Confirmations et fête du champ missionnaire Saint Vincent de Paul le 3 mai 2026

Homélie Mgr le Stang
Fête champ missionnaire et confirmations
Dimanche 3 mai 2026
Eglise de Montdidier

 

Chers frères et sœurs,  

Beaucoup ont marché ce matin. Comme c’est bon de marcher. Peut-être que certains d’entre vous aiment randonner et préparent une randonnée pour leurs prochaines vacances. Quel chemin prendre ? Montagne ou bord de mer. Vous imaginez déjà les paysages. Mais imaginez que vous aimiez marcher et que vous soyez aveugles. Pas possible d’avancer seul sur le chemin. Il faut randonner avec un guide, en confiance avec lui. Par lui le chemin s’ouvrira sous vos pieds et il vous décrira ce qui est à voir, et cela vous rendra heureux, malgré votre handicap. Le guide sera le chemin. Je suis le chemin, la vérité, la vie… dit Jésus. Notre guide-chemin, c’est Lui. Nous ne savons pas le chemin que Dieu veut nous faire emprunter. Il est, Lui, le chemin. Il nous appelle à la confiance. La confirmation, c’est l’Esprit Saint qui apprend la confiance en Jésus, notre chemin.  

Nous ne savons pas où tu vas, Jésus, comment pourrions-savoir le chemin ? C’est la question de Thomas qui pousse Jésus à dire qu’il est le chemin. Avec Jésus, il n’y a pas de question bête, et en matière de bon sens, Thomas est bon. Il ne croit que ce qu’il voit. Il ne comprend pas les phrases par allusion, genre : pour aller où je vais, vous savez le chemin. Thomas, ce n’est pas qu’il doute, mais il veut qu’on parle de façon claire, réaliste, simple. Et ça paie ! Il sera ainsi conduit à l’adoration véritable : Mon Seigneur et mon Dieu. Thomas est un frère pour nous. Il est bon de l’imiter, de ne pas se laisser embobiner par de grandes idées ou des théories fumeuses, mais d’être une personne au cœur ouvert, franche et pleine de bon sens.  Beaucoup, certes, ont la foi. La plupart des gens savent que ne venons pas du néant et ne retournons pas au néant. Il y a « quelque chose », disent-il. Parfois, certes, nous avons des doutes parfois. Mais nous savons aussi qu’il est aussi douteux de ne croire en rien, et que ça fait plus de dégât, et nous refusons aussi ceux qui se prennent pour Dieu pour justifier leurs crimes ou les guerres qu’ils déclenchent.  

Ceci étant, en vrai, Jésus, les apôtres ne savent pas où Jésus va. Beaucoup de choses ne sont pas claires. Et Jésus a la folle et grave candeur de dire : Moi, je suis le chemin, la vérité, la vie. En me trouvant, vous trouvez le chemin, l’orientation, le sens, la direction et l’horizon se dégage. Je suis votre guide. En écoutant ce que je dis et ce que je fais, vous comprenez que la vérité, c’est un être humain qui aime et révèle Dieu. En m’accueillant en vous, vous ne fuyez pas la vraie vie, mais vous la trouvez, non pas hors de vous, hors de l’humanité, hors du monde, mais en vous et au cœur du monde. Et cela est vrai encore pour nous, en cette Église où Jésus nous rejoint ce matin.  

Je suis le chemin, la vérité, la vie. Mesurer le poids de cette affirmation inouïe exprimée par Jésus, c’est se placer à un carrefour : puis-je croire un être humain qui dit cela ? Pourquoi le dit-il ? Cela est-il vrai ? Si tu ne consens pas à y croire, il est encore temps de partir. Dieu n’aime pas les tièdes.  

Mais si tu dis oui, mon Seigneur et mon Dieu, tu es le chemin, la vérité, la vie, alors tu entres dans l’autre facette du mystère que Jésus révèle à ses amis, en répondant à la demande de Philippe (Montre-nous le Père, et cela nous suffit) : qui le voit, Lui, Jésus, voit Dieu son Père. Qui voit le Fils voit le Père. Qui voit ce que dit et fait Jésus comprend que Dieu n’est pas méchant. Ni absent. Ni indifférent. Qui croit cela, voit en Jésus, son frère et son ami, le fils de Dieu. Et il se comprend lui-même comme fils ou fille bien-aimé du Père. Avoir la foi, ce n’est pas seulement croire que Dieu existe, c’est croire que Dieu nous aime, qu’il est un Père qui nous aime et nous le montre par Jésus son Fils.  

Tout cela, nous ne pouvons pas le comprendre par nous-mêmes, par notre seule intelligence et nos propres forces. Seul Dieu peut nous faire comprendre Dieu, le faire connaître, faire croire en Lui, l’aimer et le servir. Seul l’Esprit Saint, peut nous faire entrer dans ce mystère. Il est en nous, la présence invisible et puissante de l’amour divin, son souffle, son feu. L’Esprit nous fait randonner, en aveugle des réalités divines, avec la certitude que Jésus, notre guide, est le chemin, et que nous pouvons nous abandonner à lui en toute confiance, croire à ses paroles, les mettre en œuvre, les annoncer et donner notre vie à notre tour comme lui l’a donnée, non pas pour juger le monde mais pour le sauver.  

Dans un instant, avec les prêtres, nous allons vous imposer les mains, puis j’oindrai votre front par cette huile sainte, le Saint-chrême. Ce sont des rites certes, dont le sens remonte à la Bible. Des rites, mais aussi un sacrement. Nous croyons qu’à travers ces rites, l’Esprit Saint, l’invisible présence de Dieu, qui est don et amour, descendra en vous et vous poussera à accomplir votre baptême tout au long des années qu’il vous reste à vivre, et cela jusqu’à votre dernier soupir. Il accomplira votre baptême. Il fera de vous de vraies pierres vivantes de l’Eglise. Il vous fera faire plus de choses que Jésus n’en a faites, c’est Lui qui le dit. Il fera de vous des saints, avec d’autant plus de facilité que vous lui ouvrirez votre cœur, que vous viendrez puiser la force de Dieu dans l’eucharistie du dimanche, que vous lirez l’Evangile dont le sens s’éclaire de façon nouvelle chaque jour, et que vous prierez en répétant sans cesse : Mon Seigneur et mon Dieu, tu es le chemin, la vérité, la vie… Je t’aime et je t’adore. Que veux-tu que je fasse pour toi ? Je m’abandonne à ton amour. Amen.

+ Mgr Gérard Le Stang
Evêque d’Amiens