En avant pour le carême, pèlerins d’Espérance !

En avant pour le carême, pèlerins d’Espérance !
L’Année Sainte 2025 nous est offerte pour approfondir notre relation au Christ. Le carême, en ce cas, n’est-il pas un des temps de ce jubilé ? Un temps sacré pour devenir pèlerins d’Espérance avec les 110 catéchumènes adultes du diocèse, sans compter les lycéens, collégiens et enfants qui recevront bientôt le baptême. Leur foi récente nous stimule. L’exemple que nous leur devons, d’une vie vraiment chrétienne, est stimulant. Dieu nous fait signe à travers eux. Il nous avertit aussi : je vous envoie des frères et sœurs. Accueillez-les. Transformez-vous. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. Avec eux, soyez mon Église, sainte et rayonnante de bonté. L’accueil et l’intégration de ces nouveaux chrétiens est la priorité des priorités de notre chemin vers Pâques. Connaissez-vous les catéchumènes de votre paroisse, voire de votre champ missionnaire ? Priez pour eux.
Le carême est ainsi une expérience à vivre en Église. La messe d’abord, temps communautaire privilégié. Prendre le temps d’y arriver, d’y prier posément, de ne pas quitter l’assemblée trop rapidement. S’accueillir, se saluer, demander et donner des nouvelles. L’assemblée est un lieu fraternel, de ressourcement et de retour au cœur de la foi. Il y a aussi les temps de prière proposés par nos paroisses et mouvements, et la prière en couple ou en famille. Le partage (ou aumône) peut aussi être un temps communautaire. Demandons-nous, à plusieurs : quel engagement prendre ensemble en vue du bien commun, de la proximité avec les pauvres et malades, les égarés et les esseulés ? Qui aider ? Par qui se faire aider ? Le jeûne, enfin, peut faire l’objet d’un effort commun : opter, à quelques-uns, pour une privation de repas (ou un repas frugal) au bénéfice d’un partage d’Évangile, d’un chemin de croix, d’un chapelet. Ce vécu communautaire n’est pas ostentation, ni quête de performance, mais soutien fraternel pour être davantage à la hauteur de ce que nous croyons.
Le carême reste aussi un combat spirituel personnel. Chacun doit se demander : comment puis-je offrir davantage d’espace à Dieu dans ma vie ? Car si ces 40 jours sont un temps de grâce, c’est parce que Dieu s’invite dans notre vie la plus intime et la plus concrète. Que fais-je alors de mon temps libre, fut-ce de quelques interstices (un temps de transport, une pause…) ? Où va le désir de mon être en ce moment ? A quoi je consacre ma vie ? A quoi je dois renoncer ? De quoi dois-je me confesser avant Pâques ? Il suffit de se poser ce genre de questions pour s’approcher de l’essentiel : le carême, c’est un jeûne des yeux et des jeux, une ouverture du cœur et des mains, plus de solitude ou plus de relation, plus de réserve ou plus d’audace. Qui je délaisse ? Qui j’ennuie ? A qui je dois pardonner ? Qui dois-je faire grandir ? De quoi suis-je saturé, de quoi suis-je vide ? Un essentiel au plus près de mon vécu.
Dire à Dieu : « Je crois en toi, je t’aime et je t’attends », c’est le faire entrer dans notre vie intérieure. Immédiatement. Il n’attend que cela pour se donner. Le Oui de notre cœur. L’exercice inlassable de la foi, de la charité et de l’espérance. De plus en plus total, de plus en plus entier. Il n’y a pas d’âge pour entrer en carême. Car pour aimer d’un amour intense et débordante, il faut une éternité. Alors, autant commencer tout de suite.
Bon carême à tous.
+ Mgr Gérard Le Stang
Évêque d’Amiens.