Homélie et reportage pour un dernier hommage au Père Dominique-Marie Dupré

Les obsèques du Père Dominique-Marie Dupré ont été célébrées ce mardi 28 juillet 2026 à la Cathédrale Notre-Dame d’Amiens en présence de nombreux prêtres, diacres et anciens paroissiens venus lui rendre un dernier hommage et rendre grâce pour ces 50 ans de sacerdoce.

Le reportage est à 6mn22

Dominque-Marie,

Ta mort tragique provoque chez beaucoup, une peine immense et un chagrin profond. A commencer par notre amie Monique chez qui tu venais d’arriver pour quelques jours de repos comme bien des fois depuis des années. Chez elle, et avec elle et les siens, nous avons vécu avec bonheur de nombreux évènements familiaux.

« Je vais me baigner » lui as-tu dit, quelques heures après ton arrivée, et on imagine son émotion quand après avoir vu passer sous ses fenêtres, les pompiers, le SMUR et les gendarmes elle ne t’a pas vu revenir. Il a bien fallu se rendre à l’évidence d’autant que l’on est venu sans trop tarder lui apprendre ton décès. Un grand merci au voisinage pour leur présence et leur soutien.

Mauvaise nouvelle qui nous à tous mis devant l’inouï et l’absurde comme le font toutes ces morts accidentelles qui bouleversent le quotidien de tant des nôtres.

La semaine qui a précédé ta mort, nous avons vécu le pèlerinage diocésain de Lourdes. Tu étais heureux de ce temps privilégié qui t’a permis de rencontrer fidèles et malades des nombreuses paroisses où tu fus envoyé comme curé. Et beaucoup sont là ce matin pour t’accompagner.

Pour ce temps de tes funérailles, ce temps d’un dernier adieu, tu as retenu les textes de ton ordination, célébrée voilà bientôt cinquante ans. Les premiers mots de Jésus dans cette belle prière à son Père ne sont autres que : « Père, l’heure est venue. » C’est vrai, l’heure est venue, pour toi, comme elle viendra pour chacune et chacun de nous. Jésus s’en remet à son Père. Comment du reste ne pas penser à la prière de Saint Charles de Foucauld : « Mon Père, mon Père, je m’abandonne à toi…fais de moi ce qu’il te plaira. » Toi qui étais membre de l’Institut Jésus Caritas, te voulant disciple et ami de frère Charles, tu as toujours souhaité rejoindre ceux que le Seigneur t’a donné à travers tous les ministères qui t’ont été confiés.

Responsable diocésain de la catéchèse, du catéchuménat, aumônier de l’enseignement public, de l’enseignement catholique. A la pastorale du tourisme, au diaconat permanent, à la vie consacrée, accompagnateur du

Carmel. A la pastorale de la santé, prêtre accompagnateur de l’aumônerie du CHU…J’en oublie sûrement…

Ce qui t’a toujours passionné c’est d’être homme parmi les hommes, de partager le plus possible tous les évènements de la vie de ceux que tu rencontrais, de les rejoindre dans leurs joies leurs peines, leurs dynamismes, leurs peurs, leurs combats et leurs échecs, leurs attentes et leurs questions. Echanger en vérité sur ce qui nous fait vivre…Nous dire qui est Jésus-Christ pour nous, nous découvrir aimer de Dieu.

« Je prie pour ceux que tu m’as donné » nous dit encore saint Jean dans l’Evangile. Tel a été ton ministère durant toutes ces années. Beaucoup peuvent en témoigner, tu n’as pas manqué de porter toutes ces rencontres devant le Seigneur, tu as prié pour celles et ceux qu’Il a mis sur ta route, et ces derniers temps ton ministère à l’hôpital accompagnant l’équipe d’aumônerie a bien été un ministère de proximité pour tous et chacun.

« Je vous exhorte à vous conduire d’une manière digne de votre vocation. » écrivait l’apôtre Paul dans sa lettre aux Ephésiens. Ta vocation de pasteur de tout un peuple tu as toujours su la vivre en proximité. En repensant à certains épisodes de ton ministère comment oublier le temps du confinement avec nos sœurs carmélites au moment de la pandémie du COVID. Tu as permis qu’elles vivent pleinement comme le font moines et moniales leur mission de prière au sein des Eglises diocésaines. Et tu écrivais : « ces semaines ne sont pas venues à bout de ma confiance et du désir de continuer à me mettre au service de Dieu et des hommes. »

Tes charges paroissiales diverses et variées t’ont conduit à l’est, Notre Dame de Brebières était chère à ton coeur puis à l’ouest du diocèse dans le Vimeu, pour revenir au cœur de la ville d’Amiens, curé de la paroisse Saint Jean Baptiste d’Amiens et recteur de cette cathédrale qui t’accueille aujourd’hui Toujours à l’écoute, restant le mieux possible au service de ceux, jeunes et moins jeunes qui t’étaient confiés.

Dominique-Marie, tu nous rassembles une dernière fois ce matin dans ce lieu dont tu étais fier d’être chanoine. Après le pèlerinage à Lourdes tu avais décidé de prendre quelques jours de repos, emportant pour la lecture un livre de Mickaël Lonsdale, dont tu citais ces lignes : « Dieu nous aime. Le

jour où j’en ai pris conscience, ma vie a été transformée, elle a pris tout son sens, et je me suis autorisé à aimer les autres de tout mon cœur. »

Je vous livre le titre de ce livre : Il n’est jamais trop tard pour le grand Amour.

Prémonition ! Ce grand Amour il te tend les bras, repose en paix, toi notre frère.

Père Bernard Vitse