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Tous frères et soeurs en Christ !

Dimanche 28 septembre, les alentours de la cathédrale se sont animés d’une cinquantaine de stand. Paroisses, mouvements, services… se sont mobilisés pour faire de cette journée un temps de rencontre, de découverte, d’échange, d’accueil et de prière fraternels. La célébration de l’après-midi, présidée par Mgr Olivier Leborgne, a ensuite rassemblé plus de 2000 personnes.

« J’ai peur… »

J’entendais ces mots cette semaine de quelqu’un qui parlait de son avenir. Je sentais cette même peur faire son oeuvre dans notre pays avec l’assassinat d’Hervé Gourdel et ce qu’il signifie de barbarie. « J’ai peur … » Et voilà que cela s’ajoutait à la peur d’un avenir économique sombre qui touche déjà beaucoup d’entre nous ou de nos proches ; et voilà que cela résonnait aussi avec l’inquiétude exprimée par certains de savoir ce que va devenir notre Eglise …

Il faut faire attention ici à ne pas nous laisser piéger. La peur ne peut jamais être le principal moteur de l’action, elle ne peut jamais être ce sur quoi se bâtit l’avenir. Bien des peurs sont légitimes. Pourtant nous voulons dire ensemble aujourd’hui autre chose. Nous voici rassemblés pour la fête de la Saint Firmin. Nous voici en diocèse pour vivre la fête de la fraternité.

Nous ne sommes pas mièvres. Nous ne sommes pas de gentils rêveurs qui ignorent les peurs et les combats du monde. Pourtant, oui, nous affirmons que le seul remède à la peur est la fraternité. Et que la fraternité est notre horizon parce qu’elle nous est offerte aujourd’hui.
Prenons le temps de nous y arrêter quelques instants.

De quoi parlons-nous quand nous parlons de fraternité ?

Il faut bien voir que, de plus en plus, nous manifestons là une vraie originalité. En effet, il est marquant de se rendre compte que si on entend souvent parler de liberté et d’égalité, le discours sur la fraternité a quasiment disparu de l’espace public. Comme si notre république était amputée de l’une de ses ambitions fondatrices.

La fraternité. Qu’en est-il au-delà des pétitions de principe et des déclarations affectives ou sentimentales qui ne durent guère plus longtemps que le temps de leur déclaration ?

Nous sommes frères et sœurs parce que fils et filles du Père. Ainsi, notre fraternité n’est ni affective, ni même d’abord morale. Elle est théologale.

« La vie des justes est dans la main de Dieu, aucun tourment n’a de prise sur eux… » Devant la peur de la mort – et toutes nos peurs renvoient au bout du compte à la peur de la mort dont la violence est l’annonce – l’auteur du livre de la Sagesse nous rappelle quel est notre lieu, notre terre fondamentale: « la main de Dieu. » Il pressent alors ce que

Dieu révélera pleinement dans le Christ : tout homme suscité à la vie par Dieu sera re-suscité à la vie, au-delà de toute violence et de toute mort. C’est le cœur de la foi chrétienne : dans l’incarnation du Verbe éternel du Père, nous devenons tous frères et sœurs du Christ Jésus. Dans la résurrection de Jésus qui s’est fait notre frère jusque dans la mort, nous sommes définitivement associés à sa filiation et nous devenons fils et filles du Père. Nous sommes frères et

sœurs parce que fils et filles du Père. Ainsi, notre fraternité n’est ni affective, ni même d’abord morale. Elle est –excusez-moi ce gros mot – théologale. C’est-à-dire que notre fraternité repose sur un roc : non pas nos sentiments volatiles, non pas même nos efforts pourtant nécessaires et si souvent malmenés, mais sur le don définitif de la vie du Père en Jésus.

NOTRE FRATERNITÉ REPOSE SUR UN ROC

C’est là notre identité fondamentale : fils et filles de Dieu. Et donc frères et soeurs. C’est la vocation de tout homme que le baptême vient réaliser. C’est la grâce incroyable qui nous est faite en Jésus. De ce fait, cela devient aussi une responsabilité pour nous chrétiens : comment taire cette fraternité scellée en Jésus ? « Allez dans le monde entier. Proclamez la bonne nouvelle à toute la création » nous dit Jésus ressuscité. C’est en vivant cet Évangile de la fraternité en Jésus que nous l’annoncerons. Ne nous méprenons pas et ne perdons pas de temps. C’est la seule réponse à la peur qui saisit consciemment ou inconsciemment beaucoup de nos contemporains. Vivre la fraternité.

L’Evangile de Dieu, l’Evangile de la fraternité fait ainsi l’objet de notre envoi. « Nous avons trouvé en Dieu l’assurance qu’il fallait pour vous annoncer, au prix de grandes luttes, l’Evangile de Dieu » déclarait Paul. Avec l’apôtre, nous trouvons en Dieu l’assurance pour annoncer cet Evangile. Ce ne sera pas sans grandes luttes. Nous savons déjà trop les conversions auxquelles l’Evangile nous provoque pour ne pas nous bercer d’illusions. Oui, ce combat pour la fraternité, qui s’appuie sur le combat pour la justice et la vérité, est exigeant et ne nous laissera pas au repos. Pourtant, c’est la vie qui se trouve là. C’est la vie pour nous et nos contemporains. Et l’Evangile ne nous veut pas survivants, mais bien vivants ! Alors laissons l’Esprit Saint nous renouveler dans la foi de notre baptême. « Et voici pourquoi nous ne cessons de rendre grâce à Dieu. Quand vous avez reçu de notre bouche la Parole de Dieu, vous l’avez accueillie pour ce qu’elle est réellement : non pas une parole d’hommes, mais la parole de Dieu qui est à l’œuvre en vous, les croyants. »

Parce que vos sources sont baptismales, la Parole de Dieu qu’est Jésus ressuscité, dans la grâce de l’Esprit, est à l’œuvre en vous !

Accueillir la Parole de Dieu pour ce qu’elle est vraiment… elle qui est à l’œuvre en vous les croyants. Parce qu’elle est à l’œuvre en vous ! Parce que vos sources sont baptismales, la Parole de Dieu qu’est Jésus ressuscité, dans la grâce de l’Esprit, est à l’œuvre en vous ! Allons-nous la laisser croupir ? Ou allons-nous demander à l’Esprit d’en réveiller le feu et le jaillissement en nous ?

COMMENT DIEU A-T-IL VISITÉ NOS COMMUNAUTÉS ?

Cette parole qu’est Jésus est à l’œuvre en nous. Voilà que se dessine ici le programme des mois et années à venir pour notre diocèse. Laisser cette Parole œuvrer en nous. Au prix de grandes luttes peut-être – souvent nous n’aimons pas bouger – mais, fondant notre assurance en Dieu, nous allons apprendre à discerner l’œuvre de Dieu dans le monde, dans nos communautés, dans nos familles et en nous-mêmes. Nous allons nous mettre à l’affût des visitations de Dieu dans notre histoire récente pour entendre ses appels et nous laisser faire par son amour, nous laisser œuvrer par l’Esprit Saint.

Cela commencera par la visite pastorale que je vais entreprendre dès le premier trimestre 2015 et que, dans les deux ou trois ans à venir, je ferai systématiquement dans toutes les paroisses du diocèse. Conjointement, j’effectuerai une visite pastorale du monde éducatif et scolaire, et une visite pastorale des mouvements. Notre porte d’entrée sera la Visitation. La question à laquelle j’invite dès maintenant toutes les communautés à réfléchir est la suivante : comment, ces dernières années, Dieu a-t-il visité notre communauté ? C’est ainsi à partir de la relecture communautaire – et je compte sur vous tous pour y participer, j’ai pour cela vraiment besoin de vous tous – des visitations de Dieu aujourd’hui que se construira le programme la visite pastorale dans chaque secteur. Nous jubilerons ensemble devant les visitations de Dieu. Nous nous réjouirons de celles auxquelles nous avons été présents. Nous nous laisserons convertir par celles que nous n’avons pas accueillies. Nous donnerons ainsi au Seigneur de nous ouvrir l’avenir et de nous relancer encore et encore pour vivre et annoncer l’Evangile de la fraternité. Car s’il nous arrive d’avoir peur – et pourquoi pas – nous savons que le seul antidote à la peur est l’Evangile de la fraternité, à savoir Jésus Ressuscité lui-même. Qu’il soit béni !

+ Olivier Leborgne, Evêque d’Amiens