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L’égalité pour tous – Février 2015

Qu’entend-on par égalité ?

Il en va ainsi du langage des hommes : nous employons les mêmes mots mais nous ne les chargeons pas toujours du même sens et des mêmes expériences. Alors je vous propose quelques réflexions sur ce sujet, d’une grande actualité me semble-t-il. J’affirme, avec beaucoup d’hommes et de femmes de bonne volonté, l’égale dignité de toutes les personnes humaines, de leur conception à leur mort naturelle. J’affirme que cette dignité n’est pas liée à des particularités physiques, psychiques ou intellectuelles mais que tout être humain comme être humain a une dignité inaliénable, et que, quels que soient les chemins, les fonctions, les positions sociales, les succès ou les échecs, les éducations, les expériences, les promesses comme les errances, tout être humain est égal en dignité à tous les autres.

Mais le rappel de cette égale dignité dont le socle se trouve renforcé par la théologie de la Création (toute personne est créée à l’image de Dieu) et définitivement scellé dans notre foi en l’incarnation (que Dieu en Jésus se fasse homme manifeste la dignité inaliénable de tout homme) ne fait qu’ouvrir de très nombreuses questions. Par exemple, au nom de l’égalité, faut-il que tous aient la même chose ? Dans sa réflexion et son action pour la justice sociale, l’État se doit de s’appuyer sur des repères les plus objectifs possibles ; même s’il essaie de prévoir les cas particuliers et les exceptions, un principe égalitaire – à chacun les mêmes droits – dirige son action. Et il ne peut pas en être autrement. Cependant, l’État n’est pas le seul acteur de la vie sociale et la réflexion sur l’égalité ne peut s’arrêter là.

Mais le rappel de cette égale dignité dont le socle se trouve renforcé par la théologie de la Création (toute personne est créée à l’image de Dieu) et définitivement scellé dans notre foi en l’incarnation (que Dieu en Jésus se fasse homme manifeste la dignité inaliénable de tout homme) ne fait qu’ouvrir de très nombreuses questions. Par exemple, au nom de l’égalité, faut-il que tous aient la même chose ? Dans sa réflexion et son action pour la justice sociale, l’Etat se doit de s’appuyer sur des repères les plus objectifs possibles ; même s’il essaie de prévoir les cas particuliers et les exceptions, un principe égalitaire – à chacun les mêmes droits – dirige son action. Et il ne peut pas en être autrement. Cependant, l’Etat n’est pas le seul acteur de la vie sociale et la réflexion sur l’égalité ne peut s’arrêter là.

Une parabole de Jésus n’est pas sans provoquer, au moins dans un premier temps, un sentiment d’injustice et des réactions d’incompréhension. Il s’agit de la parabole des Talents (MATTHIEU 25,14″30). « C’est comme un homme qui partait en voyage : il appela ses serviteurs et leur confia ses biens. A l’un, il remit une somme de cinq talents, à un autre, deux talents, au troisième un seul talent, … » Pourquoi donc ceGe différence de traitement ? N’y a-t-il pas là une inégalité flagrante ? Mais voilà quele texte précise immédiatement : « … à chacun selon ses capacités ». Ainsi, dans l’égale dignité de ses serviteurs, le maître est a>entif à la capacité de chacun, à ce qu’il peut accueillir et recevoir. L’égale dignité de tous ne fait aucunement oublier au maître que chacun est unique, et dans l’égale dignité de tous, il prend soin de l’unicité de chacun.

L’égalité ne peut jamais se réduire à l’égalitarisme. Il faut même aller plus loin, l’égalitarisme, en ce qu’il nie
l’unicité de chacun, est négation de l’égalité. La véritable égalité – les parents le savent bien qui aiment leur enfant d’un même amour, c’est-à-dire d’un amour ajusté à ce que chaque enfant a d’unique – n’écrase pas l’unicité de chacun, elle l’honore. L’éducateur, au nom de l’égalité, cherche à savoir ce dont chaque enfant a besoin. Il ne veut pas « l’uniformiser » mais lui donner, comme à tous ses camarades, la possibilité de se développer et de se déployer au mieux. Et le chemin de l’un ne sera pas celui de l’autre. Ainsi, l’égalité appelle l’a>ention à ce que chacun a d’unique.

Cela n’est pas sans échos dans la vie pastorale. Comment, en ayant des projets pour tous, en nous donnant des repères qui nous évitent de céder à l’arbitraire ou au favoritisme, pouvons-nous être attentifs à ce que chaque situation a d’unique ? Quand nous accueillons des demandes de baptêmes, de mariage, d’obsèques, quand nous devons répondre à des questions concernant la catéchèse, quand nous mettons en place un
projet pastoral d’évangélisation, etc., comment sommes-nous attentifs au nom de l’égalité à l’unicité de chaque situation sans pour autant faire de chacun un cas particulier ? Cette réflexion est exigeante et pourrait
interroger quelques unes de nos habitudes.

N’ayons pas peur de nous y engager.

+ OLIVIER LEBORGNE, ÉVÊQUE D’AMIENS