Retour sur la célébration mémorielle pour les personnes victimes de violences sexuelles et d’abus de pouvoir et de conscience en Église

En la Basilique Notre-Dame de Brebières à Albert ce Dimanche 23 mars 2025 , la cérémonie mémorielle a rassemblé une soixantaine de fidèles devant la chapelle St Joseph consacrée aux personnes victimes de violence en Église , autour de Mgr Le Stang.

Comme l’a voulu la Conférence des Évêques de France en 2021, c’est un temps pour faire mémoire, pour se recueillir, entendre, écouter et prier. Ce temps prend désormais place dans le calendrier liturgique le troisième vendredi de carême et pendant toute la troisième semaine

– Faire mémoire ensemble Lire le texte d’Isabelle Farcette, membre de la cellule

– Faire mémoire pour rendre le passé présent, à l’instar de ces mots de Charles Péguy : « Il faut dire ce que l’on voit et, ce qui est plus difficile encore il faut voir ce que l’on voit »

– Faire mémoire pour se reprendre, pour aller de l’avant, tendre la main et l’oreille vers les victimes.

– Faire mémoire c’est œuvrer au travail de reconnaissance et de réparation.

– Le devoir de mémoire est vital pour que plus jamais de tels actes ne se reproduisent et pour que les personnes victimes n’aient plus honte de parler

Le déroulement de l’office fut priant et recueilli . Après le mot d’accueil de Mgr Le Stang , bénédiction de la chapelle dédiée, le texte de l’ évangile selon St Jean (chap 9, 1-41 ,aveugle-né ) nous a rejoint à bien des égards en cette journée de mémoire comme l’ a développé notre évêque : la quête de voir , de la lumière ,le passage du lavement purificateur (via la boue ), les rumeurs et ragots autour de cette guérison jusqu’au déni, la place de la famille, la réponse de l’ aveugle guéri à l’interpellation de Jésus …« Seigneur ouvre nos yeux aveuglés ! »

Ensuite interventions alternant témoignages de victimes et textes du pape François, temps de silence , prière universelle sobre lue par des représentants de tous les participants ont permis de rentrer plus intimement dans cette célébration.

De victimes à témoins, p. 110 CIASE

« J’ai pu dire, plutôt, je me suis entendue leur dire que j’étais passée de victime à témoin, je ne sais pas très bien à quel moment d’ailleurs, et je me suis étonnée moi-même de pouvoir leur dire cela ! Vous nous aidez aussi à poser des mots sur nos maux, et cela peut nous permettre d’avancer encore et de mesurer le chemin parcouru ! »

Pape François, discours final, Sommet sur la protection des mineurs (24 février 2019)

« Accompagner les personnes victimes d’abus : le mal qu’elles ont vécu laisse en elles des blessures indélébiles qui se manifestent également par des rancœurs et des tendances à l’autodestruction. L’Église a donc le devoir de leur offrir tout le soutien nécessaire en recourant à des experts dans ce domaine. Écouter, je me permets cette expression : « perdre du temps » dans l’écoute. L’écoute guérit le blessé et nous guérit aussi nous-mêmes de l’égoïsme, de la distance, du « cela ne me regarde pas », de l’attitude du prêtre et du lévite dans la parabole du bon Samaritain. »

De victimes à témoins, p. 20 CIASE

« Je ne sais pas comment vous réagirez à ma lettre, ni ce que vous ferez. Je ne sais pas ce que nous pouvons inventer… Mais il me semble qu’il y a un appel à la fraternité. Sachez que si je vous ai exprimé ma blessure, ce n’est que pour faire la vérité et me libérer avec la grâce de Dieu de ces chaînes qui m’enchaînent si bien. C’est aussi pour nourrir la réflexion de l’Église sur ces questions. »

Pape François, Lettre au peuple de Dieu (20 août 2018)

« Aujourd’hui nous avons à relever le défi en tant que peuple de Dieu d’assumer la douleur de nos frères blessés dans leur chair et dans leur esprit. L’appel de saint Paul à souffrir avec celui qui souffre est le meilleur remède contre toute volonté de continuer à reproduire entre nous les paroles de Caïn : « Est-ce que je suis, moi, le gardien de mon frère ? » (Gn 4, 9).

Geste de l’arbre : écrire, si on le souhaite, un nom, une action, une prière, un souvenir et l’accrocher aux branches de l’arbre qui restera à Notre-Dame de Brebières durant toute la semaine mémorielle puis cet arbre avec ses fleurs et ses feuilles sera confié, après la fête de Pâques , aux sœurs carmélites dans la prière.

Sabine Melin et les membres de la cellule

« Oser enfin sortir de nos silences
Briser le sentiment d’isolement,
Franchir le pas pour nous retrouver
S’apercevoir que nous ne sommes pas seuls
Oser enfin prendre le chemin de la parole
Pour mettre des mots sur nos maux,
Pouvoir s’aider les uns les autres
Pour ensemble prendre soin de nous »

La cellule d’accueil et d’écoute des victimes , contributrice de ces quelques lignes , a été mise sur pied en 2016 avec pour mission d’accueillir et d’écouter les personnes victimes : l’audience de la participation à cette célébration mémorielle nous incite à encourager les paroisses à faire connaître cette structure , « à prendre la parole au risque de ne pas être écouté : autour de nous, des personnes qui dans la solitude, portent en eux ce malheur, vous en seront reconnaissantes pour ne pas « tourner la page » (Mgr Le Stang )

 

Pour contacter la cellule d’écoute et d’accueil
07 57 55 56 13
 accueilvictimes@diocese-amiens.com