Messe de la mission paroissiale à Molliens-Dreuil
Messe de la mission paroissiale à Molliens-Dreuil.
Dimanche 26 octobre 2025
Chers frères et sœurs,
Nous voici en plein cœur de la mission paroissiale, la première d’une longue série dans notre diocèse. La prochaine est prévue à Montdidier en décembre. Inutile de dire que les autres paroisses ont les yeux rivés sur la vôtre : Que vont-ils faire ? Comment cela va se passer ? Comme moi, je suis sûr que vous êtes déjà émerveillés par toutes les bonnes volontés et les énergies que cette mission aura réveillées, sous la houlette de votre énergique curé. C’est déjà un fruit merveilleux de découvrir ce que dit saint Paul à Timothée : le Seigneur m’a rempli de force pour que par moi, la proclamation de l’Évangile s’accomplisse jusqu’au bout.
Je pense notamment à l’activité à la fois la plus simple et celle qui inspire plus de doutes et de craintes, celle du porte à porte : toquer à la porte des gens, entrer en conversation, leur parler de ce qu’ils vivent, de la paroisse, de la Toussaint toute proche, leur parler finalement de Dieu, les assurer de notre prière. Une conversation toute simple sur la foi. Mission impossible pour beaucoup. On veut bien parler de tout, mais sûrement pas de notre foi : c’est privé, c’est intime… et en plus aller toquer aux portes ! Et pourtant certains ont osé, humblement. Une poignée : aucun ne fanfaronnait ni n’avait envie d’imposer aux autres sa foi, ou de se montrer en exemple, avec mépris (comme le pharisien de l’Évangile). Juste en témoigner.
Un peu comme le publicain qui dit : « Oh Seigneur, tu sais je ne suis pas grand-chose, aie pitié de moi, je te laisse passer pour que les gens te connaissent ». Voilà la juste posture quand on est en mission : aller vers tous. Voyez la liste de la première lecture : le pauvre, l’opprimé, l’orphelin, la veuve… Il y a en a dans nos villages, de ces personnes seules, pauvres dont s’occupent parfois les associations et les affaires sociales des communes. Ils sont les premiers destinataires de l’Evangile. Et aussi tous les autres : puisque nous avons la chance d’avoir reçu le don de la foi, pourquoi ne pas la proposer aussi aux autres, pour que, s’ils le veulent, ouvrant leur cœur, ils nous rejoignent ? Voyez l’après-midi d’activités pour les enfants : comme il était beau de les voir nombreux, et d’entendre telle ou telle maman dire : « Et pourquoi pas le KT pour mon fils ? ça a l’air de bien lui plaire… »
Plus nous avançons dans la foi, plus nous devenons humbles devant Dieu et les autres. Nous sentons que Dieu nous a offert un immense cadeau en nous permettant de connaître l’Evangile, et en nous faisant découvrir que tous nous avons été créés par amour, et non par hasard et par erreur, et pour vivre ensemble en communion et fraternité, comme une préparation de notre éternité. Cela n’est pas donné à tous : « J’ai décidé que j’étais athée car je ne ressens absolument aucune foi, ni envie de croire… » disait un jeune de la paroisse cette semaine. Tel était son chemin, mais il était tout heureux de discuter avec nous, et d’évoquer ses amis croyants. La mission permet cet échange.
De même, en étant présents dans les foires, dans les rencontres avec les élus et associations, nous montrons le visage d’une Église proche, agissante et non pas repliée sur elle-même. Nous pourrions faire connaître bien d’autres activités : l’ Hospitalité, le Secours Catholique, les groupes bibliques, les activités de jeunes, les équipes d’aumônerie d’EHPAD ou autres. Notre Église aujourd’hui est modeste, et on a du mal à trouver du monde pour les activités, mais en elle, des chrétiens se réveillent et, sans esbroufe, agissent, se donnent, non pas en faisant de grandes théories mais en étant présents, en allant vers les autres, en s’engageant pour tous, en osant la mission. Tout cela est source d’action de grâce… et je pense à cette parole paisible de Saint Paul : j’ai mené le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi… lui qui dit avoir désiré avec amour la manifestation de Dieu, et qui a été comblé.
Merci frères et sœurs de vous être engagés dans cette mission. Il y a encore des choses à vivre cette semaine… et surtout après, lorsqu’elle sera finie, et on se demandera : que fait-on de tout cela ? mais nous n’en sommes pas là. Ce dimanche, nous entendons la parole : qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé. Une invitation à ne pas nous comparer, à être ce que nous avons à être humblement, devant Dieu, et à en témoigner sans nous croire les meilleurs mais simplement les serviteurs d’une Bonne Nouvelle qui nous dépasse et que nous ne pouvons pas taire. Amen.
+ Mgr Gérard Le Stang
Evêque d’Amiens