Faire mémoire.

FAIRE MEMOIRE

« Le contraire de la haine ce n’est pas la mort, mais l’indifférence à la vie ou à la mort »

« L’action est le seul remède à l’indifférence »

« La neutralité aide l’oppresseur, jamais la victime. Le silence encourage le persécuteur, jamais le persécuté » (Elie Wiesel, écrivain philosophe, juif orthodoxe, déporté avec sa famille dans le camp d’extermination d’Auschwitz)

Je fais partie de la cellule diocésaine d’accueil et d’écoute des personnes victimes d’emprise, de violences et d’agressions sexuelles dans l’Eglise.

La journée mémorielle, voulue par les évêques de France à l’issue de l’Assemblée plénière de mars 2021, prend désormais place dans le calendrier liturgique de façon pérenne, le troisième vendredi de Carême. Ceci pour répondre à l’invitation du pape François à vivre une journée de prières pour les victimes de violences sexuelles et d’abus de pouvoir et de conscience au sein de l’Église. Les diocèses et paroisses sont invités à organiser, un ou plusieurs temps forts autour de la mémoire et de la prière pour toutes les personnes victimes (du 23 au 30 mars 2025). Ce temps d’Église sera aussi mis à profit pour faire prendre conscience à tous de la nécessité de prévenir et d’agir pour éviter toutes les situations pastorales et humaines qui peuvent conduire à toutes formes d’abus.

Quant à moi, j’ai beaucoup réfléchi sur cette question du FAIRE MEMOIRE. Cela touche toute personne victime d’esclavage, de cruauté, d’attentat, de crimes divers. Il existe beaucoup de lieux mémoriaux, le Yad Vashem à Jérusalem en mémoire de la Shoah avec les photos de tant d’enfants, les lieux de crimes de masse comme au Rwanda, au musée de l’esclavage à Pointe à Pitre, sur divers lieux d’attentats en France, en Europe, dans le monde. Pour les personnes victimes dans l’Eglise, des lieux mémoriaux existent également, des plaques, des sculptures, des photos, des écrits, un jardin commémoratif en Australie, à Chicago, au Canada, et en France dans de nombreux lieux.

C’est essentiel de ne pas oublier. En écoutant les récits de survivants, en visitant certains lieux, on touche du doigt cette mémoire collective, NE PAS OUBLIER, NE PAS DEVENIR INDIFFERENTS.

Il me semble que c’est bien plus que se de rappeler, c’est se souvenir pour rendre présent et envisager l’avenir avec un chemin commun de confiance et d’espérance.

FAIRE MEMOIRE – le passé, le présent, l’avenir.

« Faire mémoire, c’est ne pas fermer les yeux, c’est ne pas oublier pour ne pas devenir des êtres indifférents, pour qu’ensemble nous puissions un jour dire « plus jamais ». C’est aussi de la prévention.

Faire mémoire, c’est reconnaître cette réalité et accepter de la regarder en face malgré nos mécanismes de défense. C’est changer son regard. C’est sortir de l’oubli, de la solitude, se souvenir avec notre raison et notre cœur. C’est comme une justice à rendre. C’est participer à la reconstruction en partageant cette mémoire.

Faire mémoire, ce n’est pas une politesse, c’est aussi pouvoir rendre compte, une trace qui reste, une histoire, un récit, un écrit, un nom, un lieu, une sculpture, une mosaïque …. Ce que l’on peut nommer une mémoire active, une mémoire collective.

Faire mémoire, c’est rétablir doucement la dignité humaine. C’est comme une bénédiction. C’est permettre de sortir du silence qui tue en prenant soin de la personne qui souffre. C’est permettre un chemin de confiance, un chemin d’alliance, un chemin d’espérance. C’est vivre et témoigner de l’Évangile de Jésus ».

Isabelle FARCETTE

Temps mémoriel diocésain présidé par Mgr Gérard Le Stang
Dimanche 23 mars 2025
16h00
Basilique Notre-Dame de Brebières à Albert avec la bénédiction de la chapelle par Mgr Gérard Le Stang

 

Chemin de croix mémoriel dans les paroisses de Notre Dame du Gard et de la Visitation
Vendredi 28 mars 2025
19h00 en l’église de Belloy sur Somme