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Profanation

PROFANATION

Au cœur de l’été, une église du diocèse a connu une profanation : le tabernacle a été fracturé, le ciboire avec des hosties consacrées a été volé.

Nous sommes devant un acte qui atteint au plus profond la foi catholique. Les catholiques croient que « dans le très saint sacrement de l’Eucharistie sont « contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang conjointement avec l’âme et la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ, et par conséquent, le Christ tout entier. »1 Mystère que l’intelligence peut approcher mais qui déborde radicalement tout ce que nous pouvons penser et dire. Infini de la miséricorde qu’est Dieu lui-même qui choisit en son Fils l’incroyable banalité d’un peu de pain et de vin pour se donner réellement en nourriture. L’eucharistie n’est pas un symbole, elle est présence réelle du Seigneur pour nous. Celle-ci ne dépend pas de la foi de ceux qui l’approchent, « C’est par la conversion du pain et du vin au Corps et au Sang du Christ que le Christ devient présent en ce sacrement. »La tradition catholique parle de « transsubstantiation »3 : si ce que nous voyons n’a pas changé ni dans sa forme ni dans sa composition chimique, son être est radicalement nouveau : « ceci est mon corps », selon la parole même de Jésus.

Nous ne pouvons pas banaliser une telle réalité. Nous savons que le Seigneur n’est prisonnier de rien et notamment d’aucune attaque que l’on peut lui porter. Pourtant la profanation de son corps ne peut que nous blesser au plus intime. Minimiser la présence réelle dans l’eucharistie serait relativiser ce à quoi le Seigneur veut nous associer : en nous donnant son corps, il veut que nous devenions membres de son corps : « vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps » (1 Co 12,27), et ainsi nous associer à sa plénitude : « Dieu a jugé bon qu’habite en lui [son Fils bien-aimé] toute plénitude » (Col 1,19), lui en qui, « dans sa propre chair habite toute la plénitude de la divinité » (Col 2,9). Ce serait alors abîmer la fraternité entre nous.

La confession avec toute l’Eglise de la présence réelle du Seigneur ressuscité dans l’eucharistie est une source vive pour le service des plus démunis : « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » déclare Jésus dans la parabole des talents (Mt 25,40). Là encore, le Christ est très réaliste : « c’est à moi que vous l’avez fait. » Il y a un lien très fort entre la confession de la présence du Christ dans l’eucharistie et son identification au plus vulnérable. Confesser le Christ réellement présent dans l’eucharistie oblige à le reconnaître présent en chaque homme à commencer par « le plus petit », relativiser sa présence dans l’eucharistie risque de conduire à le relativiser dans les pauvres. Et vice versa.

Je demande donc à l’Esprit du Seigneur, à l’occasion de cette profanation, de nous renouveler tous dans une authentique foi eucharistique.

Et je vous invite à deux actions précises :

–  D’abord, prier pour celui ou ceux qui sont les auteurs de cette profanation : qu’ils puissent faire l’expérience de l’infinie miséricorde qui se révèlent dans l’eucharistie, qu’ils se convertissent et puissent chanter la joie de l’Evangile et les louanges de leur Seigneur.

–  Ensuite, revisiter notre manière de signifier par notre corps et nos attitudes notre foi eucharistique : salut du saint sacrement quand nous entrons dans une église, manière de célébrer (pour les ministres ordonnés) et de communier. Comment est-ce que notre corps dit notre foi ?

« En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi je demeure en lui », déclare Jésus (Jn 6,55-56)

 

+ Olivier Leborgne
Évêque d’Amiens

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Catéchisme de l’Eglise Catholique (CEC), n° 1374
2 CEC n° 1375
CEC n° 1376

Nous sommes devant un acte qui atteint au plus profond la foi catholique.
Les catholiques croient que « dans le très saint sacrement de l’Eucharistie sont « contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang conjointement avec l’âme et la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ, et par conséquent, le Christ tout entier.