Homélie et photos des appels décisifs des catéchumènes de notre Diocèse !

Homélie de Mgr Gérard le Stang
Célébration des appels décisifs des catéchumènes
Dimanche 22 février 2026
Église du Cœur Immaculé de Marie
Chers amis,
Ce carême vous achemine vers votre baptême. Les scrutins que vous allez vivre, les dimanches qui viennent sont des étapes de cette grande retraite spirituelle, qui vous prépare à la rencontre du Christ en passant avec lui de la mort à la vie, lors de la veillée pascale. Vivre une retraite pour apprendre à mieux suivre le Christ, c’est entrer dans une sorte de combat. Et ce combat est inévitablement marqué par des tentations. La tentation fait partie de l’expérience chrétienne. La tentation appelle une résistance intérieure. Elle a été vécue par Adam et Ève comme l’a indiqué la première lecture, signifiant que toute l’humanité, comme ce couple originel, a lui-même cédé, au serpent menteur. Dans l’Évangile, Jésus lui-même est tenté. Avant vous, il vit une sorte de carême, poussé 40 jours au désert par l’Esprit Saint. Comme autrefois le peuple d’Israël pendant 40 ans fut tenté au désert. Jésus va résister à la tentation. La tentation n’est pas le péché. C’est céder à la tentation qui est pêché. Jésus, fils de Dieu est pleinement homme. Une fois quelqu’un m’a dit : il n’est pas pleinement homme puisqu’il n’a pas pêché. Mais c’est le péché qui rend inhumain. La grâce de Dieu humanise et sanctifie. Être un homme à l’image de Dieu, c’est refuser de céder à la tentation. Comme Adam et Eve, nous savons que nous sommes tous faibles, et capables de céder à la tentation. Mais nous savons, en Jésus, au moins un homme n’a jamais cédé à la tentation. Jésus, pleinement homme et pleinement Dieu, nous aide, par son exemple et la grâce qu’il donne, à reprendre sans cesse la route, soutenus par son pardon et sa guérison. Il nous apprend à échapper à ce qui rend inhumain et devenir pleinement des hommes et des femmes selon le cœur de Dieu, qui nous a créés à son image.
Il y a deux sortes de tentations : les tentations qui nous viennent quand tout va bien pour nous, et celles qui nous viennent quand tout va mal.
Celles qui nous viennent quand tout va bien pour nous (quand nous sommes riches, bien considérés de tout le monde, que nous avons de belles responsabilités dans la vie, que nous vivons dans un cadre de vie magnifique, etc.), c’est de nous prendre pour Dieu. La tentation de l’orgueil et de l’égoïsme, parfois même celle du mépris. En tout cas, celle de l’oubli des autres et de Dieu. Celui qui va bien est tenté de se prendre pour Dieu. Il oublie la gratitude, l’action de grâce, l’humilité. Il oublie la parole de Saint-Paul : qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Lorsque tout va bien pour nous, ne pas céder à la tentation, c’est louer Dieu pour le bonheur de vivre en hommes et femmes, en enfants de Dieu, dans ce monde magnifique crée pour nous. Devenir des hommes et des femmes d’adoration et de louange, et non des êtres qui cèdent à la tentation de l’orgueil et se donnent d’autant plus pour le bien de tous. Jésus, fils de Dieu n’a jamais cédé à cette tentation. Il a commencé la proclamation des Béatitudes en disant : Heureux les pauvres de cœur. Lui-même, par choix, avait vécu pauvrement, de la crèche Bethléem à la croix du Golgotha. Il a surtout vécu en pauvre de cœur, sans jamais se prendre pour Dieu, alors qu’il était Dieu, pour que tous nous devenions fils de Dieu. Il a accepté de vivre dans les limites humaines, alors qu’il aurait pu s’en échapper très facilement. Il a choisi de nous sauver en étant un homme comme nous, sans faire usage de son pouvoir divin. Il nous a sauvé par son humilité. Faisant cela, il nous a ouvert un chemin merveilleux qui nous rappelle notre dignité et nous aide à vivre dans la paix du cœur.
Il y a aussi les tentations qui nous viennent quand cela va mal dans notre vie. Beaucoup d’entre vous en savent quelque chose. Jésus vit cela au désert. Au bout de 40 jours, il a faim, et c’est là que Satan vient le tenter. La faim, vous savez, c’est quelque chose de terrible. Jésus est seul, dans le désert et il a faim. C’est un besoin fondamental de la vie de pouvoir être nourri. Mourir de faim est une des souffrances les plus profondes qui soient. Ce qui est pire peut-être, c’est la soif. On ne parle pas ici de la soif de Jésus. Mais on sait qu’il va l’éprouver sur la croix. « J’ai soif », dira-t-il du haut de la croix, révélant par là un sommet de souffrance qui nous montre aussi l’immensité de son amour. Jésus ne va pas céder aux tentations de Satan. Il va dire, en s’appuyant sur la parole de Dieu, avec toute confiance en son Père : l’homme ne vit pas seulement de pain, tu ne te tenteras pas, le seigneur, ton dieu, c’est Dieu seul que tu adoreras. Jésus repousse Satan, grâce à son absolue confiance de Fils en son Père. Le serpent de la Genèse avait présenté à Adam et Ève, un visage faux de Dieu, un dieu égoïste qui garde tout pour lui. Mais Jésus sait que Dieu n’est pas ainsi. Et il nous l’enseigne. Dieu n’est pas méchant. Il est un Père qui nous aime, et ne nous abandonne jamais.
Lorsque cela va mal pour nous, nous sommes tentés par des solutions mauvaises, alors que nous savons parfois par avance que ce ne sont pas de bonnes solutions. Celui qui a des problèmes d’argent peut être tenté par les jeux d’argent. Celui qui a des problèmes psychologiques ou de santé peut être tenté par les discours de charlatan, de faux guérisseurs, de gens qui ne vendent que du vent pour s’enrichir et nous tromper. Mais quand on a mal, on est tenté d’essayer. Il ne faut donc juger personne, mais aider tout le monde à ne pas s’engouffrer dans des impasses. Lorsque les souffrances deviennent vives et sans solution apparente, des idées sombres peuvent apparaître et les tentations se font plus grandes encore. Ce sont les tentations que Jésus vit au désert. Il faut nous en souvenir. Il souffre la faim, et cela annonce la croix, où Satan le tentera encore. Mais il choisit l’amour gratuit de son père. Il agit inspiré et poussé par le Saint Esprit. Et il passe alors de la souffrance à la joie, servi par les anges. Il est sorti de son combat contre les tentations ressenties dans la souffrance. Et il se fait alors Chemin de vie, de confiance et d’Espérance, pour nous tous.
Chers amis, tout cela représente, symbolise la vie chrétienne. Le baptême est passage de la mort vers la vie. Avec Jésus. La confirmation est don de l’Esprit Saint, qui est l’énergie invisible, intérieure et puissante dans nos combats contre le mal. Après le baptême, comme tout baptisé, vous rencontrerez encore des tentations. Peut-être même y cèderez-vous parfois, ce que je n’espère pas. Mais vous savez qu’avec la grâce de Dieu en vous, il sera toujours possible de se relever, de gagner le combat contre les tentations du désespoir, et de marcher avec confiance, espérance et amour sur les chemins de l’Évangile, les chemins sur lesquels le Seigneur vous a déjà attirés et sur lesquels il ne va jamais vous décevoir. Quel bonheur, quel grâce, quel cadeau pour vous déjà dès aujourd’hui. Et quelle promesse pour demain ! Amen.
+ Mgr Gérard Le Stang
Evêque d’Amiens
Merci à Yvette Beugnet pour le reportage photo