Installation P. François-Régis Favre, Eloi Legrand, Pierre-Marie Brochery à Albert

Homélie de Mgr Le Stang
Installation des Pères François-Régis Favre, Eloi Legrand, Pierre-Marie Brochery
Curés in solidum de la paroisse Notre-Dame de Brebières
Dimanche 31 août 2025
Basilique Notre Dame de Brebières
Albert
Frères et sœurs,
Il est beau, en ce jour d’installation des nouveaux prêtres de votre paroisse, de voir une liturgie de la Parole de Dieu mettant autant en valeur la vertu d’humilité. Accomplis toute chose dans l’humilité et tu seras aimé plus qu’un bienfaiteur (1ère lecture, de Ben Sira Le sage). Pensons au chant : « Regardez l’humilité de Dieu ». Le binôme orgueil/humilité est essentiel dans la vie chrétienne. L’orgueil, à tout niveau, c’est la fermeture à l’amour de Dieu, l’humilité en est le porche d’entrée. Voyez la conversion de Saint Augustin (fêté la semaine dernière, cité si souvent par le Pape Léon) : son retournement ultime, il le décrit comme passage de l’orgueil à l’humilité, contemplant Dieu lui-même qui, de condition divine, endosse l’humilité de la condition humaine, et nous invite à partager cette humilité, en étant chacun en sa place et vocation, sans dominer ou écraser, ni se laisser dominer ou écraser.
Le rencontre de votre communauté avec les trois nouveaux prêtres, qui vous sont envoyés, se vit donc sous le signe de l’humilité. Chacun s’avance vers le mystère de l’autre avec respect et pudeur, en sachant qu’il faut du temps pour se connaître, et pour trouver le bon tempo commun. C’est le temps de l’accueil, des remises en cause, des nouveaux départs. Que personne ne s’avance en ayant l’impression de tout savoir, mais au contraire avec le savoir qu’il a tout à apprendre, et aussi beaucoup à donner.
Le ministère de prêtre est un ministère d’humilité : nous ne sommes pas au service de nous-mêmes, nous ne sommes pas propriétaires de l’Église mais d’humbles serviteurs qui faisons le maximum, avec pudeur et délicatesse, avec humilité, pour que chacun découvre Jésus, sa présence au milieu de nous et en nous, pour que chacun grandisse dans la Foi, dans la Charité et dans l’Espérance.
De même, chaque chrétien reçoit le pasteur comme un don de Dieu qui l’aidera à devenir une pierre vivante de l’Église. Pour vous, le changement est significatif : vous passez de deux prêtres du Burkina Faso, Emmanuel et Damien, qui vous ont accompagnés avec beaucoup de discrétion et de bonté, à une fraternité de trois prêtres, encore bien jeunes, venant du diocèse de Fréjus et Toulon (même s’ils ne sont guère toulonnais d’origine. D’ailleurs, aucun ne parle avec l’accent du midi !). Ils se ressemblant un peu car habillés de la même manière, mais vous découvez déjà que chacun a son style propre, son histoire, ses qualités et ses défauts, et sa manière d’être prêtre. Recevoir ainsi trois prêtres diocésains essayant de vivre l’esprit franciscain – en fraternité sainte Colette pour deux d’entre eux, du même nom que votre champ missionnaire -, c’est un cadeau et aussi un défi : avec eux, il faut être simple, franc et direct, comme eux avec vous, pour avancer ensemble, de façon synodale (comme y insistait le pape François et le redit Léon XIV), et donner un vrai renouveau à la paroisse.
Pour Eloi, Pierre-Marie et François-Régis, c’est un grand changement dans leur ministère : découvrant un nouveau diocèse, ils vont devoir marcher ensemble, avec les autres prêtres de la fraternité sacerdotale du champ missionnaire et tous les prêtres du diocèse, et avec vous les laïcs, diacre, et consacrés. Ils vont découvrir peu à peu les richesses et les beautés, et aussi les pauvretés et les fatigues de ce terrain pastoral, avec son histoire et son territoire marqués par tant de guerres. Ils découvriront les personnes, vous qui êtes ici, et tous les autres qui ne mettent guère le pied à l’Église. La mission, plus que jamais pour eux, se fera rencontre, amitié, recherches des chemins pastoraux les plus adaptés, les plus féconds et surtout écoute. L’idéal du sage, c’est une oreille qui écoute, nous dit encore la première lecture dans sa dernière phrase.
Lorsque Jésus nous demande de prendre la dernière place, il ne le demande pas seulement à vous, les laïcs, mais aussi à nous les pasteurs (prêtres et évêques), qui devons aller à la recherche de la brebis perdue, conduire le troupeau en étant parfois en tête, parfois au milieu, parfois derrière… Et d’ailleurs, c’est Jésus qui est le vrai Pasteur, l’unique et le vrai médiateur de l’alliance nouvelle, qui est allé jusqu’à la croix, dans une humilité extrême, pour nous attirer à Lui. Nous, prêtres et évêques, successeurs des apôtres, qui représentons le Christ unique pasteur, nous sommes un peu comme les chiens d’alpage qui écoutons la parole du maître et pasteur, et habités par sa parole et son exemple, aidons le troupeau à marcher ensemble dans l’unité…
Eloi, François-Régis et Pierre-Marie sont présents depuis presqu’un mois au milieu de vous. Je suis heureux de leur arrivée providentielle et je leur fais confiance. Pour les accompagner dans ces débuts, j’ai demandé au P. Yves Delépine, modérateur du champ missionnaire de les rencontrer chaque semaine pour faire le point. Il pourra aussi être votre interlocuteur, au besoin, pour que cette marche commune se passe au mieux, sans faux pas, sans malentendu ni incompréhension.
Je leur ai demandé d’être chargé de la paroisse, et aussi du sanctuaire Notre-Dame de Brebières. Beaucoup de gens, souvent non pratiquants, en recherche, souvent en souffrance, aiment venir dans les sanctuaires, pour prier, recevoir une écoute, bénéficier de la miséricorde. Évidemment, il n’y a pas ici, une grotte et une esplanade comme à Lourdes, un coin de montagne comme à la Salette ou Notre-Dame du Laus, mais Notre-Dame de Brebières est un sanctuaire pour tout le diocèse et au-delà, et beaucoup peut être imaginé pour en faire un vrai lieu de ressourcement. Il y a de quoi faire, dans l’esprit de l’Evangile de ce jour qui appelle au festin les pauvres, les estropiés, les boiteux, les aveugles…
Parmi vous, il y a les anciens qui se donnent avec fidélité. Il y a les sœurs, si généreuses. Il y a aussi les nouveaux chrétiens, néophytes baptisés récemment, et aussi les jeunes. Ne craignez pas de prendre toute votre place et de déployer vos charismes et talents, pour que notre Église fasse dans notre monde en recherche, le bien que le Seigneur lui demande de faire. Je compte sur vous tous pour que cette paroisse soit une lumière qui éclaire le monde environnant, vivant en esprit d’humilité et de paix, dans la prière et le témoignage de foi, dans la miséricorde et le désir de se convertir toujours plus à ce que le Seigneur attend de nous tous. Que Notre-Dame de Brebières veille sur vous tous. Amen.