« Avec un handicap, passionnément VIVANTS ! »

« Avec un handicap, passionnément VIVANTS ! »

Une rencontre nationale de personnes en situations diverses de handicap à vivre passionnément !

 

Ça  y est cette fois, les jeux olympiques sont terminés pour tous. Athlètes valides puis handicapés. Tiens c’est curieux cette différence. Pourquoi deux compétitions ?, cela nous pouvons tous le comprendre. Mais pourquoi à des dates différentes ? Pourquoi avec des couvertures médiatiques tellement contrastées, voilà un mystère que je ne m’explique pas. Je sais : la loi du marché, les sponsors, bla bla bla,… mais tout de même !!!

Il y a quelques jours j’avais la chance de participer à une rencontre avec des personnes porteuses de handicap. Personnes sourdes ou malentendantes, aveugles ou mal voyantes, handicapés moteurs, mentaux, polyhandicapés, malades psychiques. A première vue cela pouvait bien ressembler à une vraie cour des miracles.

Et surement c’en était une aux yeux du monde et de notre société qui ne valorise que ce qui est beau, droit, pas cabossé. (Et du coup peut-être pas complètement vivant, peut être !!). Car une fois l’apprivoisement réciproque effectué, quelle qualité de rencontre! Quelle densité de vie dans ces corps souvent très limités mais aux cœurs intacts et tellement pleins du désir de la rencontre et de l’échange ! Je pense à X. qui ne peut plus s’exprimer mais avec forces gestes et mimiques a pu nous parler de sa vie avant la maladie. Employé dans un grand restaurant parisien, il en a vu passer des célébrités et ne manque pas d’anecdotes piquantes. Aussi à G. qui se reconnait bi polaire mais déploie une énergie impressionnante pour dépanner ses voisins de table. A ce couple très amoureux qui manient l’humour au quotidien  et ont pu ainsi traverser de bien rudes épreuves…

Ces vies brisées, cassées, parfois dès leur début manifestent une grande, très grande souffrance. Devant laquelle le bien portant ne peut que se taire  et accueillir en silence. Mais ces personnes ne sont ni seulement porteuses de handicap, ni seulement souffrantes. Elles sont,  si nous nous donnons la peine de nous arrêter et de prendre le temps de la rencontre, des maîtres de patience, de disponibilité, d’humilité. Commencer l’année au milieu d’elles c’est à coup sûr aller à l’essentiel, sans masque, sans triche, sans faux semblant.

Et si cette année, nous relevions le défi de la rencontre ? Dépasser nos peurs de la différence avec le pauvre, le blessé, l’immigré, le malade, l’ « autre », sans nul doute nous vivrions une année  pleine de surprises, sans doute décapante mais tellement riche d’humanité et de fraternité… On s’y colle ?

 

Bernadette CAFFIER