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Monseigneur Olivier Leborgne

Monseigneur Olivier Leborgne

«Notre diocèse a de vrais défis d’avenir»

Père évêque, cela fait bientôt un an que vous êtes dans notre diocèse, quel regard portez-vous sur lui ?

Je suis émerveillé ! Dans toutes les personnes que je rencontre, je découvre des richesses et des ressources insoupçonnées. Cela rayonne ! J’aime ce diocèse, il fait partie de ma vie. Il est questionnant aussi : il y a de vrais défis d’avenir ! Comment les relever ? Lequel choisir en premier ? Il faut prendre le temps d’y réfléchir.

Comment trouvez-vous les Samariens ?

C’est un peuple très accueillant. On dit le Picard réservé avec l’étranger mais je ne dois pas être un étranger comme les autres. C’est un peuple bien enraciné mais qui a peut-être un peu de mal à regarder l’horizon. J’ai envie de lui dire : «Nous avons des défis à relever : des défis sociaux et des défis ecclésiaux. Nous avons les ressources en nous, relevons la tête ! L’Évangile a un bel avenir dans la Somme.»

Quelles sont vos priorités ?

Les décisions vont arriver. La première est la pastorale des jeunes. Il faut avancer et décider. Or, décider c’est choisir et pour choisir il faudra bien renoncer. Mais les forces et les ressources sont là. La deuxième c’est de trouver les moyens d’aider les acteurs de la mission à reprendre leur souffle. Cette question m’habite profondément. Il y a un travail d’enracinement spirituel à favoriser, accompagner, stimuler. Il faut retrouver nos sources vives dans le Christ ressuscité. Enfin, pour servir la mission, il faut réfléchir à l’organisation diocésaine. Il y a sans doute quelque chose de nouveau à inventer. Certains prêtres sont trop isolés, ils doivent courir pour rencontrer les gens. Comment sortir de la «logique» du bouche-trou ?

Les prêtres vieillissent et peu de jeunes s’engagent dans le sacerdoce. Quel est votre sentiment sur la crise des vocations ?

Le Seigneur appelle et continue d’appeler. Miser sa vie sur le Christ, ça rend heureux ! Je ne suis pas désespéré. Une Église sans prêtre, c’est impossible. Comment faire pour qu’un prêtre ne soit pas un prestataire de service ? On a une mentalité résignée. La présence des prêtres sera autre. Il faut repenser la communauté chrétienne, continuer à mettre en place une collaboration entre prêtres, diacres et laïcs. Par ailleurs, je constate qu’il existe une grande fraternité entre les jeunes prêtres. La fraternité est missionnaire. Je suis plein de confiance, on peut infléchir la courbe.

On voit peu de jeunes dans les églises. Comment les rejoindre ? Il est vrai que je n’ai pas les solutions. Nous sommes dans une vraie période de passage. En cinq ans, nous sommes passés de six mille à quatre mille inscriptions d’enfants au catéchisme. La catéchèse que nous connaissons fonctionne sur le fait que l’on attend que les parents viennent d’eux-mêmes inscrire leurs enfants. Est-ce là la solution ? Notre système est en grande partie un système qui n’existe plus. Ne sommes-nous pas trop sectorisés ? Il faudrait réfléchir à la façon de mettre la famille au cœur de nos communautés. Je mets beaucoup d’espoir dans la fête diocésaine de la Saint-Firmin. En septembre 2015, elle aura pour thème «Familles en chemin». Il y a trop de familles abîmées. Nous avons besoin d’entendre un discours positif qui n’exclut pas. L’Esprit saint est à l’œuvre. Le vrai réaliste est optimiste et je suis d’un tempérament optimiste. Il existe des signes d’espérance.

Comment vivez-vous votre « métier » d’évêque ?

Il y a un côté impressionnant. Je crois que l’évêque est le successeur des Apôtres. Je le dis sans problème pour les autres, mais pour moi ? Je suis donné à un peuple qui m’est confié et il fait complètement partie de ma vie. Mais ce n’est pas si simple. Il me faut à la fois garder l’enthousiasme des jeunes et avoir la sagesse d’un vieux sage avec de l’audace, du courage, de la prudence et de l’humilité ! Ce qui m’intéresse, c’est de servir les plans du Seigneur en étant à l’affût du passage de Dieu dans notre histoire et m’engouffrer là où il agit ! Être évêque me procure beaucoup de joie.

Vous allez commencer la visite pastorale dans le diocèse.
Qu’en attendez-vous ?

Un évêque qui arrive est invité à prendre la mesure de son diocèse en le visitant, en se mettant à l’écoute des personnes et des réalités du terrain. C’est, pour l’évêque, l’occasion de découvrir et d’accueillir son diocèse et c’est, pour le diocèse, une manière de continuer à accueillir son évêque. C’est pour moi une nécessité de rencontrer toutes les communautés et de découvrir comment Dieu nous visite et nous stimule. Nous allons nous mettre ensemble à l’écoute de Dieu. J’en attends beaucoup.

Propos Recueillis Par Édith De Bruyn Et François Dumont

Un évêque qui arrive est invité à prendre la mesure de son diocèse en le visitant, en se mettant à l’écoute des personnes et des réalités du terrain.

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