Confirmations de jeunes à Ham

Homélie de Mgr Le Stang
Dimanche 27 octobre 2024
Confirmations des jeunes
Ham

Chers amis,  

Dans quelques jours, nous allons fêter la Toussaint et nous ferons mémoire de nos défunts par une visite au cimetière, lieux de tristesse devenus aussi lieux d’espérance, de communion et de paix. Des hommes et des femmes ont été des saints. Certains béatifiés, canonisés par l’Église. D’autres connus de nous seuls mais qui ont eu une belle vie. Ils ont compté pour nous, de belles et saintes personnes. Des grands-parents souvent, parfois décédés, dont vous savez dire : « ils ont été des piliers pour ma foi », ou « ma foi est née grâce à ma grand-mère ». Aujourd’hui âgés, ils ont été aussi un jour, comme vous, des jeunes de 15 ou 16 ans, de jeunes croyants. Alors demande-toi : quel chemin de sainteté sera le mien ? A mon dernier soupir, dira-t-on de moi : quelle belle et sainte personne il (elle) a été !? Ses choix, ont été pleins d’intelligence et de sagesse. C’était un homme, une femme qui priait avec fidélité. Son visage et son cœur rayonnaient d’une présence qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Il avait la foi et savait la mettre en pratique…  

Dira-t-on cela de vous ? Nul ne le sait. C’est l’aventure de votre vie avec le Seigneur, votre capacité à vous ouvrir au don de l’Esprit Saint que vous recevez aujourd’hui, à obéir au Christ et à son Évangile, cela dépendra de votre courage à transmettre votre foi aux autres en paroles et en actes.   

Ce que je sais, c’est que vous vous présentez motivés pour la confirmation, « avec une grande réflexion et une profonde sincérité », comme me l’écrit un d’entre vous. Vous avez déjà découvert que le don de Dieu, ça change la vie ! Il rend capables d’amour du prochain, de respect, de solidarité et d’humilité. Vous avez découvert aussi qu’il n’y a pas de vie chrétienne sans prière, sans un lien profond, aimant au Christ dans la prière, seul ou à travers les célébrations de l’Église. Vous ressentez déjà, de manière mystérieuse, comme en votre corps, à travers une paix profonde, que personne ne peut vous voler, que Dieu est proche et qu’il vous aime sans condition. Vous avez, pour plusieurs, une grande admiration pour la Vierge Marie et vous trouvez du bonheur à aller à Lourdes, ce lieu de prière où les pauvres et les malades sont les premiers servis.  

Au fond, vous êtes un peu comme ce jeune Bartimée dans l’Évangile qu’on vient d’entendre. Il est le fils de Timée, un nom qui signifie : celui qui est honoré. Chez nous, on pourrait l’appelé Saint Honoré, du nom d’un évêque d’Amiens du VI° siècle (patron des boulangers !). Le papa de Timée était donc un homme loué, honoré, un saint homme. Mais son fils mendie au bord du chemin, aveugle et désemparé. Que sera son avenir ? Il ne voit pas bien, pas du tout même. Il a peut-être des désirs mais qui l’aidera à les réaliser ? Il a les mains vides face à l’avenir. Il mendie la grâce. 

Et voici que ce jeune homme pressent la présence de Jésus qui s’approche. Il l’appelle « Fils de David », c’est-à-dire le nouveau Roi David, le Messie de Dieu, ce que personne ne dit autour de lui. La foule le repousse. Tant de gens voudraient nous empêcher d’être croyants et de dire notre foi. Tant de choses dans la vie nous rendent aveugles sur le vrai sens de la vie. Bartimée ne désarme pas. Il ne se laisse pas intimider par la foule, et il réussit même à convertir cette foule. Quand Jésus dit : Appelez-le ! la foule « retourne sa veste » et dit : Confiance, lève-toi, il t’appelle ! La foule, c’est nous tous, frères et sœurs, nous tous, à qui il revient non pas de repousser ceux qui sont perdus, mais de transmettre l’appel du Christ à se mettre debout : Confiance, lève-toi, il t’appelle !  Vous savez peut-être que ces mots sont ma devise d’évêque parce que je crois les avoir entendus pour moi-même et avoir ainsi pu oser suivre Jésus qui m’a ouvert les yeux sur ma vocation. Ils sont aussi ma devise parce que je crois que c’est notre mission à tous de dire à chacun en ce monde, surtout à ceux qui ne voient pas d’avenir et mendient une aide : Confiance, lève-toi, il t’appelle ! 

La question de Jésus est pour toi aujourd’hui qui va être confirmé : Que veux-tu que je fasse pour toi ? Que je voie ! répond Bartimée. Va ta foi t’a sauvé, et Bartimée, tout joyeux, met ses pas dans ceux de Jésus. Dieu l’a éclairé sur son avenir. Il a fait merveille pour ce jeune. Oui, c’est une merveille de voir enfin à quoi on est appelé en ce monde, quel est notre chemin pour devenir une belle et sainte personne, depuis nos 15 ans jusqu’à notre dernier souffle.  

Chers amis, dans vos lettres, vous m’avez déjà tout dit : vous avez la foi et le goût de la prière, vous savez que Dieu vous aime. Vous voulez continuer à le connaître. Vous êtes désireux de transmettre votre foi par le catéchisme ou autrement. Vous voulez une vie qui soit service des autres. Vous avez le sens du Merci : « Je viens d’une famille où l’amour est présent » résume l’un d’entre vous. Merci les parents, grands-parents et la famille, merci les catéchistes et les prêtres, merci l’école catholique ou les animateurs d’aumônerie. Merci la vie, Merci mon Dieu. Grâce à tant d’apports, vous commencez à voir que vous avez beaucoup à apporter à votre tour. L’Esprit-Saint vous est donné pour cela. 

L’Évangile de Bartimée est souvent étudié par ceux qui vont recevoir un sacrement de l’initiation (baptême, confirmation eucharistie). Ils sont très nombreux aujourd’hui (130 baptêmes d’adultes annoncés à Pâque prochain dans le diocèse, sans parler des lycéens). L’Évangile du don de Dieu qui dessille les yeux de beaucoup et leur permet de voir l’invisible, l’amour de Dieu discerné dans le cœur-à-cœur avec Dieu et à travers nos vies transformées, comme un garçon ou une fille amoureux, à qui on dit : tu as rencontré quelqu’un ! Que la rencontre de Dieu vous permette, comme Bartimée, d’avoir les yeux de la foi et de l’amour et de prendre, tout joyeux, le chemin des disciples-missionnaires. Amen.  

Mgr Gérard Le Stang
Evêque d’Amiens