculer et de ramener ma compagnie en ordre. Nous n’avons pas été des guerriers heureux mais nous avons fait ce que nous avons pu… Mes hommes ne se sont pas doutés de l’ardente prière que je fis pour eux et au milieu d’eux. Plus que jamais j’ai remis mon sort entre les mains de Dieu, je me suis confessé avant-hier et je vais au combat plein de foi. C’est sans doute pour cela que j’ai pu faire mon devoir aussi simplement  ».

Et celui du Père aumônier (Abbé Chevalier), qui annonce à madame Pochet la mort de son mari, le caporal Robert Pochet, tombé au champ d’honneur le 13 avril 1916, près de Verdun : « Le médecin avait examiné son état et avait déclaré inutile de le torturer davantage puisque la mort était certaine… C’est sur ces entrefaites que j’arrivais. Ma présence fit rayonner de joie la pauvre victime qui me cria : “Ah ! Voilà le miracle de Sainte Thérèse, que suis heureux de vous voir. Allez-vous me donner le Bon Dieu ?”

Je dois avouer que je m’explique difficilement le mutisme sur certaines figures de France qui de nos jours encore font que la France est la France, et qui faisait dire à Roosevelt (qui n’est certes pas un Père de l’Eglise) : « Tout homme a deux patries : la sienne et la France  ». Ce 11 novembre nous appelle donc à la gratitude, à la prière, spécialement pour ceux qui ont versé le prix du sang, à la prière pour la paix ; il nous appelle à retrouver nos racines, à cultiver ces vertus qui ont fait la grandeur et la beauté de notre pays.

A l’heure où notre monde connaît encore de terribles tensions, spécialement avec la menace du terrorisme, demandons au Seigneur, par l’intercession des Saints de notre Patrie, cette paix, la paix juste, la paix forte tellement nécessaire. Puissions-nous coopérer à la grâce de Dieu pour en être les artisans là où nous sommes. Amen.

      

 


Évangile Dimanche 10 Novembre 2019

« Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants » (Lc 20, 27-38)

Alléluia. Alléluia.
Jésus Christ, le premier-né d’entre les morts,
à lui, la gloire et la souveraineté
pour les siècles des siècles.

Alléluia. (Ap 1, 5a.6b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
quelques sadducéens
– ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection –
s’approchèrent de Jésus
et l’interrogèrent :
« Maître, Moïse nous a prescrit :
Si un homme a un frère qui meurt
en laissant une épouse mais pas d’enfant,
il doit épouser la veuve
pour susciter une descendance à son frère.
Or, il y avait sept frères :
le premier se maria et mourut sans enfant ;
de même le deuxième,
puis le troisième épousèrent la veuve,
et ainsi tous les sept :
ils moururent sans laisser d’enfants.
Finalement la femme mourut aussi.
Eh bien, à la résurrection,
cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse,
puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »

Jésus leur répondit :
« Les enfants de ce monde prennent femme et mari.
Mais ceux qui ont été jugés dignes
d’avoir part au monde à venir
et à la résurrection d’entre les morts
ne prennent ni femme ni mari,
car ils ne peuvent plus mourir :
ils sont semblables aux anges,
ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection.
Que les morts ressuscitent,
Moïse lui-même le fait comprendre
dans le récit du buisson ardent,
quand il appelle le Seigneur
le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.
Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants.
Tous, en effet, vivent pour lui. »

Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 32e dimanche T.O  Année C (10 Nov 2019)

-> Homélie pr le 32e Dim T.O C (10 Nov 2019)

 

Frères et Soeurs,

Le voyage de Jésus à Jérusalem est sur le point de se terminer.  Et voilà qu’une série d’événements montre l’intensification des tensions et d’oppositions entre Jésus et les autorités religieuses de l’époque. Au temps du Christ en effet, la foi en la Résurrection était toute neuve ; elle n’était pas encore partagée par tout le monde. Les Pharisiens y croyaient fermement ; pour eux c’était une évidence que le Dieu de la vie n’abandonnerait pas ses fidèles à la mort. Mais on pouvait très bien être un bon Juif sans croire à la résurrection de la chair. C’était le cas des Sadducéens. Pour justifier leur refus de la résurrection, ils cherchent donc à démontrer qu’une telle croyance conduit à des situations ridicules. Mais si les sadducéens ne croient pas en la résurrection, à quoi leur servait alors la foi ? Que leur apporte-t-elle puisque d’après eux tout s’arrête à la mort ?

C’est dire que, pendant des siècles, le peuple hébreu a cru que sa foi en Dieu lui apporterait bénédictions et richesses sur cette terre, puisqu’il n’y aurait rien après. Il n’y avait rien à attendre dans l’au-delà, mais tout à gagner dès ici-bas : le salaire de la foi c’était la réussite, la prospérité, la santé, la richesse, une grande et puissante famille. Et aujourd’hui encore, beaucoup de contemporains pensent ainsi.

Et pourtant chaque peuple avait une conception différente de la vie et de l’au-delà. Dans les tombeaux des pharaons par exemple, les domestiques et les serviteurs des pharaons étaient enterrés avec lui, de sorte que lorsque la vie reprendrait de l’autre côté, tout le monde pourrait reprendre ses rôles respectifs. Ainsi si vous avez bien réussi dans cette vie, vous continuerez à bien réussir dans la prochaine.

De fait, la foi en la résurrection était quand même plus vive chez plusieurs Juifs deux siècles avant Jésus. On le voit bien dans la première lecture, qui nous raconte la torture de sept frères, arrêtés avec leur mère, et que le roi voulut contraindre à manger de la viande interdite par la loi juive. Les paroles du troisième frère cachent cependant une ambiguïté que Jésus dissipera : la vie éternelle est différente de la vie ici-bas. En effet nous avons tendance à supposer que ce qui va arriver sera une sorte de continuation de ce qui est maintenant.  Et les pharisiens étaient persuadés que les morts sortiraient du tombeau en chair et en os : une sorte de réincarnation (Image très forte chez Ezekiel avec les ossements désechés). Tandis que les sadducéens eux croyaient que notre monde était le seul monde dans lequel Dieu agit. Et dans sa réponse aux sadducéens, Jésus démontre leur incapacité à comprendre la résurrection. La vie du ressuscité sera différente de la vie ici-bas. Il démontre leur incapacité à comprendre les Écritures en utilisant un autre passage du Pentateuque : le récit de la rencontre de Moïse avec Dieu dans le buisson ardent. Le passage déclare que Dieu est le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Par conséquent, Jésus conclut qu’Abraham, Isaac et Jacob doivent dans un certain sens être encore en vie ; d’où la nécessité de la résurrection. Ressusciter ce n’est pas se retrouver comme avant. Non, nous serons transformés comme Jésus l’a été le jour de Pâques.

Les gens ont toujours eu du mal à croire en la résurrection des morts, pourtant affirmée dans notre Crédo, et pour les mêmes raisons que les sadducéens. À quoi ressemble la résurrection ? Quelles seront nos relations avec les autres ?

Mais Jésus donne peu de réponses spécifiques à de telles questions. Cependant, au-delà de la mort, comme le dit Saint Jean « nous lui serons semblables » (1 Jn). Pour l’instant, « Ce que nous serons ne paraît pas encore clairement »…

La réponse de Jésus montre bien au contraire qu’il y a une rupture complète entre notre vie actuelle et la vie des ressuscités : les enfants de ce monde se marient, c’est entendu ; mais les ressuscités ne se marient pas. Ils ne sont pas des anges mais ils sont « semblables aux anges », c’est-à-dire qu’ils ont un point commun avec les anges : ce point commun, justement, c’est qu’ils ne peuvent plus mourir ; la mort n’a plus sur eux aucun pouvoir ; désormais ils sont «enfants de Dieu », c’est-à-dire qu’ils sont vivants de la vie de Dieu. Demandons cette grâce !

       

 


Évangile Dimanche 3 Novembre 2019

« Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19, 1-10)

Alléluia. Alléluia.
Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle.
Alléluia. (Jn 3, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
entré dans la ville de Jéricho, Jésus la traversait.
Or, il y avait un homme du nom de Zachée ;
il était le chef des collecteurs d’impôts,
et c’était quelqu’un de riche.
Il cherchait à voir qui était Jésus,
mais il ne le pouvait pas à cause de la foule,
car il était de petite taille.
Il courut donc en avant
et grimpa sur un sycomore
pour voir Jésus qui allait passer par là.
Arrivé à cet endroit,
Jésus leva les yeux et lui dit :
« Zachée, descends vite :
aujourd’hui il faut que j’aille demeurer dans ta maison. »
Vite, il descendit
et reçut Jésus avec joie.
Voyant cela, tous récriminaient :
« Il est allé loger chez un homme qui est un pécheur. »
Zachée, debout, s’adressa au Seigneur :
« Voici, Seigneur :
je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens,
et si j’ai fait du tort à quelqu’un,
je vais lui rendre quatre fois plus. »
Alors Jésus dit à son sujet :
« Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison,
car lui aussi est un fils d’Abraham.
En effet, le Fils de l’homme est venu chercher et sauver
ce qui était perdu. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 31e dimanche T.O  Année C (03 Nov 2019)

-> Homélie pr le 31e Dim T.O C (03 Nov 2019)

 

Frères et Soeurs,

Jésus qui est en route vers Jérusalem traverse la ville frontalière de Jéricho. Dans cette ville, il y a un homme nommé Zachée qui n’est pas simplement un collecteur d’impôts, mais un collecteur d’impôts en chef, ce qui signifie, comme l’explique l’évangile de Luc, qu’il est très riche. Poussé par la curiosité, il veut voir Jésus, mais comme il est petit, il ne peut pas voir par-dessus la foule, alors il grimpe à un arbre. Curieusement, quand Jésus arrive à l’endroit où Zachée s’est perché, il l’appelle et s’invite chez lui, ce qui procure simultanément joie à Zachée et scandalise la foule, car elle a la certitude que, comme collecteur d’impôts, c’est un voleur, donc c’est un pécheur.

Un détail important est la clé de lecture de ce texte, c’est la richesse. Luc, plus que tout autre évangéliste, est toujours préoccupé par les questions de richesse et, par conséquent, de traitement des pauvres. Les riches sont considérés avec suspicion. Ainsi, l’histoire, même si elle nous est familière, commence en réalité par une note d’ambiguïté. La déclaration de Zachée sur ses transactions financières est-elle une promesse pour le futur, en réponse à la visite de Jésus ? où est-ce déjà une description de son comportement actuel ?

Remarquons qu’il ne confesse pas son péché et ne se repent pas. Bien sûr, nous pouvons interpréter sa déclaration envers les pauvres et ceux qu’il a volés comme une repentance, mais Jésus ne fait pas l’éloge de son changement de cœur. Il prononce une bénédiction basée non pas sur ce que Zachée a fait, mais simplement parce qu’il est, comme ceux qui grognent autour de lui, un Israélite, un fils d’Abraham. En d’autres termes, les riches du monde ont beaucoup d’espoir dès qu’ils remarquent les pauvres à leur porte et qu’ils font quelque chose en réponse. C’est dire que même les plus marginalisés et les plus méprisés des riches, les collecteurs d’impôts, ont leur place dans le sein d’Abraham et de Dieu. Ils ont leur place dans la communauté des bienheureux lorsqu’ils cherchent le bon trésor.

Cette histoire est la promesse que quiconque veut voir Jésus, ne doit pas se bloquer au premier obstacle qui se présente. Plus que cela, cette personne sera vue à son tour par Jésus et ainsi sa joie sera grande. Aussi la 1ere lecture présente un Dieu amoureux de tous. Il a un regard plein de miséricorde qui ouvre le chemin de la conversion. Et dès le début de l’évangile de Luc et tout au long de son récit, Jésus se range aux côtés de ceux qui sont en marge, ceux qui sont méprisés, ceux qui ne comptent pas aux yeux du monde. Zachée est riche, certes mais il est néanmoins méprisé par ses voisins, et considéré comme moins que rien. Pourtant, Jésus le choisit.  Peut-être que Jésus est à nouveau à la recherche de ceux qui sont exclus afin de les sauver et de les restaurer dans leur dignité.

Le regard que Jésus porte sur Zachée, il le porte aussi sur chacun de nous, à notre tour, portons-le aussi sur ceux qui nous entourent. Soyons dignes de l’appel que Dieu nous a adressé dans la deuxième lecture. Nous pourrions alors nous demander qui, tant dans notre communauté qu’à l’extérieur, sont ceux et celles qui ont été laissés en marge, qui ont été exclus, qui pourraient nous surprendre par leur générosité et leur foi.

Quels sont ceux et celles qui veulent simplement voir Jésus, mais ont été tenus à distance. Si nous sommes disposés à poser de telles questions, et à oser y répondre, nous pourrions voir nos Zachée sous un jour totalement différent. Et peut-être que Zachée représente simplement la caractéristique principale de tous les disciples : un désir de voir Jésus et une joie en sa présence.

 

 


Évangile  Vendredi 1er Novembre 2019 – Toussaint 

« Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! » (Mt 5, 1-12a)

Alléluia. Alléluia.
Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, dit le Seigneur,
et moi, je vous procurerai le repos.

Alléluia. (Mt 11, 28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
voyant les foules, Jésus gravit la montagne.
Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait.
Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent,
car ils seront consolés.
Heureux les doux,
car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice,
car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux,
car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs,
car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix,
car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte,
si l’on vous persécute
et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous,
à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour la Toussaint (1er Nov 2019)

-> Homélie 1er Nov (Toussaint)

 

Frères et Soeurs,

Personne ne maîtrise la vie et encore moins la possibilité d’une autre vie au-delà. Nous savons bien qu’un jour ou l’autre, nous aurons à affronter la mort, cette absence de vie. Et le chrétien, comme n’importe qui, souffre de voir l’autre mourir. Il pleure comme n’importe qui de voir que l’être aimé est en train de disparaître peu à peu. Mais le chrétien ose affronter la mort parce qu’il croit en un Dieu qui s’est fait homme, un homme qui a connu la mort. C’est pourquoi en cette fête de la Toussaint, l’Église nous fait entendre l’Évangile des Béatitudes.

Dans les Béatitudes, il y a cet adjectif revenant en permanence : « Heureux, bienheureux ». Oui, tous, nous aspirons au bonheur, à être heureux. Les Béatitudes, c’est la charte de vie des combattants qui luttent et travaillent à faire advenir un monde de fraternité. Dans ce texte, il n’est aucunement question de supporter patiemment les misères de ce temps en prévision d’une vie future dans l’au-delà. Nous sommes juste appelés à être saints et saintes.

La Toussaint, est donc une fête où la joie du ciel déborde sur la terre. Il ne s’agit pas de passer sous silence deuil, souffrance et maladie. Dans notre monde de médias et de publicité, on essaie de nous convaincre que le bonheur réside dans une voiture, le confort, le soin de son corps, bref dans l’avoir, et avoir toujours plus.  La véritable question est plutôt de quel bonheur parlons-nous ? Jésus sur la montagne ne parle pas d’un bonheur de surface, d’un bonheur à bon marché. Il décrit plutôt un chemin pour atteindre un bonheur caché dans nos profondeurs. Selon le Christ, le bonheur est dans le don de soi et dans la pauvreté. L’Église nous invite à demander ce bonheur lorsqu’immédiatement après la prière du Notre Père, le célébrant dit : « Seigneur, donne la paix à notre temps. Rassure-nous devant les épreuves en cette vie où nous espérons le bonheur que tu promets ».

Oui, dans la liturgie de ce jour, l’intervention finale de Dieu dans l’histoire du monde est présentée dans l’Apocalypse sous forme imagée. Saint Jean nous parle d’un ciel nouveau et d’une terre nouvelle. Il annonce la fin du temps des larmes, de la peur, des souffrances et de la mort. L’apocalypse c’est d’abord une bonne nouvelle, un message d’espérance qui nous rejoint tous. La Toussaint, c’est donc la fête de tous ces larrons qui se sont tournés vers Jésus en croix pour lui demander : Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne et ton Royaume. Et Jésus leur répond : aujourd’hui même, tu seras avec moi dans le paradis. Et les portes du Royaume se sont ouverts pour un brigand. Les saints dont nous faisons mémoire, ce sont ceux et celles qui se sont laissé travailler par l’une ou l’autre des béatitudes. Pour certains, cela a été la pauvreté du cœur, pour d’autres, la douceur, pour d’autres la miséricorde, pour d’autres encore, la paix. Regardons autour de nous, quelques un de nos proches pratiquent à fond telle ou telle autre béatitude. Ce qui nous rassure que la sainteté est un chemin pour tous. C’est dans ce sens que l’apocalypse parle d’une foule innombrable, de toutes les  nations, races, peuples et langues en marche vers la félicité céleste. C’est dire que le bonheur, comme la sainteté, n’est pas réservé à quelques personnes hors du commun, ou juste à des saints reconnus. C’est notre destinée à tous et toutes.

Être saint, c’est mettre de l’amour dans toute notre vie, c’est se donner totalement pour le service des autres. C’est par le témoignage de notre foi, que nous pouvons devenir, à notre tour, des signes visibles de la présence de Jésus ressuscité. Il s’agit de croire jusqu’à en être heureux.

    

 


Évangile  Dimanche 27 Octobre 2019

« Venez, les bénis de mon Père » (Mt 25, 31-46)

Alléluia. Alléluia. Moi, je suis la résurrection et la vie, dit le Seigneur.
Celui qui croit en moi ne mourra jamais. Alléluia. (Jn 11, 25a.26)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire,
et tous les anges avec lui,
alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ;
il séparera les hommes les uns des autres,
comme le berger sépare les brebis des boucs :
il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite :
‘Venez, les bénis de mon Père,
recevez en héritage le Royaume
préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ;
j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ;
j’étais malade, et vous m’avez visité ;
j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !’
Alors les justes lui répondront :
‘Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu…?
tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ?
tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ?
tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
tu étais malade ou en prison…
Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?’
Et le Roi leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous l’avez fait
à l’un de ces plus petits de mes frères,
c’est à moi que vous l’avez fait.’

Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche :
‘Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits,
dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ;
j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ;
j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ;
j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.’
Alors ils répondront, eux aussi :
‘Seigneur, quand t’avons-nous vu
avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison,
sans nous mettre à ton service ?’
Il leur répondra :
‘Amen, je vous le dis :
chaque fois que vous ne l’avez pas fait
à l’un de ces plus petits,
c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.’

Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel,
et les justes, à la vie éternelle. »

 – Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 30e dimanche T.O  Année C (27 Oct 2019)

->Homélie du 27 oct 2019

 

Frères et Soeurs,

Dans la première lecture, Ben Sirac dit le sage, a opposé Dieu aux rois d’Israël, qui sont souvent de mauvais juges, ainsi qu’aux riches parvenus de son époque qui méprisaient les pauvres. Oui, Dieu ne fait pas de différence entre les personnes, comme eux le font. Ben Sirac écrit de garder confiance en Dieu, car lui seul sait qui est le véritable juste. Ce n’est pas celui qui se justifie lui-même, mais plutôt celui qui met sa confiance en Dieu, qui crie vers lui et l’appelle. D’ailleurs, le psaume nous le dit très bien : « un pauvre a crié, Dieu l’écoute et le sauve ».

Et le message de la seconde lettre à Timothée, rejoint cette logique : Dieu a élevé les humbles, et renvoyé les riches les mains vides. « Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé ». Il s’agit simplement de se reconnaître tels que nous sommes, sans vanter nos mérites. Mais, est-il possible qu’une personne profondément religieuse, parce qu’elle se vante, soit perdue et qu’un pécheur repentant, pour être resté humble, soit sauvé ?

En effet, se présentent à nous dans l’évangile d’aujourd’hui, deux personnes qui offrent à Dieu des prières très différentes mais qui révèlent le contenu de leur cœur. L’un d’eux a estimé qu’il avait assez de justice en lui-même pour être déclaré juste devant Dieu. L’autre a constaté son désespoir et s’en est remis à Dieu. Trop facilement, on peut dire que le pharisien de la parabole de Jésus est un hypocrite. Et pourtant, tout ce qu’il dit est vrai. Il s’est vraiment distingué des autres par sa fidèle adhésion à la loi.  Alors avant de le juger trop rapidement, nous pourrions peut-être simplement reformuler légèrement sa prière et nous demander si nous ne l’avons pas prononcée nous-mêmes, un jour.

Ce n’est donc pas que le pharisien parle faussement, mais plutôt que le pharisien passe à côté de la vraie nature de la Prière. Il commet également l’erreur de se comparer aux autres et de les traiter avec mépris. L’autre homme par contre, mentionné par Jésus dans cette parabole, est un collecteur d’impôts. Les collecteurs d’impôts étaient célèbres pour leurs vols et le fait qu’ils avaient vendu leur patrie à Rome.  Cependant, dans sa prière nous voyons un cœur humble et brisé.  Il se tient loin, regarde par terre et se frappe la poitrine avec angoisse face à son péché.  Sa posture est celle de quelqu’un qui a peur du jugement de Dieu. Il n’est pas fier et il y a de la sincérité dans ses propos.

Voici alors le contraste essentiel : L’un revendique la justice sur la base de ses propres réalisations, tandis que l’autre repose entièrement sur la bienveillance de Dieu. Et surprise pour eux car l’homme qui croyait sa dépravation totale était celui que Jésus a déclaré être juste devant Dieu.

En nous, il y a ces deux personnes, ces deux comportements. En nous, il y a une guerre permanente entre se tenir la tête haute et se tenir à distance. Il y a un combat entre être content de soi et être content de Dieu. Il y a un combat pour se sentir meilleur, pour se faire voir, la soif de la reconnaissance. Nous sommes invités ce jour à nous déposséder de nous-mêmes pour laisser la place à quelqu’un d’autre. Car notre ego est souvent trop encombrant qu’il ne laisse aucun espace à Dieu. Alors qu’il n’y a qu’une seule chose à faire : laisser tomber tout ce qui nous empêche de nous jeter dans les bras de Dieu. Cette parabole concerne Dieu. Lui seul peut juger le cœur humain. Ainsi, se pourrait-il que le pharisien et le collecteur d’impôts aient besoin l’un de l’autre ?

 

         

 


Évangile  Dimanche 20 Octobre 2019

« Dieu fera justice à ses élus qui crient vers lui » (Lc 18, 1-8)

Alléluia. Alléluia.
Elle est vivante, efficace, la parole de Dieu ;
elle juge des intentions et des pensées du cœur.

Alléluia. (cf. He 4, 12)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples une parabole
sur la nécessité pour eux
de toujours prier sans se décourager :
« Il y avait dans une ville
un juge qui ne craignait pas Dieu
et ne respectait pas les hommes.
Dans cette même ville,
il y avait une veuve qui venait lui demander :
‘Rends-moi justice contre mon adversaire.’
Longtemps il refusa ;
puis il se dit :
‘Même si je ne crains pas Dieu
et ne respecte personne,
comme cette veuve commence à m’ennuyer,
je vais lui rendre justice
pour qu’elle ne vienne plus sans cesse Le Seigneur ajouta :
« Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus,
qui crient vers lui jour et nuit ?
Les fait-il attendre ?
Je vous le déclare :
bien vite, il leur fera justice.
Cependant, le Fils de l’homme,
quand il viendra,
trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 29e dimanche du T.O Année C (20 Oct 2019)

->Homélie du 20 oct 2019

 

Frères et Soeurs,

La parabole dans l’évangile d’aujourd’hui pourrait exprimer certains découragements des premiers croyants, causés certainement par le retard du retour de Jésus et/ou par les difficultés qu’ils enduraient. En effet, au moment où Luc écrit, beaucoup avaient bel et bien perdu tout espoir. Car ils avaient cru au départ que Jésus reviendrait très vite pour inaugurer le Royaume qu’il avait annoncé. Pourtant rien ne venait, ni Jésus, ni les temps nouveaux. Alors ils le suppliaient, mais toujours rien ! Pourquoi donc les faisait-il attendre ainsi ? Ils priaient, mais sans obtenir la réponse qu’ils désiraient. Devraient-ils se lasser et perdre tout espoir ? L’histoire de la veuve insistante rapportée par Luc est donc présentée comme une parabole sur la prière sans cesse. Cela commence par la présentation d’un juge qui ne craint pas Dieu et qui ne respecte pas les autres. C’est dire que toutes les personnes non considérées et non respectées de notre temps sont représentées ici par une veuve dont l’insistance est tellement gênante pour le juge qu’elle finit par obtenir la justice qu’elle réclame.

Oui, prier sans cesse, c’est prier à plusieurs reprises, encore et encore, avec insistance, un peu comme le fait cette veuve. Cette prière continue est un signe de foi persistante. Moïse dans la 1ere lecture donne également un exemple de prière constante et patiente. Quel est donc le contexte? Voilà que le peuple d’Israël se déplace dans le désert vers le Sinaï. La route est jonchée d’embûches et de difficultés: la faim, la soif, la chaleur, autant d’épreuves pour se décourager. Puis arrive l’assaut soudain des Amalécites, redoutables guerriers du désert. Que faire ? Pas d’autres solutions pour les Israëlites que d’invoquer Dieu. Et Moïse prie sur la montagne les mains élevées, alors que le peuple combat dans la plaine. La victoire dépendait-elle de sa persévérance dans la prière ? Le vrai combat était-il auprès des guerriers dans la plaine, ou sur la montagne, au sommet de cette colline où Moïse invoque Dieu ?

Moïse, Aaron et Hour sont au sommet de la colline, pendant que le peuple se bat sous la direction de Josué dans la plaine. Josué se bat de toute son âme, et Moïse prie aussi de toute son âme. Le combattant et le priant se complètent donc. Si Moïse abandonne son poste de prière, Josué perd ses moyens. On ne peut pas donc dire que c’est Dieu seul qui agit, car il exige notre participation. Les mains levées de Moïse sont le symbole de toute la prière humaine. Elles disent la confiance, et la certitude du croyant que son Dieu ne l’abandonne jamais. ces mains levées le disent bien puisqu’elles restent immobiles comme pour signifier que le croyant ne devrait pas baisser les bras. Les mains levées du priant sont notre petite participation à l’oeuvre de Dieu. Mais il arrive que le priant, exténué, physiquement ou moralement, n’ait plus la force de « lever les mains » vers le ciel : alors il est bon de trouver des frères pour soutenir nos mains défaillantes ; normalement, c’est le rôle de nos communautés chrétiennes, Voilà pourquoi, un chrétien qui s’isole, s’étiole.

La liturgie de ce jour nous invite donc à revisiter nos propres prières. Oui, quand nous prions, nous demandons peut-être des choses mais sans vraiment y croire et sans vraiment les désirer, poussés simplement par l’habitude. Notons que si un juge injuste et égoïste rend justice en réponse à des demandes persistantes, combien plus le Dieu, juste et bon, rendra-t-il justice à celui ou celle qui prie constamment pour obtenir du secours? Les Chrétiens, ceux du temps du Christ, comme ceux d’aujourd’hui, sont donc invités à « ne pas baisser les bras ». Croire, c’est refuser de baisser les bras.

Or il nous est souvent facile de nous décourager devant le silence de Dieu, sans prendre nous-mêmes des mesures d’activer ou de travailler à l’aide qui doit venir de lui. Comment prier pour la guérison d’un malade sans prendre le temps de l’appeler ou de le visiter. Notre présence auprès de ceux qui souffrent, n’est- elle pas déjà un soulagement, donc une réponse à notre prière. Nous ne pouvons pas prier pour notre propre salut sans prendre aussi les moyens concrets pour l’obtenir. Dieu agit souvent par nous. Il nous associe à son œuvre. Dieu nous supplie de faire quelque chose pour ceux qui souffrent. Nous sommes parfois là à attendre que Dieu intervienne avec une baguette magique dans certaines situations, alors que nous pouvons déjà agir.

Demandons la grâce de mettre nos membres au service de Dieu pour soulager la souffrance de nos frères et faire advenir son règne. Ainsi toutes nos prières seront exaucées.

 

 


Évangile  Dimanche 13 Octobre 2019

« Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! » (Lc 17, 11-19)

Alléluia. Alléluia.
Rendez grâce à Dieu en toute circonstance :
c’est la volonté de Dieu à votre égard
dans le Christ Jésus.
Alléluia. (1 T h 5, 18)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus, marchant vers Jérusalem,
traversait la région située entre la Samarie et la Galilée.
Comme il entrait dans un village,
dix lépreux vinrent à sa rencontre.
Ils s’arrêtèrent à distance
et lui crièrent :
« Jésus, maître,
prends pitié de nous. »
À cette vue, Jésus leur dit :
« Allez vous montrer aux prêtres. »
En cours de route, ils furent purifiés.

L’un d’eux, voyant qu’il était guéri,
revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix.
Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus
en lui rendant grâce.
Or, c’était un Samaritain.
Alors Jésus prit la parole en disant :
« Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ?
Les neuf autres, où sont-ils ?
Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger
pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! »
Jésus lui dit :
« Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 28e dimanche du T.O Année C (13 Oct 2019)

-> Homélie du 13 Oct 2019

 

Frères et Soeurs,

La lèpre est l’une des premières images du péché dans les Écritures Saintes. D’où la demande des Lépreux : « Jésus, maître, prends pitié de nous. »  et non pas « Jésus, maître, guéri-nous. »  Peut-on guérir du péché ? Non, le péché n’étant pas une maladie, on est simplement pardonné. Et remarquons que Jésus ne dit pas, non plus, aux lépreux de l’Evangile : vous êtes guéri. Il ne dit pas non plus si vous vous montrez au prêtre, vous serez guéri. Il ne leur promet rien, il leur dit simplement d’aller se montrer aux prêtres. Oui, dans l’Ancien Testament, dans le livre de Lévitique, une personne guérie d’une maladie de la peau était tenue de se présenter au prêtre pour l’être déclarée comme telle. Or, pendant qu’ils cheminent, les lépreux de l’Evangile sont guéris. Pouvez-vous imaginer la joie que tous ont ressentie à ce moment ? Ceux qui étaient exclus de la société, mis en quarantaine, qui n’avaient aucun espoir, pourraient maintenant rentrer chez eux avec leurs amis et leur famille.  Ils allaient être réintégrés dans le monde. Tous les dix hommes sont guéris. Mais un des dix a quelque chose de plus. Il a vu Jésus, a reconnu sa bénédiction et s’en est réjoui.

C’est dire qu’il a réellement vu ce qui s’est passé entre lui et le Christ, au moment de cette miraculeuse guérison. De fait, cet homme n’est pas simplement guéri, il est restauré dans sa relation avec Dieu et avec l’humanité. Il a été sauvé. Et le texte dit qu’il était un Samaritain mais nous ne savons pas avec certitude la nationalité des neuf autres. Mais lui, avait été méprisé parce qu’il était Samaritain, cependant lui seul est revenu remercier Dieu. Pourquoi aucun des neuf autres hommes n’est-il revenu ? Jésus leur avait dit d’aller se montrer au prêtre, et c’est exactement ce qu’ils faisaient. En fait, nous pouvons imaginer la conversation entre eux : «Ce stupide Samaritain! Ne connaît-il pas la loi de Dieu ? Nous sommes censés nous montrer au prêtre pour être déclarés purs; nous remercierons Jésus plus tard.» Cet épisode, si nous avons bonne mémoire, évoque l’histoire de Naaman le Syrien.  Constatons que sa guérison ne vient pas de l’eau du Jourdain, mais de la parole du prophète Élisée et de la foi de Naaman qui est soutenue par celle de ses serviteurs.

« Augmente en nous la Foi » demandaient les disciples à Jésus, dimanche dernier. Dans les deux récits de ce jour, il s’agit d’exemple de cette foi, aussi minime qu’une graine de moutarde. La foi n’est donc pas l’obéissance aveugle à une loi et encore moins une affaire de mérites.  Il s’agit simplement d’une ouverture à l’amour en toute confiance.  Et le Samaritain a compris cela. Il a compris que cette vie nouvelle qui s’ouvre à lui, est un don de Dieu. Un don qui ne tient aucun compte des maladies, ou péchés précédents. Et dans la brève réponse de Jésus au lépreux guéri, on peut constater un renvoi : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé».

Frères et Sœurs,

Il y a quelque chose à comprendre ici au sujet des personnes qui vivent en marge de nos communautés. Jésus les remarque et les aime. Et il nous appelle à faire de même. Oui, cette histoire des dix lépreux invite les croyants à se poser quelques questions : Face aux besoins humains, voyons-nous une demande, une adversité ou un cadeau ? Voyons-nous un ennemi ou un ami potentiel dans l’étranger taxé de toute la misère du monde? Quand nous nous tournons vers Dieu, voyons-nous un juge sévère ou un père aimant ? Quand nous nous regardons nous-mêmes, voyons-nous un échec ou un enfant bien-aimé ? Quand nous nous tournons vers l’avenir, voyons-nous une incertitude inquiétante ou un horizon ouvert ?

Notons que Dieu veut faire de nous des gens qui manifestent une gratitude aux dons et aux bénédictions reçus. Le plus grand cadeau de Dieu que nous oublions souvent n’est autre que la vie. Oui la vie est belle et elle nous est donnée gratuitement. Soyons comme le dixième lépreux. Oublions notre liste de choses à avoir à tout prix, et disons simplement merci à Dieu pour le don de la Vie.

 

     


 

Évangile  Dimanche 6 Octobre 2019

« Si vous aviez de la foi ! » (Lc 17, 5-10)

Alléluia. Alléluia.
La parole du Seigneur demeure pour toujours ;
c’est la bonne nouvelle qui vous a été annoncée.
Alléluia. (cf. 1 P 1, 25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
les Apôtres dirent au Seigneur :
« Augmente en nous la foi ! »
Le Seigneur répondit :
« Si vous aviez de la foi,
gros comme une graine de moutarde,
vous auriez dit à l’arbre que voici :
‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’,
et il vous aurait obéi.

Lequel d’entre vous,
quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes,
lui dira à son retour des champs :
‘Viens vite prendre place à table’ ?
Ne lui dira-t-il pas plutôt :
‘Prépare-moi à dîner,
mets-toi en tenue pour me servir,
le temps que je mange et boive.
Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour’ ?
Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur
d’avoir exécuté ses ordres ?
De même vous aussi,
quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné,
dites :
‘Nous sommes de simples serviteurs :
nous n’avons fait que notre devoir’ »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 27e dimanche du T.O Année C (6 Oct 2019)

-> Homélie du 6 Oct 2019

 

Frères et Soeurs,

La liturgie d’aujourd’hui nous invite à nous poser une question essentielle: Pourquoi Dieu permet-il l’injustice, la violence et la guerre ? C’est la question douloureuse de millions d’hommes et de femmes à travers l’histoire. De nos jours, la misère humaine sous toutes ses formes est encore bien présente et Dieu semble souvent absent de nos vies et de nos réalités quotidiennes. Où est donc Dieu ? Que fait-il ? Parce que le prophète Habacuc, dans la 1ère lecture, garde quand même l’espérance, mais cela n’empêche pas les événements tragiques de se produire. Enfin, sa confiance en Dieu suffit-elle pour nous permettre de croire que l’injustice n’aura pas le dernier mot?

Heureusement pour nous que la 2nde lecture, la lettre à Timothée, nous rappelle que Dieu nous a donné force, amour et raison.  Et qu’il n’est pas question d’attendre tout de Dieu vers qui nous crions notre détresse. Oui, Dieu n’interviendra pas de manière « abrakadabra » ou tonitruant  pour bouleverser le désordre de l’humanité. Nous avons en nous toutes les possibilités pour humaniser le monde, et éradiquer tout ce qui menace de nous entraîner vers la destruction. C’est pourquoi, il faut avoir un peu de foi en nous pour demeurer fidèles même quand tout ne va pas bon train, et que Dieu semble absent de nos vies.

Dans cette optique, il n’est pas étonnant que les apôtres souhaitent une plus grande foi. Quand les disciples de Jésus ou nous-mêmes demandons la foi, que voulons-nous réellement? Certains pourraient souhaiter que la foi apporte un certain type de certitude, ou de supériorité. Certains encore cherchent une expérience mystique, une foi qui fonctionne comme une drogue et qui nous aide à surmonter les défis ordinaires de la vie. D’autres aspirent à la foi comme antidote à la lutte.  Si j’avais juste plus de foi, je n’aurais pas autant de questions ou de doutes. Si j’avais juste plus de foi, Dieu répondrait à mes prières. Si j’avais juste plus de foi, il ne serait pas mort ; elle aurait récupéré. Si j’avais juste plus de foi, je serais plus impliqué dans ma communauté. Si j’avais juste plus de foi, je serais une meilleure personne, un meilleur parent, un meilleur conjoint. Si j’avais simplement plus de foi, je saurais quoi faire, je gérerais mieux les choses. Si j’avais juste plus de foi, la vie serait différente, ….

Mais ce que nous oublions, c’est que la foi ne nous est pas donnée dans un paquet à dépenser dans nos relations avec Dieu. La foi n’est pas mesurée en fonction de la difficulté de la tâche ou du travail devant nous. Avoir la foi signifie que toute notre façon de percevoir et de réagir à la vie est transformée par la fécondité de la justice de Dieu. Car ce qui semble impossible pour nous est possible pour Dieu. La foi est une relation de confiance et d’amour. Cela signifie s’ouvrir pour recevoir la vie d’un autre et donner sa vie à un autre. Cet autre est Jésus. D’ailleurs Jésus répond à ses apôtres que souvent, être disciple équivaut à de simples expressions de fidélité. Sa déclaration «ta foi t’a sauvé» à ceux qu’il aide implique que quelque chose d’autre se passe avec la foi.

Cette relation de foi est déterminante pour qui nous sommes et comment nous vivons. Vivre dans la foi ne nous protège pas de la douleur et des difficultés de la vie, il ne défait pas le passé et ne garantit pas un avenir particulier. La foi est plutôt le moyen par lequel nous affrontons et gérons les circonstances de la vie – les difficultés et les pertes, les joies et les succès, les opportunités et les possibilités.

La question n’est donc pas de savoir combien de foi nous avons, mais plutôt comment nous vivons la foi que nous avons. Comment notre foi, notre relation avec Jésus, change-t-elle nos vies, nos relations, la vie des autres ?  Oui, la graine de moutarde de la foi est déjà plantée en nous, va t’elle germer ? à nous de l’arroser.

 

      

 


 

ÉVANGILE     Dimanche 29 Septembre 2019

« Tu as reçu le bonheur, et Lazare, le malheur. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance » (Lc 16, 19-31)

Alléluia. Alléluia.
Jésus Christ s’est fait pauvre, lui qui était riche,
pour que vous deveniez riches par sa pauvreté.

Alléluia. (cf. 2 Co 8, 9)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait aux pharisiens :
« Il y avait un homme riche,
vêtu de pourpre et de lin fin,
qui faisait chaque jour des festins somptueux.
Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare,
qui était couvert d’ulcères.
Il aurait bien voulu se rassasier
de ce qui tombait de la table du riche ;
mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères.
Or le pauvre mourut,
et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham.
Le riche mourut aussi,
et on l’enterra.
Au séjour des morts, il était en proie à la torture ;
levant les yeux, il vit Abraham de loin
et Lazare tout près de lui.
Alors il cria :
‘Père Abraham, prends pitié de moi
et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau
pour me rafraîchir la langue,
car je souffre terriblement dans cette fournaise.
– Mon enfant, répondit Abraham,
rappelle-toi :
tu as reçu le bonheur pendant ta vie,
et Lazare, le malheur pendant la sienne.
Maintenant, lui, il trouve ici la consolation,
et toi, la souffrance.
Et en plus de tout cela, un grand abîme
a été établi entre vous et nous,
pour que ceux qui voudraient passer vers vous
ne le puissent pas,
et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.’
Le riche répliqua :
‘Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare
dans la maison de mon père.
En effet, j’ai cinq frères :
qu’il leur porte son témoignage,
de peur qu’eux aussi ne viennent
dans ce lieu de torture !’
Abraham lui dit :
‘Ils ont Moïse et les Prophètes :
qu’ils les écoutent !
– Non, père Abraham, dit-il,
mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver,
ils se convertiront.’
Abraham répondit :
‘S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes,
quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts :
ils ne seront pas convaincus.’ »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 26e dimanche du T.O Année C (29 Sept 2019)

-> Homélie du 29 Sept 2019

 

Frères et Soeurs,

Lors des dimanches précédents, les paraboles de Jésus décrivaient le monde qu’il voulait : un monde qui se montre accueillant aux pécheurs et qui sait investir au service des valeurs durables. Dans cette lancée, Jésus raconte aujourd’hui la parabole du riche dont il n’est pas dit qu’il était mauvais, mais seulement qu’il n’avait pas d’yeux pour le pauvre Lazare qui se tenait à sa porte. La parabole est donc construite sur le thème du renversement de situation entre le ciel et la terre. La scène terrestre met en présence deux personnages. Le premier est d’une très grande richesse. Le second est le pauvre appelé Lazare dont la misère est soulignée par sa maladie et son indigence. Entre les deux hommes, aucune communication, aucune relation : seul un chien manifeste quelque compassion envers Lazare. La parabole ne précise pas non plus que Lazare soit un pauvre particulièrement méritant.

Le problème du riche dans cette parabole c’est qu’il n’a jamais regardé Lazare comme un homme, il le considérait encore moins qu’un chien. Du coup, c’est le riche qui a cessé d’être un homme.  Après la mort des deux personnages, la présence de Lazare auprès d’Abraham décrit une relation de proximité et d’amour. D’autre part, Abraham ne peut rien faire pour le riche, même s’il le reconnaît affectueusement comme son enfant. Il renvoie le riche aux cris des prophètes qui n’ont jamais cessé de réclamer que soit rendu aux pauvres le droit d’être des hommes.

Combien d’artistes n’ont-ils pas été inspirés par cette page de l’évangile de Luc ? À toutes les époques, en effet, il y a des représentations de l’enfer comme une fournaise avec ses flammes éternelles. Ces représentations évoquent surtout la douleur physique de corps torturés. La véritable souffrance est peut-être d’un autre ordre.  Elle est l’absence de sens, l’absence de Dieu. C’est là le véritable enfer pour les désespérés de la vie, pour tous ceux qui, à un moment ou l’autre de leur vie ont connu l’épreuve de se sentir impuissants. De sentir l’épreuve du découragement prolongé, de la déprime au quotidien, d’un grand vide en eux, de la dépression, voire du surmenage, ou même de la tentation du suicide. Et nous nous sentons démunis, désemparés devant leur mal. Nous ne pouvons pas vraiment mettre des mots dessus. Et eux non plus. Cela creuse encore plus cet abîme entre elles et nous. Parfois nous prions Dieu pour qu’il fasse un miracle pour ces personnes qu’il fasse quelque chose d’extraordinaire. Mais nous oublions de nous poser la vraie question: Et si nous étions, nous-mêmes, ce miracle ?

Qu’y a-t-il à entendre dans ce qui se dit dans les Écritures d’aujourd’hui ? À quoi servent donc les Écritures si elles ne nous réveillent pas comme le fait Amos le prophète ? À quoi servent les paraboles si elles ne parlent pas pour ceux qui n’ont pas de voix, si elles ne nous font pas entendre que nos choix nous engagent, et que refuser d’être attentifs au démuni à sa porte, c’est contribuer à creuser le grand abîme infranchissable qu’évoque Abraham. À quoi servent les enseignements de Paul sur la justesse de notre conduite si la richesse ferme notre cœur à l’autre au point de ne plus voir Lazare et Dieu à travers lui ?

C’est donc maintenant qu’il faut changer de vie. C’est maintenant qu’il faut s’ouvrir aux plus petits. C’est maintenant qu’il nous faut croire que nous sommes tous en route vers le Royaume de Dieu en aimant nos frères et nos sœurs. Les cinq frères de l’homme riche, c’est chacun et nous tous.  Sommes-nous inconscients, comme le riche de l’Évangile d’aujourd’hui, ou bien sommes-nous conscients de toutes les inégalités au sein desquelles nous vivons et dont, sans doute, nous profitons ? Faisons-nous quelque chose pour y remédier ? Si nous refusons d’aimer aujourd’hui, comment pourrons-nous aimer demain ? Demandons-nous ce que nous pouvons faire et ce que nous faisons pour traduire ce message de l’Évangile dans notre vie de tous les jours.

 

 

 


 

ÉVANGILE     Dimanche 22 Septembre 2019

« Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent » (Lc 16, 1-13)

Alléluia. Alléluia.
Jésus Christ s’est fait pauvre, lui qui était riche,
pour que vous deveniez riches par sa pauvreté.

Alléluia.
(cf. 2 Co 8, 9)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Un homme riche avait un gérant
qui lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens.
Il le convoqua et lui dit :
‘Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ?
Rends-moi les comptes de ta gestion,
car tu ne peux plus être mon gérant.’
Le gérant se dit en lui-même :
‘Que vais-je faire,
puisque mon maître me retire la gestion ?
Travailler la terre ? Je n’en ai pas la force.
Mendier ? J’aurais honte.
Je sais ce que je vais faire,
pour qu’une fois renvoyé de ma gérance,
des gens m’accueillent chez eux.’
Il fit alors venir, un par un,
ceux qui avaient des dettes envers son maître.
Il demanda au premier :
‘Combien dois-tu à mon maître ?’
Il répondit :
‘Cent barils d’huile.’
Le gérant lui dit :
‘Voici ton reçu ;
vite, assieds-toi et écris cinquante.’
Puis il demanda à un autre :
‘Et toi, combien dois-tu ?’
Il répondit :
‘Cent sacs de blé.’
Le gérant lui dit :
‘Voici ton reçu, écris 80’.
Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête
car il avait agi avec habileté ;
en effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux
que les fils de la lumière.
Eh bien moi, je vous le dis :
Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête,
afin que, le jour où il ne sera plus là,
ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.
Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose
est digne de confiance aussi dans une grande.
Celui qui est malhonnête dans la moindre chose
est malhonnête aussi dans une grande.
Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête,
qui vous confiera le bien véritable ?
Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance,
ce qui vous revient, qui vous le donnera ?
Aucun domestique ne peut servir deux maîtres :
ou bien il haïra l’un et aimera l’autre,
ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre.
Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 25e dimanche du T.O. Année C (22 Sept 2019)

-> Homélie pr le 25e Dim T.O C (22 Sept 2019)

 

Frères et Soeurs,

L’extrait d’évangile que nous venons d’entendre relate une histoire assez contemporaine. Un gestionnaire malhonnête est sur le point de perdre son emploi, car il a mal utilisé les avoirs de son employeur. Et parce qu’il ne veut pas faire de travail manuel ni recevoir de charité, il s’adresse à toutes les personnes qui doivent de l’argent à son employeur et réduit leurs dettes.  À notre grande surprise, l’employeur félicite le gestionnaire malhonnête pour sa perspicacité. Que devons-nous faire d’une parabole qui vante les mérites d’un malhonnête ?  En fait, Luc inclut cette histoire dans son évangile, car les renversements de statut sont et ont toujours été au cœur de la société.

La parabole du gérant-escroc suit la série de paraboles consacrées à la proximité de Jésus avec les pécheurs et inaugure une série de passages concernant la richesse.  La parabole suggère un monde dans lequel le statut de vie est éphémère, voire même dangereux. Malheur donc à ceux qui de par leur rang social, méprisent les autres. Voilà que le gérant qui contrôlait les comptes des débiteurs de son maître ne peut maintenant espérer que leur hospitalité. Sa sagacité réside dans sa capacité à discerner sa propre situation. Il a peut-être honte de mendier, mais il est suffisamment prudent pour reconnaître que son statut s’est évaporé. Il doit descendre dans l’échelle sociale pour obtenir de l’aide. Au lieu d’être simplement victime de circonstances, il transforme une mauvaise situation en une situation qui profite à lui et aux autres. En effet, en réduisant les dettes des autres, il crée un nouvel ensemble de relations basées non pas sur la relation verticale entre prêteurs et débiteurs, mais sur quelque chose qui ressemble davantage aux relations réciproques et égalitaires d’amis.

L’intendant a sacrifié ce qu’il aurait pu prendre maintenant et l’a donné à d’autres personnes pour qu’il puisse obtenir un gain plus tard. Ce que ce gestionnaire malhonnête met en jeu a des similitudes avec ce qui se passe lorsque le royaume de Dieu émerge parmi nous. Les anciennes hiérarchies sont renversées et de nouvelles amitiés sont établies.

Est-ce à dire que les disciples de Jésus doivent donc utiliser leur richesse pour «se faire des amis»? Si les amitiés sont fondées sur des relations réciproques et égalitaires, le fait de libérer les dettes des autres ne les enrichit pas seulement, mais établit également un nouveau type de réciprocité avec eux.  Oui, Jésus encourage ses disciples à être généreux avec leur richesse dans cette vie pour que, dans la vie à venir, leurs nouveaux amis les reçoivent dans des demeures éternelles. La façon dont on traite la «richesse malhonnête» et ce qui appartient à l’autre en dit long sur la façon dont on va gérer la vraie richesse. Notons cependant que, en parlant de richesse, il ne s’agit pas seulement d’argent, mais de tout ce qui prends une place importante dans notre coeur. Aucun domestique ne peut servir deux maîtres… nous ne pouvons pas servir Dieu et la richesse.  La richesse n’est pas fondamentalement perverse, mais l’amour excessif peut mener à toutes sortes de péchés. Si nous comprenons le principe selon lequel tout ce que nous possédons est un don de Dieu, nous nous rendons compte que Dieu est le propriétaire de tout et que nous sommes ses intendants.

Ainsi, la question que Jésus soulève concerne plusieurs valeurs. Nous devons être généreux avec notre richesse et l’utiliser au profit des autres. Comme le montre Jésus, la richesse n’est pas toujours ce qu’elle est censée être. Jeff Bezos , Bill Gates, Warren Buffett, Bernard Arnault et Donald Trump  font partie des personnages extrêmement riches et puissants de l’histoire, ceux qui vivent en haut de la pyramide. Et la culture occidentale appelle cela la bonne vie, le succès, atteindre le sommet, avoir réussi.  Pour beaucoup, cela signifie autosuffisance, indépendance et de nombreuses occasions de profiter des plaisirs matériels. Mais est-ce vraiment être heureux que d’être riche d’argent. Je suis surpris de voir autant de tristesse, autant de dépressifs,et de solitude dans une société développée. Je viens d’un pays pauvre mais où les gens sont heureux, et j’arrive dans un pays riche mais en manque de joie.

Car bien qu’il y ait peu de personnes qui atteignent une telle richesse, beaucoup cependant s’y efforcent. Et ne pouvant pas l’obtenir, les appels à la cupidité et au désir de complaisance abondent. C’est fou ce que la soif de l’argent peut pousser à faire.  Elle peut aller jusqu’à faire perdre toute référence morale.  Oui, l’argent est trompeur quand nous en faisons un maître et non plus un moyen pour échanger, pour entrer en relation, pour vivre avec autrui.  Et Jésus veut que ses disciples voient le grand danger spirituel sur ce chemin.

Frères et Soeurs, cette parabole ne concerne pas que l’argent. Mais il s’agit de racines de notre cœur.  Qu’est-ce qui les nourrit ? Nos racines sont-elles liées au trésor terrestre? Cherchons-nous à aligner les objectifs de notre vie avec des choses et des loisirs ? Sommes-nous trop occupés par ce que nous aimons pour ne pas remarquer les cris du désespoir humain ? Les racines de notre vie puisent-elles dans le puits spirituel de la sollicitude et de la compassion de Dieu? Je suis toujours choqué lorsque des parents sont obligés de partager les dimanches de leurs enfants entre église, sport et musique. Là où est ton coeur, là se trouve ton trésor.

 

 

 


 

ÉVANGILE     Dimanche 15 Septembre 2019

« Il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit » (Lc 15, 1-32)

Alléluia. Alléluia.
Dans le Christ, Dieu réconciliait le monde avec lui :
il a mis dans notre bouche la parole de la réconciliation.

Alléluia. (cf. 2 Co 5, 19)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
les publicains et les pécheurs
venaient tous à Jésus pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui :
« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs,
et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une,
n’abandonne-t-il pas les 99 autres dans le désert
pour aller chercher celle qui est perdue,
jusqu’à ce qu’il la retrouve ?
Quand il l’a retrouvée,
il la prend sur ses épaules, tout joyeux,
et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins
pour leur dire :
‘Réjouissez-vous avec moi,
car j’ai retrouvé ma brebis,
celle qui était perdue !’
Je vous le dis :
C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel
pour un seul pécheur qui se convertit,
plus que pour 99 justes
qui n’ont pas besoin de conversion.
Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une,
ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison,
et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ?
Quand elle l’a retrouvée,
elle rassemble ses amies et ses voisines
pour leur dire :
‘Réjouissez-vous avec moi,
car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !’
Ainsi je vous le dis :
Il y a de la joie devant les anges de Dieu
pour un seul pécheur qui se convertit. »
Jésus dit encore :
« Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père :
‘Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.’
Et le père leur partagea ses biens.
Peu de jours après,
le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait,
et partit pour un pays lointain
où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.
Il avait tout dépensé,
quand une grande famine survint dans ce pays,
et il commença à se trouver dans le besoin.
Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays,
qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre
avec les gousses que mangeaient les porcs,
mais personne ne lui donnait rien.
Alors il rentra en lui-même et se dit :
‘Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance,
et moi, ici, je meurs de faim !
Je me lèverai, j’irai vers mon père,
et je lui dirai :
Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.
Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.’
Il se leva et s’en alla vers son père.
Comme il était encore loin,
son père l’aperçut et fut saisi de compassion ;
il courut se jeter à son cou
et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit :
‘Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.’
Mais le père dit à ses serviteurs :
‘Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller,
mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
allez chercher le veau gras, tuez-le,
mangeons et festoyons,
car mon fils que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé.’
Et ils commencèrent à festoyer.
Or le fils aîné était aux champs.
Quand il revint et fut près de la maison,
il entendit la musique et les danses.
Appelant un des serviteurs,
il s’informa de ce qui se passait.
Celui-ci répondit :
‘Ton frère est arrivé,
et ton père a tué le veau gras,
parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.’
Alors le fils aîné se mit en colère,
et il refusait d’entrer.
Son père sortit le supplier.
Mais il répliqua à son père :
‘Il y a tant d’années que je suis à ton service
sans avoir jamais transgressé tes ordres,
et jamais tu ne m’as donné un chevreau
pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est revenu
après avoir dévoré ton bien avec des prostituées,
tu as fait tuer pour lui le veau gras !’
Le père répondit :
‘Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi,
et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait festoyer et se réjouir ;
car ton frère que voilà était mort,
et il est revenu à la vie ;
il était perdu,
et il est retrouvé ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 24e dimanche du T.O. Année C (15 Sept 2019)

-> Homélie pr le 24e Dim T.O C (15 Sept 2019)

 

Frères et Soeurs,

La parabole du Fils prodigue n’est pas simplement une bonne leçon sur la dynamique familiale. C’est aussi et avant tout une illustration de l’amour de Dieu. Les trois paraboles qui nous sont proposées sont la réponse de Jésus aux pharisiens et aux scribes, qui se lamentaient entre eux, car lui mangeait avec des pécheurs. En effet, les pharisiens se sont constitués en élite, en s’appuyant (dans une certaine mesure) sur leur expertise en matière de règles. Mais voilà que Jésus vient condamner cela. Notons que les pharisiens considéraient le péché comme une chose extérieure plutôt que comme une affaire de cœur.  Par conséquent, ils ne pouvaient pas accepter la vision de Jésus, qui permettait d’entrer en contact avec les pécheurs sans pour autant être souillé. Ceci d’autant plus que chez les Juifs, partager un repas était un signe d’inclusion et d’hospitalité et cela crée un lien entre ceux qui mangent ensemble. C’est le reproche qui est fait à Jésus. Et pourtant, même si Jésus a certes reçu des pécheurs et mangé avec eux, mais il n’a jamais minimisé le péché. Son approche envers les pécheurs est une offre de la miséricorde. Ceci étant, les paraboles sur le repentir sont conçues pour évoquer une nouvelle façon de comprendre la miséricorde de Dieu.

La parabole de la brebis égarée soulève des questions importantes. Serait-il sage, voire rentable, pour un berger de mettre 99 brebis en danger, en les laissant sans protection dans un champ, pour aller rechercher une brebis égarée ? Cette brebis pourrait bien avoir été tuée ou elle pourrait ne jamais être retrouvée. Et trouver cette seule brebis serait une telle occasion de joie qu’on voudrait célébrer par un festin avec tous ses amis ! Arrêtons-nous et réfléchissons aux dépenses liées à l’organisation d’un banquet. Le vrai sens n’est donc pas là. C’est une histoire qui veut nous dire autre chose. Les chefs religieux doivent comprendre que Dieu se réjouit lorsqu’un pécheur est accueilli dans la communauté. Les pharisiens et les scribes dans cet épisode sont un peu comme les 99 justes de la parabole de la brebis perdue qui n’ont pas besoin de repentance. Cependant, leur plainte selon laquelle les tricheurs et les escrocs sont les bienvenus à la table de Jésus ressemble beaucoup à celle du fils aîné à propos de la célébration des retrouvailles du fils prodigue.

Nous constatons que le cœur du père n’a jamais oublié le fils égaré. Ce n’est pas un hasard si le père a vu le fils venir de très loin. C’est qu’il l’attendait chaque jour. Le père a couru pour rencontrer le fils. Il n’a même pas permis au fils de terminer ses aveux.  C’est vraiment génial l’amour de ce père. Mais le frère aîné n’a pas compris qu’il était pécheur lui aussi et il n’a pas non plus compris que Dieu avait procuré le salut à tous les pécheurs qui se repentent vraiment. Ce texte nous oblige à nous demander si, en tant que communauté, nous accueillons les exclus de la société ou si nous leur envoyons, à l’instar des pharisiens, un message clair indiquant qu’ils ne sont pas les bienvenus. Si nous comprenons la justice de Dieu, nous accueillerons tout le monde comme ceux qui, comme nous, ne sont pas dignes de la faveur de Dieu et qui se réjouissent, comme nous, lorsqu’ils font l’expérience de sa bonté.

C’est dire que les trois paraboles de Jésus veulent simplement montrer la gratuité du pardon, la tendresse de Dieu, son amour inconditionnel et la joie lorsque l’espérance est comblée.

 

 

 


 

ÉVANGILE     Dimanche 1er Septembre 2019

« Quiconque s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé » (Lc 14, 1.7-14)

Alléluia. Alléluia.
Prenez sur vous mon joug, dit le Seigneur ;
devenez mes disciples,
car je suis doux et humble de cœur.
Alléluia. (cf. Mt 11, 29ab)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Un jour de sabbat,
Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens
pour y prendre son repas,
et ces derniers l’observaient.
Jésus dit une parabole aux invités
lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places,
et il leur dit :
« Quand quelqu’un t’invite à des noces,
ne va pas t’installer à la première place,
de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi.
Alors, celui qui vous a invités, toi et lui,
viendra te dire : ‘Cède-lui ta place’ ;
et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place.
Au contraire, quand tu es invité,
va te mettre à la dernière place.
Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira :
‘Mon ami, avance plus haut’,
et ce sera pour toi un honneur
aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi.
En effet, quiconque s’élève sera abaissé ;
qui s’abaisse sera élevé. »

Jésus disait aussi à celui qui l’avait invité :
« Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner,
n’invite pas tes amis, ni tes frères,
ni tes parents, ni de riches voisins ;
sinon, eux aussi te rendraient l’invitation
et ce serait pour toi un don en retour.
Au contraire, quand tu donnes une réception,
invite des pauvres, des estropiés,
des boiteux, des aveugles ;
heureux seras-tu,
parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour :
cela te sera rendu à la résurrection des justes. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

Homélie pour le 22e dimanche du T.O. Année C (1er Sept 2019)

-> Homélie pr le 22e dimanche du T.O C (1er Sept 2019)

 

Frères et Soeurs,

On peut penser que les problèmes sociaux évoqués dans l’extrait d’évangile sont des descriptions du premier siècle, et non des problèmes de nos églises d’aujourd’hui enracinées dans une société démocratique occidentale. Pourtant, les distinctions sociales sont beaucoup trop souvent présentes dans nos communautés chrétiennes, comme l’attestent facilement ceux qui ont moins de privilèges.

Oui, Jésus aimait les rassemblements autour des repas ; du moins, c’est ce que nous sommes amenés à supposer en lisant l’évangile de Luc.  Ce n’est pas surprenant que Jésus partage un repas avec certains des pharisiens. Quelques versets plus tôt, des pharisiens ont effectivement aidé Jésus en l’informant des plans d’Hérode pour le localiser (voir Lc 13:31). Cela suggère une relation plus neutre entre les pharisiens et Jésus dans l’évangile de Luc. Dans notre récit, Jésus participe à un banquet et raconte deux histoires. Elles mettent l’accent sur le choix des sièges et la liste des invités.

Notons que le classement social était monnaie courante dans la société gréco-romaine. En fait, les repas étaient des situations qui mettaient particulièrement en évidence les disparités entre individus.  Plus tu es grand, plus il faut t’abaisser, a écrit Ben Sirac le Sage. Ben Sirac, qui tenait une école philosophique à Jérusalem, au 2e siècle avant notre ère, s’adresse à des jeunes issus de la nouvelle bourgeoisie. Ben Sirac, tout en tenant compte des avantages de la culture grecque, rappelle les atouts de la tradition religieuse d’Israël. Par des maximes de sagesse, il invite les jeunes à ne pas faire preuve d’orgueil qui ouvre la porte à toutes les injustices : le mépris du faible, l’exploitation du pauvre, l’exclusion du marginalisé et du blessé de la vie. Alors que ce conseil correspond au ton des remarques de Jésus dans Luc, Jésus va plus loin en mettant en garde contre la recherche des sièges les plus honorables.  L’humilité était très rarement considérée comme une vertu dans le discours moral gréco-romain. Pourtant, l’humilité doit marquer les disciples de Jésus.

Dans une culture de l’honneur et de la honte, éviter la honte est de la plus haute importance. La honte publique peut avoir des conséquences concrètes. Les pratiques de troc ou les propositions de mariage d’une famille peuvent être négativement affectées par une honte publique. C’est dire que les paroles de Jésus sont un défi au système d’honneur intégré à la culture de sa société. Car pour assurer sa place dans ce système, il convenait d’inviter des amis, la famille et les voisins riches. Des demandes réciproques s’ensuivraient, dans la mesure où la reconnaissance publique d’une personne honorable pourrait apporter ses propres récompenses. Mais Jésus remet en question ce type de système en imaginant à la place des hôtes qui choisissent de s’associer à des personnes pauvres, estropiées, boiteuses et aveugles. Le problème pour les hôtes, cependant, comme Jésus l’a explicitement reconnu, est qu’aucun honneur ne sera rendu en retour. C’est plutôt un investissement dans l’avenir. L’enseignement porte sur la manière dont nous traitons les autres, en particulier ceux et celles qui sont incapables de nous rendre la pareille. Ce genre de renversement des attentes et du statut est thématique chez Luc.

Frères et Soeurs, Jésus ne nous donne pas une leçon de morale, ni une leçon de bonne conduite et encore moins une leçon de saines relations humaines, non. L’évangile n’est pas d’abord un livre de sagesse et de bien-vivre. Mais l’évangile est plutôt une Bonne Nouvelle.  L’enjeu, ce n’est pas une place à la table, mais bien notre existence humaine tout entière, c’est à dire la place que prennent Dieu, nos sœurs, et nos frères dans notre vie.

Nous sommes-nous déjà posés la question de savoir ce que serait notre société, notre monde, si nous invitions les marginalisés, les pauvres, les immigrés de toutes nations à prendre leur place dans nos communautés ?

 

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Pour le repas partagé du 1er septembre, la paroisse se chargera de la viande et du barbecue, les paroissiens apporteront des salades et desserts

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Annonces du 6 au 15 avril 2019 :   Annonces6au15avril2019

Annonces du 30 mars au 7 avril 2019 :  Annonces30marsAu7avril2019

Annonces du 23 au 31 mars 2019 :  Annonces23au31mars2019

Annonces du 16 au 24 mars 2019 :   Annonces16au24mars2019

Annonces du 9 au 17 mars 2019 :    Annonces9au17mars2019

Annonces du 2 au 10 mars 2019 :  Annonces2au10mars2109

Annonces du 23 février au 3 mars 2019 :   Annonces23fevAu3mars2019

Annonces du 16 au 24 février 2019 :  Annonces16au24fev2019

Annonces du 9 au 17 février 2019 :   Annonces9au17fev2019

Annonces du 3 au 10 février 2019 :     Annonces3au10fev2019

Annonces du 26 janvier au 3 février 2019 :     Annonces26janvAu3fev2019

Annonces du 19 au 27 janvier 2019 :     Annonces19au27janv2019

Annonces du 12 au 20 janvier 2019 :     Annonces12au20janv2019

Annonces du 5 au 13 janvier 2019 :     Annonces5au13janv2019

Annonces du 24 décembre 2018 au 6 janvier 2019 :     Annonces24decAu6janv2019

Annonces du 15 au 27 décembre 2018 :         Annonces15au27dec2018

Téléchargez le Calendrier des Messes des Familles en PDF  : CalendrierMessesFamilles2020_21

Vous pouvez aussi télécharger et imprimer la Fiche d’Inscription KT 2020-2021 : fiche d’inscription au KT.2020 2021_OK


Bonjour à tous,

Nous  vous invitons à la réunion de rentrée du Catéchisme et de la Catéchèse le

                                   JEUDI 17 Septembre 2020

                                                 à 20h30

                                       à l’église de LIOMER

Les séances  Catéchisme/Catéchèse reprennent pour tous :

– le Mardi 22 Septembre          de 18h à 19h15         à Beaucamps le Vieux

– ou le Jeudi 24 Septembre     de 18h à 19h15         à Hornoy le Bourg

Toutes les séances auront lieu dans l’église toutes les semaines.

Le port du masque est obligatoire ainsi que le gel en entrant et en sortant.

Un parent, grand-parent, frère, sœur, parrain, marraine,… est invité à rester avec nous soit pour aider les accompagnateurs dans l’un des groupes, soit pour échanger entre adultes sur l’Evangile du dimanche ou autre thème à votre demande ou mieux encore, pour s’occuper d’un groupe. Ceci en fonction de vos disponibilités; bien sûr !

Comme vous le savez, les conditions sanitaires nous ont conduites à reporter certaines célébrations.

Je vous confirme que :

– les 1ères Communions auront bien lieu le Samedi 10 Octobre à 18h30 à Hornoy pour les familles qui le souhaitent

– ainsi que les Professions de Foi le Dimanche 25 Octobre à 11h à Beaucamps le Vieux.

Nous comptons sur votre présence, afin de pouvoir vous expliquer de vive voix les changements apportés cette année.

Parmi vous, certains n’ont pas encore rempli leurs fiches d’inscriptions.

Vous pourrez le faire lors de cette réunion.

Bonne fin de semaine à tous,

Fraternellement.

Le Père Daleb,

Marie-Christine et les catéchistes.

 

 

Photos Bénédiction des cartables 2019


Pour les jeunes à partir de 8 ans, des camps sont organisés pendant les vacances de Février, de Pâques et durant la période estivale : retrouvez ici toutes les informations…

Camps Saint-Valery – Juillet et Août 2020 :

Communiqué du Père Samuel Leyronnas :

Après un long temps d’attente, la Paroisse d’Albert a décidé de maintenir une proposition de séjours de vacances pour cet été, étant donné que la crise de pandémie semble s’éloigner et que beaucoup d’enfants et de familles attendent ce rendez-vous de l’été. Bien sûr nous comprenons tout à fait que certains aient encore peur et ne veuillent pas envoyer leurs enfants en colonie de vacances.

Pour limiter les risques et le coût, nous avons annulé le camp collégiens prévu à Saint Malo mais deux nouvelles semaines à Saint Valery sont réservées pour les 12-15 ans : 

– du dimanche 26 juillet (17h) au samedi 1er août (11h)

– du samedi 8 août (12h) au vendredi 14 août (17h)

Pour les 8-12 ans, les dates restent inchangées :

– du dimanche 2 août (17h) au samedi 8 août (11h)

– du dimanche 16 août (17h) au samedi 22 août (11h)

La participation demandée aux familles va de 75€ à 90€ (ou plus) selon vos moyens.

Chaque camp sera limité à 25 participants selon l’ordre des inscriptions. Nous respecterons scrupuleusement toutes les normes de sécurité prescrites par l’Etat; elles devraient évoluer lors des prochaines semaines.

Tous les séjours de vacances seront dirigés par Raphaël LEYRONNAS (BAFD) et animés par des animateurs bénévoles selon les quotas de diplômés BAFA requis.

Pré-inscriptions auprès de l’abbé Samuel LEYRONNAS : 06-21-82-99-01 samuel.leyronnas@gmail.com (précisez le nom, prénom et âge de l’enfant ainsi que la semaine désirée, vous recevrez les papiers d’inscription à remplir). Les personnes déjà inscrites avant la crise sanitaire peuvent reconfirmer leur participation. 

Message à diffuser auprès des personnes susceptibles d’êtres intéressées, Merci !

 


 

Camps MRJC dans la Somme – Août 2020 :

Communiqué de l’abbé Albert Saelens :

Les camps d’été organisés par le MRJC (Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne) sont maintenus.

Pour tout renseignement, vous pouvez contacter l’Abbé Saelens au 03.22.22.77.97 ou albert.saelens@orange.fr

 


 

Et pour les enfants et ados confinés, quelques vidéos et supports pour tout comprendre !

->  Prier avec Marie

->  Les Noces de Cana

->  Pack Famille pour fêter l’Ascension

->  En mai, célébrons Marie en famille !

->  Pack Famille 5ème Dimanche de Pâques

->  Pack Famille 4ème Dimanche de Pâques

->  Jésus est le bon berger

->  Pack Famille 3ème Dimanche de Pâques

->  Les Disciples d’Emmaüs en Vidéo

->  Pack Famille 2ème Dimanche de Pâques

->  Vivre le Vendredi-Saint

->  Jeudi-Saint : explications de l’Abbé Ledieu

->  La Semaine Sainte : Plan d’action pour les ados

->  La Semaine Sainte pour les plus jeunes

->  Les Rameaux en famille

 

 

 

 

->  L’Annonciation à Marie

Le Père Daleb en tenue de combat… N’ayez pas peur !

 

 

 

 

 

 

 

Laissez-vous façonner… ou comment s’adapter et voir les beautés du monde, avec le Père Sylvain Mansart

Une vidéo pour les enfants confrontés aux mesures de confinement… Comment devenir un super héros? Réponses de l’Abbé Ledieu !

->  Deviens un Super Héros !

 

 

 

 

 

->  Nous sommes en guerre…

->  Jésus et Lazare

->  Jésus rencontre la samaritaine

->  Jésus guérit l’aveugle de naissance

->  Conte du mouton vraiment aveugle à l’amour qui l’entoure


Camps MRJC (Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne) – Printemps 2020 :

Pendant les vacances d’Hiver et les vacances de Printemps, des camps sont organisés par le MRJC et encadrés par l’Abbé Albert Saelens, pour les enfants du CM2 jusqu’au lycée (en classe de 1ère) dans la Somme et en Seine-Maritime selon les tranches d’âges.

– Pour les CM2-6°-5° : à Monchy-Lagache (80) du 21 au 23 Mai – 20 € + transport 10€ ? InscriptionMiniCamp

– Pour les 4°-3° : à Belloy-sur-Somme du 22 au 25 Avril – 30€ + transport 10€

– Pour les 2°-1° : à Vieux-Rouen (76) du 13 au 16 Avril – 35€ + transport 10€

 

Pour tout renseignement, vous pouvez contacter l’Abbé Saelens au 03.22.22.77.97 ou albert.saelens@orange.fr

Retrouvez les détails et contacts ici ? FlyerMRJC_CM2auLycee

 


Camp des PAGES – Hospitalité d’Amiens à Lourdes – 6 au 11 Juillet 2020 :

La Pastorale des Jeunes vous propose un camp à Lourdes du 6 au 11 Juillet 2020 : le groupe des Pages peut permettre aux jeunes de 11 à 15 ans de vivre un premier pèlerinage à Lourdes au service des pèlerins accompagnés de l’Hospitalité d’Amiens.

Pour tout renseignement, vous pouvez contacter François Charbonnel au 06.84.46.82.65 ou charbonnel.francois@free.fr

Retrouvez les détails et contacts ici ? Affiche-2020 et Renseignements-Inscriptions-PAGES-2020

 


Camp spi Mission Saint-Leu – Février 2020 :

Pendant les vacances d’Hiver, un camp à Saint-Valery-sur-Somme est organisé par la Mission Saint-Leu et encadré par le Père Arnaud Lejeune et Donatien Châtillon, pour les collégiens de 11 à 15 ans, du 17 au 21 Février.

Au programme : balades, jeux, veillées, vie d’équipe, prière, découverte des Saints Patrons – 70€

 

Pour tout renseignement, vous pouvez contacter Donatien Châtillon au 06.84.80.96.75

Inscriptions sur le site internet www.mission-saintleu.com

Retrouvez les détails et contacts ici ? renseignements camps spi saint valery 2020 et fiche sanitaire


HORAIRES du KT pour 2019-2020 :

Horaires KT 2019-2020 à télécharger

Calendrier Messes des Familles 2019-2020

Les différents niveaux de KT ont été rebaptisés pour permettre l’acquisition des apprentissages de base à tous les nouveaux élèves, et des passerelles sont possibles entre chaque niveau en fonction de la progression individuelle de chacun :

– le CE2 devient « Découverte » : tous les nouveaux élèves suivront ce niveau de KT, quelle que soit la classe dans laquelle ils sont scolarisés.

– le CM1 devient « Eucharistie » : c’est l’année de préparation à la 1ère Communion.

– le CM2 devient « Parole » : cette année est consacrée à l’étude de la Parole de Dieu, l’Evangile, et à sa mise en pratique au quotidien.

– la 6ème devient « Partage » : les enfants se préparent progressivement, sur 2 ans, à la Profession de Foi ; ils apprennent à échanger au sujet de leur Foi et à la partager.

– la 5ème devient « Credo » : c’est la deuxième et dernière année de préparation à la Profession de Foi, couronnement de leur parcours de jeune croyant et début de la nouvelle étape vers la Confirmation (3 ans plus tard, vers 16 ans, pour les enfants au cursus « classique »).

Les référentes du KT sont désormais :

– Geneviève Daire (coordinatrice générale et KT ados) – Tél : 06 25 39 48 82

– Cécile Ribeaucourt (KT primaires) – Tél : 06 82 48 48 47

Pour ceux qui souhaitent se préparer aux sacrements (Baptême, 1ère Communion, Confirmation), une formation « Catéchuménat » est accessible à tout âge. Contact : Françoise Devienne – Tél : 03 22 90 74 05

Et pour la préparation à la Confirmation des ados et le KT adultes, un groupe est en création. Contact : Marie-Christine Cozette – Tél : 03 22 90 65 48

Enfin, pour les plus jeunes, de 3 à 7 ans, l’Eveil à la Foi fera bientôt son retour, avec des jeux, des histoires et des chansons autour de la Bible : un vrai bonheur pour les petits ! Et c’est gratuit. – Contact : Sarah Prévot – Tél : 06 10 08 73 13.

N’hésitez pas à nous écrire ou nous appeler pour toute information :

kt.hornoybeaucamps@gmail.com

Nous vous souhaitons à tous une bonne rentrée et une belle année pastorale, joyeuse et épanouissante !

L’équipe des catéchistes

 


La rentrée du KT se prépare, les inscriptions sont ouvertes !

Inscriptions au catéchisme CE2
et réinscriptions
Paroisse Hornoy-Beaucamps

Enfants du CE2 à la 5ème

Vendredi 20 septembre de 19h00 à 20h30
Au foyer d’Hornoy le Bourg

4 rue de l’Église – 80640 HORNOY-LE-BOURG

Ou Lundi 23 septembre de 19h00 à 20h30
Au foyer de Beaucamps le Vieux

rue Jean Gilles – 80430 BEAUCAMPS-LE-VIEUX

Pour tout renseignement, contacter :

kt.hornoybeaucamps@gmail.com

Eveil à la Foi (de 3 à 7 ans) : Sarah PREVOT 06 10 08 73 13
KT primaires (de 8 à 11 ans) : Cécile RIBEAUCOURT 06 82 48 48 47
KT ados : Geneviève DAIRE 06 25 39 48 82
Catéchuménat (adultes en demande de sacrements) : Françoise DEVIENNE 03 22 90 74 05
KT entre adultes : Marie-Christine COZETTE 03 22 90 65 48

Vous pouvez télécharger et imprimer la fiche d’inscription ici :

? FicheInscriptionKT2019_2020

La réunion d’information est fixée le Lundi 23 Septembre à 20h30 au Foyer paroissial de Beaucamps-le-Vieux, rue Jean Gilles (derrière l’église).


Camps d’été Jeunesse Saint-Valery et Saint-Malo

  • Durant l’été, le Père Samuel et son équipe d’animateurs organisent, comme chaque année, des camps à la mer pour permettre aux enfants et adolescents de notre secteur de partir en vacances, de partager de bons moments, et d’échanger ailleurs…

Pour l’Ouest Amiénois, vous pouvez contacter la personne référente, Béatrice Desachy, au 06.74.87.44.71 ou desabea@hotmail.fr

Les périodes :

– pour les enfants des écoles primaires :

. du 28 juillet au 3 août 2019 . du 4 au 10 août 2019

Prix entre 60 à 80 €uros

– pour les adolescents de collège :

. du 22 au 31 juillet 2019

Prix entre 120 à 150 €uros

Ne tardez pas à contacter Béatrice : les places sont comptées et les demandes nombreuses !

Arguël, Aumont, Beaucamps-le-Jeune, Beaucamps-le-Vieux, Belloy-Saint-Léonard, Bézencourt, Boisrault, Brocourt, Dromesnil, Etréjust, Gouy-l’Hôpital, Guibermesnil, Hallivillers, Hornoy-le-Bourg, Inval-Boiron, Laboissière-Saint-Martin, Lafresguimont-Saint-Martin (Lafresnoye), Le Mazis, Le Quesne, Lincheux, Liomer, Méricourt-en-Vimeu, Montmarquet, Neuville-Coppegueule, Offignies, Orival, Saint-Aubin-Rivière, Selincourt, Thieulloy-l’Abbaye, Tronchoy, Villers-Campsart, Vraignes-lès-Hornoy.

 

Eglise d’Hornoy-le-Bourg
Église de Beaucamps-le-Jeune
Église de Bézencourt
Église de Dromesnil
Église de Guibermesnil
Église d’Inval-Boiron
Église de Le Mazis
Église de Liomer
Église de Neuville-Coppegueule
Église de Saint-Aubin-Rivière
Église de Villers-Campsart
Eglise d’Arguël
Église de Beaucamps-le-Vieux
Église de Boisrault
Église d’Étréjust
Église d’Hallivillers
Église de Laboissière-Saint-Martin
Église de Le Quesne
Église de Méricourt-en-Vimeu
Église d’Offignies
Eglise de Selincourt
Eglise d’Aumont
Église de Belloy-Saint-Léonard
Eglise de Brocourt
Église de Gouy-l’Hôpital
Église d’Hornoy-le-Bourg
Église de Lafresnoye
Église de Lincheux
Église de Montmarquet
Église d’Orival
Église de Thieulloy-l’Abbaye
Église de Tronchoy
Église de Vraignes-lès-Hornoy

Vous trouverez dans ce document les horaires des messes de Juillet à Septembre 2020, pour les paroisses d’Hornoy-Beaucamps et de Poix-de-Picardie, y compris les célébrations de Noël :

CalendrierSeptembreÀDécembre2020

Ou sur MessesInfo :

Horaires Messes Info Paroisse Liomer

 

Calendriers précédents :

Horaires de Juillet à Septembre 2020 :

CalendrierJuillet_Septembre2020

Horaires de la Toussaint 2019 à Pâques 2020 :

CalendrierToussaint2019aPaques2020

Horaires de Pâques à la Toussaint 2019 :

CalendrierPaquesAtoussaint2019

Horaires de la Toussaint 2018 à Pâques 2019 :  CalendrierToussaint2018aPaques2019

Curé :

P. Daleb M’PASSY

8 rue James Vacandard
80430 Beaucamps-le-Vieux

Tél : 03.22.41.67.86
daleb_mpassi2@yahoo.fr

Equipe de Conduite Pastorale :

. M. Bruno DANZEL-DAUMONT
Coordonnateur de l’équipe

. Mme Bernadette BOULONGNE
Chargée de la vie matérielle et économique

. Mme Marie-Christine COZETTE
Chargée de l’annonce de la Bonne Nouvelle

. Mme Aline MULOT
Chargée de célébrer le Christ mort et ressuscité

. Mme Hélène MICHEL
Chargée de servir à la manière du Christ, dans la charité

Maison Paroissiale :

2 rue Charles Dufour
80640 HORNOY-LE-BOURG

Tél : 03.22.90.60.09

maisonparoissiale.hornoy@orange.fr

Lien Facebook PAROISSE d'HORNOY-BEAUCAMPS

Lien Facebook PAROISSE d’HORNOY-BEAUCAMPS

Retrouvez tous les horaires des célébrations sur www.messes.info